• * Approche du symbolisme du bandeau

    Introduction

    Personne ne peut entrer dans une Loge particulière ni en être membre sans le consentement unanime de cette Loge et de tous ses membres alors présents. Cette règle de l’unanimité est fondamentale : on ne peut en effet imaginer qu’un postulant soit admis à la majorité, tandis qu’une minorité, qui aurait voté contre lui, puisse adopter à son égard une attitude fraternelle. C’est donc d’un seul cœur et d’une seule voix qu’une Loge peut accepter un nouveau Frère, un nouvel être dont la présence modifiera fatalement la vie de la Loge. C’est la raison pour laquelle un certain nombre d’étapes doivent être franchies avant que s’ouvre la porte de la Loge

    Concrètement, bien que des différences puissent apparaître d’une obédience à l’autre, l’Initiation se déroule généralement en plusieurs phases successives dont l’enchaînement est immuable, selon les règlements généraux de l’Ordre.

    Les enquêtes

    Après avoir été approché par son ou ses parrains, le candidat a généralement subi une à trois enquêtes au cours desquelles de multiples questions de tous ordres lui ont été posées. Il est en effet important de s’assurer que le Profane ne fait pas fausse route et que la Loge, à la porte de laquelle il frappe, est capable de lui offrir ce qu’il recherche.

    Les réponses fournies par le candidat à un éventuel questionnaire écrit ainsi que les rapports des enquêteurs sont lus devant tous les membres de l’Atelier. Une décision est ensuite prise : soit le processus s’arrête là parce que le vote n’a pas été favorable, soit la procédure peut se poursuivre grâce à un vote positif. Dans ce cas, le Profane est convoqué pour « l’épreuve sous le bandeau ».

    L’épreuve de l’interrogatoire sous le bandeau

    Avant de pouvoir être reçu Apprenti Maçon, le postulant doit vivre « l’épreuve sous le bandeau » durant laquelle la Loge tout entière – le plus souvent représentée par le Frère Orateur – lui pose des questions destinées à sonder l’authenticité de son désir et sa capacité à voyager vers la Lumière. Faut-il rappeler que subir cette épreuve préliminaire est capital en vue de l’Initiation ? Il s’agit en effet pour la Loge de s’assurer de la probité de l’être qui désire s’engager.

    Le « Passage sous le bandeau » doit être considéré comme une véritable épreuve initiatique. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner ni de la mise en scène, ni des questions posées au candidat.

    Cette mesure prise à l’encontre du Profane consiste à l’isoler de l’univers dans lequel il a vécu jusqu'à présent. A cet effet, il pénètre une première fois dans le Cabinet de Réflexion, non encore paré de ses symboles, lieu de pénombre isolé du monde, sorte de sas initiatique où sa démarche nouvelle va peu à peu prendre corps. Il y répond généralement à trois questions écrites qui ont trait à ses devoirs (envers la patrie, envers sa famille, envers lui-même).

    Les réponses fournies par écrit sont ensuite lues en Loge, tandis que le candidat reste encore un certain temps à méditer dans le Cabinet de Réflexion.

    L’interrogatoire sous le bandeau qui s’ensuit, est ainsi appelé parce qu’un bandeau recouvre les yeux du Profane pour lui permettre d’être seul avec lui-même, pour éviter qu’il ne voie quoi que ce soit dans la Loge qui pourrait venir le distraire. Le Profane répond ensuite oralement aux questions que lui posent le Vénérable Maître et le Frère Orateur, au nom des Frères de la Loge, sans limitation dans le temps.

    Remarquons qu’en principe ce sont seuls les Frères Maîtres qui formulent des questions mais les Compagnons – qui doivent s’exercer à la prise de parole – peuvent aussi en formuler si nécessaire. Quant aux Apprentis, voués traditionnellement au silence, ils ne doivent se manifester auprès de leur Second Surveillant que s’ils sont au courant d’une difficulté, d’un problème, qui, à leurs yeux, serait de nature à nuire à la sérénité de la Loge.

    A travers l’ensemble des questions formulées, ce qui est demandé au Profane, c’est d’exprimer son désir d’initiation à travers son authenticité. Ici, pas de place à l’esprit de compétition ni à la brillance intellectuelle ni à la facilité d’expression. « Soyez vrai ! » dit le Vénérable Maître. Seule compte l’authenticité du candidat.

