• * Les origines

    Les origines

    1. L'origine de la Franc-maçonnerie se perd à travers les siècles. Bien que de nombreux historiens se soient penchés sur cette question et qu'une multitude de livres aient été écrits à son sujet, personne n'a réussi à en préciser les origines, ni en termes d'époque ni en termes d'un élément déclencheur quelconque. Naturellement, les théories sont fort nombreuses, mais aucune ne résiste à l'analyse historique objective.

    Certains ont même avancé que la Franc-maçonnerie a débuté au paradis terrestre et qu'Adam fut le premier initié. Puis, l'Ordre se serait répandu à travers ses descendants jusqu'à la construction du Temple de Salomon, roi d'Israël, en passant par la Mésopotamie et la Phénicie. Naturellement, il n'y a personne qui prenne cela très au sérieux, même pas les Francs-maçons eux-mêmes.

    Une autre théorie plus plausible, fait remonter les origines de la Franc-maçonnerie au temps des Babyloniens, ces grands bâtisseurs de l'antiquité dont l'habileté et l'orgueil avaient poussé jusqu'à défier les dieux en voulant construire une tour qui atteindrait le ciel.

    De Babylone on passe en Egypte où les bâtisseurs jouissaient d'un statut privilégié. En effet, les pharaons, les rois d'Egypte, étaient essentiellement des bâtisseurs, des architectes si l'on veut, et ils passaient beaucoup de leur temps sur les chantiers de construction.

    A cette époque, il y avait des groupes de bâtisseurs, sortes de corporations professionnelles, possédant des techniques et des principes bien à eux, des secrets du métier en somme, et ils étaient tenus en haute estime par les dirigeants de l'Etat.

    On dit même qu'ils avaient l'occasion de s'approcher du pharaon beaucoup plus que certaines personnes de l'aristocratie. L'existence de ces corporations fut révélée au début du siècle dernier lors de fouilles effectuées par l'archéologue français Bernard Bruyère dans la localité égyptienne de Deir-El-Médineh.

    Ces fouilles permirent de mettre à jour un cimetière réservé aux membres d'une corporation de bâtisseurs. On a aussi découvert que ces travailleurs vivaient selon un code de conduite qui leur était propre et qu'ils œuvraient non seulement en fonction de règles d'architecture mais aussi à la gloire de leur divinité. Il y a là l'expression d'une certaine spiritualité dans l'exercice de leur travail et l'on y retrouve un parallèle avec les Francs-maçons modernes qui œuvrent « à la gloire du Grand Architecte de l'Univers ». Le maçon opératif possédait déjà des aptitudes du maçon spéculatif et en cela on retrouve des similitudes certaines avec les Francs-maçons modernes.

    D'Egypte, le mouvement se serait transmis en Grèce puis à Rome et finalement en Europe occidentale. Rappelons-nous qu'à l'époque de l'Empire romain, il existait des regroupements de corps de métiers appelés en latin, « collegia fabrorum ».

    Ces corporations professionnelles, précurseurs des guildes médiévales, possédaient à elles seules tout le savoir romain : comment construire les routes, les arches, les aqueducs, les outils de guerre, etc.

    Bref, ils étaient les hommes de science de l'époque. A mesure que les Romains faisaient des conquêtes territoriales, leur savoir se répandait aux quatre coins de l'empire et c'est ainsi qu'éventuellement on se retrouve au Moyen Age, époque où les maçons bâtissaient des cathédrales à travers l'Europe.

    Cette deuxième théorie est plausible, voire même probable, mais elle ne résiste pas non plus à l'analyse objective. C'est-à-dire qu'il n'y a aucun écrit ou constat de témoins contemporains qui vienne la soutenir. Les Francs-maçons eux-mêmes considèrent que leur histoire se divise en deux segments : l'histoire documentée et l'histoire traditionnelle. Cette dernière comprend tout le folklore, les croyances et les légendes évoqués dans les rites maçonniques alors que l'histoire documentée réfère aux textes formels provenant de diverses sources et qui corroborent l'existence de l'ordre. Ainsi, un édit royal permettant les associations maçonniques ou le texte de la constitution de l'Ordre ou même une bulle papale qui le condamne constitue certainement une preuve irréfutable.

