• * Le Réveil de la Loge

    Introduction

    La plupart des Loges pratiquant le Rite moderne et qui ont l’habitude de fêter les deux saint Jean à chacun des deux solstices, ont l’habitude de procéder au Réveil de leur Loge après les deux mois consacrés au repos. C’est, une fois de plus, l’occasion de se poser des questions à propos de l’un ou l’autre aspect de ce rituel.

    Nos Loges sont libres d’adopter tel ou tel rituel pour cette cérémonie : tout comme pour la célébration des fêtes solsticiales, il n’y a aucune imposition de la part de la Commission des rituels de notre Obédience régulière.

    Comme pour tout symbole et tout rituel, il convient de se poser un maximum de questions au sujet de cette cérémonie du « Réveil de la Loge » que nous venons de vivre en ce début du mois de septembre.

    Il me paraît utile de signaler d’amblée que cette cérémonie n’a pas lieu au R.E.R.  Ce rite chrétien, voire christique, ne célèbre pas les solstices, n’a aucun rituel spécifique pour indiquer la mise au repos des Ouvriers de la construction du Temple et, par conséquent, n’estime pas nécessaire de « se réveiller » après les deux mois de vacances !

    Le but de la présente planche sera de resituer la cérémonie du Réveil dans le contexte de différents rituels en vigueur au Rite (belge) Moderne, de tenter de répondre à quelques questions fondamentales et à toutes celles qui en découlent :

    ·         Pourquoi une Loge doit-elle se réveiller ?

    ·         Quels sont les moments forts de ce rituel ?

    ·         Pourquoi certains Frères ont-ils un rôle particulier à y jouer ?

    ·         Quel est le rôle du Passé Maître Immédiat ?

    ·         Quel est celui de l’Aumônier-Hospitalier ?

    ·         Pourquoi chacun des Frères présents doit-il s’engager individuellement ?

    ·        

    J’évoquerai aussi successivement chacun des moments forts de la cérémonie :

    ·         le retour des outils utilisés par les Apprentis

    ·         le retour de la flamme de la charité

    ·         le passage du flambeau de main en main

    ·         l’engagement individuel

    ·         la gestuelle du Passé Maître Immédiat et du plus jeune des Apprentis

    ·         certains aspects techniques (musique et éclairage)

    La célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été

    Rappelons tout d’abord deux extraits du rituel :

    QUE LA LUMIÈRE DE LA FLAMME QUE VOICI………….. CIRCULE DANS CE TEMPLE AFIN QUE CHACUN EN GARDE L’ECLAT DANS SON ESPRIT ET DANS SON CŒUR DURANT NOTRE DISPERSION MOMENTANÉE.

    Le Vénérable Maître confie alors le flambeau au Frère Orateur ou à un Vénérable Maître visiteur éventuel siégeant à l’Orient. Ce dernier le transmet au Trésorier qui le donne au Maître des Banquets puis, passant de Frère en Frère, il descend toute la Colonne du Sud vers le 1er Surveillant puis aux Frères placés à l’Occident, ensuite par le 2nd Surveillant, il remonte la Colonne du Nord jusqu’au Passé Maître Immédiat.

    A chaque fois que le flambeau est mis en présence d’un bougeoir à la stalle d’un Officier, celui-ci éteint la flamme du bougeoir en étouffant la flamme avant de passer le flambeau allumé au Frère suivant.

    Pendant la progression du flambeau, la lumière décroît par l’extinction de toutes les sources d’éclairage, bougeoirs compris sauf les grands chandeliers du Tableau ainsi que le Soleil et la Lune.

    Le flambeau entre les mains, le Passé Maître Immédiat se dirige vers le Frère Aumônier – Hospitalier auquel il dit :

    FRÈRE AUMÔNIER – HOSPITALIER, QUE TOUTES LUMIÈRES ÉTEINTES DANS CETTE LOGE, VOUS CONSERVIEZ PRÉCIEUSEMENT LA FLAMME DE LA CHARITÉ.

    Au moment de la Clôture des Travaux, le Vénérable Maître explique :

    A PRÉSENT, TANDIS QUE LES LUMIÈRES DE CE TEMPLE DEMEURERONT ÉTEINTES, NOUS EMPORTERONS LES OUTILS DE NOTRE ATELIER, POUR LES RAPPORTER LE JOUR OU NOUS REPRENDRONS NOS TRAVAUX.

