• * Evolution de la Franc-maçonnerie, du "siècle des Lumières" à nos jours

    Evolution de la Franc-maçonnerie

    du siècle des « Lumières » à nos jours

    L'expansion de la Franc-maçonnerie

    En 1717, quatre Loges londoniennes se réunirent pour former la première obédience maçonnique : la Grande Loge de Londres. Cette date marque la naissance de l'institution maçonnique moderne. Avant 1717, les loges étaient disparates et ne constituaient pas une force. Il leur fallait se réunir en obédience pour pouvoir influencer la société. Plus que l'attrait du secret et du symbolisme, le besoin de sociabilité animait les Francs-maçons de cette époque. La Réforme avait divisé les Anglais et ce jusqu'au sein de la famille royale. Les loges offraient la possibilité de se réunir et de festoyer par-delà les barrières religieuses. L'ouverture d'esprit qui animait les fondateurs de la Grande Loge de Londres se manifesta par la rédaction des Constitutions d'Anderson, lesquelles n'imposaient qu'une seule « religion » : l'amitié. Malheureusement, les hommes n'étant que des hommes, le conservatisme reprit force et vigueur et en 1738, puis en 1815, la Grande Loge de Londres imposa la croyance en Dieu à ses membres.

    En France, la Franc-maçonnerie serait apparue à Saint-Germain en Laye, en 1688. Les Stuart et la noblesse écossaise réfugiés en France après la Révolution d'Angleterre auraient souhaité constituer une loge dans le célèbre château où naquit Louis XIV. Mais là encore les avis diffèrent quant à la naissance de la première loge française. Etienne Gout soutient que la première loge connue dans notre pays devait sa fondation, le 1er juin 1726, à des militaires irlandais enrôlés dans l'armée de Louis XV. Elle se réunissait dans une taverne à l'enseigne du « Louis d'argent », près de Saint-Germain des prés. André Combes certifie que la première loge française est ouverte en 1725 à Paris par des catholiques stuartistes réfugiés. Cependant, un fait est établi : la naissance de la première obédience française. La première Grande Loge de France aurait été créée entre mai et juillet 1728 par le duc de Wharton, ancien Grand Maître de la Grande Loge de Londres. Mise en sommeil, la Grande Loge de France est réveillée en 1735 et choisit Mac Lean comme Grand Maître. Mais la G.L.D.F. était encore dépendante de la Grande Loge de Londres. Pour cette raison, certains historiens ne reconnaissent la création de la G.L.D.F. qu'avec l'élection du duc d'Antin à la Grande Maîtrise en 1738. La même année, le pape Clément XII condamne la Franc-maçonnerie. Il craint la propagation du protestantisme et de l'agnosticisme en Europe par le biais des loges. La Franc-maçonnerie présente en Grande-Bretagne et en France se développe dans toute l'Europe. La première loge russe naît en 1717, en Belgique en 1721, en Espagne en 1728, en Italie en 1733 et en Allemagne en 1736. Cette rapide expansion est due à la forte représentation des militaires dans l'institution. Ceux-ci étant amenés à se déplacer contribuèrent à la création de loges lors de leurs campagnes. Hélas, la première obédience française est atteinte de graves troubles. En effet, des clans s'organisent après la mort du duc d'Antin. C'est Louis de Bourbon-Condé qui devient le nouveau Grand Maître de la Grande Loge de France mais il ne peut empêcher la formation de deux camps diamétralement opposés : les « lacornards » et les « antilacornards ». Lacorne est le Second Substitut du comte Louis de Bourbon. Lacorne se serait emparé de la direction de l'obédience en plaçant ses partisans aux postes importants. Les « lacornards » sont des grands bourgeois alors que les « antilacornards » sont des aristocrates.

    Cette guerre fratricide va entraîner la dissolution de la Grande Loge de France le 24 décembre 1772. Des cendres de cette obédience va naître la Grande Loge Nationale de France (1ère du nom) qui devient le Grand Orient de France quelques mois plus tard.

    La cohésion des loges est atteinte avec la création du Grand Orient : en 1773. En 1777, le Grand-Orient de France possédait trois cents loges.