    Penchons nous maintenant sur l'histoire formelle de la Franc-maçonnerie.

     

    Le premier manuscrit qui fait état de l'existence de la Franc-maçonnerie remonte à 926 A.D., en Angleterre sous le règne du roi « Athlesta » où pour la première fois on fait allusion aux « maçons » comme étant une organisation reconnue et fonctionnant selon certaines règles bien précises. On parlait alors de maçons, dans le sens réel du terme, comme étant des ouvriers opératifs qui coupaient les pierres dans les carrières et les transformaient en pierres polies et qui servaient ensuite à l'érection de monuments grandioses comme des cathédrales. Tous les documents connus qui réfèrent à la Franc-maçonnerie antérieurement à 1717 sont classés et numérotés et sont, pour la plupart, conservés dans la bibliothèque de la Grande Loge d'Angleterre à Londres.

    Jusqu'en 1717, les loges maçonniques d'Angleterre existaient de façon indépendante les unes des autres. Or, le 24 juin de cette année-là, quatre loges londoniennes ont décidé de se fédérer en une entité appelée « Grande Loge ». On ne connaît pas exactement les raisons qui ont motivé cette action, mais en agissant ainsi, les Francs-maçons se sont donnés une structure administrative, une organisation centrale qui a permis au mouvement d'avoir un interlocuteur approprié face aux autorités politiques et de grandir constamment.

    A l'heure de l'expansion de l'Empire britannique, l'Angleterre expédiait ses armées à la conquête des colonies et comme il y avait des loges de Francs-maçons dans la majorité des régiments et bataillons, cela a eu comme conséquence de propager la Franc-maçonnerie à travers les autres continents, y compris bien sûr, l'Amérique du Nord.

    En 1722, la Grande Loge d'Angleterre confia aux soins du pasteur James Anderson de rédiger une constitution pour la gouverne de la Franc-maçonnerie.

    Un an plus tard, la Grande Loge, alors âgée de sept ans, publia le « Livre des Constitutions », la Franc-maçonnerie moderne fut présentée au monde comme une institution unie dans son universalité.

    La première loge au Québec est arrivée en 1759, dans la ville de Québec, avec les troupes de Wolfe lors de la conquête britannique. Comme il était permis à une loge d'en créer d'autres, plusieurs nouvelles loges virent le jour en sol canadien. C'est ainsi, que le 27 décembre 1759 plusieurs loges se réunirent afin de créer une Grande Loge Provinciale sous l'égide de la Grande Loge d'Angleterre. De Québec, la Franc-maçonnerie s'est répandue à travers le Bas Canada (de la Gaspésie à l'Outaouais en passant par les Cantons de l'Est et Montréal) et ensuite vers le Haut Canada et les états américains limitrophes.

    Le terme Franc date du Moyen Age. Les gens qui vivaient dans le système féodal n'étaient pas tous affranchis et n'étaient pas libre d'aller où ils voulaient, ils étaient, pour ainsi dire, attachés à la terre. Compte tenu des besoins des riches seigneurs et des princes de l'Eglise, des métiers autres que laboureur de la terre se sont créés. Ces travailleurs spécialisés étaient d'une classe supérieure à celle des serfs et pouvaient circuler librement. On disait d'eux qu'ils étaient affranchis, d'où l'expression franc-maçon. Cette explication pourrait ne pas être la seule. En effet, le mot anglais pour franc est free et il existe une théorie selon laquelle l'origine du terme free mason viendrait d'une sorte de pierre facile à travailler et qui s'appelle justement freestone.