    Que faut-il penser du bandeau qui couvre les yeux du candidat ?

    L’utilisation du bandeau dans les cérémonies remonte probablement à la plus haute antiquité. On en faisait usage dans les mystères de Mithra[1] au troisième siècle de notre ère !

    Le bandeau figure dans toutes les cérémonies d’initiation maçonnique. Son introduction semble coïncider avec l’inévitable transformation des épreuves qui, réelles et dangereuses sous sa devancière opérative, sont devenues symboliques lors de l’avènement de la Maçonnerie spéculative en 1717.

    La privation du sens de la vue a pour but de couper le candidat du monde profane en lui faisant prendre conscience que cette étape marque une césure irréversible dans sa vie. Cependant, le bandeau relève d’une nécessité bien plus importante au plan initiatique : celle de rendre le candidat réceptif par les sens (le tactile, l’auditif, l’odorat et l’intuitif), seul moyen pour que l’Initiation porte ses effets et qu’il soit atteint à l’intérieur, au-delà de son mental, intellect et ego.

    Mais il faut différencier le sens du port du bandeau porté par le candidat à l’Initiation : le sens n’est pas le même lors de son audition en vue de son admission éventuelle et lors de sa Réception au grade d’Apprenti. Je reviendrai sur ce second aspect.

    Pourquoi le candidat a-t-il les yeux bandés lors de son audition dans la Loge ?

    Mis sur les yeux du candidat lors de son audition par la Loge, le bandeau sert à l’empêcher de voir le temple et les Frères qui assistent à l’interrogatoire, par souci de discrétion et de protection. Si les yeux bandés protègent de toute curiosité, ils sont une préparation à la concentration intérieure et rendent davantage réceptif.

    Que symbolise le bandeau ?

    Au plan symbolique, le bandeau reste emblématique de l’erreur dominante qui guette chaque homme qui se croit supérieur à ce qu’il est, poussière parmi les poussières, condamné à mourir à tout moment.

    Le bandeau symbolise l’état d’aveuglement dans lequel est plongé le postulant ; il symbolise aussi les Ténèbres par opposition à la Lumière. Il invite le Postulant à faire le vide sur tout ce qu’il croit savoir. Il est facteur de concentration et catalyseur des perceptions extérieures. Il est assez évident que si l’usage de la vue est supprimé, les autres sens sont davantage en éveil.

    Quelles questions poser au candidat ?

    La manière dont les questions sont posées dépend essentiellement de la personnalité du Frère Orateur qui, mandaté par les Frères de la Loge, pose les questions que ceux-ci ont jugé utiles. Il faut sans doute chercher le juste milieu entre le ton accueillant, bienveillant et fraternel d’une part, et un ton ferme et exigeant qui fera de ce moment une véritable épreuve, perturbante, émouvante, initiatique.

    Ce que les Frères cherchent à savoir, ce qu’il faut tenter de cerner en général, c’est l’évaluation de la possibilité d’initiation du Profane ; c’est évaluer sa disponibilité pour un parcours maçonnique personnel ; c’est essayer de déceler sa disposition pour la réflexion, pour la recherche ; c’est aussi vérifier si son assiduité est réellement possible.  Car, ne l’oublions pas, sans une assiduité bien comprise, la méthode initiatique que nous offre la Maçonnerie a peu de chance d’être efficace.

    Dès lors, une foule de questions variées peuvent être posées pour préciser davantage la situation familiale du candidat, ses occupations professionnelles, ses loisirs, ses lectures, son intérêt pour le symbolisme et la spiritualité.

    Les réponses fournies par le candidat à notre questionnaire préliminaire sont d’une grande utilité pour cerner ces différents aspects. Les enquêteurs ont déjà pu affiner certaines réponses jugées incomplètes ou insatisfaisantes.

    A présent, sous le bandeau, il s’agit plus souvent de points de détails qui ont attitré l’attention des Frères de la Loge lors de la présentation du dossier du candidat ou lorsque le Frère Orateur a donné lecture d’une synthèse du dossier juste avant l’interrogatoire sous le bandeau, après avoir entendu les réponses écrites du candidat aux trois questions traditionnelles.

