• Plan de la cérémonie d'Initiation au grade d'Apprenti au Rite moderne belge

     

    AVANT LA CÉRÉMONIE

    • Le séjour dans le Cabinet de réflexion.

    Epreuve de la Terre ; dépouillement des métaux ; rédaction du Testament philosophique) puis préparation du Récipiendaire dans un autre local.

    • L’arrivée devant la Loge, « ni nu ni vêtu».

    Paraître ni nu ni vêtu, dépouillé de ses métaux, c’est-à-dire dans sa plus grande simplicité, telle serait donc la perfection « symbolique » demandée au Récipiendaire, au moment où il va recevoir l’Initiation. Il est donc invité à maîtriser toutes ses passions, en particulier celles de la possession, du pouvoir, de la vanité, etc., passions qui sont inhérentes, à des degrés divers, à l’homme commun.

    • La demande d’entrée par trois grands coups.

    Dans le « Tuilage de l’Apprenti », une des questions posées par le F:. Expert est « Comment avez-vous obtenu l’entrée en Loge ? » Et le Profane de répondre « Par trois grands coups ». Demande de précision : « Qui signifient ? ». Réponse : « Cherchez et vous trouverez. Demandez et l’on vous donnera. Frappez et l’on vous ouvrira ».

     

    PENDANT LA CÉRÉMONIE D’INITIATION

     1. Vérifications de la part des Frères Surveillants.

    Qui frappe ainsi en Profane ?

    C’est un profane qui erre dans les ténèbres et qui aspire à la lumière.

    Il a été régulièrement présenté et soumis au scrutin de la loge et vient de sa propre volonté, dûment préparé, solliciter son admission aux mystères et privilèges de la Franc-maçonnerie.

    Est-il prêt à se soumettre aux épreuves qui l’attendent et aux usages de notre ordre ?

    Le Maître des Cérémonie annonce que le Profane est prêt !

    Ce profane est-il digne de la lumière à laquelle il aspire ?

    La condition première pour être digne d’entrer en Franc-maçonnerie est d’être probe et libre. Le Profane déclare qu’il l’est.

    Le Vénérable maître ordonne que l’on donne l’entrée de la Loge au Profane, selon l’antique usage.

    2. Entrée en Loge : Le franchissement de la « Porte basse ».

    Les Frères Surveillants disposent la cane du Frère Maître des Cérémonies horizontalement, à environ un mètre du sol, de sorte que le Profane doivent considérablement s’abaisser pour passer dessous.

    Le Vénérable Maître explique les raisons du bandeau et annonce de nouvelles épreuves.

    3. Les 3 voyages symboliques et la purification par les éléments.

    Les 3 voyages consistent à tourner autour du tableau de Loge dans le sens « horlogique ».

    Le premier voyage est particulièrement mouvementé. Le deuxième un peu plus calme ; le troisième dans le silence le plus complet et en marquant les angles droits.

    Épreuves de l’Air, de l’Eau et du Feu. Un Frère Maître ou, à défaut, un Compagnon, est chargé d’administrer ces trois épreuves. Il utilise un soufflet, asperge le candidat d’un peu d’eau, passe une bougie allumée sous la main du candidat.

    4. Épreuve de la coupe sacrée.

    Le Frère Maître des Cérémonies présente une coupe au Récipiendaire. Cette coupe contient un « digestif » et faire vider le contenu en trois gorgées (symbolisme du Nombre 3 à respecter !). Généralement on utilise de l’Underberg dont les propriétés permettent de distinguer le goût insipide à la première gorgée, le goût amer lors de le deuxième gorgée, et enfin la douceur de la troisième gorgée.

    5. Prestation de serment.

    Pour pouvoir prendre l’engagement solennel que la Franc-maçonnerie impose à ses membres, le Récipiendaire doit d’abord prendre connaissance de la nature de notre Ordre.

    Le Vénérable Maître explique que la Franc-maçonnerie est une association initiatique qui, par son enseignement symbolique, élève l’homme spirituellement et moralement, et contribue ainsi au perfectionnement de l’humanité par la pratique d’un idéal de paix, d’amour et de fraternité.

    Le Récipiendaire apprend la « mise à l’ordre » : main droite sur sa gorge, le pouce en équerre.

    Le Frère Orateur donne lecture de l’engagement de l’Apprenti Maçon.

    Le Frère Maître des Cérémonies prépare le candidat pour sa prestation de serment.

    Le Récipiendaire est amené devant l’autel. Il est placé de sorte qu’il ait le genou droit dans le creux de l’équerre sur le coussin, le genou gauche en équerre, le pied à terre, la main droite sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie, un compas ouvert à 90°, tenu de la main gauche, une pointe sur le cœur, l’autre vers le Zénith.

    Le Récipiendaire répète le serment, membre de phrase par membre de phrase.

    6. La Lumière !

    Au troisième coup de Maillet du Vénérable Maître, le Frère Maître des Cérémonies ôte le bandeau couvrant les yeux du Récipiendaire.

    Le Vénérable Maître donne la signification des glaives pointés vers le Récipiendaire.

    7. Apprentissage de la Marche de l’Apprenti.

    Le Frère Maître des Cérémonies guide et montre les pas au Néophyte pendant que le Vénérable Maître donne l’explication de la marche de l’Apprenti.

    8. Investiture.

    Le Récipiendaire est conduit devant l’Autel où il pose le genou droit sur le coussin.

    Le Vénérable Maître et les deux Surveillants forment un triangle dans le plan horizontal avec leur glaive autour du cou du Néophyte et sur ses épaules.

    Le Récipiendaire est créé, consacré et reçu Apprenti Maçon, est invité à se relever et reçoit la première accolade fraternelle du Vénérable Maître.

    Le Nouvel Apprenti est reconduit sur les Parvis afin de réajuster sa vêture.

    Lorsqu’il s’apprête à revenir en Loge, le Frère Maître des Cérémonies entre le premier, de manière rituelle. L’Apprenti s’avance ensuite par les trois pas puis est conduit au Nord-Est, face au Sud pour recevoir ses décors et communication des arcanes du grade.

    9. Remise du Tablier, des Gants, du Bijou, des règlements et restitution des métaux.

    10. Communication des premiers arcanes du grade.

    La Mise à l’ordre, le Signe d’ordre, le Signe de Fidélité, l’Attouchement ; le Mot sacré et le Mot de passe sont communiqués par le Vénérable Maître. Un contrôle est ensuite effectué par le Second Surveillant.

    Le Frère Expert « tuile » un Frère Apprenti qui – entretemps – était sorti discrètement.

    11. Destruction du Testament philosophique.

    Le Frère Secrétaire est invité à détruire par le feu le Testament philosophique du nouvel Apprenti, dont personne n’a pris connaissance.

    12. Le premier Travail de l’Apprenti sur la Pierre brute.

    Le Nouvel Apprenti imite le geste du Frère Maître des Cérémonies en frappant la Pierre brute au rythme de la batterie du grade.

    13. Reconnaissance officielle.

    Le Nouvel Apprenti est reconnu officiellement par tous les Frères.

    Une batterie d’acclamation ponctue cette cérémonie d’Initiation ou de Réception.

    14. Planche d’instruction.

    Le Frère Orateur est invité à communiquer la planche d’instruction qu’il a tracée à l’intention du nouvel Apprenti.

     

     

    R:. F:. A. B.


    3 commentaires
  • Au travail !

     

    Introduction.

    Quelques instants avant que ne débute toute Tenue, le Maître des Cérémonies a souvent pour première tâche de nous indiquer que le Vénérable Maître nous appelle au travail.

    A part le fait de revêtir nos « décors », combien d’entre nous se pénètrent-ils de la nécessité d’avoir dès cet instant une attitude propice au Travail (maçonnique) ? Entrons-nous bruyamment dans la Loge ou nous mettons-nous « en condition » en observant déjà le silence indispensable à la méditation, au travail sur soi ?

    Et lorsque le Vénérable Maître nous invite à prendre place sur les Colonnes, adoptons-nous une posture d’équerre, une réelle droiture dans notre attitude… ? Ou préférons-nous croiser les bras et les jambes tels des grévistes en attente d’une augmentation de salaire ?

    A force d’observer tant d’attitudes profanes sur les Colonnes, il m’a semblé utile de réfléchir davantage à cette notion de travail et de partager le fruit de mes recherches et de mes réflexions à propos de cette notion de « travail » en Franc-maçonnerie et subséquemment quant à notre attitude face au travail.

    Mais le travail n’est pas le propre de la Franc-maçonnerie. Dans la vie profane, pour vivre et survivre, le travail est généralement indispensable, à moins d’être particulièrement fortuné !

     

    Le travail profane.

    Rappelons les grands traits du travail profane : nous avons, pratiquement tous, l’obligation de travailler pour des raisons matérielles, pour acquérir une indépendance, valoriser notre épanouissement personnel par toutes formes d’activités comme la culture, le sport, les loisirs, la religion, satisfaire nos ambitions personnelles et notre besoin d’atteindre des objectifs, des défis personnels.

    Le travail seul n’amène pas de grandes satisfactions, mais plus souvent des frustrations.

    Tous les hommes, Profanes ou Maçons, ont besoin de travailler pour subsister pour ne pas disparaître. Ils doivent se nourrir d’aliments pour grandir, mais également se nourrir de spiritualité pour s’approprier des valeurs nouvelles et développer celles qu’ils possèdent déjà en eux.

    Le travail est un devoir naturel. Le travail nourrit l’homme et sa famille, procure la santé et le bonheur. Mais il apparaît à l’homme comme le résultat d’une punition : car on passe de l’oisiveté à l’obligation de gagner son pain à la sueur de son front.

    Le travail librement accepté, comme le bricolage, le jardinage, les activités associatives, démontre une recherche de satisfaction personnelle, de reconnaissance et de communications avec les autres. Le travail bien adapté à chacun selon ses propres capacités, effectué avec amour, permet par nature à l’homme d’être reconnu et de s’élever.

    Le travail intellectuel permet, lui, de perfectionner la condition humaine pour la rendre le plus proche possible de la morale idéale.

    L’homme ne peut accomplir les gestes les plus ordinaires sans mettre à contribution le travail d’autrui. Notre propre travail représente en retour le paiement d’une dette contractée en profitant du travail des autres.

     

    Notre attitude face au Travail en Loge.

    Notre arrivée en Franc-maçonnerie nous fait généralement prendre conscience qu’il y a d’autres moyens pour trouver un épanouissement personnel que la valeur travail au sens matériel. C’est la dimension spirituelle que nous donnons à notre vie.

    Quel que soit son âge, le Franc-maçon est un artisan, un artisan qui porte un tablier  assimilant le travail manuel au travail intellectuel, celui de sa propre construction. Il se joint à ses Frères dans un endroit précis pour y travailler.

    Mais ne conviendrait-il pas d’adopter une meilleure attitude face au travail en Loge ? Ne devrions-nous pas songer à nous mettre « en condition » quand nous allons entrer en Loge : cesser toute conversation ; penser à la manière dont nous allons prendre place sur notre chaise (en plaçant une équerre virtuelle au niveau du bassin, des genoux, des pieds… ; en posant nos mains sur nos genoux ; en faisant passer virtuellement le Fil à plomb au niveau de la nuque et des jambes) ?

    Le Franc-maçon me semble alors en bonne condition pour apprivoiser son corps, pour ouvrir son esprit, pour être réceptif aux rituels. Par la répétition assidue du rituel d’Ouverture des Travaux essentiellement, l’Apprenti est conduit à assimiler des techniques du corps par ses facultés à imiter et à répéter. Il n’y a pas de progrès moral sans un travail sur son corps, sur son comportement, son attitude, c'est-à-dire sans progrès corporel. L’esprit ou le corps demandent un entretien constant des techniques de soi.

    Certes, cette attitude suggérée ci-dessus n’est pas des plus confortables, mais c’est une position propice au travail, pas à la grève !

     

    Que venons-nous réellement faire en Loge ?

