• * Saint Jean et le solstice d'hiver

    Questions et réflexions

    à propos de la célébration du Solstice de la Saint-Jean d’hiver

     

    Introduction

    Tout Apprenti qui se définit comme un cherchant peut se demander d’une manière générale à quoi servent nos rituels. Mais ce qui me paraît plus opportun et primordial durant les deux périodes solsticiales, d’hiver et d’été, c’est qu’il se pose une série de questions en relation directe avec l’une et l’autre cérémonie de célébration que nous vivons au mois de décembre et au mois de juin.

    Quelques questions – Quelques éléments de réponse

    Et la toute première, au mois de décembre, ne devrait-elle pas être…

    1. A quoi peut servir le rituel de célébration du Solstice de la Saint-Jean d’hiver ?

    Il me semble utile de rappeler tout d’abord toute l’importance qu’il y a de bien nommer les évènements par leur nom et non par des raccourcis inappropriés. Car ce que nous venons de célébrer, c’est bien le Solstice de la Saint-Jean d’hiver et non pas le « solstice d’hiver » qui est une fête païenne ! Nous, Maçons, nous célébrons les deux fêtes de Jean !

    Dès lors Il peut être utile de rappeler combien les deux saints Jean sont important au sein de notre Ordre.

    2. Quelle est l’importance des deux Jean en Franc-maçonnerie ?

    Nous avons probablement tous été frappés depuis notre Initiation, par l’une ou l’autre invocation à saint Jean dans nos rituels.

    Rappelons cette interrogation présente dans le tuilage de l'Apprenti par l’Expert :

    • D'où venez-vous ?
    • De la Loge de saint Jean, Vénérable Maître.

    A qui fait-on allusion ? Pourquoi cette référence biblique est-elle présente dans les rituels de nombreuses obédiences ?

    L’importance des deux saints Jean dans la Maçonnerie française et continentale en général se manifeste tout d’abord par le fait que toutes les loges en portent le nom, quel que soit par ailleurs leur signe distinctif.

    D’anciens catéchismes d’Apprenti nous le rappellent :

    • Mon Frère, d’où venez-vous ?
    • D’une Loge de saint Jean.

    Dans nos rituels au Rite moderne, lors du « tuilage » de l’Apprenti notamment, cette évocation est également présente :

    • Comment s’appelle votre Loge ?
    • La Loge de saint Jean.

    Une autre question se pose alors : pourquoi parle-t-on de « Loges de saint Jean ?

    3. Pourquoi parle-t-on de « Loges de saint Jean » ?

    Au 18ème siècle, l’installation du Vénérable et des Officiers Dignitaires avait lieu à l’époque de la Saint-Jean d’été, comme le montrent abondamment les « livres d’architecture » des loges.

    L’édition des Constitutions de 1738 rapporte que c’est à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste de 1717, le 24 juin, jour de la fête rattachée au solstice d’été, jour de plus grande lumière, que les quatre premières loges maçonniques de Londres se sont réunies pour fonder la première obédience de la Franc-maçonnerie spéculative et élire le premier Grand Maître. Le procès-verbal du pasteur Anderson, secrétaire désigné pour cette réunion, le prouve.

    Mais la tradition maçonnique de célébrer la Saint-Jean est attestée antérieurement à 1717 par le Manuscrit « Dumfries ». Celui-ci témoigne du fait que l’usage selon lequel toutes les loges portent le nom de saint Jean vient d’Angleterre :

    • Dans quelle loge avez-vous été entré ? (sic)
    • Dans la vraie loge de saint Jean.

    Dans la Maçonnerie du 18ème siècle, les deux saints Jean apparaissent comme les saints patrons de la société. Le terme leur est souvent appliqué explicitement, comme dans les statuts adoptés en 1777 par la Grande Loge de France alors rivale du Grand Orient de France.

    L’usage de faire un banquet le jour de la Saint-Jean d’été ou un jour aussi proche que possible de cette date, était universellement répandu, et c’était aussi en général à ce moment-là que les Loges installaient leur nouveau Vénérable et le nouveau collège d’Officiers Dignitaires.

    4. Pourquoi les Maçons accordent-ils autant d’importance à Jean l’Évangéliste ?

    Dans les Loges françaises et continentales en général, la Bible est ouverte au premier chapitre de l’Évangile de saint Jean. C’est donc sur le Prologue de cet Évangile que tout Récipiendaire prête son serment. Cet usage était déjà celui de la Maçonnerie du 18ème siècle. Mais l’usage de prêter serment sur l’Évangile de saint Jean appartenait également à la Maçonnerie anglaise qui l’a transmis à la France.

    L’usage de la Bible ouverte à l’Évangile de saint Jean est une coutume maçonnique qui remonte pour le moins aux tout premiers commencements de la Maçonnerie spéculative comme en témoigne le Manuscrit des Archives d’Édimbourg, datant de 1696.