    A l’issue de cette épreuve sous le bandeau, qui fait partie intégrante de l’Initiation et qui reste une étape inoubliable de celle-ci pour tous ceux qui l’ont vécue, il appartient alors aux membres de la Loge de se prononcer à l’unanimité. Parfois, les débats peuvent être longs. Chaque avis doit être dûment motivé. Chaque Frère qui intervient a pleinement conscience de la gravité de ses propos car un Profane ne subit pas deux fois « l’épreuve sous le bandeau » et la décision de la Loge est sans appel.

    Réflexions sur les préliminaires à l’Initiation

    A quelles conditions un Profane peut-il subir les épreuves d’initiation ?

    Ce serait trop simple de répondre qu’il suffise que les enquêtes lui soient favorables et que la Loge se soit prononcée favorablement. Non, il y a bien plus que cela. Un candidat à l’Initiation doit être né libre et être de bonnes mœurs. Qu’est-ce à dire et d’où nous viennent ces expressions ?

    En consultant le « Guide des Maçons écossais », dans la réception qui y est rapportée, on peut lire que le Vénérable Maître demande :

    • Comment a-t-il osé espérer recevoir ce grade ? ».

    Le Maître des Cérémonies répond :

    • Parce qu’il est né libre et de bonnes mœurs.

    Dans nos rituels actuels, cette question est posée une première fois lorsque le candidat frappe à la porte du Temple :

    • Monsieur, la condition première pour être digne d'entrer en Franc-maçonnerie est d'être probe et libre. Vous sentez-vous foncièrement tel ?

    Et le candidat de répondre « Oui ! ».

    De même, juste avant chaque voyage au cours de la cérémonie d’Initiation :

    • Halte ! Qui va là ?
    • C’est un profane qui erre dans les Ténèbres et qui aspire à la Lumière.
    • Est-il qualifié pour la recevoir ?
    • Il est libre et de bonnes mœurs.

    Cette formule « libre et de bonnes mœurs » est énoncée au cours du rituel d’Initiation à quatre moments bien précis qui correspondent à des laissez-passer successifs.

    Reconnu libre et de bonnes mœurs avant chaque voyage, le Récipiendaire, muni de ce sésame, peut alors poursuivre ses pérégrinations et subir successivement les épreuves de l’air, de l’eau et du feu.

    Si cette phrase du rituel « libre et de bonnes mœurs » représente une condition préalable et indispensable pour entreprendre un chemin initiatique, il est difficile d’en déterminer l’origine exacte, bien que cette formule figure déjà dans les anciens rituels sous la forme « né libre et de bonnes mœurs »[2].

    De tous temps, les esclaves et les captifs furent exclus de l’Initiation, tout comme la femme, jusqu'à la fin du siècle dernier, n’était pas considérée comme initiable en Franc-maçonnerie.

    C’est la raison pour laquelle la formule ancienne mentionnait : « né libre et de bonnes mœurs ». Le mot «  » a été supprimé des rituels, vraisemblablement depuis que l’esclavage a été définitivement aboli en Europe, au milieu du 19ème siècle.

    « Libre et de bonnes mœurs », qu’est-ce à dire ?

    Essayer de comprendre la portée actuelle de cette formule, en la replaçant dans son contexte initiatique, m’amène à m’interroger sur la nature de la liberté réclamée au Profane pour être initiable, et la nature de la justification des bonnes mœurs.

    Cette reconnaissance de qualité est dite avant que le rite d’Initiation ne soit accompli, avant même que l’on donne l’accès à la porte du temple. Elle ne peut donc pas avoir une grande portée spirituelle. Cette formule semble correspondre à un critère social, extérieur.

    En relevant quelques définitions du mot « libre » dans différents dictionnaires, j’en arrive à penser que « libre » se dit d’une personne qui a la liberté de choix, qui agit sans obstacle, sans opposition, qui ne subit pas de domination arbitraire. « Libre » se dit aussi de celui qui peut disposer de sa personne, qui n’est ni captif, ni prisonnier physiquement ou intellectuellement.