    Dans une planche précédente, j’’avais déjà tenté d’apporter des éléments de réponse à cette question. (Voir la planche intitulée « Que venons-nous faire en Loge ? » - Lien URL)

    J’en rappelle les principales pistes de réflexion.

    Combattre nos vices et faire des progrès dans la Franc-maçonnerie : telles sont, rituellement, les raisons pour lesquelles nous sommes en Loge. Cela signifie d'abord que le Franc-maçon sait qu'il a des défauts et des faiblesses qu'il doit corriger. Il éprouve donc le besoin de s'améliorer. Pour cela, il doit prendre conscience de ses défauts, s'efforcer de les combattre et de devenir meilleur en travaillant sur lui-même au moyen des outils symboliques que la Loge met à sa disposition.

    Le devoir d'un Franc-maçon n’est-il pas de fuir les vices et de pratiquer les vertus en préférant à toutes choses la Justice et la Vérité ? Et c'est dans la Loge que nous, Francs-maçons, effectuons ce travail. Pour cela, nous devons être assidus et persévérants, participer aux Travaux en Loge et apporter notre modeste contribution chaque fois que cela est possible. La présence en Loge est nécessaire ; elle est même indispensable, mais elle n'est pas suffisante. Par son travail, chacun de nous doit devenir « une colonne vivante du Temple ».

    Le Franc-maçon doit d'abord travailler pour son propre perfectionnement. Il doit également persister sans relâche dans la recherche de la Vérité, en étant toujours plus exigeant vis-à-vis de lui-même et tolérant à l’égard de ses Frères. Cela veut donc dire qu'avant d'envisager toute action sociale, le Franc-maçon doit entreprendre une action individuelle.

    Le travail est la notion-clé de la Franc-maçonnerie puisqu’elle le sacralise. Le Frère s'y voue corps et âme. Pour les Francs-maçons que nous sommes, le travail est avant tout un moyen de perfectionnement, un instrument pour la recherche de la Vérité.

    Souvenons-nous de cette autre planche à propos de ce qui se passait avant la Maçonnerie spéculative. (Voir la planche intitulée « Avant les loges spéculatives » - Lien URL)

     

    Le travail des maçons opératifs au Moyen-Âge.

    Les Maçons réguliers ont coutume de qualifier d’« opératives » les origines de la Franc-maçonnerie moderne, c’est-à-dire en rapport avec les métiers de la construction. La Franc-maçonnerie actuelle est dite « spéculative », c’est dire que les valeurs opératives ont été assimilées pour pouvoir s’appliquer à toutes les professions, à tous les types de métiers qu’ils soient manuels ou intellectuels. Dans nos rituels et traditions nous pouvons retrouver des traces de ces anciennes valeurs des maçons opératifs, le plus souvent bâtisseurs de cathédrales mais aussi de monastères et d’ouvrages civils.

    Au temps de la franc-maçonnerie opérative, le rayonnement du travail du maçon dans le monde profane était assez évident et bien visible car ses ouvrages dominaient la ville par leur majesté : une cathédrale, un château, un pont...

    L’objectif de la présente planche est d’essayer de montrer que le Franc-maçon spéculatif contemporain est aussi capable d’un rayonnement dans le monde profane et que ce rayonnement peut prendre appui sur le travail réalisé en Loge. Je tenterai également de montrer qu’il n’y a pas de rupture entre le monde maçonnique et le monde profane et que la véritable pratique de la Maçonnerie ne s’effectue pas qu’en Loge mais aussi et peut-être même surtout à l’extérieur de la Loge, dans la vie de tous les jours.

    Opératif d'abord, avec les constructeurs de cathédrales, puis spéculatif depuis Anderson, le travail du Franc-maçon est d’abord rituel et intellectuel avant d’être social et s'effectue essentiellement en Loge mais aussi à l'extérieur.

    Par ses recherches, le Frère s'interroge sur la vie extérieure et sur sa vie intérieure. En tant qu'élément d'un ensemble, son but est à la fois son propre progrès et celui de la société.

    Travailler, c'est mettre en œuvre, c'est édifier (au sens maçonnique). Et cela demande un travail constant. Et c'est pourquoi les Frères n'aspirent pas au repos.

    Travailler ne signifie point s'agiter beaucoup, en dépensant brutalement ses forces.

    Examinons dès lors le travail comme nous pouvons le percevoir dans la formation du Maître Maçon.

    Dans nos Loges, le travail est au centre de l’enseignement maçonnique. Cet attachement des Maçons au travail apparaît à plusieurs endroits dans nos rituels :

    • N’affirme-t-on pas qu’il est nécessaire de « Travailler sans relâche à notre perfectionnement intellectuel et moral » ?
    • Les Francs-maçons ne considèrent-ils pas « le travail comme le devoir primordial de l’être humain et l’honorent sous toutes les formes » ?

    Ce travail doit être mené avec méthode. Comme un certain rituel nous le rappelle, « La règle à 24 divisions symbolise la journée du maçon, dont toutes les heures doivent être utilement employées ; la laie permet de réduire les aspérités de la pierre brute, symbolise la volonté de perfectionnement qui doit nous animer ; enfin, le ciseau activé par le maillet, qui vient parfaire l’œuvre, en rendant la pierre tout à fait conforme à son emploi, symbolise la méthode maçonnique ».

    Le Travail en Loge s’opère entre l’Ouverture et la Fermeture des Travaux, symboliquement entre midi et minuit, ce qui correspond à l’espace-temps que nous devons consacrer à notre Travail. Néanmoins, le symbole représenté par la Règle à 24 divisions nous rappelle que notre travail de Franc-maçon ne s'arrête pas aux 12 heures consacrées au Travail en Loge, mais bien aux 24 heures de chaque journée.

    Il s’agit donc initialement d’un travail sur soi-même, un travail qui a une utilité et une finalité. Ne perdons pas de vue cette définition de la Franc-maçonnerie : « une alliance universelle d’hommes éclairés, groupés pour travailler en commun au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité ». Relevons-y les termes « perfectionnement intellectuel et moral ».

    La Franc-maçonnerie nous impose une méthode initiatique de Travail en Loge, mais avant tout, elle nous assigne un but : celui d‘extérioriser hors de la Loge ce que nous y apprenons lors des Tenues. Cela signifie que le Travail en Loge doit enrichir chaque Frère afin que nous soyons à même de pouvoir agir dans la société grâce au travail effectué en Loge. Sans cette perspective, le Travail en Loge deviendrait stérile. Préparer les Frères de l’Atelier à extérioriser notre méthode maçonnique est le devoir et le but de tout réel Travail en Loge. Cela est certes d’une grande exigence, mais la Franc-maçonnerie, sans cette perspective, ne serviraient à rien.

     

    Le Travail en Loge est d’abord une démarche intellectuelle.

    Apprendre à mieux penser est l'enjeu majeur du travail au sein de nos Loges. En son sein, et dans le cadre occasionnel de la présentation de planches, de « Morceaux d’architecture », il s'agit d'exposer une pensée individuelle à une collectivité, de soumettre une réflexion construite à la discussion. Il s'agit donc de passer du travail individuel, introspectif, à un travail collectif.

    Cette démarche intellectuelle se caractérise par :

    • la pratique de l’introspection (le silence de l’Apprenti, la réception de la convocation qui nous permet de nous préparer à entendre toute intervention en Loge et notamment en se posant des questions à propos du sujet annoncé) ;
    • le rituel qui nous permet de nous mettre dans un état de réception pour commencer mais aussi pour finir le Travail en Loge ;
    • les symboles de la Loge qui sont autant de sollicitations pour notre imagination, notre intuition, notre réflexion ;
    • les travaux réalisés en Loge, les planches accompagnant les demandes d’augmentation de salaire, c’est-à-dire l’avancement dans les grades, les travaux des Frères conférenciers (planches, morceaux d’architecture).

    Dans tous ces cas, le Travail en Loge n’est que l’aboutissement du travail réalisé en dehors de la Loge pour le préparer. Il nécessite un sérieux effort personnel en amont, sans lequel la fréquentation de la Loge ne présenterait que peu d’intérêt.

     

    Le travail préparatoire avant les Tenues.

    Le travail préparatoire est tout aussi important pour la qualité du Travail en Loge qui sera mené. La préparation de planches de qualité est la condition sine qua non à l'épanouissement de chacun. C'est ainsi que le pré-travail en Loge fait partie intégrante du travail de chaque Maçon. 

     

    Le travail est une démarche morale.

    Le Travail maçonnique doit se faire dans un esprit d’ouverture. Une phrase du rituel nous y incite : « Que la Concorde, la fraternité et la charité guident nos pas et nos œuvres ! ».

    Comme dans toute démarche de nature spirituelle, nous ne devons pas porter de jugement sur les autres. Nous devrions simplement être suffisamment ouverts pour recevoir et assimiler. Ce n’est que dans cet état d’esprit qu’il nous est possible de construire cette entité harmonieuse que nous appelons « la Loge ». Cela ne signifie pas que nous devons abandonner notre propre personnalité, notre propre intérêt, notre propre recherche qui, de fait, ne peuvent pas être partagés… mais nous allons pouvoir trouver dans l’écoute des autres, dans leurs expériences… de nouveaux axes de recherches, d’études, de découvertes qui vont nous permettre de progresser. Aussi longtemps que l’apport de chacun des frères sera positif, il y aura un véritable intérêt à participer aux Tenues.

     

    La fréquentation assidue des Tenues devient une source d’enrichissements constants et progressifs :

    • sur le plan humain car il est permis de rencontrer des hommes d’exception toujours dans des domaines différents ;
    • sur le plan initiatique car la Franc-maçonnerie permet de faire le lien entre les différents courants d’éducation, de spiritualité, de pratique, de croyance… en fonction des origines, des passés, des attirances, des recherches… des participants afin de découvrir que la gloire du bel ouvrage est largement partagé ;
    • sur le plan spirituel car notre symbolisme du travail nous permet de prendre conscience qu’il n’y a pas de séparation entre le matériel et le spirituel, entre le spéculatif et l’opératif et que notre véritable épanouissement est certainement dans le bien faire quotidien.

     

    Prendre son temps en Maçonnerie est essentiel pour différentes raisons :

    • La Franc-maçonnerie est une voie de connaissance par opposition aux voies mystiques et il nous faut du temps pour apprendre.
    • La Franc-maçonnerie fait partie des priorités dans la conduite de notre vie :
      • La première priorité consiste à préserver notre santé car sans elle rien n’est possible ;
      • La seconde priorité concerne notre travail car il est l’élément indispensable à la vie sociale ;
      • La troisième priorité est en liaison avec notre famille et le respect de nos responsabilités et engagements envers ses membres ;
      • Enfin, la Maçonnerie fait partie du reste, et il nous faut la traiter comme telle et ne pas s’engager plus avant si les priorités précédentes ne sont pas couvertes.
    • La Franc-maçonnerie est un lieu d’expérimentation exceptionnelle où nous avons l’opportunité de tester de multiples facettes de nos capacités. Lors de l’installation du collège des Officiers Dignitaires de la Loge, chacun d’eux reçoit une charge, une fonction, une véritable mission. Toutes les fonctions se retrouvent dans la direction d’une entreprise du monde profane. Les pratiquer en Maçonnerie permet au préalable d’en mesurer les composants, les difficultés, les avantages en fonction de sa propre personnalité et de ses propres dispositions naturelles. La Franc-maçonnerie est, en ce sens, un lieu unique de formation et d’expérimentation des relations sociales et professionnelles.
    • L’expérience maçonnique peut et doit aussi être négative. Nous aurons dans notre vie maçonnique à rencontrer de mauvais frères, de faux frères, des Vénérables Maîtres ou des Surveillants tyranniques, dilettantes, incapables… Nous aurons des frustrations quant à nos augmentations de salaires, nos nominations à tel ou tel poste… Tout cela constitue des expériences négatives si nous ne les acceptons pas et des expériences positives si nous les acceptons. Quelle est la valeur de notre petit moi par rapport à la vie de la Loge, de la société, de l’univers ? Ces désagréments doivent nous permettre de dépasser nos propres restrictions et limites et nous permettre d’évoluer dans un contexte plus large dont nous n’avons pas la maîtrise.