    Le plus jeune des Apprentis ramasse ensuite le Maillet et le Ciseau à proximité de la Pierre brute, au pied du Tableau de Loge, et les emporte à l’extérieur du temple au moment de la sortie rituelle des Frères.

    Toute lumière extérieure ayant disparu, seule la lumière de notre conscience nous éclaire. Le dernier flambeau resté allumé a circulé dans le temple afin que chacun en garde l’éclat dans son esprit et dans son cœur durant notre dispersion momentanée.

    Tandis que les Travaux se sont arrêtés sur les Colonnes, les Frères ont formé une dernière fois la Chaîne d’union puis ont emporté leurs outils pour les rapporter le jour où leurs Travaux reprendront.

    C’est sous la conduite du Frère Aumônier-Hospitalier, muni de ce dernier flambeau, source de lumière que rien ne peut éteindre parce que c’est la source de la vie même, que les Frères se sont retirés en paix sous la Loi du Silence et au signe de fidélité pour prendre quelque repos bien mérité.

    Ainsi le décor est planté pour le retour des Frères au mois de septembre : les outils de l’Apprenti (Maillet et Ciseau) ont été placés symboliquement en dehors de la Loge tandis que le chandelier, transmis par le Passé Maître Immédiat au Frère Aumônier-Hospitalier, se retrouve lui aussi à l’extérieur de la Loge, sur le Parvis.

    Les moments forts du rituel du Réveil de la Loge

    Deux mois ont passé. Nous voici au mois de septembre. Tous les Frères ont été convoqués pour participer à la Tenue du Réveil de la Loge. Au moment de l’entrée silencieuse, le temple vient d’être plongé dans l'obscurité tandis que la Colonne d'Harmonie diffuse une musique de circonstance en sourdine.

    Sous la conduite du Maître des Cérémonies, les Frères se sont rangés au Signe de Fidélité, debout, sur les Colonnes.

    Après un bref moment, toujours guidés par le Maître des Cérémonies, les Officiers Dignitaires sont entrés avec leurs attributs : les Premier et Second Surveillants, l'Orateur, le Secrétaire, le Trésorier, l'Expert et le Maître des Banquets. Ils ont pris place à leur « stalle » mais sont restés debout.

    Le retour des outils

    Ont alors suivi deux Frères Apprentis munis du Ciseau et du Maillet qu'ils ont déposés près de la Pierre brute puis ont gagné leur place. Est ensuite entré le Frère Passé Maître Immédiat [1] muni de la Flamme qu’il devait précieusement conserver depuis la célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été.

    Ensuite, après un temps, le volume de la musique est devenu plus important : le Maître des Cérémonies venait d’introduire le Vénérable Maître portant les trois Grandes Lumières.

    Ayant déposé les Trois Grandes Lumières sur l'Autel, le Vénérable Maître récupéra le Flambeau des mains du Passé Maître Immédiat et le déposa sur sa stalle.

    Et le Vénérable Maître d’expliquer ce qui se passait à ce moment :

    LE TEMPLE EST PLONGE DANS LES TÉNÈBRES, MAIS EN MÊME TEMPS QUE LES TROIS GRANDES LUMIÈRES DE LA FRANC-MAÇONNERIE, JE VOUS AI APPORTE  CETTE FLAMME QUE PRÉCIEUSEMENT NOTRE FRÈRE AUMÔNIER HOSPITALIER A CONSERVÉE DEPUIS LA CÉLÉBRATION DU SOLSTICE DE LA SAINT-JEAN D’ETE.

    Ainsi, après un long séjour dans le monde profane, les Frères de notre Respectable Loge se sont réunis en un point de rencontre connu des seuls enfants de la Lumière. Bien que les Ouvriers étaient manifestement prêts à reprendre le travail, le Temple est resté encore quelques instants plongé dans l’obscurité jusqu’au moment où la flamme, conservée précieusement pendant l’interruption des Travaux après la célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été, y a été ramenée.