    Dans une instruction du R.E.A.A. datant de 1875, on peut lire que « tout homme est libre, mais il peut être soumis à des empêchements sociaux qui le privent momentanément d’une partie de sa liberté ».  Par ailleurs, « il ne tombe que trop souvent dans l’esclavage de ses passions ou des préjugés de son enfance ou de son éducation, et c’est de ce joug surtout que tout néophyte doit être affranchi. Cependant celui qui a lui-même aliéné sa liberté, doit être exclu de nos mystères, car celui qui ne peut disposer de lui-même, légalement, ne peut contracter aucune obligation valable ».

    Cette définition de la liberté est en corrélation directe avec le dépouillement des métaux et peut surprendre car le postulant n’est généralement pas dénué de passions, ni des préjugés de son éducation, au mieux peut-il en avoir pris conscience et chercher à les remettre en question. Les enquêteurs devraient avoir mis cela en évidence avant de déclarer le candidat « initiable ».

    Il semble indispensable que tout candidat à l’Initiation puisse disposer de sa personne, c’est-à-dire avoir une certaine liberté de mouvement, être disponible, autant que possible pour organiser son emploi du temps, de manière à être assidu, non seulement aux Tenues mensuelles, mais aussi aux séminaires d’instruction réservés aux Apprentis, aux Compagnons, aux Maîtres. Ce minimum de présence physique assuré n’est cependant pas suffisant car il est nécessaire d’organiser le temps quotidien de façon à ce que le travail initiatique y trouve aussi sa place. Cette disponibilité de temps, dont l’Initié est censé pouvoir disposer, doit lui permettre de concentrer ses forces et dispositions d’esprit à la recherche de la Connaissance.

    La deuxième partie de la phrase du rituel atteste des bonnes mœurs attendues de tout candidat à l’Initiation, sur le critère unique d’un extrait de casier judiciaire vierge, nécessaire pour remplir cette condition.

    Bon nombre d’auteurs Francs-maçons et non des moindres, comme Oswald Wirth, Jules Boucher, Marcel Spaeth et Jean-Pierre Bayard, pour n’en citer que quelques-uns, passent sous silence cette formule du rituel « libre et de bonnes mœurs » ou bien s’abstiennent d’en fournir le moindre commentaire, bien que personne ne puisse être admis en Franc-maçonnerie et y rester sans être reconnu « libre et de bonnes mœurs » !

    Une fois les enquêtes terminées, le dossier du candidat est présenté à la Commission des Officiers Dignitaires qui n’est responsable devant la Loge que du respect de la procédure et des dispositions réglementaires. La Loge seule est souveraine, c’est-à-dire les Maîtres en ordre de métaux et disposant d’un taux de présence tel que prévu dans le règlement particulier de la Loge.

    Lorsque le dossier de candidature a été présenté à la Loge, lorsque le Frère Orateur a énoncé ses conclusions (favorable ou défavorable à la poursuite de la procédure, ou suggérant au Vénérable Maître de désigner un enquêteur supplémentaire si des zones d’ombre sont apparues dans le dossier), la Loge se prononce.

    Si les Frères Maîtres se sont prononcés favorablement, le candidat est convoqué par le Frère Secrétaire pour être interrogé sous le bandeau devant la Loge qui adopte le plus souvent un rituel spécifique à cet égard. Mais il n’en va pas toujours ainsi, notamment dans les Loges qui pratiquent le Rite Écossais Rectifié : cette pratique n’est pas prévue par les rituels.

    Le bandeau porté lors de la cérémonie d’Initiation

    Il me faut revenir à présent sur une différenciation qu’il convient faire à propos du sens du port du bandeau porté par le candidat à l’Initiation. Comme je l’ai déjà écrit, le sens n’est pas le même lors de son audition en vue de son admission éventuelle et lors de sa Réception au grade d’Apprenti.

    Avant d’être reçu, le Récipiendaire est introduit dans le Cabinet de Réflexion qui constitue la première étape de cette épreuve. Cette appellation maçonnique désigne traditionnellement la cella [3], lieu secret, caché aux regards profanes. La cella symbolise la caverne primordiale dans laquelle s’opéraient les initiations antiques.

    Lors de « l’épreuve de la Terre », le postulant est placé au cœur de cette terre primordiale où gît la lumière originelle afin de mourir symboliquement et d’être recréé rituellement par les quatre éléments. Cette mort symbolique est le commencement d’un long chemin de dépouillements, conduisant à participer en conscience à la vie du Temple.