    Mais l’usage de prêter serment sur l’Évangile de saint Jean appartenait déjà à la Maçonnerie écossaise du 17ème siècle, Maçonnerie de transition entre la Maçonnerie opérative et la Maçonnerie spéculative.

    Il n’est malheureusement pas possible de remonter plus loin dans le temps et d’avoir la certitude que cet usage ait pu déjà appartenir à la Maçonnerie opérative médiévale car bien que le patronage de l’un ou l’autre des deux saints Jean soit attesté pour certaines confréries de Maçons opératifs, et que d’autre part certains manuscrits des « Old Charges » fassent allusion à un serment sur la Bible, les saints Jean n’apparaissent pas dans les « Old Charges ».

    5. En quoi l’Évangile de Jean peut-il nous intéresser ?

    L’Évangile de Jean, dans son ensemble, se distingue des autres Évangiles par le sens symbolique qu’il offre à l’Initié capable de le décrypter. Ce texte, et tout particulièrement son Prologue, a une valeur initiatique d’une portée universelle.

    Il est dès lors compréhensible que les Francs-maçons l’aient reconnu comme tel puisqu’il veut démontrer la possibilité pour tout homme de sortir de la confusion et de trouver la Lumière. Même si ce texte a probablement été écrit, à l’origine, par Jean, l’un des disciples de ce grand initié universellement reconnu en la personne de Jésus – IESCHOUA  en hébreu – « Yahveh nous sauve »), il a certainement été réécrit, traduit, remanié, corrigé, repensé, par des symbolistes de l’époque, pour lui donner un sens ésotérique que n’ont pas les autres Évangiles. Et ce n’est pas un hasard s’ils ont donné le nom de Jean à son auteur présumé.

    Quant à Jésus, s’il est reconnu comme un grand initié par les Francs-maçons, c’est parce qu’il a enseigné que les souffrances de l’homme ont pour cause son égoïsme, ses passions, son matérialisme, qui en font un homme divisé, et il a indiqué le moyen d’en sortir par l’amour de l’autre et l’intelligence du cœur. Son exemple devient pour l’humanité une source d’espoir. C’est l’essentiel de ce que veut transmettre Jean.

    L’Évangile de Jean est, parmi les textes sacrés fondamentaux, celui qui, proche de nous, correspond le mieux à la démarche maçonnique. Lu au premier degré, il peut paraître primaire, désuet, ou incohérent. Il convient d’en chercher le sens caché, et d’en dégager la pensée intuitive. Le symbole ne veut pas aboutir à une preuve logique et le langage symbolique est adapté à l’expression des vérités de la vie intérieure. La Franc-maçonnerie en a fait un élément fondamental. En fait, l’intention de l’Évangéliste est de conduire le lecteur à la recherche du sens profond qui se tient derrière le récit. Il veut rendre évidente la vérité proposée, non l’expliquer.

    6. Que représente le Prologue de l’Évangile de Jean ?

    * Saint Jean et le solstice d'hiver

    Dans son Prologue, Jean englobe, en un Tout, le symbole des mouvements ordonnancés de l’univers, celui des causes premières, celui de la double nature de l’homme, la matière et l’Esprit, et celui de la connaissance par l’amour, en insistant sur le fait qu’en tout homme existe une parcelle de Lumière qui peut devenir illumination ou rester inconnue de lui-même.

    Car le nom de Jean, associé au solstice, a ce double sens : c’est la permanence dans le temps qui fuit. Symboliquement il mesure le temps entre ces deux passages que sont les courts moments d’apparente stabilité : temps ascendant de la lumière visible en hiver et au printemps, puis temps descendant ensuite quand cette lumière s’intériorise au cœur de l’homme : c’est le court passage de l’homme sur la terre, face au grand cycle de l’univers créé.

    Le Prologue est un texte court qui donne à chaque individu une possibilité de trouver la Lumière en lui-même, malgré l’emprise des soucis quotidiens de sa vie matérielle et la désacralisation apparente du monde qui l’entoure, parce que cette Lumière est la vraie source vive de bonheur pour les hommes.

    La pensée résumée du sens du Prologue indique que le mythe de l’incarnation de la Parole est celui du divin incarné en l’homme, de l’incréé dans le créé, de l’infini dans le fini. C’est la manifestation symbolique de la vie en évolution et de la voie initiatique qui mène à la réalisation de l’homme libéré de ses conditionnements.