    Avec le temps et afin de protéger les « secrets du métier » les maçons se sont regroupés en corporations ou guildes et ils se sont donné des règles de conduite. On ne devenait pas maçon seulement en le disant, on devait faire un apprentissage qui durait un minimum de sept ans avec un maître, qui acceptait de prendre l'apprenti sous sa tutelle et qui lui montrait les secrets du métier. Après avoir passé divers examens, l'élève pouvait lui-même devenir un compagnon de l'ordre parmi les bâtisseurs.

    Donc, une fois reçus, ces compagnons pouvaient aller travailler dans des chantiers un peu partout en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre et dans ces chantiers, ils se réunissaient tous dans une place, parfois un simple abri que l'on appelait une loge. De plus, afin de se faire reconnaître comme véritables compagnons (par opposition à de simples ouvriers) et de se faire payer des gages selon leur rang, les maîtres bâtisseurs avaient des signes de reconnaissance qui n'étaient connus que des vrais compagnons. Plus tard, avec le déclin des grands projets de construction, les francs-maçons ont commencé à accepter dans leurs groupes des gens qui n'étaient pas vraiment des maçons opératifs. En général, il s'agissait d'individus appartenant à des classes sociales supérieurs ou tout simplement des gens qui apportaient de nouvelles pensées à l'organisation. Ces gens étaient appelés des francs-maçons acceptés. Il est à noter que le nom officiel que les Francs-maçons se donnent aujourd'hui est maçons anciens, francs et acceptés.

     

    Source :  http://www.francmaconnerie.ca/profane/fm_profanes/fm_profanes_t.html#histoire

     

    2. L'origine de la Franc-maçonnerie est obscure. Certains la font remonter aux cérémonies initiatiques de l'Egypte et de la Grèce antiques – tels les mystères d'Eleusis – auxquelles ses rites symboliques sont apparentés. Le christianisme des premiers siècles a également développé, avec les gnostiques, des formes d'initiation ritualisée permettant d'accéder à la connaissance des mystères divins, à l'illumination intérieure. On peut voir une filiation directe entre les gnostiques et les alchimistes, occultistes, illuminés et autres membres de la Rose-Croix qui ont fleuri au Moyen Age puis aux Temps modernes. Cette filiation est moins aisée à établir pour les Francs-maçons, héritiers directs, en revanche, des confréries de bâtisseurs qui se sont formées à partir du 10ème siècle en Europe, autour des grands chantiers de cathédrales.

    Il est certain que la Franc-maçonnerie moderne s'est greffée sur les anciennes associations nées au Moyen Age et à la Renaissance. Mais celles-ci avaient elles-mêmes une ascendance remontant à la plus haute antiquité où on trouve la trace de groupements professionnels (en particulier les constructeurs chez les Egyptiens et les Grecs mais nous retiendrons surtout les « collegia » d'artisans romains où le travail revêtait un caractère sacré). Tous les actes de la vie se confondaient avec la religion. Aussi, le « collegia » avait-il comme but essentiel la célébration d'un culte puisque le travail était pour tous l'image de la création des êtres et des choses par la divinité. L'essence du « collegia » était donc d'ordre religieux.

    A partir des 11ème et 12ème siècles, la société évolue et se transforme avec l'immigration des artisans dans les lieux fortifiés. Une autre forme juridique d'associations, qui permet à cette époque aux travailleurs manuels de constituer des groupements autonomes, fut la guilde, caractéristique des pays germaniques. Confréries ou guildes, ces associations d'abord religieuses, puis de protection et d'assistance, élargirent peu à peu le cercle de leurs attributions et s'élevèrent au rang de véritables corps professionnels.

