• * L’Arbre de Vie ou Arbre séphirotique

    Introduction

    Bien que le mot « arbre » n’apparaisse pas dans nos rituels, il nous est peut-être  déjà arrivé d’entendre des propos relatifs à différents arbres symboliques : Arbre de vie, Arbre séfirotique, Arbre de la Connaissance, Ardre du monde… ou de les rencontrer au hasard de nos lectures dans la littérature relative aux anciennes civilisations et religions. La Franc-maçonnerie s’est largement inspirée de la Kabbale notamment dans laquelle l’Arbre séfirotique symbolise la Création.

    Dans une planche précédente, consacrée au symbolisme du Tarot et de ses couleurs, j’avais notamment évoqué les arcanes majeurs qui parcourent les 22 sentiers de l'Arbre de Vie et qui relient entre elles les dix séphiroth de l'Arbre. J’écrivais aussi que le Tarot ainsi que les lettres hébraïques codent l’homme et l’univers avec d’infinis secrets à peine partiellement résolus à ce jour.

    Le but de la présente planche est de tenter d’organiser ces connaissances ésotériques. Je commencerais par évoquer trois arbres qui n’ont pas été repris par la Franc-maçonnerie :

    1. L'Arbre du Monde en général se distingue des autres arbres sacrés par sa localisation au Centre de l'Empire et du Monde. Il symbolise l'Axe du Monde, le lien entre la Terre et le Ciel à la base du développement du monde dans la tradition chinoise.
    1. L'Arbre du Monde est décrit dans plusieurs récits mythiques chinois sous deux dénominations distinctes :
    • L'Arbre de Kien-Mou en Chine, dressé au centre du monde, n'a pas d'ombre. Il a 9 branches et 9 racines par lesquelles il touche les 9 cieux et les 9 sources (séjour des morts). Kien-Mu ou « Arbre Dressé », évoque naturellement l'Axe du Monde ;
    • Jian-Mu, l'Arbre Constructeur (du Monde), fait aussi allusion à l'Axe du Monde car Jian signifie également l'épée, le symbole de l'Axe par excellence.
    1. Odin est le Dieu du Ciel, de la magie, de la victoire. Il est le dieu en chef de
      la mythologie nordique. Odin vit dans Asgard, au sommet de l'Arbre du
      Monde
      .

    L’Arbre de Vie, par contre, est un élément central de la tradition kabbalistique. Il représente symboliquement les Lois de l'Univers. Il peut aussi être vu comme le symbole de la Création tant du Macrocosme (L'Univers) que du Microcosme (L'Être Humain). Sa description est considérée comme celle de la cosmogonie de la mystique kabbalistique.

    Certains auteurs le rapprochent de l'Arbre de la vie mentionné par la Genèse en 2:9). Il est en effet aussi question d’un arbre de vie au début de la Genèse (Ge 3:24). Cet arbre est censé donner l'immortalité.

    Il ne faut pas le confondre avec l'Arbre de la connaissance du bien et du mal. Cet arbre est aussi mentionné plusieurs fois dans l'Apocalypse (Ap. 2,7 ; Ap. 22,14 ; Ap. 22,19).

    Les chrétiens ont souvent assimilé la croix du Christ avec l'Arbre de vie car, comme lui, elle donne vie à l'humanité.

    L'Arbre de vie est parfois rattaché à la Ménorah du Temple de Jérusalem.

    Il est aussi question de la vision d’un Arbre de vie dans le livre de Mormon [1]. Cet Arbre de vie représente l’amour de Dieu et est appelé le plus grand des dons de Dieu.[

    Entrons à présent dans le vif du sujet de cette planche et tentons d’analyser plus en profondeur ce que l’on entend par « Arbre de Vie » que l’on désigne aussi sous l’appellation « Arbre séphirotique ».

    Depuis quatre millénaires au moins, un arbre symbolique est figuré à toutes époques en Mésopotamie, et depuis un peu moins longtemps dans presque toutes les religions du monde : c’est l’Arbre de Vie.

    Qu’est-ce que l’Arbre de Vie ?

    L’Arbre de Vie

    L’Arbre de Vie est un motif très répandu dans de nombreux mythes et contes populaires dans le monde entier, et grâce auquel les cultures ont cherché à comprendre la condition humaine et profane relativement au royaume divin et sacré.

    De nombreuses légendes parlent de l’Arbre de vie, qui pousse au-dessus du sol et donne la vie aux dieux et aux hommes, ou d’un arbre cosmique, qui est souvent lié au « centre » de la terre. C’est probablement le mythe humain le plus ancien, et peut-être un mythe universel.