    Vue ainsi, la Franc-maçonnerie n’est-elle pas un bon enseignement pour la conduite de notre vie ? Ne favorise-t-elle pas l’esprit de découverte ?

     

    Le travail nous permet une expérimentation sociétale.

    Le symbolisme nous oblige à sortir de ses cadres de référence, comme une nouvelle naissance, c’est-à-dire à reprendre l’esprit de découverte de notre enfance pour voir le monde différemment et non pas au travers des archétypes que l’éducation, la culture et la société nous ont inculqués.

    Retrouver l’esprit de découverte, n’est-ce pas prendre conscience que nous sommes capables de penser, d’appréhender, de juger par nous-même sans faire référence aux autres ? Cela veut dire que nous sommes devenus autonomes donc adultes. Sans cette liberté d’agir, nous vivrions encore dans des huttes et nous ne disserterions pas de Franc-maçonnerie en ce moment. 

    Cette liberté de créer est comme la trace de l’impulsion initiale donnée au vivant. Cette liberté, utilisée avec un sens moral dans le monde profane, fait effectivement progresser l’humanité. Elle s’inscrit dans la tradition pour faire évoluer la tradition. Une tradition qui n’évolue pas entraîne la mort des entités qui s’y rattachent.

     

    Le Travail maçonnique nous offre des moments de concentration.

    Le rituel d’Ouverture des Travaux nous permet de passer du monde profane au monde maçonnique. C’est un élément de rupture qui apaise la production de pensée et favorise la concentration. La participation aux cérémonies (Initiation, augmentation de salaire, Élévation…), l’écoute des planches du jour, les déambulations en Loge avec leurs formalismes… sont autant d’exercices de concentration qui incitent à «être présent dans le présent».

    Bien faire ce que nous faisons, complètement et sans restriction, constitue, à mon sens, une démarche spirituelle qui n’est liée ni aux dogmes, ni aux croyances, mais uniquement à l’expérience. C’est la grande expérience de la Franc-maçonnerie.

     

    Le Travail maçonnique.

    La voie qui mène à la Lumière, à la Vérité, nous est ouverte, mais nous n’y accédons pas par le simple fait de revêtir un cordon, un tablier et une paire de gants blancs à l’entrée de la Loge. Ce n’est ni un droit, ni une faculté que les membres de notre Ordre acquièrent par le paiement de leur seule cotisation mais c’est le fruit d’un réel effort. L’accession à la Lumière n’est en effet pas un dû mais une récompense légitime à un processus dans lequel nous nous sommes engagés aux côtés de nos Frères sur la voie de l’Initiation.

    C’est un mécanisme psychique, spirituel mais sans doute aussi physique afin qu’enfin, comme lors de notre Chaîne d’Union, loin de tout souci matériel s’ouvre pour nous le vaste domaine de la pensée et de la spiritualité, faisant que la Vie n’est rien, la mort non plus, puisque seul le Travail est quelque chose : il justifie l’un et ennoblit l’autre. C’est cela le Travail maçonnique !

     

    L’assiduité.

    L’assiduité aux Travaux de Loge est une des premières vertus en Maçonnerie. Elle est indispensable compte tenu de l’importance du vécu en Loge.

    Nul ne peut devenir Maçon s’il n’est assidu, car c’est par le travail qu’on devient Maçon, comme dans le monde profane où c’est à l’école de l’apprentissage où l’on apprend son métier, chacun selon ses capacités matérielles et mentales.

    Pour œuvrer à l’amélioration spirituelle de la société, pour réaliser nos intentions de Francs-maçons, notre démarche peut être orientée selon six axes bien distincts, chaque axe pouvant être développé par chaque Frère, selon le temps et ses propres intérêts, toujours dans le cadre de l’Initiation.

     

    Le premier axe du travail est l’aspect fraternel, celui qui repose sur la tolérance d’autrui.

    Etre tolérant, c’est d’abord  l'être avec soi-même ; c’est savoir que chacun a des opinions, des avis, des idées propres à soi et quelquefois, pour ne pas dire le plus souvent, des idées différentes des autres. Cela peut poser un problème personnel si quelqu’un n’est pas suffisamment tolérant avec ses propres idées. C’est la première des tolérances.

    Ensuite c’est d’être tolérant avec l’autre, avec les autres Frères. C’est la seule façon de permettre d’abord à l’autre d’être lui-même, de lui accorder le droit à la liberté de conscience, de lui donner la possibilité de vous apporter quelque chose de différent, de vous enrichir, de vous donner une idée de plus, une idée différente, qui puisse vous faire évoluer, … grandir.

    Etre tolérant avec l’autre, c’est l’accepter comme il est, c’est lui permettre de le laisser s’exprimer complètement, profondément, même et surtout si on n’est pas d’accord avec ses idées ; c’est mieux l’observer, mieux le laisser vivre, lui offrir la possibilité d’évoluer… à lui aussi, comme à nous d’ailleurs, bref, c’est  mieux le comprendre, c’est donc l’aimer. 

    Dans notre recherche du perfectionnement, il est important de trouver un ensemble de personnes sur le même chemin pour échanger ses expériences, se soutenir les uns les autres et expérimenter les vertus de la tolérance. C'est pourquoi la Franc-maçonnerie est une fraternité à la fois comme conséquence de ce travail en commun et comme moyen d'avancer chacun sur sa route. Cette fraternité est le lien profond qui nous unit aux autres hommes, qu'ils soient Francs-maçons ou non.

     

    Le deuxième axe du travail est l’étude du symbolisme, la pratique du rituel.

    Pour améliorer le travail des Frères, il est utile d’étudier non seulement les symboles maçonniques, mais aussi de rechercher comment fonctionne le langage des symboles et comment le rituel agit sur l’Initié. L’étude des symboles eux-mêmes, la recherche sur leur interprétation et la quête intellectuelle de leur signification, est utile mais tout cela ne fait pas un Initié.

    Pour bien pratiquer la Maçonnerie, il faut donc avoir tous ses sens en éveil. Si l’on veut que le symbolisme initiatique remplisse son rôle, agisse efficacement, deux conditions sont nécessaires. D’une part, il faut en Loge que les Frères soient à l’écoute avec tout leur être, à la fois concentrés et sereins.

    L’ouverture au monde des symboles facilite l’écoute de soi-même et la compréhension des événements de notre vie. En Loge, le travail mérite de faire une large place au symbolisme, non seulement par la pratique des rituels, mais aussi par une instruction sérieuse des Frères de tous les grades. L’étude du symbolisme devrait naturellement porter sur les différents symboles propres à la Franc-maçonnerie ainsi que sur les rituels, en s’efforçant d’en dégager le sens profond et d’en tirer un message concret pour les Frères.

     

    Le troisième axe, à savoir le travail au progrès de l’humanité, c’est la dimension sociale.

    Notre devoir de Franc-maçon est aussi d’agir dans le monde profane. En poursuivant l’accomplissement de notre travail au-delà des limites de la Loge, l’homme nouveau, ou tout au moins transformé, doit rayonner dans la société civile en pratiquant au dehors les vertus d’une reconnaissance équitable du travail, d’une reconnaissance de la place de chacun dans l’édifice social qui puisse être apaisante, fraternelle, constructive.

    Ce troisième axe est donc celui du rejaillissement de nos réflexions en Loge vers la société. Le retour du Travail maçonnique vers la société civile se fait par le comportement de tous les jours des Maçons dans la société. Comportement aussi bien dans la vie professionnelle, associative, familiale que citoyenne.

    En effet un parcours « maçonnique » qui ne serait tourné que vers son enrichissement intellectuel sans retour vers les autres n’aurait aucun sens ou plutôt serait un non-sens !

    L’Histoire fourmille de Francs-maçons qui ont, depuis le siècle des lumières, marqué « positivement » l’évolution de l’Humanité sur le continent européen puis dans d’autres régions du monde.

     

    Le quatrième axe, celui du travail sur soi.

    Le travail sur soi permet, en écoutant les autres Francs-maçons, en confrontant les arguments avancés, de parfaire sa propre conviction sur des sujets divers d’ordre philosophique ou symbolique. Ce travail sur soi est primordial pour éliminer les « scories » classiques qui viennent souvent polluer les débats dans la société profane. Le « paraître » doit s’effacer pour ne laisser que l’essentiel des arguments. Une règle fondamentale est le respect absolu des intervenants et donc l’écoute de toutes les opinions exprimées. C’est ce brassage de points de vue qui permet à chacun de nous enrichir de nos différences et diversités.  Ce travail sur soi se fait donc par la participation à nos réunions, par des contributions plus personnelles qui sont des sujets présentés par un Franc-maçon sur un sujet donné, par la réflexion et l’introspection suite aux échanges. Le travail sur soi-même libère des chaînes de l’ego et de la psyché afin d’acquérir la maîtrise du Métier d’Homme.

     

    Le cinquième axe concerne l’aspect philosophique et pour une grande majorité d’entre nous l’aspect spirituel.

    Pour réussir le pari de la diversité en harmonie, la Franc-maçonnerie traditionnelle fait appel à un Principe supérieur qui transcende la réalité matérielle, sociale et religieuse, Etre suprême que certains appelleront « Dieu » et que nous appelons « Grand Architecte de l'Univers » pour ne pas entrer dans des débats stériles. La combinaison de la foi en un Principe supérieur et d’une démarche de perfectionnement de soi-même en fait donc une démarche spirituelle au sens large.

     

    Le sixième et dernier axe du Travail en Atelier concerne la vie de l’Atelier, son maintien et son administration.

    Une Loge maçonnique est une micro-société très particulière, administrée et hiérarchisée au plan des responsabilités assumées par un Collège d'Officiers, qui assume le rôle d'un vrai Conseil d'Administration.

    Ce Conseil d’administration – que nous nommons « Commission des Officiers Dignitaires – est présidé par le Vénérable Maître en chaire et règle toutes les questions inhérentes au fonctionnement de l'association des Frères composant la Loge.

    La particularité de son système est que personne n'y possède un pouvoir temporel absolu. De même, personne n'y détient de pouvoir spirituel. Ainsi cette société ne tient sa souveraineté et sa puissance que d'elle-même. En ceci, une Loge est un modèle unique en son genre.

    Au sein de la Loge, les Frères sont égaux dans leur travail. C’est le fruit que nous partageons comme un cadeau offert à nous-même et aux autres. Le besoin de reconnaissance valorisé dans le monde profane n’existe pas en Maçonnerie, car tous les Frères sont égaux. Ce travail / salaire qui est comme une monnaie d’échange est une nécessité, un devoir fraternel pour le Franc-maçon qui, en le faisant évoluer, fait évoluer la Loge. Pour le Franc-maçon, le salaire est toujours le même, c'est-à-dire sa joie d’avancer sur le chemin et surtout partager.

    Notre travail personnel nous permet à chacun d’avancer, mais profite également au groupe formé par la Loge. La progression est donc collective.

     

    La glorification du Travail.

    Le travail du Franc-maçon est sans limite. Les Frères sont invités à le porter vers une gloire rayonnante, à le pratiquer comme une religion dans une démarche de sacralisation. Le Travail maçonnique consiste à se libérer : il exige des efforts et de la patience. Il s’agit d’abord d’une conquête de soi pour arriver à la maîtrise de soi, de ses passions, ses désirs et ses faiblesses.

    Il est donc nécessaire de relier les Frères entre eux, de relier le matériel au spirituel, de relier notre monde sacré au monde profane, et aussi de faire ce travail de relecture incessant qui nous permet de tendre vers une recherche plus authentique de ce que nous croyons connaître. Si la Maçonnerie est une religion du travail, la glorification du Travail n’est qu’une invocation, pas une prière.

     

    Le travail d’un Maçon ne s’arrête jamais.