    A partir du 13e siècle, on voit se développer sous la tutelle de l'Eglise des confréries d'artisans privilégiés (échappant aux redevances). Ce sont les « francs – mestiers ». En vieux français le mot « franc » qualifiait ce qui était libre par rapport à ce qui était servile, mais aussi tout individu qui échappait aux servitudes. A cette époque, l'ordre qui fut surtout à l'origine des francs métiers est celui du Temple. Il s'agit du maintien de la communauté des Francs-maçons avec la transmission de leurs rites traditionnels, touchant à une époque où le bon exercice du métier revêtait un caractère sacré et initiatique. C'est au 18ème siècle seulement que nous verrons les maçons spéculatifs, curieux d'ésotérisme, introduire dans leur Franc-maçonnerie des doctrines et légendes attribuées au Temple.

     

    Source : http://www.yrub.com/histoire/francm1.htm

     

    3. Dans la plupart des écrits, surtout les anciens, qui parlent de l’origine de la Franc-maçonnerie, la frontière entre le mythe et la réalité historique est fragile et souvent rompue. On peut toutefois distinguer trois courants dont le premier, le courant mythique ressortit plus à l’affabulation et à la tentation toujours très présente autant chez les individus que chez les entités ethniques de se doter d’une origine ancienne ou fabuleuse. Les deuxième et troisième courants se rattachent plus à l’histoire qu’à la légende et, même si parfois les preuves viennent à manquer, on peut néanmoins affirmer que les anciennes associations corporatives ou confréries de métier, principalement du bâtiment, ont eu leur mot à dire. On peut en dire autant des influences mystiques et philosophiques découlant des relations entre l’Orient et l’Occident au Moyen Age, qui donnèrent naissance aux sciences hermétiques de l’alchimie et de la kabbale, entre autres, et de la nouvelle découverte des penseurs grecs et latins traduits dans les monastères, qui annoncent la Renaissance avec cette remise en question de la relation de l’homme avec le divin, que l’on nommera la pensée humaniste, elle-même annonciatrice du courant Rose-Croix.

     

    L’origine mythique

    Certains auteurs n’hésitent pas à faire remonter la première Loge maçonnique à Adam, d’autres à Salomon, aux Esséniens, à Jésus… C’est dire la nébuleuse dans laquelle se fondent les origines de l’Ordre maçonnique. Mais il faut toutefois relativiser. Les données historiques existent. S’il est difficile d’accepter les élucubrations de certains auteurs actuels, il est en revanche compréhensible que pour les auteurs anciens, il n’entrait pas à leur époque dans les habitudes de penser établir une frontière entre le mythe ou la légende et la réalité historique. On en prendra pour preuve, par exemple, les familles nobles du Moyen Age (Mérovingiens, Lusignan etc.) qui n’hésitaient pas à se doter d’une origine fabuleuse (monstre marin, fée Mélusine etc.), origine qui passait d’ailleurs pour parfaitement crédible au commun des mortels. Le religieux, la superstition, le légendaire et la vie de tous les jours étaient alors étroitement mêlés. Il n’y a donc rien d’étonnant que l’un des plus anciens manuscrits maçonniques connus, le Regius, daté de 1390, fasse remonter la fondation de la Franc-maçonnerie au célèbre mathématicien grec Euclide qui vivait à Alexandrie, en Egypte, au 3e siècle av. J.-C.

    Il n’est guère étonnant non plus qu’au début du 18e siècle ce mélange entre le mythe et la réalité historique apparaisse encore dans les premières Constitutions de la Franc-maçonnerie moderne. Celles-ci, publiées en 1723, font part d’une transmission initiatique ininterrompue d’Adam à Caïn, puis des Chaldéens à l’Egypte (on retrouve Euclide), de Salomon à Nabuchodonosor, de Thalès de Milet à Pythagore, etc., jusqu’au 17ème siècle. Il est intéressant, comme le souligne Daniel Béresniak, de constater que cette énumération des origines mythiques couvre l’ensemble de l’humanité connue des auteurs de la Constitution de 1723. Comme si, à travers ces mythes fondateurs, les auteurs avaient voulu exprimer l’universalisme d’une Franc-maçonnerie qui est de toutes les époques et concerne tous les hommes.