    7. Pourquoi évoque-t-on saint Jean dans ces rituels ?

    L’importance de la lumière est bien connue pour les bâtisseurs. C’est elle qui décidait de la percée des ouvertures dans les murs des cathédrales et de l’emplacement de leurs vitraux. En ce qui concerne précisément la lumière solaire, deux jours de l’année présentent une particularité intéressante : le solstice d’hiver, le jour le plus court de l’année qui correspond à la fête de saint Jean l’Évangéliste, et le solstice d’été, le jour le plus long, qui correspond à celle de saint Jean le Baptiste.

    8. Qu’est-ce que le « solstice d’hiver » et le « solstice d’été » ?

    Les solstices sont des phénomènes naturels de l’univers, que l’homme a découverts très tôt. Le solstice est un moment, qui se répète deux fois par an, où le soleil se trouve à son plus grand éloignement angulaire du plan de l’équateur. Là, aux yeux des hommes, il semble alors s’arrêter car il reste pendant trois jours dans le 23e degré de déclinaison avant de commencer soit à redescendre soit à remonter vers le plan de l’équateur.

    Les solstices marquent des saisons différentes : à partir de celui du mois de décembre, la durée d’ensoleillement va augmenter progressivement, jusqu’au maximum d’un épanouissement qui se situe entre le 21 et le 24 juin avant de décroître à nouveau. A partir de cette date, la lumière va diminuer, jusqu’aux jours les plus courts, entre le 22 et le 25 décembre, et ainsi de suite.

    L’alternance des saisons a permis à l’Homme de fixer des points de repère et de fêter ces moments de mort apparente et de renouveau : ce sont les fêtes solsticiales de décembre et de juin. Ces fêtes rituelles ont toujours été celles de la fécondité, de la vie, de la lumière et de l’espérance de l’homme dans son alliance avec la nature. En répétant l’acte de création, elles assignaient à l’homme sa place naturelle dans le temps sacré, ordonnancé, cosmique. Dès lors, il n’est pas impossible que les fêtes des deux Jean aient perpétué le lien avec les mystères païens qui sacralisaient en quelque sorte le travail de l’homme.

    9. Quelle est la signification profonde du solstice d’hiver, pour nous Maçons ?

    Selon la coutume, vers le 21 décembre, l’ordre du jour des Travaux prévoit la célébration de la fête de saint Jean l’Évangéliste, celui qui a rendu témoignage de la Vérité, le disciple du Maître qui a été choisi pour transmettre aux hommes l’Évangile de l’Amour. Initié parfait, il les incite à méditer sur l’origine et le mystère des choses et à conduire leur esprit vers le Juste et le Vrai.

    Le rituel utilisé devrait faire prendre conscience des Ténèbres et inviter les Maçons à construire leur vie pour devenir des Fils de la Lumière et suivre ainsi les pas de saint Jean l’Évangéliste. Au seuil de l’univers des ténèbres et de la terreur, le rituel devrait inviter les Frères à regarder plus profondément en eux-mêmes, à écarter l’hypocrisie, la lâcheté et l’indifférence.

    Chercher sans relâche et sans trêve, tel est le destin assumé par le Maçon ; telle est l’œuvre royale du Maçon. Chacun a besoin de retrouver la Sagesse pour guider ses pas car l’intolérance, la vanité, l’intérêt, l’égoïsme et la lâcheté sont autant de pièges et de tentations fortes qui le guettent dans la pénombre.

    10. Le rituel de célébration du solstice de la Saint-Jean d’hiver ne nous apporte-t-il rien d’autre ?

    Tout rituel utilisé en cette occasion devrait aussi montrer toute l’importance que les Francs-maçons accordent aux trois Piliers. En décembre, la Lumière est en danger et il leur faut en prendre soin. A partir du jour le plus court de l’année commence la remontée du soleil, le grand astre qui fait don de la lumière, reflet de la Lumière intemporelle qui fut, qui est et qui sera.

    Tout rituel de la Saint-Jean d’hiver devrait rappeler que les Lumières que les Maçons ont rallumées dans leur Loge peuvent les conduire, à travers les épreuves, dans le labyrinthe de leur monde intérieur.

    Lorsque le rituel de la Saint-Jean d’hiver se termine, c’est sous la conduite du Passé Maître Immédiat portant les Trois Grandes Lumières, suivi d’un Apprenti, d’un Compagnon et d’un Maître, tous trois porteurs d’un flambeau, que tous les Frères gagnent généralement ensemble la salle des banquets, en paix et dans l’ordre, où les Travaux reprennent force et vigueur et où les santés d’obligation indiquées sont commandées : au Roi et aux chefs d’états étrangers et protecteurs de l’Ordre ; au Très Respectable Grand Maître et aux Grands Officiers Dignitaires de l’Obédience puis aux Frères visiteurs. Une santé d’obligation est aussi commandée par le Frère Premier Surveillant en l’honneur du Vénérable Maître. Une santé en l’honneur de tous les Maçons de l’Univers est annoncée par le Frère Orateur et ensuite commandée par le Vénérable Maître.