    Le rituel de Fermeture ou de Clôture des Travaux comporte cette phrase étrange qui donne une vraie dimension au travail maçonnique. « Le travail d’un Maçon ne s’arrête jamais, Vénérable Maître : ce qui est cherché en Loge se continue dans le monde et le devoir d’un Maçon est de répandre à l’entour la Lumière qu’il a entrevue dans les opérations de la Loge de Saint-Jean ».

    Elle comporte deux aspects : « ce qui est cherché en Loge se continue dans le monde » c’est-à-dire que la recherche maçonnique et la recherche profane sont de même nature, la curiosité développée en Loge, le désir de perfectionnement intellectuel et moral ne se partage pas, ils font un tout. Un bon Maçon est avant tout un bon professionnel parfaitement intégré dans la société civile à laquelle il met à disposition les capacités qu’il a pu développer et expérimenter en Loge.

    La deuxième partie de la phrase « le devoir d’un Maçon est de répandre à l’entour la lumière qu’il a entrevue dans les opérations de la Loge de Saint-Jean » montre que les valeurs développées à l’intérieur de la Loge doivent être portées à l’extérieur.

    Parmi ces valeurs, celle qui nous semble la plus essentielle concerne notre capacité à « être présent dans le présent ». C’est-à-dire, à un instant donné, être totalement sans limitation dans l’acte de l’instant. De cette fusion du moi et de l’action découle l’excellence qui a permis la construction des cathédrales et qui, liée à notre créativité retrouvée, nous permet de tenir notre rôle de contributeur opératif dans la société civile.

    Le Travail en Loge implique un nombre certain d'exigences. Il a pour but d'exporter au dehors du Temple ce que l'on y apprend au-dedans grâce au travail de polissage en Loge. Il doit aussi être précédé d'un travail préparatoire et d'introspection pour tracer toute planche et apporter des réflexions pertinentes au Frère conférencier pour autant que la Loge organise des débats.

    Chaque planche doit permettre l'élévation de chacun d'entre nous. Loin de nous contraindre, ces exigences nous aident à progresser sur notre chemin initiatique. Ce travail collectif nous conduit parfois à atteindre une symbiose. C'est ce qui fait une des particularités de notre Travail en Loge.

    En travaillant de la sorte, nous continuerons à cultiver cette particularité et serons entendus pour avoir une quelconque influence positive sur les affaires de la société. Nous agissons dans la société, enrichis de ce que ce que notre Travail en Loge nous enseigne.

    R:. F:. A. B.

     

    Bibliographie

    Ambelain Robert

    L'Alchimie spirituelle

    Editions Bussière, 2000

     

    Bandler Richard

    Un cerveau pour changer : Comprendre la PNL 

    Interéditions, 1993 – Poche, 2008


    Ligou Daniel

    Dictionnaire de la Franc-maçonnerie

    P.U.F., 1991

     

    Durozoi Gérard et Roussel André

    Dictionnaire de Philosophie

    Editions Nathan, 1993


    Wirth Oswald

    La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes

    Tome II « Le Compagnon »

    Editions Dervy, 1979


    Wirth Oswald

    Le Symbolisme Hermétique dans ses rapports avec la Franc-maçonnerie

    Editions Dervy, 1993


    Bouvier Pierre

    Le Travail

    Que-sais-je ?

    Presses universitaires de France, 1991

     

    Sitographie

     

    http://latolerance.blogspot.be/2005/03/le-travail.html

    http://intuition.blog.lemonde.fr/2007/02/27/operatif-speculatif/

    http://www.ledifice.net/6005-H.html

    http://www.temple-parvis.com/images/CDAcompagnons/horg-travail-comp.pdf

    http://www.gadlu.info/le-symbolisme-base-du-travail-maconnique

    http://www.masonica-gra.ch/symbolisme_augier

    http://hautsgrades.over-blog.com/article-le-symbolisme-base-du-travail-maconnique-122831824.html

    http://www.franc-maconnerie-godf-cannes.org/la-loge-au-travail/les-trois-niveaux-du-travail-maconnique/

    http://laurentremise.typepad.fr/artsgraphiques/2011/04/le-travail-en-loge.html

     


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    AVANT LES LOGES SPÉCULATIVES

    1. Introduction

    La fondation de la Maçonnerie spéculative moderne n’est pas un processus volontaire, ni consenti, mais plutôt le résultat d’une suite de coïncidences, de résignations, voire d’erreurs.

    Pour nous, la Franc-maçonnerie, traditionnelle, universelle et régulière, c’est un Ordre. Cela signifie qu'elle repose sur une organisation ordonnée et structurée selon une règle. Cette Règle définit le fondement de la Régularité maçonnique dans tous les pays du monde. Les Francs-maçons qui respectent cette Règle sont les Maçons Réguliers.

    Les origines de la Franc-maçonnerie restent incertaines et de nombreuses légendes flatteuses, réveillant l’égo des Maçons, courent à son sujet. On la dit héritière d’Hiram, l’architecte du Temple de Salomon, des Chevaliers Templiers, mais également de spiritualités ésotériques telles que l’Ordre de la Rose-Croix, l’Hermétisme ou en relation avec la Kabbale (mystique juive). Mais il faut bien le constater : les textes antérieurs au 14ème siècle n’apportent pas beaucoup de précisions au sujet de l’origine de l’Ordre maçonnique.

    La Franc-maçonnerie trouve son origine au Moyen-Âge dans l’organisation corporative des tailleurs de pierre ou des ouvriers des chantiers religieux et féodaux. Elle prit naissance en Ecosse, dans la région de Glasgow. Les constructeurs des cathédrales gothiques étaient regroupés en loges et se réclamaient de saint Jean.

    Ce que nous savons aussi, c’est que la Règle maçonnique traditionnelle existe depuis au moins le 14ème siècle. Ses plus anciennes transcriptions en notre possession sont écrites en anglais médiéval et datent de 1390 et de 1400. Nous pouvons la découvrir dans de nombreux documents manuscrits ou imprimés, collectivement appelés « Old Charges », en français : « Anciens Devoirs ».

    Ainsi, en 1390, le « Manuscrit Régius » décrivait les usages des maçons anglais et plaçait emblématiquement leur corporation sous l'égide d'Euclide et de Pythagore, pères de la géométrie, et sous la protection du roi Athelstan d'Angleterre. Le « Manuscrit Cooke » se présente comme une version parallèle du « Régius » écrite en prose. Ces deux textes traitent de l’art de la géométrie, science à la fois divine et terrestre, dont l’application par métier se nomme « Franc-maçonnerie ». Ils donnent également des règles de conduite et des devoirs à respecter par les gens de métier, les « Francs-maçons », envers la confrérie, la société humaine, la religion et l’Etat.

    A la fin du Moyen-Âge, les confréries sont nombreuses à travers l'Europe. Elles veillent au respect des « Devoirs » des différents métiers. Le « Manuscrit Régius » nous donne une bonne idée de ce que pouvait être la maçonnerie « opérative » de l'époque. Ces confréries étaient cependant souvent mal vues par l'Église catholique romaine et surveillées de près par les pouvoirs royaux.

     

    Rappelons ce qu’étaient ces « Anciens Devoirs ».

     

    2. Les Anciens Devoirs

    Des historiens ont mis en évidence l’existence de plus d’une centaine d’Anciens Devoirs. Une centaine de manuscrits de la Maçonnerie opérative nous sont en effet connus, rapportant sa doctrine et son organisation. Ce sont les « Anciens Devoirs » ou « Old Charges ». Les plus anciens, conservés au British Museum, le « Manuscrit Régius » (1390) et le « Manuscrit Cooke » (vers 1425) ont été rédigés – selon l’usage du temps – par des clercs. Ils disent que « la géométrie est l’art de mesurer toute chose sur la terre ».

    Dans un de ses ouvrages, Daniel Béresniak montre « comment la plus ancienne définition connue de la Franc-Maçonnerie identifie celle-ci à la Géométrie » et constitue « l’écho médiéval de l’antique Nul n’entre ici s’il n’est géomètre de l’Académie de Platon ».

    Ces « Old Charges » constituent essentiellement l’histoire légendaire du métier et les règles morales qui devaient gouverner le comportement des maçons. Ces textes étaient destinés à être lus à haute voix pour des assistants en partie illettrés ! Leur possession confirmait la régularité de la loge.

    L'analyse de ces Devoirs montre la permanence d'exigences constantes, appelées Landmarks depuis 1723, date à laquelle le pasteur Anderson employa cette expression dans ses Constitutions. Diverses recensions en existent mais toutes contiennent quelques principes incontestables (voir la planche intitulée « Les origines de la FM » - Lien URL).

    Mais quelle forme de maçonnerie était concernée par ces « Anciens Devoirs » ? Au 14ème siècle, il s’agit de la « maçonnerie opérative ».

     

    3. La franc-maçonnerie opérative

    Qu’entendons-nous par « maçonnerie opérative » ? Car tel est bien l’objet principal de la présente planche !

    Organisée en obédiences depuis 1717 à Londres, la Franc-maçonnerie contemporaine, dite « spéculative » — c'est-à-dire philosophique — fait référence aux rites des Anciens Devoirs de la « maçonnerie » dite « opérative » formée par les corporations de bâtisseurs qui édifièrent, entre autres, les cathédrales.

    Au Moyen-Âge, la Maçonnerie opérative était constituée en divers groupements : mestiers, confréries, ghildes. Elle réunissait les artisans travaillant la pierre. Ceux-ci construisaient des cathédrales mais aussi des monastères, des châteaux forts, des ponts. Ils rangeaient leurs outils, travaillaient parfois, se sustentaient et se reposaient dans la loge, une bâtisse souvent provisoire qu’ils édifiaient sur le chantier, souvent adossée au mur de la cathédrale.

    C’étaient des virtuoses, des magiciens de la pierre. Leurs connaissances techniques et peut-être théologiques et philosophiques dépassaient la moyenne. Ils étaient vraisemblablement, du moins pour les plus qualifiés, des hommes libres. Ils appartenaient alors à un franc-mestier, indépendant du pouvoir local, qui leur commandait la belle ouvrage. Appréciés pour leurs talents par les princes de ce monde, ils parcouraient l’Europe, du Nord au Sud, de l’Orient à l’Occident.

    En des termes plus synthétiques, nous pourrions dire de la maçonnerie opérative qu’« Il s’agit d’une organisation de la construction en pierres qui englobe les divers niveaux hiérarchiques de son accomplissement et régit tous ses aspects techniques ainsi que corporatifs ».

    Mais cet aspect professionnel ne peut s’exercer dans un cadre idéal de fraternité et d’amour du prochain qui inclut la participation à des œuvres caritatives et d’assistance. Le maçon opératif s’épanouissait grâce à la pratique religieuse intégrale du catholicisme, au sens étymologique d’universel.

    René Guénon a bien rappelé la nécessité de cette pratique religieuse exotérique, comme base d’une réalisation initiatique quelconque « car on ne bâtit pas sans fondations ou sur une vie profane. Il faut d’abord maîtriser l’extérieur avant de pénétrer l’intérieur. Le processus initiatique est un accomplissement et une transformation de l’exotérisme et non pas sa négation, son oubli ni même sa négligence ».

    Le métier fournit le support de l’ordre initiatique dont les rites permettent d’intégrer tous les aspects de la vie professionnelle à l’entreprise de la réalisation spirituelle. La pratique du métier prend alors la valeur d’une ascèse véritable. Il comporte un aspect de compréhension intellectuelle, intégrée aussi bien qu’intégrante. En ce sens, l’opératif inclut la dimension spéculative, mais celle-ci n’est pas isolée.

    On s’imagine le plus souvent que les Maçons « opératifs » n’étaient que de simples ouvriers et artisans, et rien de plus ni d’autre, et que le symbolisme aux significations plus ou moins profondes ne serait venu qu’assez tardivement, par suite de l’introduction, dans les organisations corporatives, de personnes étrangères à l’art de construire.