    Dans ce lieu – en principe – souterrain et clos, le Récipiendaire est plongé dans les Ténèbres afin de méditer et de réfléchir. Cette réflexion de nature particulière le confronte à la réalité du désir de Connaissance, pierre de touche de tout engagement spirituel.

    Lors de cette « épreuve de la Terre », le postulant n’a plus les yeux bandés. Un changement de regard est ainsi suscité, un regard orienté sur l’essentiel et non plus sur les apparences.

    Le bandeau lui ayant été enlevé, le Récipiendaire entrant librement dans cet athanor, devrait découvrir la Lumière qui luit secrètement au sein des Ténèbres et percevoir le cheminement qui conduit à sa source.

    C’est dans l’obscurité quasi complète du Cabinet de Réflexion, seulement éclairé par la flamme d’une bougie qu’il est mis, pour la première fois, en présence d’un certain nombre de symboles.

    Ensuite, après avoir rédigé son testament philosophique, le bandeau est remis sur les yeux du candidat.

    A la sortie du Cabinet de Réflexion, le bandeau porté par le Récipiendaire prend alors toute sa signification initiatique. En état de dépendance, le candidat à l’Initiation réalise qu’il a besoin d’être guidé pour avancer. Dans les Ténèbres, il recherche la Lumière.

    Que représente alors le bandeau porté pour la seconde fois ?

    Le port du bandeau, pour la deuxième fois, est fondamental dans le déroulement du processus initiatique. Semblable à l’enfant qui vient de naître, le Récipiendaire est intellectuellement et spirituellement aveugle. Le plus souvent, il entend sans réellement écouter !

    Le bandeau représente l’aveuglement profane, la corde au cou (parfois encore utilisée au R.E.A.A.) ou les chaînes aux poignets (utilisées notamment au 4ème grade du R.E.R. et au 15ème degré du R.E.A.A.), l’asservissement aux passions et aux préjugés du vulgaire.

    Le bandeau permet d’éviter d’être distrait par les apparences éphémères. Le point d’orgue de la cérémonie d’Initiation est l’instant précis où, après avoir subi toutes les épreuves, le candidat est reconnu apte à recevoir la Lumière.

    C’est alors que le bandeau tombe et que les yeux habitués à l’obscurité redécouvrent autrement la lumière. Sa perception physique profane change progressivement, qualitativement, comme celle d’une révélation qui permet au nouvel Initié une relecture de la réalité.  Ainsi peut-on considérer que le bandeau symbolise cette inversion du regard et incite à trouver une vision plus juste vers l’intériorité.

    Permettez-moi, pour conclure provisoirement cette réflexion, de citer Jules Boucher pour qui « l’enlèvement du bandeau concrétise le choc initiatique que doit ressentir l’initiable. Il serait regrettable qu’un bandeau symbolique reste encore, après son enlèvement, sur les yeux spirituels de l’impétrant car l’Initiation conduit à l’illumination, terme qui signifie éclairé par une lumière spirituelle ».

     

    R :. F :. A. B.

     

    [1] Mithra ou Mithras est un dieu indo-iranien, fils d'Anahita, dont le culte connut son apogée à Rome vers le 3ème siècle de notre ère.

    [2] Reyor Jean Sur la route des maîtres maçons - Editions Traditionnelles, 1989, p. 78

    [3] Cella vient du latin cellula qui signifie la cellule ou la chambre.

     

    Bibliographie

    Baudouin Bernard - Dictionnaire de la Franc-maçonnerie

    Editions De Vecchi, Paris, 1995

     

    Boucher Jules - La symbolique maçonnique

    Editions Dervy, Paris, 1995

     

    Dangle Pierre - La Franc-maçonnerie initiatique

    Le livre de l’Apprenti

    La Maison de Vie, Fuveau, 1999

     

    Duval Clémence  - L’épreuve de la terre

    Voyage et purification

    La Maison de Vie, Fuveau, 2008

     

    Guigue Christian - La formation maçonnique

    Editions Guigue, Mons-en-Baroeul, 2003

     

    Mainguy Irène - La symbolique maçonnique du troisième millénaire

    Editions Dervy, Paris, 2006

     


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