    L’exécution du chant des Apprentis par tous les Frères présents clôt généralement cette cérémonie avant la Clôture des Travaux. Mais il faut parfois se contenter de la seule audition de ce chant grâce au disque car sa connaissance tend à disparaître et son exécution parfaite devient malheureusement rare.

    11. Quelle est la signification du solstice d’été, pour nous, Maçons ?

    Selon la coutume, vers le 21 juin, l’ordre du jour des Travaux prévoit la célébration du Solstice d’été, fête de saint Jean-le-Précurseur ou le Baptiste, antique tradition qui, par son symbolisme, incite lui aussi les Maçons à la réflexion.

    Au moment où le Soleil atteint son apogée, la lumière spirituelle trouve la perfection de sa forme concrète et porte en elle toutes les potentialités d’une moisson abondante. Cette concrétisation de la lumière spirituelle est symbolisée par Jean-le-Baptiste, Précurseur de la lumière rédemptrice ou du Christ solaire et qui témoigne de la Lumière qui est. Le rituel rappelle que c’est ainsi que les Francs-maçons sont devenus les disciples de saint Jean car ils sont Enfants de la Lumière. C’est en recevant celle-ci que le Maçon trouve le chemin de la Vérité.

    Le jour du solstice d’été, symbole de l’idéal maçonnique, les Francs-maçons participent à la joie universelle. En cet instant précis où le soleil apparaît dans son plus grand éclat, ils décorent leur Temple de roses blanches qui représentent la joie de vivre qui se manifeste en leur cœur ainsi que la plénitude qui est pureté et silence. Mais ces roses blanches sont aussi là pour leur rappeler les deux vertus principales du Maçon : la recherche de la vérité et l’acceptation du devoir.

    Tandis que les Travaux s’arrêtent sur les Colonnes, un Frère Apprenti range les outils pour les récupérer le jour où les Travaux reprendront au Réveil de la Loge en septembre.

    12. Que savons-nous de plus des deux Jean que nous fêtons ?

    • Celui que nous fêtons à la fin du mois de juin, c’est Jean-le-Baptiste, celui qui annonce la venue du Christ qu'il baptisera.

    * Saint Jean et le solstice d'hiver

     Au moment de ce baptême décrit dans les évangiles, une colombe s'envola dans le ciel, représentant la Paix et l'Esprit nouveau du Christ. C'est lors du baptême de Jésus que Jean le reconnut comme le Messie lorsque l'Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe. En dépit de l'honneur qui lui était fait, Jean-le-Baptiste tint à marquer son admiration et sa confiance à Jésus en lui disant ces mots restés célèbres : « Je ne suis pas digne de délier la courroie de ta sandale ». Jean-le-Baptiste est reconnu prophète par toutes les religions du Livre. Cet homme, d'une spiritualité très profonde, dérangeait les puissants : Jean sera en effet emprisonné pour avoir reproché à Hérode Antipas son union incestueuse avec Hérodiade, la femme de son frère. C'est Salomé, la fille d'Hérode Philippe et d'Hérodiade, qui obtiendra de son oncle qu'il fasse décapiter Jean et que sa tête soit présentée à sa mère Hérodiade sur un plateau d'argent. Jean-le-Baptiste est avant tout le prophète contemporain du Christ. Il mena une vie de jeûne et de pénitence dans le désert. Le message de saint Jean dans le désert fut d'abord de demander au peuple d'Israël de se préparer à la venue du Messie qu'il annonçait imminente. A la suite de ce message, de nombreux juifs vinrent se faire baptiser par lui dans les eaux du Jourdain. C’est le jour de la Noël, que nous fêtons la naissance de Jésus. Noël est aussi la fête de la naissance du soleil nouveau. Le soleil du solstice d'été, étant à son apogée, ne peut que décroître. C'est pourquoi Jean-le-Baptiste dira : « Il faut que je décroisse pour qu'il croisse ». Autrement dit, il faut que la lumière extérieure qui nous inonde aujourd'hui cède la place au soleil intérieur du solstice d'hiver.

    • Celui que nous fêtons à la fin du mois de décembre, c’est Jean l’Évangéliste qui fut l'un des douze apôtres du Christ et l'un des quatre Évangélistes. 