    Thème universel, symbole de la croissance vers le ciel et de la « verticalisation » en Dieu, l'Arbre de Vie (ou la victoire sur la mort) se retrouve dans toutes les grandes traditions de l'humanité, comme les traditions extrême-orientales, indiennes, sud amérindiennes...

    On peut dire qu’il est une image de la relation entre Dieu et sa Création, à travers la représentation des émanations divines qui descendent vers le monde et qui remontent vers Dieu dans un perpétuel échange entre le Créateur et sa créature.

    Ce réseau relationnel d’énergie vitale se situe dans tous les domaines, Dieu étant omniprésent et multiforme. Il est représenté sous la forme d’un diagramme – ou d’un arbre – l’Arbre de Vie, qui consiste en une construction – composée de colonnes et de niveaux – des dix « forces » ou « émanations » divines par lesquelles Dieu interagit avec l’homme. L’hébreu les appelle séphiroth, ou attributs de Dieu.

    En ce qui concerne l’orthographe, précisions que l’on peut écrire séphiroth, séfirot, sefirot, séfiroth ou séphirot. C’est un nom masculin singulier qui désigne un des dix degrés du monde divin qui sont la manifestation des attributs de l'essence divine.

    Mais, dans la littérature, on trouve aussi le mot « séphirah » (au singulier) qui est manifestement apparenté à la racine sepher, le chiffre (pris ici dans son sens de réalité cachée), et les séphiroth sont les éléments de la nature cachée, intime, de Dieu.

    Bien sûr, ces séphiroth sont la lecture que l’homme fait de sa relation avec Dieu, la façon qu’il a de Le reconnaître dans sa vie et dans la Création tout entière, de rendre compte de son existence et de son omniprésence, de sa transcendance et de son immanence.

    L'Arbre de Vie représente le mystère de l'expansion de la vie, mais encore la constante victoire sur la mort. C'est l'expression parfaite du mystère de la vie qui est la réalité sacrale du cosmos. Les traditions islamiques, juives et chrétiennes parlent de l'Arbre de vie comme plante d'immortalité placée au centre du jardin d'Éden. L'arbre unit la terre au ciel et, régénéré par cette union, il emplit tout l'univers de sa majesté. Relié à la vie divine, il est un symbole de splendeur et de puissance.

    L’Arbre de Vie est l’un des symboles les plus connus de la Géométrie Sacrée. La structure de l’Arbre de Vie est liée aux enseignements sacrés de la Kabbale juive, mais on la retrouve aussi 3 000 ans plus tôt dans l’ancienne Egypte.

    Faut-il rappeler que l'origine judéo-chrétienne de certains symboles maçonniques est plus que claire et qu’ils mêlent également des éléments prévenant de l'alchimie et de la Kabbale, selon les grades ?

    Mais qu’est-ce que la Kabbale ?

    La Kabbale

    Les Francs-maçons seraient entrés en relation avec la Kabbale juive par l'intermédiaire de la Kabbale chrétienne, une kabbale revisitée à partir du 15ème siècle par les humanistes de la Renaissance.

    La Kabbale, parfois écrit Cabbale, est une tradition ésotérique du judaïsme, présentée comme la « Loi orale et secrète » donnée par YHWH à Moïse sur le Mont Sinaï, en même temps que la « Loi écrite et publique » connue sous le nom de « la Torah ».

    On peut aussi définir la Kabbale comme étant la dimension interne de la Torah. Cette dimension correspond à la connaissance secrète des quatre niveaux de l'intérieur de la Torah.

    Le mot « Kabbale » (qui se dit « Qabalah » en hébreu) signifie « réception ». Il s'agit donc de la sagesse du recevoir. Le terme est parfois interprété comme « tradition ». Le Kabbaliste est donc celui qui a reçu la tradition. Le mot « Kabbale » ne désigne pas un dogme mais un courant à l'intérieur du judaïsme et un état d'esprit.

    Selon ses adhérents, la compréhension intime et la maîtrise de la Kabbale rapprochent spirituellement l'homme de Dieu, ce qui confère à l'homme un plus grand discernement sur l'œuvre de la Création par Dieu.

    Outre des prophéties messianiques, la Kabbale peut ainsi se définir comme un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, prenant racine dans les traditions ésotériques du judaïsme. Cependant, cette définition académique ne rend pas bien compte de l'universalité de la Kabbale et de la richesse des thèmes qu'elle aborde.

    Entre le divin inconnaissable et les hommes, la Kabbale donne une place à l’homme primordial. Source de l’univers séphirotique, l’homme primordial est la seule possibilité, pour le monde humain, d’aborder la Connaissance.