     

    Les origines corporatives

    Dès la plus haute Antiquité, l’édification d’une habitation humaine ou divine (temple) revêtait un caractère sacré et faisait l’objet de rites sacrificiels précis qui exigeaient une initiation. Les bâtisseurs de ces ouvrages se réunissaient en confréries au sein desquelles le professionnel, le philosophique et le sacré étaient étroitement mêlés. Pour y entrer ou y adhérer, l’impétrant devait passer par une initiation tant aux mystères de la profession qu’à ceux liés au sacré. On relève leurs traces en Egypte et en Grèce antiques mais aussi dans l’Empire romain : les fameux « collegia ». Avec l’implantation du christianisme en Europe occidentale, les corporations de bâtisseurs se mettent au service de l’Eglise. C’est à ces « Confréries » ou « Guildes », réunissant les artisans de « francs – mestiers », composés d’hommes libres, que l’on doit les chefs d’œuvre de l’art roman et gothique du Moyen Age. Parmi ces corporations de francs – mestiers, dont l’existence doit beaucoup à l’Ordre des Templiers, figuraient les « Francs-maçons » ou maçons libres (free masons, en anglais) qui se réunissaient dans des « loges » (Cathédrale de Strasbourg, 1276), sortes d’ateliers couverts construits à même le chantier.

    En Angleterre, berceau de la Franc-maçonnerie moderne, le terme de « free mason » ne nous est connu que depuis la fin du 14ème siècle. Mais c’est dans les loges anglaises et écossaises que seront introduits progressivement des membres qui ne sont pas du métier : bourgeois, nobles, savants. Si bien que vers la fin du 17ème siècle, les non professionnels étaient devenus plus nombreux dans certaines loges et l’on distinguait alors les gens du métier par le qualificatif de Maçons « anciens » et les non professionnels par celui de Maçons « acceptés ». Ces Maçons « acceptés » apportèrent en loge ces idées nouvelles qui fleurissaient déjà depuis la Renaissance et qui marqueront la naissance de la Franc-maçonnerie moderne, que l’on nomme Maçonnerie « spéculative » pour la distinguer de l’ancienne, dite « opérative ».

     

    Le courant Rose-Croix

    Mais avec cette Renaissance qui marque l’ère des « grandes découvertes », se manifeste l’éveil des sciences et, avec elles, une nouvelle approche, plus rationnelle, de la connaissance du monde. Cette naissance de la pensée scientifique moderne, entre la fin du 16e siècle et le tout début du 18ème, sera représentée par le mouvement Rose-Croix. Ce mouvement, généré par les maîtres à penser que furent, entre autres, Michaël Maier (1568-1622), Robert Fludd (1574 - 1637), Jacob Boehme (1575 - 1624), Jean-Valentin Andreae (1586-1654), part en quête d’une sagesse perdue qui permettrait, une fois retrouvée, une nouvelle compréhension du divin, de l’univers et de la nature humaine. Ces penseurs s’appuient pour cela sur l’étude et le développement des sciences, dont les mathématiques et plus particulièrement la géométrie, mère de l’architecture, sont considérées comme la première des sciences. De nombreuses sociétés de Rose-Croix se constituèrent ainsi un peu partout en Europe et notamment à Londres, où l’alchimie était alors à son apogée et où les adeptes de la Rose-Croix.

     

    Les influences mystiques et philosophiques

    La tradition initiatique de la Franc-maçonnerie est intimement liée à celle des grands courants mystiques et philosophiques des premiers siècles de notre ère, qui virent l’épanouissement des gnostiques, des néo-pythagoriciens, des doctrines mystiques du mithriacisme et de l’orphisme. Les contacts entre philosophes et mystiques chrétiens, juifs et arabes du Moyen Age ainsi que les relations entre les sectes fatimides et ismaéliennes et certains dignitaires de l’Ordre du Temple durant les croisades, favoriseront la diffusion en Europe de ces doctrines, regroupées en une forme syncrétique dans l’hermétisme, l’alchimie et la kabbale. Les grands Arnaud de Villeneuve, Raymond Lulle, Roger Bacon iront chez les Arabes au 13ème siècle étudier l’alchimie, cette science hermétique qui connaîtra son âge d’or aux 14ème et 15ème siècles.