    Tel n’est d’ailleurs pas l’avis d’Armand Bédarrides qui cite un assez grand nombre d’exemples, notamment dans les monuments religieux, de figures dont le caractère symbolique est incontestable. Il évoque notamment les deux colonnes de la cathédrale de Würtzbourg qui sembleraient prouver que les maçons constructeurs du 14ème siècle pratiquaient une symbolique philosophique, ce qui est exact, mais dans le sens de « philosophie hermétique ».

    Parmi les symboles usités au moyen âge, outre ceux dont les Maçons modernes ont conservé le souvenir tout en n’en comprenant plus guère la signification, il y en a bien d’autres dont ils n’ont pas la moindre idée !

    La « Maçonnerie opérative » était vraiment complète dans son ordre : elle possédait à la fois la théorie et la pratique correspondante. Cette qualification d’opérative peut être comprise comme une allusion aux « opérations » de l’« art sacré », dont la construction selon les règles traditionnelles était une des applications.

    Le « Manuscrit Regius » est précieux pour une autre raison. Il affirme que certains apprentis sont « du sang des seigneurs ». A ce sujet, nombre d’historiens pensent que dans les loges opératives ont été acceptés progressivement et à titre honorifique des gens étrangers au métier. Selon les cas, clercs, nobles, bourgeois ont pu apporter, connaissance, prestige, protection, espèces sonnantes et trébuchantes. De plus en plus nombreux dans les ateliers, les « Maçons Acceptés » seraient à l’origine de la mutation de la Maçonnerie : les spéculatifs supplantant au fil du temps les opératifs. Selon l’historien Paul Naudon, François Rabelais fut un de ces Acceptés au sein de la confrérie des Gaults, une société de bâtisseurs.

    Progressivement, les loges opératives auraient admis parmi leurs membres quelques hommes importants, nobles ou membres du clergé, n'appartenant pas directement au métier. C'est ainsi que les loges écossaises, depuis 1439, avaient comme protecteurs héréditaires les seigneurs Saint-Clair de Rosslyn.

    Mais tous les historiens ne partagent pas cette hypothèse de transition entre « maçonnerie opérative » et « maçonnerie spéculative » : pour certains, la Maçonnerie spéculative serait directement issue de la Royal Society, l’Académie royale des Sciences de Londres, créée en 1662, à laquelle appartenaient les grands esprits de l’époque comme le savant – mathématicien, physicien, astronome – Isaac Newton et le pasteur Théophile Désaguliers.

     

    4. Les premières loges spéculatives

    Depuis notre admission dans l’Art royal, nous avons appris que la Franc-maçonnerie moderne trouve son origine en Angleterre, dans une coutume dénommée « acceptation » qui consistait à recevoir, dans un cercle de maçons opératifs, en qualité de membres honoraires, des personnes étrangères au Métier. Cette thèse est de plus en plus remise en question.

    Nous savons qu’en 1717, quatre Loges londoniennes établies de « temps immémorial » se sont réunies afin que « quelques frères anciens » puissent s’associer pour créer la première Grande Loge de Londres constituant ainsi l’ébauche de la maçonnerie obédientielle moderne et jeter les bases d'un centralisme qui aboutira, après plusieurs décennies et bien des péripéties, à la Franc-maçonnerie moderne.

    Avec le déclin des loges opératives, au fil des années, ces maçons « acceptés » ont privilégié le travail sur les idées plutôt que celui sur la construction matérielle.

    Mais deux ou trois exemples connus du 17ème siècle nous laissent aussi penser que des loges ont d’emblée été créées comme « spéculatives ».

    Nous savons également qu’en 1723, deux pasteurs, James Anderson et Jean-Théophile Désaguliers, ont été chargés de rédiger des Constitutions fondatrices qui se sont définitivement démarquées de la lignée opérative même si elles étaient formellement calquées sur les anciennes constitutions de métier, les « Old Charges ».

    Bien que les premières véritables Loges de Francs-maçons, distinctes des corporations, soient apparues au 17ème siècle, en Écosse, la Franc-maçonnerie a toujours ajouté à cette origine historique une origine légendaire et symbolique plus ancienne, support du travail initiatique de ses membres. Les premiers Francs-maçons faisaient remonter cette origine mythique symboliquement aux origines de la maçonnerie elle-même, c’est-à-dire aux origines de l'art de bâtir.

    C’est tout naturellement qu’ils placèrent cette origine à l'époque d'Adam, le premier homme, selon la conception de l'époque ; à l’époque de Noé, le constructeur de l'arche, ou, beaucoup plus fréquemment, à celle de la construction du Temple de Salomon.

    En 1736, en France, le chevalier de Ramsay a rattaché la Franc-maçonnerie aux croisés. D'autres, un peu plus tard, transformeront cette référence en une référence symbolique au Saint-Empire romain germanique, ou à l'Ordre du Temple de Jérusalem (en Allemagne, en Angleterre et en France).

    À la suite de redécouverte de l'Égypte antique par les occidentaux, c'est tout naturellement que certains rituels maçonniques ont déplacé l'origine symbolique de la Franc-maçonnerie à l'époque de la construction des pyramides.

    Au milieu du 19ème siècle, à l'occasion de la redécouverte de l'héritage du Moyen-Âge, le mythe maçonnique renforça tout aussi naturellement ses références à la construction des cathédrales.

    C'est devenu un lieu commun pour la plupart des ouvrages consacrés à la Franc-maçonnerie que d'affirmer qu'elle provient directement des « bâtisseurs de cathédrales ». Les légendes, quant à elles, renvoient jusqu'à la construction du temple de Jérusalem sous le règne de Salomon, voire à l'époque antédiluvienne.

    Parler des origines de la Maçonnerie moderne revient le plus souvent à évoquer la glorieuse histoire des bâtisseurs de cathédrale, dont la science rayonnait au point que de grands intellectuels et quelques nobles ont – progressivement mais massivement – rejoint les loges opératives pour fonder la Maçonnerie spéculative d’aujourd’hui. Cette thèse est celle dite « de la transition ». Une belle histoire dont les remises en question provoquent parfois l’irritation.

    N’est-il pas judicieux pour un meilleur travail maçonnique de connaître toutes les thèses ? Pour une meilleure initiation n’est-il pas profitable de distinguer le mythe de l’histoire ? Car si l’on se fie uniquement au mythe, le danger de la contre initiation existe.

     

    5. Les bâtisseurs de cathédrales

    En fait, l'hypothèse d'une filiation directe avec les loges médiévales flatte le sentiment d'enracinement dans une tradition multiséculaire et sert merveilleusement bien l'obsession de « régularité » des obédiences maçonniques.

    L’origine de cette théorie remonte au 18ème siècle. Elle émane d'une école d'historiens aujourd'hui très critiquée car elle a pour grave défaut d'ignorer les travaux menés depuis plusieurs décennies par d'autres écoles.

    Cela ne signifie pas qu'elle soit sans fondement et totalement contraire à la vérité : les travaux les plus récents énoncent davantage de nouvelles hypothèses. Et rares sont les découvertes qui viennent infirmer cette théorie.

    La question des origines de la Franc-maçonnerie est particulièrement complexe. Elle souffre de lacunes documentaires et la nature même de la tradition ancienne reste très floue.

    Le problème initial que posent les origines de la Franc-maçonnerie moderne n'est pas tant celui de son lien avec les loges médiévales que celui des modalités qui ont favorisé la mutation des loges « opératives » – terme consacré pour désigner ce qui est relatif à la pratique réelle du métier – en Loges « spéculatives » – c'est-à-dire se servant du métier comme d'un support allégorique mais ne le pratiquant plus.

    (Voir aussi la planche intitulée "Les bâtisseurs de cathédrales" - Lien URL).

     

    6. De la « maçonnerie opérative » à la « maçonnerie spéculative »

    La thèse la plus répandue est celle de la transition. Cette thèse, qui est l’œuvre de l’historien Harry Carr pour l’essentiel, affirme qu’au Moyen-Âge, en Angleterre, existaient des Loges opératives organisées comme aujourd’hui, avec des rituels, des usages, des mots de passe et des mots sacrés. Ces Loges se seraient ouvertes aux personnes étrangères au métier de constructeurs et bâtisseurs, mais intéressées par l’art de la construction, sans doute par ouverture d’esprit et respect de leur intérêt.

    Compte tenu de l’intérêt des « Gentilshommes maçons » ou de « Maçons spéculatifs » pour les courants alchimiste et néoplatonicien nés à Florence au 15ème siècle, et pour la tradition Rose-Croix diffusée à partir du 17ème siècle, divers courants de pensée auraient pénétré les Loges en même temps que les non opératifs. D’où la théorie de « l’acceptation ».

    Le nombre de ces « Gentilshommes maçons » aurait augmenté de manière spectaculaire au point de devenir peu à peu majoritaire et d’évincer ainsi les opératifs devenus progressivement étrangers à leur propre institution. Ainsi la Maçonnerie, après une période de transition, serait devenue, la Franc-maçonnerie spéculative d’aujourd’hui. Cette hypothèse paraît assez plaisante quand on sait que des monarques ont appartenu à la Franc-maçonnerie.

    A côté de cette thèse séduisante, il existerait une série de faits concordants et assez flatteurs qui, combinés à la théorie de la transition, auraient conduit à la fondation de la Grande Loge d’Angleterre en 1717.

    Ces autres composantes sont, d’une part, l’origine compagnonnique de la Franc-maçonnerie et d’autre part, la franchise accordée par le pape aux Maîtres Comacins, de mystérieux maçons italiens. Cette franchise – qui justifierait le vocable « Franc-maçon » – aurait  permis à ces maçons de traverser l’Europe en répandant leur savoir architectural, géométrique et ésotérique, et semant ainsi les graines de la Maçonnerie spéculative.

    Mais plusieurs éléments de cette autre thèse ne résistent pas à l’épreuve des faits comme en témoignent les travaux des membres de la Loge de recherche de la Grande Loge Unie d’Angleterre, « Ars Quatuor Coronatti ».

    Concernant tout d’abord la franchise papale accordée aux maçons italiens, selon l’historien de la Maçonnerie Roger Dachez, cette fable n’a survécu que grâce aux recopiages successifs sans vérification de source.

    Concernant l’hypothèse compagnonnique, il existe une confusion fréquente entre les confréries de maçons opératifs telles qu’elles ont existé en Europe et le compagnonnage proprement dit. Le compagnonnage est une organisation purement française sur les usages de laquelle il n’existe aucun renseignement substantiel avant le 18ème siècle même si son existence est attestée dès le 15ème siècle.

    Quoi qu’il en soit, si la fondation de la Franc-maçonnerie spéculative moderne en Angleterre en 1717 est incontestable, l’Angleterre n’a jamais connu le compagnonnage. Voilà qui sépare définitivement le compagnonnage de la fondation de la Franc-Maçonnerie moderne.

    Enfin, la remise en cause la plus sérieuse de toute cette « belle histoire » vient du fait que l’Angleterre n’a jamais connu de Loges de maçons opératifs : il n’en existe aucune trace !

    Et si certaines confréries de maçons ont pu exister en Angleterre, elles sont restées opératives jusqu’à leur disparition et aucune archive de ces organisations ne mentionne l’admission d’une personne totalement étrangère au métier.

    Une origine de la Franc-maçonnerie a également été recherchée dans les sociétés d’entraide nées au 17ème siècle, dans les milieux artisans, ou encore dans le rôle joué par la dissolution des communautés monastiques après la réforme anglaise en 1534. De cette remise en cause naquit également une théorie négative dite « théorie de l’emprunt » qui suggère que la maçonnerie moderne aurait délibérément repris des textes et des pratiques ayant appartenu à la maçonnerie opérative mais sans filiation directe ni légitimité aucune, voire en les adaptant quelque peu. La maçonnerie spéculative aurait dès lors sciemment entretenu, depuis sa fondation même, le mythe d’une filiation avec les bâtisseurs de cathédrales.

     

    7. Les apports de « La Clé écossaise »

    En 1988 parurent successivement deux ouvrages signés par un profane, le professeur David Stevenson, Professeur d’histoire à l’Université d’Aberdeen.