    La Kabbale se veut être un outil d'aide à la compréhension du monde en ce sens qu'elle incite à modifier notre perception du monde (ce que nous appelons « la réalité » malgré la subjectivité de notre perception). Pour ce faire, la Kabbale met à notre disposition un diagramme synthétique : l'Arbre de la Vie ou Arbre des Séphiroth. Elle propose ses réponses aux questions essentielles concernant l'origine de l'univers, le rôle de l'homme et son devenir. Elle se veut à la fois un outil de travail sur soi et un moyen d'appréhender d'autres systèmes de pensée.

    L’Arbre de vie au sens de la Kabbale

    L’Arbre de Vie dans la Kabbale, représente symboliquement les Lois de l'Univers. Il peut aussi être vu comme le symbole de la Création tant du Macrocosme (L'Univers) que du Microcosme (L'Être Humain).

    L’Arbre de Vie est un symbole issu de l’histoire du peuple hébreu et représente la dimension interne de la Torah, qui est tout autant l'histoire de la libération d'Egypte que la loi donnée par YHWH à Moïse sur le Mont Sinaï.

    L’Arbre de Vie de la Kabbale a dix branches. Elles sont appelées « les Séphiroth ». Elles représentent les dix attributs ou émanations grâce auxquels l’infini et le divin sont en relation avec le fini.

    L’Arbre de Vie kabbalistique est une représentation des trente-deux chemins composés des dix Séphiroth et des vingt-deux chemins qu’ils parcourent. L’Arbre de Vie décrit la descente du divin dans le monde manifesté, et les moyens par lesquels on peut accéder à l’union divine dans cette vie. On peut le voir comme une carte représentant la psyché humaine, et les mécanismes de la création, à la fois manifeste et non manifeste. Il est important de comprendre que la nature pure de la divinité est l’unité, et les aspects ou émanations apparemment séparés existent uniquement dans le point de vue de l’émané, vivant dans un état de séparation illusoire.

    Les Arbres de Vie gravés, peints, brodés, imprimés ou sculptés existent depuis le début de l'Histoire. Ils semblent symboliser la force de la vie et ses origines, l'importance des racines et le développement de la Vie. Ils sont parfois associés à des personnages et/ou à des animaux (oiseaux, mammifères). L’Arbre de Vie fait partie de la décoration des églises à toutes les époques, mais plus particulièrement aux époques anciennes.

    L'Arbre séphirotique de la Vie

    L'Arbre séphirotique de la Vie est une ancienne et mystique représentation kabbalistique de la structure physique et psychique de l'homme, l'univers, ainsi que des échanges qui s'établissent constamment entre les deux, et qui forment la vie humaine.

    L’étude de l'Arbre séfirotique ou Arbre de la Vie, donne une vue très claire du travail spirituel à réaliser. C’est une méthode qui peut nous accompagner tout au long de notre existence.

    Suivons-la : notre pensée cessera de vagabonder au hasard et nous recevrons des encouragements au fur et à mesure que nous arriverons à avancer dans cette voie. En revenant souvent sur l'Arbre séphirotique, nous allumerons des lumières en nous, et ces lumières non seulement nous éclaireront, mais elles nous purifieront, nous renforceront, nous vivifieront et nous embelliront.

    Peut-être ne comprendrons-nous jamais parfaitement cette figure, et à plus forte raison n'arriverons-nous pas à réaliser les vertus et les puissances qu'elle représente, mais elle sera là comme la représentation d'un monde idéal qui nous tirera toujours vers le haut.

    Le moment me semble venu d’apporter quelques précisions à propos des séphiroth.

    Les séphiroth

    Les séphiroth sont dix puissances créatrices énumérées par la Kabbale dans son approche mystique du mystère de la Création. Chaque séphiroth est l'émanation d'une énergie du Dieu Créateur des Juifs. Ces puissances divines manifestent dans la création du monde fini le Pouvoir Suprême du « En Sof », l'Infini. Les traités de Kabbale présentent souvent les Séphiroth sous la forme d'un diagramme en forme d’arbre : l’Arbre de Vie.

    Oswald Wirth nous rappelle que « Tradition » se dit « Qabbalah » en hébreu. Aussi la Kabbale est-elle une philosophie qui se transmet initiatiquement de génération en génération. Elle se base sur des spéculations numérales que résume la théorie des Séphiroth (Nombres), dont l’ambition est de relier le Relatif à l’Absolu, le Particulier à l’Universel, le Fini à l’Infini, ou la Terre au Ciel. Cette jonction s’opère par l’entremise de la décade dont chaque terme a reçu des dénominations caractéristiques : les séphiroth.