    C’est aussi l’époque de Dante et de sa « Divine Comédie », précurseur génial de cette période pré-Renaissance appelée Humanisme et dont Erasme sera l’un des chefs de file avec Thomas More. Par la suite, la Renaissance verra naître de nombreuses associations à buts philosophiques, imprégnées d’hermétisme, de kabbale et d’alchimie, où se distingueront des Marcile Ficin et des Pic de la Mirandole. Parmi ces associations, nées des relations suivies que les philosophes hermétistes et alchimistes entretenaient entre eux, la Communauté des Mages, créée par Cornelius Agrippa, regroupera les maîtres de la recherche alchimique.

    Lors de leurs fréquents déplacements pour se rencontrer, ces savants et philosophes trouvaient asile dans les associations maçonniques et l’on retrouve leur empreinte et celle de leurs prédécesseurs dans le symbolisme hermétique qui transpire de la plupart des œuvres des Compagnons imagiers, maçons et tailleurs de pierre, que sont les sculptures des églises et des cathédrales du Moyen Age. Autant de « demeures philosophales » revêtant un sens alchimique, mis en évidence au début du 20ème siècle par un maître en la matière, le célèbre et mystérieux alchimiste Fulcanelli jouèrent un rôle essentiel dans la fondation de cette académie des sciences qu’est la Royal Society.

    Nombre de Rose-Croix étaient également Francs-maçons, comme Christopher Wren, surintendant des bâtiments royaux, Robert Moray, chimiste et mathématicien, premier président de la Royal Society, et l’historien Elias Ashmole qui avait créé une société ayant pour but l’édification symbolique du Temple de Salomon, c’est-à-dire, suivant l’idéal rose-croix, le temple unificateur des sciences. La fameuse Royal Society dont firent partie aussi le Rose-Croix Isaac Newton et le physicien et cofondateur de la Grande Loge de Londres, Théophile Désaguliers, serait donc bien l’un des creusets de la synthèse Rose-Croix et Francs-maçons. Les Rose-Croix étaient d’ailleurs considérés dès l’origine par les fondateurs de Maçonnerie moderne comme des « Frères appartenant à la même Fraternité ou Ordre ». Et c’est de ce renouvellement des idées brassées notamment dans les Loges que naquit la Franc-maçonnerie moderne, dite « spéculative », au début du 18ème siècle.

     

    Source : http://www.freimaurerei.ch/f/general/orig-f.htm

     

    4. Au 13ème et au 14ème siècle, les corporations d'ouvriers étaient réparties à travers toute l'Europe chrétienne. Le premier atelier de tailleurs de pierre avait été fondé en l'an 1015, à Strasbourg. A cette époque, les corporations d'ouvriers étaient sous l'influence des ordres ecclésiastiques ; elles commencèrent à se libérer vers le 14ème siècle. Les ouvriers maçons bâtirent les cathédrales de Cologne, de Strasbourg, de Saint-Denis et bien d'autres. Ils laissaient leurs marques sur la pierre. Ainsi dans le dôme de Wurtzbourg, devant la porte de la Chambre des Morts, on peut encore lire les mots « Jakin » et « Boaz » sur les chapiteaux des deux colonnes. Il s'agit d'un hommage au Temple de Salomon, œuvre légendaire décrite dans la Bible au sein du « Livre des Rois ».