    Selon lui, il existait en Ecosse un système unique au monde : des guildes de métier comme dans le reste de l’Europe. Chacune véhiculait une histoire mythique du métier remontant à l’antiquité et dispensait un savoir via des rites rudimentaires scellés par un serment de discrétion. En Ecosse, l’existence des Guildes et leur autorité était sanctionnée par l’attribution d’une charte, délivrée par la municipalité. La charte de la Guilde des maçons et charpentiers d’Édimbourg date de 1475. Les maçons de la Guilde disposaient plus particulièrement d’une autorisation d’utiliser le mortier, par opposition aux maçons dits « de la pierre sèche » interdit d’entrée à la guilde. La Guilde des maçons régissait le métier de la construction dans son ensemble. Elle était dirigée par un Diacre – en anglais « deacon » - que mentionnent les statuts Schaw datés de 1598 et 1599. Ce Diacre était nommé par la municipalité.

    En arrière-plan de la Guilde existait la Loge, dont l’existence était secrète, et dont les attributions l’apparenteraient aujourd’hui à une de nos organisations syndicales. Elle encaissait les cotisations, prenait soin des veuves et des orphelins de ses membres et, par l’intermédiaire du dirigeant de la Guilde, exerçait un contrôle sur le type de construction dans l’enceinte des bourgs. Elle était dirigée par un Surveillant élu parmi les Maîtres Maçons de la Guilde (En anglais « Warden »). Il y avait parfois plusieurs surveillants dans la Loge, l’un d’eux prenait alors le titre le « Maître Surveillant » ou « Premier Surveillant ».

    Dirigeant de la Guilde, le Diacre était officier de la Loge et il avait aussi pour fonction de faire le lien entre la Guilde et la Loge. A titre de réminiscence, dans le rite d’York ou dans le Guide des maçons – première version des grades symboliques du R.E.A.A. (1804) – les diacres jouent un rôle de liaison entre les Vénérable Maître et les Surveillants ou entre les Surveillants.

    L’Ecosse est le seul pays au monde où l’on trouve des traces de Loges opératives, contrairement à l’Angleterre, et ce dès le milieu du 16ème siècle. Mais, pour autant, la progression dans le métier n’était pas celle de la maçonnerie moderne.

    La progression maçonnique en Ecosse était différente de celle qui régit aujourd’hui la maçonnerie symbolique. Selon les statuts Schaw, l’apprenti reçu dans la Guilde devait être enregistré dans la loge. Le grade de compagnon était conféré en Loge ; la maîtrise l’était dans la Guilde. Cette maîtrise était conférée après que le compagnon ait présenté un chef d’œuvre, épreuve que ne pouvaient passer les non opératifs et qui ne comprenaient aucun enseignement ésotérique. Si le degré de Maître maçon était parfois conféré à un non opératif – le plus souvent un seigneur – c’était à titre purement honorifique.

    En Ecosse les Loges ont parfois 500 ans. Elles y pratiquent parfaitement un rituel que chaque Loge adapte, au point qu’il y a pratiquement un rite par Loge ! Mais les Ecossais ont le défaut d’avoir quelque peu oublié le sens de leur rituel et le pratiquent de manière automatique, sans savoir pourquoi tel ou tel élément y est inclus.

    L’admission des non opératifs en Ecosse n’a pas encore reçu d’explication solide. A l’époque la plus ancienne, cela constituait sans doute un geste honorifique envers un protecteur ou un citoyen qui avait procuré beaucoup de travail aux maçons. Les archives de la loge « Mary’s Chapel n°1 » font mention de réception de non opératifs dès la première moitié du 17ème siècle.

    De même, on ne sait à ce jour, ce qui distinguait l’admission d’opératifs de celles des non opératifs. Il est probable qu’ils recevaient le mot du maçon, sorte de légende basée sur les deux colonnes du temple de Salomon, qui servait de moyen de reconnaissance. La communication de ce mot constituait l’essentiel de la cérémonie de réception.

    Mais tout ceci ne donne guère de solution précise quant à la fondation de la maçonnerie spéculative moderne. Au mieux la piste écossaise porte bien son nom : elle donne une piste. Mais à partir de ces diverses théories et faits historiques, il est possible de dégager une histoire globale, qui réconcilierait l’histoire et le mythe, l’histoire et les légendes. Cette synthèse constitue aujourd’hui l’hypothèse la plus probable relative à la fondation de la maçonnerie spéculative.

    Le système des Loges opératives existait en Ecosse et elles connurent une longue prospérité car l’usage de la pierre perdura en Ecosse par opposition en Angleterre qui adopta très tôt la brique d’argile rouge. Mais à partir de la fin du 16ème siècle, les grandes constructions ralentirent avant de stagner, au détriment des Guildes de Maçons. Ce déclin modifia le paysage maçonnique de l’époque. Si la Loge était secrète alors que la Guilde avait pignon sur rue, la Loge reprit le devant et la Guilde disparut peu à peu.

    Au 17ème siècle, de nombreuses sociétés secrètes sont nées en Europe, influencées par la philosophie Rose-Croix, la pensée hermétique, l’alchimie, la Kabbale... Un des traits communs à ces divers mouvements était la croyance en la sagesse perdue des civilisations anciennes, sagesse qui, si elle était retrouvée, amènerait à une nouvelle compréhension du divin, de l’univers et de l’homme. Cette supériorité des civilisations anciennes est poussée à son paroxysme par l’hermétisme. A la lumière des idées hermétiques, les mythes médiévaux des maçons prirent une nouvelle dimension.

    Ces courants de pensée accordaient surtout une grande importance à l’architecture, l’architecte étant sensé être l’homme omniscient, versé dans toutes les sciences. Ces courants assimilèrent rapidement cet art de l’architecture – donc de la géométrie et des mathématiques – à la maçonnerie. Cette assimilation eut pour effet de donner une nouvelle respectabilité aux maçons et d’augmenter leur aura vis à vis des profanes. Les courants ésotériques de l’époque menaient donc une espèce de conspiration pour accorder un rôle exceptionnel aux maçons, et, assurément, au cours du 17ème siècle de nombreux documents sont apparus pour attester de l’assimilation de la maçonnerie à l’architecture, à la philosophie, etc…

     

    8. Pour conclure : décadence et continuité de la maçonnerie opérative

    Ainsi, les Loges de maçons opératifs se limitaient à la connaissance du métier et dispensaient des cérémonies rudimentaires. Mais les loges ne véhiculaient aucun savoir ésotérique. Les mouvements ésotériques, à l’inverse, véhiculaient une grande connaissance mais ne possédaient aucune structure apte à dispenser leur savoir.

    Ils trouvèrent donc dans les Loges une structure qui leur convenait parfaitement. C’est ainsi que, dès 1630, les étrangers au métier firent leur apparition dans les Loges opératives en Ecosse.

    A la lumière de toutes ces précisions, il semble que ce ne sont pas tant les maçons qui ont accepté dans leurs loges des représentants de mouvements ésotériques, mais que les mouvements ésotériques ont peu à peu investi la maçonnerie. La maçonnerie n’avait guère le choix faute de disparaître. Ainsi l’acceptation serait en réalité, au mieux, une acceptation inversée – celle de la structure des maçons par les mouvements ésotériques – au pire une résignation de la part des maçons à admettre dans les Loges des étrangers au métier à peine de disparition.

    De nouvelles conditions sociologiques ont entraîné la décadence de l’ancien système opératif. En Angleterre, où les documents manquent, on ne connaît guère que l’histoire de la compagnie des maçons de Londres. En Ecosse, où le pouvoir royal a tenté de centraliser le contrôle du métier par les statuts Schaw en 1598, les travaux de David Stevenson ont bien résumé la situation (Voir la planche intitulée « Analyse du documentaire « La Clé écossaise » - La FM en Ecosse » - Lien URL).

    Les Loges ont depuis longtemps accepté des non-opératifs, certains peut-être comme patrons, protecteurs et soutiens financiers, certains parce qu’intéressés aux questions d’architecture, de symbolisme, de philosophie, etc., que soulève le métier.

    Ces loges toutefois sont restées opératives dans leur grande majorité jusqu’à la création de la Grande Loge d’Ecosse en 1736, à l’imitation de celle de Londres. D’autres, en Ecosse et en Angleterre, ne rejoindront que tardivement les obédiences spéculatives. Et certaines ne le feront jamais. 

     

    R:. F:. A. B.

     

    Bibliographie


    Béresniak Daniel

    La Franc-maçonnerie en 33 questions

    Editions Detrad, 2005

      

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    Notes pour servir à l’histoire de la franc-maçonnerie à Nancy

    Nancy, Imprimerie Nancéienne, 1910

     

    Caboudin GuyViard Georges

    Lexique historique de la France d'Ancien Régime

    Editions Armand Colin, 1990

     

    Combes André

    Trois siècles de la Franc-maçonnerie française

    Paris, Editions Edimaf, 1987

     

    Dachez Roger

    Les origines de la Maçonnerie spéculative 

    Périodique « Renaissance traditionnelle » n°77, p 1 – 45

     

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    Une suite écossaise  

    Périodique « Renaissance traditionnelle » n°83, 161 – 202

     

    Guénon René

    Etudes sur la franc-maçonnerie et le compagnonnage

    Editions Traditionnelles, 2 vol., Dervy-Livres, 1964

     

    Lawrie Alexander

    Histoire de la Franc-Maçonnerie et de la Grande Loge d’Ecosse 

    Traduit par Claude-Antoine THORY

    Editions Ivoire-clair, Bagnolet, 2001

     

    Naudon Paul

    Histoire générale de la franc-maçonnerie

    PUF, Paris, 1981

     

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    La Franc-maçonnerie

    Que Sais-je ? Octobre 1995

     

    Prescott Andrew

    A History of British Freemasonry

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    Encyclopédie de la franc-maçonnerie 

    Articles « Ancien(t)s » et « Modern(e)s »

    Le Livre de Poche, Paris, 2008

     

    Schmieder Maurice

    La Franc-maçonnerie

    Histoire d’une grande fraternité

    Braine-l’Alleud, Editions J.M. Collet, 1992

     

    Solis Jean  

    Guide pratique de la Franc-maçonnerie – Rites, systèmes, organisations 

    Editions Dervy, Paris, 2004 

     

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    Les Premiers francs-maçons (trad. franc.)

    Editions Ivoire Clair, Paris, 2000

     

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    http://www.compagnonnage.info/pages/origines-franc-maconnerie.htm 

    http://www.buddhaline.net/La-perte-lors-du-passage-de-l 

     


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  •  Approche du symbolisme des épées

     Introduction : les épées dans le matériel de la Loge

    Pour se livrer à leurs Travaux rituels, les Francs-maçons réunis en Loge ont besoin, non seulement d’un mobilier spécifique, mais également de divers objets, parmi lesquels on trouve notamment des épées.

    Pourquoi ces épées dans la Franc-maçonnerie ?

    Que viennent faire ces armes blanches dans nos confréries qui se veulent pourtant affranchies des servitudes du profane ? 

    Tout est symbole, dit-on. Tout n’est-il que symbole ?

    Ce symbole n’en porte pas moins sens. Si tout symbole est libre d’interprétation par chaque Frère, il n’empêche que l’épée porte en elle son pouvoir, sa charge de signification que l’on ne peut nier.

    Commençons par évoquer la présence de l’épée dans l’histoire et voyons comment et quand elle est apparue dans la Franc-maçonnerie.

    Quelles sont les origines de l’épée ?

    A l’origine l’épée est une arme et sert à combattre. C‘est avant tout un symbole militaire. C’est aussi un symbole royal et chevaleresque marquant le pouvoir et la noblesse du personnage. 