    Ceci me permet de préciser que séphiroth ou sfirot est un mot hébreu signifiant compter, nombre, ou statistique.

    Plus concrètement, les séphiroth sont les dix énumérations (ou émanations) représentées dans la Kabbale juive. En d’autres termes, les dix séphiroth sont les dix nombres primordiaux.  Le terme est dérivé de la racine hébraïque SFR signifiant compter (numération – numérologie).  Le terme « séphiroth » signifie qu'il ne s'agit pas de nombres ordinaires mais de « nombres principes » identifiés comme étant les dix dimensions infinies du cosmos, à savoir les six dimensions de l'espace, les deux du temps et celles du bien et du mal.

    Les séphiroth servent à décrire la naissance du monde.  Le premier séphiroth est le pneuma divin. De celui-ci sort le second séphiroth, l'air…  De l'air sont issus l'eau et le feu.  Les six derniers séphiroth représentent les six directions dans l'espace.  Ils sont scellés au moyen de six permutations du grand nom de dieu YHWH.

    Le Sefer Yetsirah [2] nous apprend que « le réel » est constitué par la combinaison des 22 lettres hébraïques, générant les 231 combinaisons binaires, à l'origine de la création du monde.

    * L’Arbre de Vie ou Arbre séphirotique

    Description de l’Arbre séphirotique

    Il faut être conscient que vouloir schématiser un concept aussi fondamental que la relation entre Dieu et l’être humain est assez hasardeux. Mais on peut essayer !

    * L’Arbre de Vie ou Arbre séphirotique

    Au-dessus de l’Arbre de Vie réside l’Infini, « Ayin Soph » ou la Lumière sans fin, « ’ayin soph ’or », qui illumine toute la Création, de haut en bas.

    L’Arbre se développe ensuite entre deux séphiroth extrêmes :

    • Le sommet de l’Arbre est Kether, la Couronne, qui représente le Royaume céleste. Kether est le point d'entrée par lequel la création se manifeste dans le monde, par une insufflation permanente d'existence. Kéther a une importance considérable : c’est lui qui reçoit la Lumière de l’infini et la déverse sur toutes les autres séphiroth.
    • Le pied de l’Arbre est Malkhuth, le royaume terrestre, qui a été créé à l’image du Royaume céleste ; cette copie, qui s’est altérée à cause de l’imperfection de l’homme, s’emploie de génération en génération, telle Sisyphe, à remonter le long de l’Arbre, jusqu’à Dieu.

    Entre les deux, l’Arbre se compose de trois colonnes, qui ont chacune leur particularité :

    • La colonne de gauche est « féminine » et correspond aux aspects les plus « relationnels » et « pragmatiques » de l’être humain.
    • En haut, Binah est l’intellect, souvent appelé sagesse, qui permet de comprendre le monde extérieur ;
    • au-dessous, Ghevourah est le jugement, la prise de position sur le monde extérieur, souvent appelé valeur ou courage ;
    • en bas, Hod est la réponse au monde extérieur, souvent appelée splendeur, le moteur des actions volontaires de l’être humain.

    On pourrait dire que ces trois séphiroth de la colonne de gauche ne sont autres que les trois éléments qui composent la démarche que l’Action catholique a mise au point dans la première moitié du 20ème siècle : voir, juger, agir.

    • La colonne de droite est « masculine » et correspond aux aspects les plus « secrets » et « utopiques » de l’être humain.
    • En haut, Chokhemah (prononcer rorma) est la conscience globale, souvent appelée sagesse, d’où émane l’intelligence intérieure ;
    • au dessous, Chesed (prononcer résed) est la voix intérieure, souvent appelée générosité ou miséricorde ;
    • en bas, Netsach (prononcer netsar), souvent appelée éternité ou gloire, est le moteur de tous les processus involontaires et tous les élans de l’être humain, comme la respiration et le désir.

    On pourrait dire que ces trois séphiroth de la colonne de droite ne sont autres que les trois éléments qui composent la démarche charismatique : émotion intellectuelle, émotion spirituelle et élans du cœur.

    • La colonne du centre est « double » et se situe au point d’équilibre entre tous les aspects, toutes les aspirations, toutes les tensions, toutes les contradictions de l’être humain, entre la loi et la grâce, entre la réflexion et l’action, entre Marthe et Marie (Cf. Lc 10, 38-42. Marthe et Marie sont les archétypes de l’active et de la contemplative).