    Rose – Croix et Franc – maçonnerie

    Si les activités de la Franc-maçonnerie débutent au 17ème siècle, il est généralement admis que l'acte fondateur de cette société date du 24 juin 1717. C'est à ce moment que sont fondées les Grandes Loges de Londres et de Westminster. Mais la date qui marque le mieux la fondation de la Franc-maçonnerie moderne est celle qui voit la publication de la «Constitution d'Anderson» (1727) par le duc de Wharton, son Grand Maître à l’époque.

    Ce texte, présenté comme une refonte et une correction de «vieilles archives» maçonniques, fut rédigé par James Anderson, Jean-Théophile Désaguliers et Georges Payne. Les «archives» en question sont les « Old Charges », ou «Anciens Devoirs», textes appartenant aux anciennes guildes de Maçons opératifs, dont les plus anciens remontent à 1390 (ex. : Regius, 1390, et Cooke, 1410). Mais plutôt que de descendre directement des anciennes guildes de Maçons opératifs (les constructeurs) la Franc-maçonnerie est une société de penseurs — on parle de Maçonnerie spéculative — qui a emprunté une partie de sa symbolique aux constructeurs.

    Au 18ème siècle, la Franc-maçonnerie n'a pas l'organisation que nous lui connaissons aujourd'hui. Elle ne prend sa structure de base, composée de trois degrés, Apprenti, Compagnon, Maître (Maçonnerie bleue) qu'après quelques années. Elle ne comportait initialement que deux grades, ceux d'Apprenti-entré et de Compagnon. Un troisième, dit de Maître, apparaît vers 1730. Il faut attendre la seconde édition de la Constitution d'Anderson, celle de 1738, pour trouver une référence officielle à ce degré, et patienter jusqu'en 1760 pour que la symbolique qui lui est attachée, celle du mythe d'Hiram, soit vraiment admise en Angleterre.

    En France, le grade de Maître n'apparaît qu'à partir de 1744.

    A ses débuts, la Franc-maçonnerie ne se présente pas véritablement comme une société initiatique. Ses cérémonies sont d'ailleurs qualifiées de «rites de réceptions». Le terme «initiation» n'apparaît dans ses textes que vers 1728 - 1730, et il ne deviendra officiel en France qu'à partir de 1826. Même si le rituel propre à la Maçonnerie confère un aspect mystérieux à ses réunions, les Loges sont essentiellement des lieux où l'on pratique la philanthropie et où l'on cultive les beaux-arts. Ce n'est que progressivement qu'elle va développer un aspect initiatique et ésotérique. Quelques années plus tard, la structure hiérarchique des grades maçonniques s'enrichit.

    Le 26 décembre 1736, le chevalier André-Michel Ramsay (1686 - 1747), disciple de Fénelon et de Mme Guyon, prononce à la Loge parisienne du Louis d'Argent, un discours qui va entraîner l'apparition de ce que l'on appelle les « hauts grades » ou « écossisme », c'est-à-dire les degrés supérieurs à celui de Maître.

    Dans son discours, Ramsay présente la Franc-maçonnerie comme étant la résurrection de la «religion noachite», une religion primordiale, universelle et sans dogmes. Il ajoute que c'est par les Croisades que ce Saint Ordre a été ramené en Grande Bretagne avant de se répandre dans le reste de l'Europe.

    Bientôt, des symboles et des thèmes empruntés à l'Ancien Testament, à la Chevalerie, aux Templiers, ainsi qu'aux Sciences occultes comme l'alchimie, l'astrologie, la kabbale et la magie, stimulent l'imagination de Francs-maçons désireux de créer des hauts grades. Vers 1740, ces grades vont proliférer avec une anarchie qui prendra fin en décembre 1773. C'est parmi ces hauts grades que réapparaît la Rose-Croix, en y faisant parfois figure de «grade terminal», voire de «nec plus ultra» de la Franc-maçonnerie. Cependant, certains Maçons tentent aussi de séparer le Rosicrucianisme de la Maçonnerie pour constituer des Ordres autonomes.

     

    Source : http://www.rose-croix.org/docum/fm.html

     

     


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