    * Saint Jean et le solstice d'hiver

    Différentes scènes du Nouveau Testament témoignent de la présence de Jean auprès du Christ. Jean l'Évangéliste apparaît en effet dans plusieurs épisodes du Nouveau Testament : il assiste à la pêche miraculeuse, à la transfiguration du mont Thabor. Jean est auprès de Jésus au mont des Oliviers et lors de la Cène. Au pied de la croix, il soutient Marie que le Christ lui a confiée. Puis, il quitte la Palestine : la Tradition raconte qu'après la mort de Jésus et la dispersion des apôtres, Jean se rend en Asie et se fixe à Éphèse, où Marie le rejoint. Il y est arrêté alors qu'il est très âgé et est jeté dans l'huile bouillante dont il sort indemne. Exilé sur l'île de Patmos (île des Sporades), il y rédige l'Apocalypse qui porte son nom. Amnistié, il peut retourner à Éphèse et y rédige son Évangile. Dans l'Evangile et au sein du collège apostolique, saint Jean occupe une place de choix. Représentant l'amour, il marche à côté de Pierre, qui symbolise la doctrine. Jésus semble avoir réservé à cet apôtre les plus tendres effusions de son cœur. Plus que tout autre, en effet, Jean pouvait rendre amour pour amour au divin maître. C’est dans cet amour du Christ qu’il semble avoir puisé cette charité et cette science des choses de Dieu, qu'il répandit dans ses écrits et au sein des peuples auxquels il porta le flambeau de l'Evangile. Saint Jean fut, parmi les apôtres, le seul à être resté fidèle à Jésus dans ses souffrances. Il le suivit dans l'agonie du calvaire et accompagna la Mère de Jésus dans ces douloureux instants. Il était juste que saint Jean, ayant participé aux souffrances de la Passion, goûtât l'un des premiers les joies pures de la Résurrection. Le jour où le Sauveur apparut sur le rivage du lac de Génésareth, pendant que les disciples étaient à la pêche, saint Jean fut le seul à le reconnaître. « C'est le Seigneur », dit-il à saint Pierre. Tout l'Evangile le prouve : Jean était bien le disciple que Jésus aimait le plus.

    13. Que pouvons-nous retenir des fêtes solsticiales des deux saints Jean ?

    La « Saint Jean d'été » (Solstice d'été, Saint-Jean-Baptiste, 24 Juin) et la « Saint-Jean d'hiver » (Solstice d'hiver, Saint-Jean l'Évangéliste, 27 décembre) forment un couple étonnamment contrasté. Alors que la première est une fête d'extérieur, à la fonction sociale affirmée grâce aux « feux de joie », la seconde est une fête d'intérieur toute familiale qui s'est longtemps manifestée autour d'une bûche flambant dans la cheminée.

    14. Quels rapports y a-t-il entre les deux Jean et le dieu romain Janus ?

    Bien avant les fêtes de saint Jean, aux deux solstices, les Romains célébraient la fête de Janus, le dieu qui « ouvre » et qui « ferme » les portes du cycle annuel, « janua » signifiant « porte, accès ».

    Curieusement, Janus était représenté avec deux visages, celui d’un vieillard tourné vers le passé et ainsi vénéré comme le dieu des origines de toutes les choses et l’autre, d’un adolescent tourné vers l’avenir. A ce titre, Janus était craint et respecté comme le maître du temps qui détruit ce qu’il produit mais aussi comme le gardien des portes célestes qui détient les clefs des étapes du chemin vers la Lumière, symbole de l’immortalité de l’Esprit. Les expressions « porte des hommes » et « porte des dieux » en découlent. Les noms de « porte de l’enfer » et « porte du ciel » leur ont aussi été donnés.

    Janus, dieu romain, était en effet le dieu des portes de la ville. Il faut se souvenir que les villes romaines étaient circulaires et coupées en quatre – d’où le terme de « quartier » – par deux voies principales, l'une nord - sud appelée « cardo », l'autre est - ouest appelée « decumanus ». Janus gouvernait les deux portes symboliquement principales, c'est-à-dire la porte Nord (porte des Enfers) et la porte Sud (porte du Ciel).

    Dieu des portes, Janus était aussi le dieu des « commencements » : « Initiare »  signifiant « commencer », Janus était le dieu de l'initiation. C'est lui qui ouvrait le cycle des campagnes militaires. C'est lui également qui ouvrait et fermait le cycle annuel. Janus a été remplacé par les deux Jean. Jean-le-Baptiste, ouvrant la Porte du Ciel, est devenu le patron des Francs-maçons et de tous les Initiés.

    Après la christianisation des mythes païens, les deux Jean prirent la place de Janus aux deux visages. Ce fut Jean le Précurseur, dit le Baptiste, celui qui baptisait d’eau et annonçait la venue de celui qui baptiserait de feu, puis ce fut Jean l’Évangéliste, le "confirmateur", témoin de cet amour fusionnel et symbolique du feu et de l’eau. Le feu est un symbole très présent aux solstices ou aux équinoxes.

    Les noms de Janus, Johan, Juana, Jehan, Jean ont la même racine hébraïque Yôhânân (Yahveh fait grâce, ou la grâce de Yahveh) latinisée puis francisée.