    Elle est aussi le plus court chemin entre la terre et le ciel, entre le royaume d’en bas et le Royaume d’en haut, entre Malkhuth et Kéter.

    • En bas – entre Nétsach et HodYesod est le régulateur de tous les instincts qui naissent inconsciemment en l’homme et de tous les actes volontaires qu’il décide d’accomplir. C’est l’élément stable de l’être humain, le fondement sur lequel repose tout l’arbre de vie. On peut l’assimiler à la personnalité acquise. Il y a aussi en lui une très forte connotation vitale et sexuelle – force vitale – puisque yesod reçoit toute l’énergie qui descend le long de l’Arbre depuis la Couronne et les colonnes latérales, et réunit de ce fait toutes les tendances masculines et féminines de l’être.
    • Au-dessus, à la croisée de toutes les séphiroth et au milieu de la colonne centrale, Tiphe’éret est le siège de la nature profonde de l’être, celle qui ne change pas au fil des ans, mais aussi de la beauté. La nature profonde de l’être humain est d’être beau !
    • En haut, Da‘at – ou Dé‘a – est un séphiroth particulier, qui n’est pas compté parmi les dix. Situé juste au-dessous de la Couronne, entre intelligence et sagesse, miséricorde et sévérité, il représente non pas une caractéristique de l’être, mais un instant de sa vie qui peut se présenter une seule fois, plusieurs quelquefois : l’instant où des circonstances particulières font que, comme dans le jaillissement d’un arc électrique ou d’un éclair soudain, l’être humain peut entrer en communication avec le divin, on pourrait dire toucher Dieu, ou voir Dieu face à face.

    Da‘at est assimilé à la connaissance par la Kabbale : Da’at s’identifie à tout aspect de la conscience divine.

     

    * L’Arbre de Vie ou Arbre séphirotique

     

    L’Arbre de Vie et la Bible

    Trois citations de la Bible suffisent pour se rendre compte que l’Arbre de Vie n’est pas né de l’imagination fertile d’un rabbin en mal d’instruments pédagogiques high-tech, mais de la Parole de Dieu elle-même :

    1 Chroniques 16,34 : Rendez grâces au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour (Chésed - prononcer résed) !

    1 Chroniques 29,10-13 : Il bénit alors le Seigneur sous les yeux de toute l'assemblée. David dit : « Béni sois-tu, Seigneur, Dieu d'Israël notre père (’avinou) depuis toujours et à jamais ! À toi, Seigneur, la grandeur, la force (Ghevourah), la splendeur (Tiphéret), la durée (Natsar) et la gloire (hod), car tout ce qui est au ciel et sur la terre est à toi. À toi, Seigneur, la royauté (Mamelakha, de racine Malkhuth, roi) : tu es souverainement élevé au-dessus de tout. La richesse et la gloire te précèdent, tu es maître de tout, dans ta main sont la force et la puissance (Ghevourah) ; à ta main d'élever et d'affermir qui que ce soit. À cette heure, ô notre Dieu, nous te célébrons, nous louons ton éclatant renom (Tiphéret) ».

    Isaïe 11,1-2 : Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur, esprit de sagesse (Chokhemah) et d'intelligence (Binah), esprit de conseil (’étsah, qui rappelle le Natsar de l’éternité) et de force (Ghevourah), esprit de connaissance (da’at) et de crainte du Seigneur.

     

    * L’Arbre de Vie ou Arbre séphirotique

     

    Les séphiroth d’après Oswald Wirth

    Les noms et les nombres des dix séphiroth sont présentés dans l’ordre ci-dessous. L’orthographe des noms des séphiroth et leurs significations respectives sont celles données par Oswald Wirth.