    Le retour de la flamme de la charité

    Il me paraît tout-à-fait judicieux de se demander pourquoi cette flamme de la charité a été confiée au Frère Aumônier-Hospitalier à l’issue de la célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été alors que le rituel du Réveil, tel qu’il a été appliqué lors de notre dernière Tenue, l’a fait revenir par le Passé Maître Immédiat !

    Nos Loges travaillant au Rite moderne sont libres d’adopter tel ou tel rituel ou même d’en créer un nouveau pour ce genre de cérémonie [2].

    Tout comme c’était déjà le cas pour la célébration de la fête solsticiale d’été, on peut imaginer que ces deux rituels ont été adoptés ou créés à des moments différents et que nos prédécesseurs n’ont jamais pensé à corriger ce « détail » qui nous interpelle aujourd’hui à juste titre !

    Puisque nous sommes libres de revoir ces rituels, nous pourrions envisager sans difficulté de réécrire l’une ou l’autre réplique ou l’une ou l’autre disposition de mise en scène afin d’ajuster nos deux rituels en toute logique.

     

    Que s’est-il passé ensuite ?

    Le Vénérable Maître nous a invités à reprendre peu à peu conscience de l’Art Royal. Mais au début du rituel, ni les Apprentis ni les Compagnons ne pouvaient reconnaître leurs outils alors que les Maîtres étaient impatients de recommencer l’œuvre, la construction – symbolique – du Temple.

    La Lune est d’abord apparue, versant un peu de clarté froide sur la Colonne du Nord, suivie du Soleil qui commençait à éclairer la Colonne du Sud. Symboliquement sont apparus les détails du Grand Œuvre et les Maîtres ont retrouvé les dessins de l’ouvrage (toujours) inachevé (et toujours à poursuivre !). La Lumière a encore cru tandis que chacun était impatient de se saisir de ses outils.

    Le passage du flambeau de main en main

    Le rituel permet à nouveau au Vénérable Maître d’expliquer ce qui se passe ensuite :

    AVANT DE LUI DONNER PLUS D'ÉCLAT, AVANT D'ILLUMINER LE LIEU DE NOS TRAVAUX, AVANT DE VOUS LAISSER MANIER À NOUVEAU VOS OUTILS DE MAÇONS, JE VOUS INVITE À REPRENDRE PEU À PEU CONSCIENCE DE L'ART ROYAL, D'EFFACER EN VOUS TOUTE PRÉOCCUPATION PROFANE, DE FAIRE TAIRE TOUT ÉCHO DU TUMULTE EXTÉRIEUR.

    REPRENONS NOTRE SÉRÉNITÉ MES FRÈRES ET LAISSONS NOS PENSÉES S'ÉLEVER, SE JOINDRE ET SE CONFONDRE DANS UNE SEULE ET MÊME INTELLIGENCE INFINIE.

    CETTE FLAMME, JE VAIS LA TRANSMETTRE…

    JE VAIS LA TRANSMETTRE AUX FLAMBEAUX….

    QU'ILS PASSENT DE MAIN EN MAIN LE LONG DE VOS COLONNES ET QU'ILS PARVIENNENT AUX FRÈRES SURVEILLANTS AFIN QUE CEUX-CI M’AIDENT À OUVRIR LES TRAVAUX.

     

    Le but est donc de transmettre la flamme aux deux Surveillants afin que les Travaux puissent s’ouvrir.

    Ensuite, le Vénérable Maître s’assure que chacun de ses Officiers Dignitaires est prêt à l’assister pour diriger les Travaux de la Loge. Il interroge successivement les deux Surveillants (Trois Frères dirigent la Loge) puis l’Orateur et le Secrétaire (car cinq Frères éclairent la Loge).

    Il lui faut ensuite s’assurer, comme d’habitude, que les Travaux sont bien à couvert. Le Frère Couvreur fait son office. La Loge étant couverte extérieurement et intérieurement, le rituel ressemble au rituel habituel de l’Ouverture des Travaux. Cependant il se passe plus lentement puisqu’il y a lieu de vivre un retour progressif de la lumière.

    C’est le Frère Second Surveillant qui fournit l’explication :

    LE TEMPLE EST OBSCUR. LES COLONNES DISPARAISSENT DANS L'OMBRE.

    LES OUVRIERS NE PEUVENT DISCERNER LE PLAN DE L'ŒUVRE ET NE RECONNAISSENT PAS LEUR TRAVAIL.