    L’épée dans les légendes

    Quelques légendes sont attachées à l’épée. Dans cette tradition chrétienne, l’épée est une arme de noblesse appartenant aux chevaliers et aux héros. Leurs épées sont personnalisées et portent souvent un nom : « Joyeuse » pour Charlemagne ; « Durandal » pour Roland ; « Nothung » pour Siegfried, et la fameuse « Excalibur » du roi Arthur dans la légende des Chevaliers de la Table Ronde…

    … sans oublier l’épée de Perceval (qui ne semble pas avoir de nom et qui apparaît dans le Conte du Graal, cinquième roman de Chrétien de Troyes). La Vierge du Graal, la remet à Perceval. La Dame par sa puissance spirituelle, possède le pouvoir de la ressouder.

    L’épée représente la part agissante du chevalier, symbole à la fois de rectitude et d’efficience. A l’épée merveilleuse qui fut donnée à Perceval au château du roi Pêcheur à l’aube de sa quête, alors même qu’il allait se trouver affronté à sa première grande épreuve en présence du cortège du Graal, répond cette autre épée extraordinaire devant laquelle Galaad, l’autre héros de la quête, marquera prudence et respect. 

    Dans le domaine des arts, de nombreuses peintures et sculptures représentent de nobles guerriers le bras armé d’une épée tel saint Georges terrassant le dragon.

    Rappelons encore la place prépondérante qu’occupe l’épée au cours du Moyen Age dans le cadre des tournois et des croisades. 

    Les épées dans l’histoire de la Franc-maçonnerie

    L’histoire de l’introduction de l’épée dans certains rituels maçonniques est une excellente illustration du fait que les usages maçonniques ne se comprennent bien souvent qu’en fonction du contexte culturel qui les a vus naître. Et ces contextes, dès le 18ème  siècle, différaient beaucoup de part et d’autre de la Manche.

    En Grande-Bretagne, de nos jours encore, l’usage de l’épée est tout simplement prohibé en loge. Elle n’y fait jamais son apparition au cours d’une cérémonie quelconque et aucun Frère n’en porte une, ni à la main, ni au côté.

    Pourquoi en est-il ainsi ?

    Lorsque la Franc-maçonnerie spéculative a fixé ses usages, au début du 18ème siècle, l’Angleterre sortait de près de 150 ans de guerres civiles, politiques et religieuses, qui avaient ensanglanté le pays. Avec l’établissement de la dynastie de Hanovre et l’échec des tentatives de restauration des Stuarts, le calme pouvait revenir. Les Loges contribuèrent à cet esprit nouveau. On insista sur le fait que les polémiques politiques et religieuses n’y auraient jamais droit de cité… et que l’épée, symbole des luttes fratricides que l’on ne voulait plus revoir, en serait bannie !

    Mais lorsque la Franc-maçonnerie franchit la Manche, il en fut tout différemment. En France, la distance sociale entre les nobles et les roturiers se marquait notamment par le port de l’épée, réservée aux nobles – sauf pour les militaires de métier.

    Du point de vue historique, l’emploi de l’épée dans les Loges maçonniques date du 18ème siècle, c’est-à-dire dès l’origine de la Maçonnerie spéculative. Cette mesure fut prise en vue d’appliquer dans les loges les principes d’égalité qui exprimaient alors ceux de la liberté.

    Dès 1737, on rapporte qu’à Paris, l’usage de l’épée dans la Loge du « Grand Maître » – le jacobite Derwentwater – avait ému les Frères parisiens dont certains s’étaient élevés contre cette « innovation ». C’en était une, assurément, mais elle fut pourtant rapidement adoptée par tous les Maçons français, car ces derniers purent lui donner une sens qui n’aurait pas été acceptable de l’autre côté de la Manche. Du coup, l’épée se chargea de significations nouvelles : ordinairement placée sur l’Évangile qu’on disposait sur le plateau du Vénérable, c’est sur cet ensemble que les candidats prêtaient leur serment. On leur indiquait alors que l’épée sur laquelle reposait leur main était aussi « un symbole de l’honneur ».

    Dans les plus anciennes divulgations maçonniques françaises, imprimées à partir de 1744, il était explicitement précisé que, dans le cadre idéal de la Loge, et pour le temps de ses Tenues, tous les Frères devenaient égaux. Mais on fit choix de l’égalité « par le haut ». Tous les Frères étant réputés gentilshommes, tous furent appelés à porter l’épée, qu’ils fussent nobles ou non « à l’extérieur » !

    L’épée, rappel d’affrontements civils intolérables en Angleterre, était devenue en France le signe de l’égalité fondamentale de tous les Maçons…

    Chacun sait qu’au cours des années qui ont précédé la Révolution Française de 1789, un grand mouvement s’est éveillé en France, sous certains vocables dont les plus prestigieux ont été ceux de Liberté et d’Égalité. Plus tard, en 1848, viendra le mot Fraternité. Or, à cette époque, se trouvaient dans les Loges maçonniques des hommes de toutes origines, de toutes conditions sociales, lesquels se réunissaient sur un pied absolu d’égalité.

    C’est ainsi que sous Louis XV, se réunissaient des aristocrates, et même des membres de la famille royale, des prélats, des bourgeois, des militaires, des artisans s’y côtoyaient, tous sans préséance ni distinction de rang.

    Pour mieux marquer cette égalité, nos anciens ont eu recours à certains symboles que la Maçonnerie « moderne » a conservés, comme celui du port de l’épée, alors que dans la vie sociale seule la noblesse avait ce droit. C’est la raison pour laquelle, depuis cette époque, mais dans certains rites seulement, les Maîtres Maçons portent dans leurs Travaux et cérémonies cette épée qui était autrefois l’apanage des nobles. Aujourd’hui les Maîtres Maçons sont nobles par le cœur et par l’esprit.

    Vers la fin du 18ème siècle, le Rite Écossais Rectifié (R.E.R.), le premier rite à formuler des rituels très précis et circonstanciés, stipulera que si tous les Frères portent l’épée, seuls les Maîtres la « manient ».

    Sauf rare exception, nul ne se promenait plus une arme au côté sous la Restauration ! C’est pourquoi au 19ème siècle, la symbolique sociale de l’épée était nettement en recul. Son usage devint de plus en plus limité en Maçonnerie. L’épée ne restera plus que l’apanage de certains Officiers et ne sera utilisée par les Frères que dans des cas très particuliers, par exemple pour former une voûte d’acier (un usage dont l'origine n'est d'ailleurs pas maçonnique mais purement militaire). On les dispensera finalement de la porter en permanence. Mais de nos jours, certaines loges, notamment au R.E.R., ou encore au Rite Français Traditionnel, ont rétabli le port constant de l’épée par tous les Frères.

    L’épée au R.E.R.

    Le maniement de l’épée en Loge est très codifié par le Rite Écossais Rectifié. Dans ce rite, tous les Frères portent en effet une épée !

    Ces épées, appelées « armes » dans le rituel de la cérémonie d’Initiation, sont tournées par les Frères contre le candidat. Elles sont « menaçantes » car elles désignent, d’après le rituel, « les dangers infinis qui environnent l’homme dans sa sombre demeure ». A ce moment de la cérémonie, les épées tenues de la main gauche et pointées vers l’Impétrant, sont associées par le texte du rituel à l’idée de « justice ».

    Le Vénérable Maître précise au Récipiendaire :

     « Vous avez aperçu d'abord les épées des Frères tournées contre vous, parce que l'Ordre ne s'était pas encore assuré de vos véritables dispositions. Vous voyez à présent les mêmes armes tirées pour votre défense, afin de vous convaincre que jamais l'Ordre ne vous abandonnera, Si vous conservez inviolablement l'amour de la Vertu, de la Sagesse et de vos Frères. »

    Posée sur la Bible pendant toute la durée des Travaux, l’épée du Vénérable Maitre symbolise le pouvoir qui lui est confié, lequel étant fondé sur la Loi, sert de base aux Travaux des Frères.

    L’Épée en Franc-maçonnerie

    Il est bon de rappeler ce que les Loges ont fait des épées, qui sont maniées par le Vénérable Maître, l’Expert et le Couvreur. Ces deux derniers officiers tirent leur fonction de l’épée du Vénérable Maître : l’Expert utilise son épée pour la mise en œuvre des rituels et veiller à leur bon déroulement, et le Couvreur s’en sert pour protéger le Temple intérieurement et extérieurement.

    Je tenterai d’examiner successivement :

    1. L’Épée flamboyante du Vénérable Maitre
    2. L’épée traditionnelle à lame droite
    3. L’Épée du Frère Expert 
    4. L’Épée du Frère Couvreur
    5. L’Épée traditionnelle à lame droite
    6. L'Epée de justice

    L’Épée flamboyante

    L’Épée flamboyante, c’est l’épée du Vénérable Maître en chaire.

     * Approche du symbolisme des épées

    Bien que j’aie déjà disserté sur le symbolisme de l’Épée flamboyante dans une autre Planche publiée sur ce blog,

    ( Lien URL : http://chemin47.eklablog.net/l-epee-flamboyante-a117788342,

    je voudrais rappeler que cette épée est constituée d’une lame sinusoïdale qui représente le mouvement ondulatoire de la flamme intérieure qui doit exister dans le tréfonds du cœur de chaque Maçon.

    Cette Épée flamboyante a deux significations principales : celle de la création et celle de la purification. 

    En Franc-maçonnerie, l’Épée flamboyante sert principalement à la consécration de tout Récipiendaire. Cette épée n’est pas une arme mais un instrument de transmission. L’épée est tenue de la main gauche et le maillet en main droite, formant ainsi un symbole binaire féminin masculin.

    Sa forme sinusoïdale à double tranchant peut être assimilée au caducée et sa forme ondulatoire rappelle le mouvement de la flamme ou du serpent symbole du savoir, de la pensée créatrice, de l’activité.

    Le Vénérable Maitre montre au Récipiendaire le feu sacré de la véritable connaissance.

    Quelle peut-être son origine ? La Bible dit qu’il s’agit de l’épée des chérubins qui gardent, à l’entrée du jardin d’Eden, le chemin qui mène à l’arbre de vie. On peut lire au chapitre trois de la Genèse, que Dieu chassa l’homme…

    « Et plaça à l’orient du jardin d’Eden les chérubins et la lame de l’épée qui tournait çà et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie. » (Verset 24)

    C’est du jardin d’Eden que nos premiers parents mythiques ont été chassés à coup d’épées tournoyantes par les chérubins qui leur barraient l’accès vers l’orient où se trouve le chemin qui mène à l’arbre de vie.

    Ce passage de la Genèse est lourd de sens. Il nous parle des chérubins (de l’akkadien karâbu, prier, bénir).

    Les chérubins sont des êtres célestes représentant la puissance créatrice investie de l’autorité divine. De ce fait leur rôle de « videur » du jardin d’Eden est tout à fait indiqué. Les chérubins ont pour mission de garder l’accès à l’arbre de vie, accès qui se situe à l’orient.

    Alors, une autre interrogation surgit : pourquoi sont-ils armés de cette épée flamboyante, tournante, et « ondulée » ?

    « L’épée qui blesse, nous dit Fulcanelli, la spatule chargée d’appliquer le baume guérisseur, n’est en vérité qu’un seul et même agent doué du double pouvoir de tuer et de ressusciter, de mortifier et de régénérer, de détruire et d’organiser. »

    Spatule, en grec, se dit spate ; or, ce mot signifie également glaive, épée, et tire son origine de spao, arracher, extirper, extraire.

    Nous voyons là le rapport étroit qui existe avec « l’extraction » de nos premiers parents du jardin d’Eden et l’alchimie que Moise était loin d’ignorer. De ce fait, l’épée flamboyante est le dissolvant alchimique ou feu de roue et aussi feu du ciel ou feu du sel car ayant reçu les ondes célestes, qui se manifestent sous forme de « l’armes blanches ».

    « Nous avons donc bien ici, poursuit Fulcanellil’indication exacte du sens hermétique fourni par la spatule et l’épée. (Les Demeures philosophales, II, p. 166. 1964)

    La réception du Récipiendaire avec l’Épée flamboyante correspond donc à une purification par le feu-eau des vieux maîtres.