    1. Kether (la Couronne ou le Diadème) ou Kether Elyon (la Couronne Suprême) – Unité, Centre, Principe dont tout émane et qui renferme tout en puissance, en germe ou en semence. Le Père, source, point de départ de toute activité. Agent pensant et conscient qui dit « Je suis ! ».
    2. C’Hocmah (la Sagesse) – Pensée créatrice, émanation immédiate du Père : son premier né, Fils, Parole, Verbe, Logos ou Suprême Raison.
    3. Binah (le Discernement, la compréhension ou l’Intelligence) – Conception et génération de l’Idée, Isis, Vierge-Mère, qui enfante les images originelles de toutes choses.
    4. C’Hesed (la Miséricorde ou la Grâce) ou Gedulah (la Grandeur, la Magnificence) – Bonté créatrice appelant les êtres à l’existence. Pouvoir qui donne et répand la vie.
    5. Geburah (la Sévérité ou la Rigueur), Pec’had (la Punition, la Crainte) ou Din (le Jugement) – Gouvernement, administration de la vie donnée. Devoir, domination de soi-même. Morale qui retient. Discrétion, réserve obligeant à se limiter.
    6. Tiphereth (la Beauté) ou Rahamim (la Clémence) – Idéal selon lequel les choses tendent à se construire. Sentiment, Désir, Aspirations, Volitions à l’état statique.
    7. Netsah (la Victoire, le Triomphe, la Fermeté ou la Constance) – Le Discernement qui débrouille le chaos, coordonne les forces constructives du monde, dirige leur application et assure le Progrès. Le Grand Architecte de l’Univers.
    8. Hod (la Gloire, la Splendeur) – La Coordination, la Loi, la Justice immanente, la Logique des choses. Enchaînement nécessaire de causes et d’effets.
    9. Jesod (la Base, le Fondement) ou Tsedek (la Justice) – Plan immatériel selon lequel tout se construit. Potentialités latentes. Planche à tracer. Fantôme préexistant à ce qui doit devenir.
    10. Malcut (le Royaume) ou Shekhinah (l’Immanence divine) – La Création. La Roue du Perpétuel Devenir. L’Apparence, la Phénoménalité. La Matière, source d’illusion et d’imposture.

     

    Le dixième séphiroth ramène à l’Unité les neuf précédentes. Il figure le sol sur lequel se dresse le porteur de la Couronne, c’est-à-dire l’Homme universel, le Grand Adam spirituel.

    Chacune des sphères qui s’articulent entre elles suivant des analogies subtiles porte le nom de séphiroth et présente chacun une vertu particulière. Les dix sphères sont disposées en forme de triangle les unes par rapport aux autres. La seule sphère isolée est Malcut tout en bas, la dixième. Toutes s’articulent entre elles suivant 22 sentiers numérotés de 11 à 32 et correspondent aux arcanes majeurs du Tarot.

    Les triangles formés par les sphères symbolisent les plans majeurs d’existence :

    • Le premier triangle formé par les sphères 1, 2 et 3, le Triangle céleste, représente le plan divin dans sa Trinité, la première sphère analogue à la Source de toutes choses ; les deux autres représentent la dualité primordiale tandis que l’ensemble est donc la Trinité.
    • Le second triangle (4, 5 et 6), Triangle de la moralité, s’apparente au plan mental.
    • Le troisième triangle (7, 8 et 9), Triangle mondain, représente quant à lui le plan astral.

    La dernière sphère, Malcut, représente le plan d’existence physique et l’expérience.

    On obtient ainsi un système de quatre mondes. L’Arbre séphirotique peut être apparenté à la concrétisation de la Création au travers du Tétragramme, de la Croix…

    Oswald Wirth a tenté de rapprocher l’Arbre des Séphiroth et la hiérarchie des Officiers d’une Loge :

    • La Couronne (1) occupe la place du Vénérable Maître dirigeant les Travaux, que les branches de l’Equerre relient à la Sagesse et la Raison de l’Orateur (2), d’une part, et à l’Intelligence, la Compréhension du Secrétaire qui enregistre (3).
    • (4) Grâce et (5) Rigueur correspondent à l’Hospitalier et au Trésorier, mais ces Officiers devraient intervertir leurs places pour rester dans la logique du système séphirotique.
    • (6) Beauté convient au Maître des Cérémonies, ordonnateur de tout ce qui tient aux formes.
    • (7) Victoire, Fermeté, et (8) Splendeur, Ordre, s’associent au Premier et au Second Surveillants, alors que (9) Base ou Fondement se rapporte au Frère Expert, gardien des traditions.
    • Enfin (10), Royaume ou monde profane, est le domaine du Frère Couvreur qui veille extérieurement à la sécurité des Travaux.

     

    Sachons utiliser l’Arbre séphirotique !

    Apprenons à méditer sur les dix séphiroth – l'Arbre de la Vie – en ayant conscience que cet Arbre est en nous, et que la seule activité qui vaille la peine est de le faire croître, fleurir et fructifier.

    Combien de temps nous faudra-t-il avant de devenir réellement cet Arbre de vie ? Cela ne doit pas nous préoccuper ! Des milliers de fois peut-être nous devrons revenir sur cette image et la vivifier, jusqu'à ce que ces dix séphiroth qui sont inscrites en nous commencent à vibrer et que notre être intérieur soit éclairé par toutes les lumières de l'Arbre de la Vie.