    VÉNÉRABLE MAÎTRE, IL N'EST PAS ENCORE MIDI.

     

    Nous ne travaillons en effet qu’entre Midi et Minuit, symboliquement s’entend !

    Et le Vénérable Maître de nous faire patienter :

    ATTENDONS, MES FRÈRES, QUE PLUS DE LUMIÈRE NOUS PARVIENNE.

    Et nous patientons au son d’une musique de circonstance jusqu’au moment où le Maître de la Colonne d’harmonie va faire en sorte que la Lune s’éclaire.

    Puis le Frère Second Surveillant nous fournit une nouvelle explication :

    LA LUNE A PARU, VERSANT UN PEU DE CLARTÉ FROIDE SUR LA COLONNE DU NORD, MAIS LES PROFONDEURS DU TEMPLE NE SE RÉVÈLENT PAS. IL N'EST PAS ENCORE MIDI.

     

    Le rituel nous fait ensuite prendre conscience de ce qui se passe sur la Colonne des Compagnons et le Frère Premier Surveillant de nous fournir à son tour une explication :

    LES COMPAGNONS N'ONT PAS ENCORE RETROUVE LE LIEU CALME ET SEREIN OU ILS AVAIENT COUTUME D'ŒUVRER.

    IL LEUR SEMBLE ENTENDRE ENCORE EN EUX LES RÉSONANCES DE L'AGITATION PROFANE. LEUR COLONNE EST OBSCURE.

    LES OUVRIERS NE SONT PAS ENCORE PRÊTS SUR LA COLONNE DU SUD.

     

    Les Frères Apprentis, eux non plus,  ne sont pas encore prêts à travailler.

    Pourquoi ?

    LEURS CISEAUX ET LEURS MAILLETS NE LEUR PARAISSENT PLUS FAMILIERS.

    ILS CHERCHENT DES YEUX LE MAÎTRE QUI DOIT LES GUIDER, MAIS L'OMBRE LE LEUR DÉROBE.

    LES OUVRIERS NE SONT PAS PRÊTS SUR LA COLONNE DU NORD.

    IL N'EST PAS ENCORE MIDI.

     

    En fait, tous les Frères attendent le retour de la pleine Lumière, celle qui resplendit à Midi plein, celle qui illumine notre cœur depuis notre Initiation !

    C’est le Frère Orateur qui nous fournit l’explication :

    SONGEZ, MES FRÈRES, QUE C'EST LE TRAVAIL SUR SOI-MÊME QUI PERMET

    A L'INITIE DE DÉPOUILLER LE PROFANE QUI EST EN LUI.

    SANS LA VRAIE LUMIÈRE QU’IL ACQUIERT AINSI,

    C’EST EN VAIN QU'IL CHERCHERAIT D'AUTRES FLAMBEAUX.

    C'EST EN VAIN QU'IL ATTENDRAIT UNE AUTRE ILLUMINATION.

     

    Et le Vénérable Maître de conclure :

    MES FRÈRES, TOURNONS NOS REGARDS EN NOUS-MÊMES, RECHERCHONS DANS NOS CŒURS LA LUMIÈRE QUE NOTRE INITIATION Y A ALLUME.

    Par les effets lumineux que réalise (idéalement) le Frère Maître de la Colonne d’Harmonie, la lumière revient peu à peu dans le temple : la Lune puis le Soleil.

     

    LE SOLEIL SE MET A ÉCLAIRER LA COLONNE DU SUD.

    DÉJÀ APPARAISSENT LES DÉTAILS DU GRAND ŒUVRE ET LES FRÈRES MAÇONS RETROUVENT LE DESSIN DE L’ŒUVRE INACHEVÉE.

    LES APPRENTIS ONT RETROUVE LEURS PLACES DEVANT LES PIERRES BRUTES. ILS SONT PRÊTS DES MAINTENANT A SAISIR LEURS CISEAUX ET LEURS MAILLETS ET A LES MANIER AVEC ZELE.

    LES COMPAGNONS SONT PRÊTS AUSSI ET LES MAÎTRES SONT A PRÉSENT IMPATIENTS DE REPRENDRE L’ŒUVRE.

    TOUS ONT DÉJÀ LES OUTILS A LA MAIN.