    Les deux Jean et Jésus sont des « dieux » solaires : le Baptiste annonce le lever du soleil : il est donc représenté par un coq. C'est celui qui figure sur les clochers des églises. Quant à l' Évangéliste, il était en effet le disciple préféré de Jésus. C'est lui qui posa sa tête sur le cœur du maître. Il est logiquement symbolisé par un aigle, (cf. « l’Aigle de Patmos »), seul animal à pouvoir fixer le soleil dans tout son éclat.

    15. Quelle est la signification des deux Jean dans la spiritualité maçonnique ?

    La symbolique de Jean l'Évangéliste est très complexe. Les deux saints Jean sont riches d’enseignements spirituels pour le Maçon. Jean-le-Baptiste a prêché le repentir. Il est celui qui invite à se préparer à la venue de la Lumière, à se mettre en état de la recevoir. Il enseigne l’humilité, le renoncement à soi, sans lesquels il n’y a ni initiation ni progrès spirituel.

    Si Jean-le-Baptiste enseigne au Maçon comment se préparer à recevoir la Lumière, Jean l’Évangéliste est le type de l’homme qui l’a reçue et qui a donc atteint une certaine connaissance.

    La voie que nous révèlent les deux Jean est une voie alchimique : il s’agit du passage de l’Eau au Feu, ou plutôt de l’union de l’Eau et du Feu dans le centre de transmutation qu’est la loge.

    Jean le Baptiste baptise le Christ dans les eaux du Jourdain pour le faire naître à sa vocation rédemptrice qu’il achèvera sur la Croix et qu’il poursuivra dans le feu de l’amour que l’Évangéliste devra transmettre. Il y a transfert du Baptiste à l’Évangéliste sur la Croix. C’est par la Croix que l’Initié passera du baptême dans l’eau au baptême dans l’Esprit, l’Esprit d’amour qui est eau d’éternité. Le Baptiste rencontre le Christ dont l’Esprit animera l’Évangéliste.

    L’Évangile de saint Jean est par excellence l’Évangile de l’amour.

    Le commandement d’amour est proclamé d’une manière particulièrement solennelle dans l’Évangile de saint Jean : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

    Le commandement d’amour fraternel est mis dans la perspective de la Révélation trinitaire : l’amour des frères entre eux est à l’image de celui que le Fils a pour eux et dans lequel ils demeurent, et celui-ci est lui-même à l’image de l’amour que le Père a pour le Fils et dans lequel le Fils demeure, cet amour étant ce dont procède l’Esprit. Les deux Jean symbolisent ces deux phases de cette Révélation, phases que chaque Maçon doit revivre dans sa progression initiatique, passant par l’attente, dans l’effort et dans les œuvres qui sont déjà amour, de la venue de la Grâce et de la Lumière qui feront éclore en lui, en même temps que la connaissance, l’amour dans sa perfection.

    Quelques éléments du rituel un peu complexes

    Fort de ces quelques éléments de réponses aux questions principales, l’Apprenti peut aussi se pencher sur certains aspects du rituel qui peuvent lui paraître un peu plus obscurs.

    Il y est notamment question de la « Table d’émeraude ». Qu’est-ce à-dire ?

    • La Table d’émeraude

    * Saint Jean et le solstice d'hiver

    La découverte, vers l'an mille, de ce texte mystérieux a bouleversé les pensées.

    On dit que le texte contenait les arcanes d'un savoir immense aussi ancien que le monde.

    La copie latine (ci-contre) de ce texte permit sa diffusion.

    Les études modernes ont défini sa provenance d'un original égyptien en langue grecque du 4ème siècle de notre ère.

    Des légendes inépuisables sont apparues autour de ce texte. La plus fameuse racontait que son auteur mythique l'avait inscrit sur l'émeraude chue du front de Lucifer, le jour de la défaite de l'ange rebelle : ainsi vint qu'on l'appelât la Table d'Emeraude...

    La Table d’émeraude (Tabula Smaragdina en latin) est un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique et hermétique. C’est un texte très court, composé d'une douzaine de formules allégoriques et obscures, dont la fameuse correspondance entre le macrocosme et le microcosme : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

    Selon la légende, elle présente l’enseignement d’Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l'alchimie, et aurait été retrouvée dans son tombeau, gravé sur une tablette d’émeraude. La plus ancienne version connue se trouve en appendice d’un traité arabe du 6e siècle. Traduite en latin au 12ème siècle, elle fut commentée par de nombreux alchimistes au Moyen Âge et surtout à la Renaissance.

    Après le discrédit scientifique de l'alchimie et le développement de la chimie moderne au 18ème siècle, elle a continué à fasciner occultistes et ésotéristes.