    Pour nous guider dans notre travail spirituel et nous indiquer le chemin à suivre, nous avons besoin d'une méthode. La meilleure méthode qui existe est probablement l'étude de l'Arbre séphirotique. Il faut apprendre à en approfondir tous les aspects.

    Avec Malcut, nous concrétisons les choses. Avec Jésod, nous les purifions. Avec Hod, nous les comprenons et les exprimons. Avec Netsah, nous leur donnons la grâce. Avec Tiphéreth, nous les illuminons. Avec Geburah, nous luttons pour les défendre. Avec C’Hesed, nous les soumettons à l'ordre divin. Avec Binah, nous leur donnons la stabilité. Avec C’Hocmah, nous les faisons entrer dans l'harmonie universelle. Enfin, avec Kéther, nous posons sur elles le sceau de l'éternité.

    Approche du symbolisme de l’Arbre de Vie

    L’Arbre est symbole de vie pour toutes les civilisations, signe de la force vitale donnée par le Créateur à la nature. De plus sa frondaison annonce au loin les sources d’eau qui gardent la vie même au désert. Il est donc point de repère et même axe autour duquel le regard perçoit l’horizon dans un certain ordre. La Bible, d’abord, les premiers chrétiens ensuite, ont utilisé ces symboles pour exprimer leur foi en la résurrection.

    Au Proche et au Moyen-Orient, l’Arbre de Vie est symbole d’immortalité et souvent représenté entre deux orants ou deux prêtres qui poussent la contemplation jusqu’à l’adoration. Souvent aussi il est figuré entre deux animaux affrontés : lions, taureaux, bouquetins, ou monstres (tels que des griffons ailés, exceptionnellement des centaures), qui gardent l’Arbre de Vie. Pour atteindre celui-ci et acquérir l’immortalité, il faut triompher des monstres, lutter contre le mal. Plus rarement on voit ce combat même de l’homme contre les animaux gardiens de l’Arbre de Vie, ou au contraire la lutte d’un dieu anthropomorphe protégeant l’Arbre de Vie contre un dragon.

    Les textes égyptiens des pyramides connaissaient l’Arbre de Vie. Dans les tombes du Nouvel Empire, des peintures figurent un sycomore sacré, dont la déesse verse l’élixir de vie. Dans la tombe de Thoutmosis, l’arbre a une mamelle et allaite le pharaon pour lui conférer l’immortalité. Le pilier Djed, si souvent rencontré dans l’iconographie égyptienne, est un symbole de l’Arbre de Vie, et joue un rôle important dans la résurrection d’Osiris.

    L’Arbre de Vie est aussi désigné sous le nom d’axe cosmique unissant le monde souterrain (par ses racines) au ciel (par ses branches), à travers la terre.

    Les trois régions cosmiques, ciel, terre et monde souterrain, sont ainsi traversées et reliées par un axe cosmique ou axe du monde, mais pour une conscience religieuse archaïque, l’arbre est l’univers. Il le répète et le résume, en même temps qu’il le symbolise.

    L’arbre kabbalistique ou Arbre séphirotique de la Vie a été conçu par le mysticisme israélite médiéval et, par un symbolisme complexe ; il relie les trois mondes : celui de Dieu, celui de l’homme et celui de l’univers.

    Arbre de Vie et Arbre de la Connaissance

    Il y a deux arbres dans le jardin d'Éden qui symbolise le bonheur auquel l'humain est appelé : l'Arbre de vie, et l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal. Avant de préciser la fonction de ces arbres, il importe de bien comprendre la signification symbolique de l'arbre. Quand on observe un arbre, on constate qu'il est constitué d'un tronc et de branches. Le symbole s'attachera à cet aspect spatial. Le tronc fait fonction de lien entre la terre où il a ses racines et le ciel où il est dirigé. L'arbre est donc un symbole de la communion entre les deux mondes : celui d'en haut où habite la divinité et celui d'en bas où habitent les humains.

    Le premier arbre, l'Arbre de vie, se rencontre dans beaucoup d'autres mythes des peuples de l'Orient ancien, comme la célèbre épopée de Gilgamesh. On y raconte comment le héros entend parler d'un arbre qui peut donner la vie éternelle, qui est le but de sa longue quête. Il en vient à trouver cet arbre, mais il lui est volé par un serpent, qui change de peau après avoir mangé de cet arbre.

    Tout cela signifie un renouvellement de vie et plénitude de vie (le serpent, parce qu'il change de peau, a toujours été interprété dans les anciennes mythologies, comme un symbole de vie éternelle, et chez les premiers chrétiens, de résurrection). Si le jardin d'Éden symbolise le bonheur humain, un des aspects de ce bonheur est la vie pleine, abondante et même éternelle qui est un don de la divinité.