     

    Mais que viennent faire les Maçons en ce lieu ?

    DES MAÇONS REVIENNENT DANS CE TEMPLE, PRIVES DE LUMIÈRE.

    ILS CONNAISSENT LES BUTS ET LES RÈGLES DE L’ORDRE ;

    ILS  REVIENNENT POUR VAINCRE LEURS PASSIONS. 

     

    Que cherchent-ils ?

    ILS CONNAISSENT LES BUTS ET LES RÈGLES DE L’ORDRE ;

    ILS  REVIENNENT POUR FAIRE DE NOUVEAUX PROGRÈS

    DANS LA MAÇONNERIE.

    ILS RECONNAISSENT LA DISCIPLINE DE LA LOGE ;

    ILS SONT VENUS LIBREMENT ;

    ILS ACCEPTENT DE SOUMETTRE LEUR VOLONTÉ.

     

    Les conditions sont donc remplies pour que le Vénérable Maître puisse enfin procéder au Réveil de la Loge et à l’Ouverture des Travaux, mais le Frère Orateur se fait le porte-parole des Frères de la Loge pour exprimer une demande particulière.

    Il souhaite :

    QUE LA PLEINE LUMIÈRE MAÇONNIQUE RESPLENDISSE A NOUVEAU DANS CE TEMPLE…

    … POUR LA BEAUTÉ DU SYMBOLE ! Et d’expliquer que :

    LA LUMIÈRE QUE NOUS VENONS CHERCHER DANS LE TEMPLE EST POUR TOUS LES MAÇONS LE SYMBOLE DE LA VÉRITÉ ET DE LA SAGESSE.

    C’EST LE SYMBOLE DE NOTRE VICTOIRE SUR NOUS-MÊMES.

    C’EST LE SYMBOLE DE NOTRE EFFORT VERS CETTE VÉRITÉ, CETTE SAGESSE ET CETTE VICTOIRE.

    C’EST UNE INVITATION PRESSANTE A VAINCRE NOTRE IGNORANCE SANS CRAINDRE DE NOUS PENCHER SUR NOTRE NUIT.

    LA LUMIÈRE, C’EST LE COMBAT INCESSANT QUE NOUS DEVONS LIVRER AUX PRÉJUGÉS, AUX FANATISMES, AUX ERREURS, A NOS PASSIONS.

    LA LUMIÈRE POUR NOUS, FIDÈLES AU SERMENT DE TRAVAIL, DE FRATERNITÉ, DE TOLÉRANCE QUE NOUS AVONS PRÊTÉ LE JOUR DE NOTRE INITIATION, C’EST NOTRE INÉBRANLABLE VOLONTÉ DE PARTICIPER A LA CONSTRUCTION DU TEMPLE. C’EST LA VOLONTÉ DE NE PAS NOUS LAISSER DÉTOURNER DU CHEMIN QUE NOUS NOUS SOMMES TRACES.

    LA LUMIÈRE EST, POUR LE MAÇON, SON INEXTINGUIBLE SOIF DE PLUS DE BONTÉ, DE PLUS DE JUSTICE, DE PLUS DE TOLÉRANCE, DE PLUS DE VÉRITÉ.

    EN D'AUTRES MOTS, LA LUMIÈRE EST LE SYMBOLE DE L'ESPÉRANCE DANS LE DEVENIR DE L’HOMME.

     

    L’engagement individuel

    Le Frère Orateur parle pour lui-même : il nous rappelle les dangers de la Lumière, la pleine Lumière qui fait apparaître nos imperfections, la Lumière qui fait que nous nous découvrons tels que nous sommes, celle qui nous fera voir l’incohérence des incertitudes et des contradictions.

    Sa fonction est de résumer les opinions et de traduire les sentiments de ses Frères. C’est pourquoi il ne lui appartient pas de prendre un engagement rituel en leur nom.

    Voilà donc la raison pour laquelle il va demander que chaque Frère, tour à tour, s’engage personnellement, déclare s’il est prêt à recevoir à nouveau la Lumière maçonnique et s’il pourra la supporter, avec tous les inconvénients que cela suppose !

    Et, bien que le Frère Orateur ait confiance en ses Frères, il sait qu’ils ne sont que des hommes et qu’ils ont à lutter sans cesse en eux-mêmes ; il sait que leurs engagements doivent souvent être répétés pour se traduire en actes.