    La Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste, père des Philosophes (traduction de l’Hortulain) :

    « Il est vrai, sans mensonge, certain, et très véritable : ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose. Et comme toutes les choses ont été, et sont venues d’un, par la méditation d’un : ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre ; la Terre est sa nourrice. Le père de tout le télesme [1] de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; et pour cela toute obscurité s’enfuira de toi. C'est la force forte de toute force : car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De ceci seront et sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. C’est pourquoi j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j’ai dit de l'opération du Soleil est accompli, et parachevé. »

    Puisque « ce qui est en bas est semblable à ce qui est en haut pour accomplir les miracles d’une seule chose », selon la Table d’Emeraude, il est normal que l’homme, ayant eu révélation de l’existence d’une proportion privilégiée procurant l’harmonie esthétique, se serve de cette proportion à travers ses propres créations, et plus spécialement dans toutes celles ayant un rapport direct avec le divin, à commencer par le Temple, demeure symbolique de Dieu.

    * Saint Jean et le solstice d'hiver

    Dans ce même rituel, le symbolisme de la roue est aussi suggéré.

    • Le symbolisme de la roue

    Le symbolisme de la roue tient à la fois de son rayonnement solaire et de son mouvement cyclique qui représente la périodicité du voyage des astres tout au long du cycle de l’année.

    Le symbole de la roue est un prototype ou un modèle de l’idée archétypale que le cosmos tout entier ne fait que manifester. Et comme modèle du cosmos, il pourrait bien être qualifié d’universel dans la plus large acception du terme. Il est donc encore plus étonnant de constater que, malgré son importance particulière, on ne lui donne pas l’importance qui lui est due, bien que ce soit un héritage fondamental présent dans toutes les formes traditionnelles.

    Le symbole de la roue est l’expression du mouvement et de la multiplicité, de l’immobilité primordiale et de la synthèse. C’est également l’expression symbolique de l’expansion et de la concentration, de l’énergie centrifuge, qui va du centre vers la périphérie, et de l’énergie centripète qui retourne à son centre, son axe ou sa source...

    Ce symbole est également la manifestation de ce qui, étant tout juste virtuel (le point) génère un espace ou un plan (qui délimite la circonférence). Par conséquent, il est évidemment lié à l’espace et au temps, et se rattache ou s’associe à toute notion de cosmogonie[2] et de création.

    En ce sens, le mouvement superficiel ou externe de la roue se rapporterait à la manifestation, tandis que la virtualité, l’immobilité du point central, moyeu ou axe, serait connectée avec le non-manifesté.

    On pense aussi que la roue détient un rôle très important depuis les plus anciennes cosmogonies, notamment dans les mythes qui relatent la naissance de l’univers. A ce propos, nous pouvons nous reporter à un passage fort important de l’œuvre de René Guénon : « On sait que la roue est en général un symbole du monde : la circonférence représente la manifestation, produite par irradiation du centre; ce symbolisme est par ailleurs susceptible de revêtir des significations plus ou moins particularisées ».

    Ensuite, ce métaphysicien français rappelle qu’en Inde deux roues associées, c’est-à-dire le char, correspondent à des parties diverses de l’ordre cosmique. La forme circulaire de la roue est le symbole des révolutions cycliques auxquelles sont soumises toutes les manifestations, qu’elles soient terrestres ou célestes ; ainsi les deux roues pourraient bien représenter l’univers dans ses parties.

    • La roue à six rayons et le point central – le symbolisme du nombre 7

    Il est possible que, d’entre les symboles sacrés de tous les peuples, celui de la Roue soit le plus universel. L’universalité même des significations de la roue, et leur connexion directe ou indirecte avec les autres symboles sacrés, en particulier les nombres et les figures géométriques, font de celle-ci une sorte de modèle symbolique, une image du cosmos. Car, sur le plan, la jante est un cercle, et la circularité est une manifestation spontanée de tout le cosmos.

    Entre le point central et la circonférence se forme le cercle ; la valeur arithmétique assignée au premier est l’unité, représentation naturelle du point géométrique, et pour la seconde c’est le neuf, le nombre du cycle, puisque c’est celui de la circularité.

    La somme des deux nous donne la dizaine (1 + 9 = 10), le modèle numérique de la Tétraktys pythagoricienne[3], ce qui peut être rapporté à toute autre arithmosophie, puisque les nombres – et les figures géométriques – sont des modules harmoniques archétypaux, valables dans toute la manifestation et donc pour tout temps et tout lieu de ce cycle humain.

    Ce point central de la Roue du Monde est en communication avec la périphérie à travers ses rayons, qui sont donc les intermédiaires entre eux ; et tandis que la roue tourne sur elle-même, symbolisant le mouvement et le temps, l’axe demeure fixe, exprimant l’immobilité et l’éternel.

    Le centre est, avant tout, l’origine, le point de départ de toutes les choses ; c’est le point principiel, sans forme ni dimensions, donc indivisible et, par conséquent, la seule image que l’on puisse donner de l’Unité Primordiale.