    Quant à l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal, il est unique et il est difficile à interpréter. Il semble que cet arbre symbolise le pouvoir absolu. En hébreu, comme dans les autres langues sémitiques, on aime indiquer une totalité par ses deux extrêmes. Ainsi, « le ciel et la terre » signifie l'univers. De cette manière, « le bien et le mal » ne signifierait pas l'une ou l'autre de ces deux réalités, mais les deux, c'est-à-dire « tout ».

    Quant au mot « Connaissance », il n'a pas le sens abstrait que nous lui donnons dans nos langues. Dans les langues sémitiques, il implique une connaissance profonde, une intimité, un pouvoir. Quand on connaît, on a créé des liens intimes et puissants avec le connu.

    L'Arbre de la Connaissance du bien et du mal symboliserait donc un désir profond de l'humain : celui d'être en mesure de connaître tout et d'utiliser ce pouvoir de façon absolue. C’est-à-dire d’être comme un dieu, avec un pouvoir absolu, c'est-à-dire ne plus être limité par la condition humaine. C'est bien là une tentation universelle pour tout humain à toutes les époques !

    On voit donc à l’issue de ce chapitre que l’Arbre de vie est en opposition à l’Arbre de la Connaissance !

    Dans la Bible, il y a une description de l’Arbre de la Connaissance (création de Satan) mais aussi celle de l’Arbre de Vie (la réalité originelle de Dieu). Mais il n’y a aucune compatibilité entre les deux !

    Conclusion

    « Arbre de Vie » ou « Arbre du Monde », l'arbre est le symbole de la vie par excellence. Cet arbre symbolique est figuré à toutes les époques depuis quatre mille ans et depuis un peu moins longtemps dans presque toutes les religions du monde. L’Arbre de Vie est une figure symbolique dont la lecture doit se faire suivant le sens cachant : le sens ésotérique.

    L’Arbre séphirotique est un diagramme ésotérique fondamental dans la Kabbale. Il est aussi connu sous le nom d’Arbre de Vie, qui se retrouve dans d’autres traditions. Dans la Kabbale, un arbre représente symboliquement les Lois de l'Univers. Il peut aussi être vu comme le symbole de la Création tant du Macrocosme (L'Univers) que du Microcosme (L'Etre Humain).

    Dans la Bible, il y a deux arbres dans le jardin d'Éden. Un arbre mentionné au début de la Genèse et qui donne l'immortalité ; un autre, l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal, qui est le fameux pommier d’Adam et Eve. Il ne faut pas les confondre !

     

    R:. F:. A. B.

     

    [1] (1 Néphi chapitre 8) Livre de Mormon, 1 Néphi chapitre 8

    [2] Le Sepher Yetsirah ou « Livre de la Formation » est un exposé cosmologique retraçant la formation du monde par les lettres hébraïques et établissant les correspondances de celles-ci avec les directions de l'espace, le zodiaque, les planètes et la constitution de l'homme. A cet égard, on peut dire que ce texte compte parmi les plus importants qui soient parvenus jusqu'à nous. Le Sepher Yetsirah est le premier et le plus court des trois principaux textes auxquels les Kabbalistes se réfèrent, les deux autres textes sont le Bahir et le Zohar.

     

    Bibliographie

     

    Dangle Pierre - La Franc-maçonnerie initiatiqueLe livre du Maître

    La Maison de Vie, Fuveau, 1997


    de Champeaux Gérard - Introduction au monde des symboles

    Editions Zodiaque, 1991

     

    Korsia Haïm - La Kabbale pour débutants

    Éditions Trajectoire, 2007

     

    Lhomme Jean, Maisondieu Edouard, Tomaso Jacob

    Dictionnaire thématique illustré de la Franc-maçonnerie

    Editions du Rocher, Monaco, 1993

     

    Seringe Philippe - Les symboles dans l’art, dans les religions et dans la vie de tous les jours

    Editions Hélios, 1993

     

    Wirth Oswald - La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes

    3ème partie : « Le Maître » Editions Dervy, Paris, 1994

     


  • Commentaires

    1
    Chouhen
    Dimanche 12 Février à 14:57

    Dans votre article, l'arbre séphirotique "représentation du monde" apparaît fonctionner de la même manière que ce que décrit la thermodynamique classique et non linéaire. C'est ce qui ajoute encore au mystère du monde dans lequel réside toute sa beauté !...  

    2
    kemoula
    Mercredi 19 Juillet à 16:24
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