    Prudemment, le Vénérable Maître interroge l’ensemble des Frères : chacun à l’appel de son nom, va devoir s’engager à reconnaître les bienfaits de la vie claire en Loge, dans une lumière de sincérité, de liberté, d’estime mutuelle et d’amitié fraternelle, en pleine conscience des dangers (la Lumière peut en effet nous blesser, nous atteindre au plus profond de nous-mêmes ; elle peut être source de déceptions, de peine, de souffrance…).

    Et chacun de s’engager solennellement.

     

    L’Ouverture effective des Travaux

    Aidé par les deux Surveillants, le Vénérable Maître peut enfin ouvrir les Travaux, par Beauté, Force et Sagesse.

     

    Le rôle du Passé Maître Immédiat et du plus jeune des Apprentis 

    Il est alors demandé au Passé Maître Immédiat – qui représente la Tradition dans ce qu’elle a de plus pur – de donner à nos Travaux la première impulsion.

    Trois actions sont ainsi jouées par le Passé Maître Immédiat et le plus jeune Frère Apprenti devant l’ensemble de l’Atelier :

    ·         le partage du pain (le plus vieil acte de fraternité connu parmi les hommes),

    ·         le partage du vin (bu à la même coupe)

    et

    ·         les semailles symboliques des grains de blé sur le Tableau de Loge.

    Ces deux dernières actions signifiant que l’Apprenti et le Passé Maître sont guidés par un même idéal et qu’ils poursuivent le même but (l’œuvre leur est commune) : la réalisation du Temple idéal dont chacun devrait devenir une des pierres parfaites.

    En guise de conclusion provisoire…

    Il me paraît bien difficile de conclure l’analyse d’un tel rituel.

    Je formulerai dès lors quelques remarques :

    1.    Le rituel du « Réveil de la Loge », tout comme les deux rituels de célébration des solstices et ceux qui existent pour les Tenues funèbres sont laissés à la discrétion des Loges. Seuls les rituels d’Ouverture et de Fermeture des Travaux, le rituel d’Initiation au grade d’Apprenti, celui du Passage au grade de Compagnon et celui de l’Élévation à la Maîtrise sont imposés par la G.L.R.B. aux Loges qui pratiquent le Rite (belge) moderne.

    2.    La Commission des Officiers Dignitaires, sur proposition du Frère Orateur, peut se permettre d’apporter des modifications soit dans le rituel de la célébration du solstice de la Saint-Jean d’été  soit dans celui du Réveil de la Loge, afin d’apporter la cohérence nécessaire : si la flamme de la charité est emportée, fin juin, par le Frère Aumônier-Hospitalier, c’est celui-ci qui doit effectivement la rapporter en septembre.

    Faire ce choix ne diminuerait en rien le rôle du Passé Maître Immédiat puisque celui-ci, par le rôle qu’il joue en compagnie d’un Frère Apprenti en rompant le pain, en buvant à la même coupe de vin et en semant ensemble les grains de blé, grave en nos cœurs un spectacle particulièrement fraternel.

    3.    Le rituel donne au Maître de la Colonne d’Harmonie des indications au sujet de l’intensité lumineuse à répandre dans la Loge. A plusieurs reprises, il est indiqué que « la lumière croît ». Il n’est malheureusement pas toujours possible de réaliser ces effets à la perfection sans dispositif particulier tel qu’un bon rhéostat [3] pour chaque point lumineux.

     

     R:. F:. A. B.


    [1] Idéalement ce devrait être le Frère Aumônier Hospitalier !

    [2] Par contre il y a lieu de respecter à la lettre les rituels d’Ouverture et de Fermeture des Travaux, d’Initiation, de Passage, d’Elévation qui nous sont imposés par l’Obédience.

    [3] Un rhéostat est un appareil permettant de régler l'intensité du courant électrique passant dans un circuit. Il est généralement constitué d'une résistance variable dimensionnée de manière à supporter l'intensité maximale du courant devant la traverser.

    On évite de l'utiliser de manière permanente pour régler le courant dans un dispositif nécessitant une grande puissance puisqu'il dégage beaucoup de pertes en chaleur.

     

     

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