    L'Épée flamboyante posée sur le plateau du Vénérable Maître n'est chargée d'aucune destination belliqueuse. Rappelant, certes, par sa lame ondulée, l'épée de feu des gardiens angéliques du jardin des délices, elle sert désormais à la transmission d'une influence spirituelle lors de la consécration qui crée, constitue, et reçoit, en qualité d'Apprenti, le Récipiendaire lors des cérémonies d'Initiation. En dehors de cette signification propre de création d'un être nouveau, l'usage qui en est fait  présente  quelque analogie avec celle qui présidait à l'adoubement des chevaliers.

    L’Épée du Frère Couvreur

    Dans la plupart de nos Loges, sauf au Rite Ecossais Rectifié où cette charge est en réalité remplie par le Frère Second Surveillant, le Frère Couvreur porte, lui aussi, une épée, sans fourreau parce que l’épée du Couvreur doit toujours être tirée et prête pour la défense de son poste.

    Dans le Manuel pratique du Vénérable Maître et du Couvreur, il est indiqué que l’épée du Couvreur est spécifique parce qu’elle se compose, pour l’essentiel, d’une lame fine, triangulaire et pointue qui projetée en avant, pique l’intrus mais ne le coupe pas. C’est donc une arme dissuasive, non offensive, de défense et non d’attaque ; à l’image de l’office, lequel ne saurait être rempli par un Maçon vindicatif ou combatif, prêt à guerroyer – notamment si le Couvreur est un ex-Vénérable Maitre.

    L’épée que porte le Frère Couvreur participe à ce que l’hermétisme appelle la « réalisation descendante » qui est une tâche humanitaire  immatérielle qui se met au service de nos egos enténébrés à l’image d’une flamme qui s’enfoncerait dans un puits pour l’éclairer, à l’image aussi du Fil à Plomb suspendu dans ce Temple. 

    Ancien Vénérable Maître descendu dans la pénombre de l’Occident du Temple, le Frère Couvreur est ainsi à la disposition de l’assemblée des Maçons pour la faire bénéficier de sa lumière initiatique désormais enrichie par son expérience passée. 

    Un des aspects de la fonction de Couvreur est de protéger l’Atelier contre l’intrusion éventuelle de profanes. La protection passe aussi par l’épée qui est une arme dissuasive et non offensive, de défense et non d’attaque à l’image de cet office.

    L’Épée du Frère Expert au R.E.A.A.

    Dans les Loges qui pratiquent le Rite Écossais Ancien Accepté, le Frère Expert possède lui aussi une épée spéciale. C'est un attribut manuel et pectoral.

     * Approche du symbolisme des épées

    Le genre d'épée de l'Expert se déduit soit de la forme de l'arme, soit de l'office de ce dernier : lame pointue et courte, large, plate et double fil coupant (du moins en donne-t-elle l'impression de loin !). Cet officier la tient de façon quasi constante même assis, et il ne s'en sépare que rarement, quand il est debout. Il s'agit d'une arme offensive qui tranche.

    Le Frère Expert se sépare rarement de son épée spéciale lorsqu'il quitte son siège.

    L’Épée traditionnelle à lame droite

    Au moment où le bandeau lui est retiré et où tous les Frères sont debout et dirigent leurs épées en main droite vers le Néophyte, le Vénérable Maitre lui dit alors : « Ces épées, que vous voyez tournées vers vous, vous annoncent que tous les Frères voleront à votre secours au moment du danger ; mais elles vous annoncent aussi que, si vous trahissiez votre serment, vous n’échapperiez pas à la vengeance de tous les Frères répandus sur la terre et qui ont juré de punir le parjure. »

    L’épée est aussi le moyen dont se sert DIEU pour rendre la justice. Si les hommes ne suivent pas les commandements de DIEU, ils sont menacés de l’Epée. 

    Sa signification profonde actuelle et éternelle, c’est le Nouveau Testament qui nous la donne : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée ». (MATHIEU 10 : 34). 

    L’épée est la parole divine, c’est le Verbe et elle est le don le plus grand puisque avoir l’épée c’est avoir la Parole de Vie qui est l’instrument de justice. 

    Cette lame est tenue traditionnellement par chacun des membres de la Loge non seulement lors de la consécration d’un nouveau Frère, mais à l’occasion de toute cérémonie officielle : réception de Grands Officiers dignitaires, manifestations maçonniques, etc.

    Ces épées sont tenues de la main gauche par les membres de la Loge, exception faite à l’Expert qui la tient de la main droite, afin de permettre aux Frères l’accomplissement du Signe d’ordre par la main droite.

    L’épée de justice

    Souvenez-vous de ce fameux jugement du Roi Salomon menaçant de partager un enfant avec son épée (ROIS 3 : 24) : bel exemple de justice que celui de proposer de couper un enfant en deux afin de départager deux femmes qui se disputent la maternité d’un même enfant. Et celle qui en est réellement la Mère préfère voir son enfant vivre avec une inconnue plutôt que de le voir mourir.

    La Justice est généralement représentée par la déesse grecque Thémis, fille d’Ouranos et de Gaïa (le ciel et la terre). En grec, Thémis signifie d'ailleurs « loi divine ». Allégorie de la Justice et du droit, elle est généralement représentée avec une épée à la main, symbole du châtiment, une balance dans l’autre, pour l'équilibre qu'elle maintient, et les yeux bandés en signe d’impartialité.

    Pouvoir et symbolique maçonnique

    Les épées peuvent-elles être associées au concept de pouvoir ?

    Nous avons vu que leur présence remonterait à la Franc-maçonnerie du 18ème siècle. Il devait être de bon ton, alors, pour un noble, de pénétrer en Loge avec son épée. En signe d'égalité maçonnique, les roturiers semblent avoir bénéficié du même privilège.

    De nos jours, les épées dirigées vers le « Récipiendaire » lors de la cérémonie d'initiation se veulent d'abord menaçantes et prometteuses de vengeance éventuelle en cas de trahison des secrets révélés. Puis elles deviennent, une fois le candidat devenu « Frère », secourables et garantes de solidarité.

    Les épées servent également à constituer les voûtes d'acier qui constituent les marques spéciales d'honneur dont bénéficient les dignitaires pénétrant dans le temple et se dirigeant vers les places d'honneur, ceci n'étant pas sans rappeler certaines pratiques propres à l'institution militaire.

    Mais, nous l’avons vu, les épées constituent surtout les attributs de trois officiers dans  la Loge.

    L'épée du Frère Couvreur doit permettre à cet humble et vigilant gardien du seuil d'interdire à tout profane l'accès à la Loge. Le Couvreur aurait également le devoir d'arrêter à la porte du Temple toutes préoccupations qui risqueraient de dénaturer la vocation « sacrée » des Travaux.

    Quant à l'épée du Frère Expert, elle pourrait disposer d'un certain pouvoir de dissuasion à l'encontre d'un faux-monnayeur de la Maçonnerie lors du « tuilage », sorte de vérification d'identité qui s’effectue soit sur les parvis de la Loge, soit à son entrée.

    En Loge, cette  épée devient purement symbolique et perd cette connotation défensive. Elle accompagne les déplacements de l’Expert avec la canne du Maître des cérémonies lors de l'Ouverture et de la Clôture des Travaux. Elle participe d'une sacralisation des Travaux. 

    Approche du symbolisme de l’épée

    Le symbolisme de l’épée est universel et se retrouve dans toutes les Traditions. L'épée est symboliquement l'instrument de la connaissance et l'arme des combats spirituels.

    En Franc-maçonnerie, l’Épée flamboyante représente la création et la purification.
    Cette épée est constituée d’une lame sinusoïdale qui représente le mouvement ondulatoire de la flamme intérieure qui doit exister dans le tréfonds du cœur de chaque Maçon. Elle peut être l’esprit et la matière, la vie ou la mort, le bien le mal, l’éclair et la foudre, la force et la sagesse, la création et la destruction, la protection et la punition. Elle protège et met en garde.

    Par sa matière et sa fonction, l’épée du Frère Couvreur ne suggère-t-elle pas son propre combat intérieur ? Une chasse sans pitié aux vieux démons cachés dans les replis de son inconscient et qui l’empêchent d’être lui-même tout simplement ? Une guerre spirituelle, mais farouche et sans pitié ; un combat contre l’ignorance, la peur et la souffrance pour atteindre après bien des batailles, la connaissance de soi-même à laquelle il aspire ? Ce combat est sans doute le plus difficile à mener, il ne fait que commencer.

    On peut également lui associer un autre symbole. De par sa forme, à lame droite, elle rappelle le Fil à plomb. Et à l’axe vertical de la lame s’ajoute la partie horizontale du manche et voilà réunis à nouveau la verticale et sa perpendiculaire. Du coup une croix remplace l’arme et d’autres pensées peuvent naître.

    « Celui qui habite au cœur de nous-même nous invite à relever la tête » (Gen 4/7).

    Ne sommes-nous pas invités à la relation ? C’est ici le sens de la perpendiculaire : ne sommes-nous pas conviés à nous ouvrir à l’autre, aux autres, à accepter la main tendue, à accepter d’être aidé ?

    L’épée du Couvreur se doit aussi de trancher l’obscurité, pour livrer un passage à la lumière d’orient et lui permettre de s’infiltrer dans le monde profane.

    En Inde, l'épée est le symbole de la guerre spirituelle du combat contre l'ignorance pour atteindre la connaissance et la lumière pure.

    Pour les chevaliers – de tous ordres – l’épée est le symbole de la noblesse et de l'adoubement initiatique. L’épée symbolise également la droiture de celui qui la porte. 

    Symbole de guerre mais aussi de paix, d'injustice mais surtout d'équité, les deux tranchants de l’épée semblent représenter l'Etre humain dans toute sa dualité.

    Enfin et pour conclure, l’épée par son aspect double symbolise la dualité de personnalités présentes en chacun de nous, le bien et le mal, ainsi les deux tranchants semblent représenter l’être humain dans toute sa contradiction.

    L'épée fut toujours le symbole de la force et de l'attribut essentiel de la reconnaissance en passant de Jeanne d'Arc, aux seigneurs, aux croisés, aux Chevaliers du Temple, aux religieux, aux militaires de la chevalerie jusqu'à nos jours pour les escrimeurs, les élèves de polytechnique et aussi de l'épée l'apparat des membres de l'institut de France (Académie).

    Elle symbolise les significations de création, d’initiation, de recréation, celle de la purification ou d’expiation. Elle peut être l’esprit et la matière, la vie ou la mort, le bien, le mal, l’éclair et la foudre, la force et la sagesse, la création et la destruction, la protection et la punition. Elle protège et met en garde.

     

    R:.  F:.   A. B.

     

    Références : principaux sites consultés

     

    http://www.glnf-musee.fr/matrice.asp?ARB_N_ID=15

    http://www.troispoints.info/article-18185032.html

    http://pierresvivantes.hautetfort.com/archive/2014/10/11/de-l-epee-en-loge-5466293.html

    http://rite-ecossais-rectifie.com/epee-main-gauche-epee-main-droite/

    http://www.ledifice.net/7101-5.html

    http://www.ledifice.net/7101-7.html

    http://hautsgrades.over-blog.com/article-l-epee-120451441.html

    http://hermetisme.over-blog.com/article-19661516.htm

    http://www.hiram.be/glaive-ou-epee-pour-le-couvreur/

    http://www.ledifice.net/7324-2.html

    http://www.ledifice.net/7101-2.html

    http://www.glbet-el.org/masonictexte/L'epee%20de%20L'expert.htm

    http://www.wmaker.net/u-zinu/Pouvoir-et-Franc-Maconnerie_a794.html

    http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/de-lepee-a-la-paix/

    http://www.espacefrancais.com/le-symbole/

    http://www.ledifice.net/7101-4.html

    http://www.osti.org/perce_armes4d.html

    http://www.graal-initiation.org/l-epee-du-graal.html

    http://expositions.bnf.fr/arthur/pedago/telecharger/objets.pdf

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Perceval_ou_le_Conte_du_Graal

    http://perceval.over-blog.net/article-30744759.html

     

     


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