    Le nombre sept est considéré comme le point central d’une roue à six rayons. En réalité, le sept est le point central du cube, qui possède six faces et douze arêtes, un autre des symboles-modèles de l’univers.

    En guise de conclusion provisoire…

    Si la Maçonnerie anglaise actuelle est beaucoup plus discrète que la Maçonnerie française et continentale en général à propos des deux saints Jean, leur importance se manifeste aussi par la célébration de leurs fêtes. De nos jours, cette célébration se limite parfois à un banquet, mais celui-ci est alors conduit selon le rituel de table complet, avec une Ouverture et une Clôture solennelle des Travaux, le Volume de la Sainte Loi étant ouvert sur l’autel, à l’Orient.

    Mais de nombreuses Loges utilisent, lors de ces deux célébrations, différents rituels dont il serait fort ambitieux de faire une analyse exhaustive. C’est pourquoi, dans cette planche, le rituel utilisé par notre Respectable Loge au mois de décembre, n’a pas été analysé en détails. Sa structure non plus n’a pas été dégagée car elle est assez évidente.

    Comme de coutume, c’est sur base de mon questionnement le plus élémentaire que j’ai construit cette planche, avec l’espoir qu’elle aura pu apporter quelques modestes précisions au lecteur.

    R:. F:. A. B.

     

    Bibliographie

    Behaeghel Julien

    Symboles et initiation maçonnique

    Editions du Rocher, Monaco, 2000

    Pages 141 à 153

     

    Ducluzeau Francis

    Ethique, sagesse et spiritualité dans la Franc-maçonnerie

    Editions du Rocher, Monaco, 2002

    Pages 204 à 214, 215 à 233

     

    Ferré Jean

    Dictionnaire symbolique et pratique de la Franc-maçonnerie

    Editions Dervy, Paris, 1994

    Pages 234 et 235

     

    Lhomme Jean – Maisondieu Edouard – Tomaso Jacob

    Dictionnaire thématique illustré de la Franc-maçonnerie

    Editions du Rocher, Monaco, 2002

    Pages 299 à 306, 306 à 308 et 308 à 310

     

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    [1] Je n'ai trouvé le mot « télesme » que dans le dictionnaire Mytho-Hermétique de Dom Pernety, et encore n'en donne-t-il qu'une définition succincte : fin, perfection, complément.

    [2] La cosmogonie est une science qui a existé chez tous les peuples archaïques et traditionnels. Elle se réfère à la connaissance de l’homme (cosmos en miniature) et de l’univers (homme en grand), ce qui s’est répété de façon unanime et pérenne au long du temps (histoire) et de l’espace (géographie), décrivant une seule et unique réalité, celle du cosmos, qui est d’ailleurs la même que nous, contemporains, vivons et habitons aujourd’hui, car elle est essentiellement immutable malgré les formes changeantes par lesquelles elle peut être exprimée ou appréhendée, puisqu’elle demeure éternellement vivante.

    Cette science, pratiquement inconnue de l’être humain actuel, ce produit du rationalisme, du positivisme, du matérialisme et de la technologie, a cependant été la structure de base, la structure primaire sur laquelle aussi bien les peuples primitifs que les grandes civilisations de l’antiquité (les égyptiens, par exemple) ont fondé leurs croyances, et l’instrument qu’ils ont utilisé pour construire leur vie et leur culture, qui, dans le cas cité en exemple, a duré trois mille ans. L’on pourrait en dire autant de l’empire chinois, ou plus exactement de la Tradition extrême-orientale, bien que cette science soit en réalité un dénominateur commun à toutes les traditions connues, qu’elles soient vivantes comme la tradition hindoue ou le djaïnisme, ou apparemment mortes, comme les traditions précolombiennes.

    Nous devons préciser que le mode d’expression normal de cette Cosmogonie Universelle et Pérenne est le symbole, ou un ensemble de symboles en action constituant des codes et des structures qui se conjuguent entre eux de façon permanente, manifestant et véhiculant la réalité, c’est-à-dire la pleine possibilité du discours universel qui devient, par leur intermédiaire, audible et compréhensible. Le symbole est par conséquent la traduction intelligible d’une réalité cosmogonique et, en même temps, cette réalité en soi, au niveau où elle s’exprime

    [3] 10 est le nombre de la Tétraktys pythagoricienne, somme des 4 premiers nombres. Il a le sens de la totalité, de l'achèvement, du retour à l'unité après le cycle des 9 premiers nombres. Pour les pythagoriciens, c'est le chiffre le plus sacré, symbole de la création universelle. La Tétraktys était représentée par un triangle de 10 points disposés en pyramide de quatre étages.

     


  • Commentaires

    1
    Samedi 10 Décembre 2016 à 05:05

    Merci !

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