    Les Francs-maçons sont souvent appelés les « fils de la Lumière » ; le rapprochement avec le siècle des Lumières est donc facile. Il est vrai que nombre de philosophes furent Maçons comme Voltaire, Montesquieu, le marquis de Sade, mais aussi Goethe et Lessing (qui contribuèrent à l'Aufklarung, les Lumières allemandes).

     

    La Révolution française : un complot maçonnique ?

    L'appartenance de certains philosophes à l'institution maçonnique va entraîner une des plus grandes mystifications littéraires du 18ème siècle : la thèse du complot ourdi par les loges maçonniques contre l'Eglise et l'Etat. Elle est imaginée par le jésuite Augustin Barruel et développée dans les Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme (1797). La mystification de Barruel est bien structurée. Dans un premier temps, il dénonce l'influence des philosophes sur la société française et dénigre leur agnosticisme, voire leur anticléricalisme. Les traces de l'anticléricalisme des philosophes étaient effectivement perceptibles dans le Dictionnaire Philosophique de Voltaire et dans l'Encyclopédie de Diderot.

    Dans un deuxième temps, le jésuite tente de prouver l'appartenance des philosophes à la Franc-maçonnerie par le biais d'arrière-loges qui auraient été les laboratoires de la Révolution.

    Enfin, Barruel crée une théorie qui laissera des traces jusqu'au vingtième siècle : l'influence des Illuminés, sorte de super-maçons qui auraient entraîné les loges à la préparation de la sédition. Barruel s'était appuyé sur la puissance des Illuminés de Bavière, un ordre para-maçonnique aux idées rationalistes.

    La réalité historique est fort éloignée des élucubrations de Barruel. La Franc-maçonnerie dans son ensemble n'inspira pas la Révolution. En revanche, certaines loges pratiquaient les doctrines philosophiques des Lumières, et notamment la Loge des Neuf Sœurs. Les principes de liberté, d'égalité et de fraternité étaient effectifs dans quelques loges. La monarchie n'autorisait le port de l'épée qu'aux nobles. Les loges s'emparèrent de ce symbole de l'élitisme pour le détourner. Les Francs-maçons portaient tous l'épée en loge quel que soit leur statut social. Des archives de loges ont été retrouvées au 19ème siècle et les historiens ont constaté avec surprise que la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » figurait dans les registres. Mais cette fraternité effective n'était pas omniprésente en Maçonnerie. L'historien Daniel Ligou signale que les artisans, les boutiquiers, les juifs, les pauvres et les comédiens étaient très souvent exclus des loges. Cette anecdote témoigne de l'absence d'égalitarisme dans la majorité des loges françaises.

    Il est donc exact que la Franc-maçonnerie n'a pas directement inspiré la Révolution française. Mais il est également vrai que la Maçonnerie accueillit dans ses Ateliers des hommes de progrès. Ils firent rejaillir à l'extérieur des temples les connaissances qu'ils avaient acquises en loge. Parmi ces hommes se trouvaient : Marat, Lafayette, Mirabeau et Desmoulins.

    Enfin, pour être tout à fait précis, il est important de signaler que la Terreur donna l'occasion au Grand Maître du Grand-Orient de se faire remarquer. En, effet, Philippe Egalité, cousin de Louis XVI vote en faveur de l'exécution du roi. Sa décision frappe de stupeur l'assemblée y compris Robespierre qu'on surnomme « le tigre assoiffé de sang ». Le Grand Maître se justifie par ces mots : « Uniquement occupé de mon devoir, convaincu que ceux qui ont attenté ou attenteront par la suite à la souveraineté du peuple méritent la mort, je vote pour la mort... »

    Après avoir renié ses racines, Philippe Egalité trahit la Franc-maçonnerie en adressant une lettre emplie de mépris au secrétaire du G.O. : « comme je ne connais pas la manière dont le Grand Orient est composé, et que, d'ailleurs, je pense qu'il ne doit y avoir aucun mystère, ni aucune assemblée secrète dans une république, surtout au commencement de son établissement, je ne veux plus me mêler en rien du Grand-Orient ni des assemblées de Francs-maçons ».

    Source : http://alnr.chez.tiscali.fr/histo.html

     

     

     


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