• * La célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été et les roses blanches

    Introduction

    La plupart des Loges pratiquant le Rite moderne ont l’habitude de fêter les deux saint Jean à chacun des deux solstices. Alors que nous allons célébrer le Solstice de la Saint-Jean d’été, c’est, une fois de plus, l’occasion de se poser des questions à propos de l’un ou l’autre aspect de ce rituel.

    Nos Loges sont libres d’adopter tel ou tel rituel pour cette célébration : il n’y a en effet aucune imposition de la part de la Commission des rituels de notre Obédience régulière.

    Dans les rituels que j’ai déjà pu vivre puis analyser, il est souvent question, à ce moment de l’année, de fleurir l’autel au moyen de roses blanches. Ce geste a bien entendu un sens que je vais tenter de vous faire partager. Je me propose donc de tenter de répondre à la question : pourquoi fleurit-on l’autel de roses blanches ?

    * Le Solstice d’été et les roses blanches

    Je décrirai comment cela se pratique généralement et quels sont les Officiers Dignitaires impliqués dans cette tâche.

    Puisque, dans nos Loges, nous avons coutume de dire « Ici tout est symbole ! », il me paraît logique de considérer la rose, elle aussi, comme un symbole. C’est pourquoi je tenterai d’en approcher le symbolisme

    * Le Solstice d’été et les roses blanches

     

    La fête des deux saint Jean

    L’importance de la lumière est bien connue pour les bâtisseurs. C’est elle qui décidait de la percée des ouvertures dans les murs des cathédrales et de l’emplacement de leurs vitraux. En ce qui concerne précisément la lumière solaire, deux jours de l’année présentent une particularité intéressante : le solstice d’hiver, le jour le plus court de l’année qui correspond à la fête de saint Jean l’Évangéliste, et le solstice d’été, le jour le plus long, qui correspond à celle de saint Jean le Baptiste. C’est avec le solstice d’hiver que commence la phase ascendante du cycle annuel tandis que le Soleil entame son déclin avec le solstice d’été.

    Les fêtes de saint Jean l'Évangéliste et de saint Jean le Baptiste sont célébrées par des Tenues spéciales au solstice d'hiver (27 décembre) et au solstice d'été (24 juin). Ces deux saints sont très importants tant au point de vue de la symbolique maçonnique que du point de vue de la place de leur fête dans le calendrier.

    Saint Jean-Baptiste, le « Précurseur », prépara les voies à Jésus. Il fut surnommé le « Baptiste » parce qu'il baptisait dans le Jourdain. Jean le Précurseur prêchait le renoncement et le repentir. C'est pour ses idées de fraternité et de justice qu'il fut décapité sur l'ordre d'Hérode. Cette décapitation a un sens ésotérique pour nous, Maçons : n’est-ce pas là un signe qui nous invite à penser différemment, non plus avec nos habitudes et nos préjugés mais avec notre nature spirituelle, avec cette parcelle divine qui est en nous ?

    La Maçonnerie moderne ayant une origine chrétienne, on comprend mieux pourquoi saint Jean-Baptiste, en analogie avec son rôle dans la Bible, représente dans le contexte maçonnique, l'initiateur et le purificateur par excellence.

    Les deux Jean et Jésus sont des « dieux » solaires : le Baptiste annonce le lever du soleil. Il est donc représenté par un coq. C'est celui qui figure sur les clochers des églises. Quant à l'Évangéliste, il était le disciple préféré de Jésus. C'est lui qui posa sa tête sur le cœur du maître. Il est logiquement symbolisé par un aigle, (cf. « l’Aigle de Patmos »), seul animal à pouvoir fixer le soleil dans tout son éclat.

    La « Saint-Jean d'été » et la « Saint-Jean d'hiver » furent établies par l'Eglise pour récupérer et « christianiser » les coutumes païennes préexistantes. C’est ainsi que la Saint-Jean-Baptiste fut placée le 24 juin. A plusieurs reprises l'Eglise s’est élevée contre les usages superstitieux, danses et « immodesties » de cette fête du solstice : dans certains lieux, la pratique du feu de joie expiateur était considérée comme « diabolique ». De même, le choix du 25 décembre [1] pour la nativité du Christ n'était pas anodin : il était destiné à « couvrir » les fêtes païennes du solstice d'hiver.

    Bien avant les fêtes de saint Jean, aux deux solstices, les Romains célébraient la fête de Janus qui « ouvre » et qui « ferme » les portes du cycle annuel, Janua signifiant « porte, accès ».

    Après la christianisation des mythes païens, les deux Jean prirent la place de Janus aux deux visages. Ce fut Jean le Précurseur, dit le Baptiste, celui qui baptisait d’eau et annonçait la venue de celui qui baptiserait de feu, puis ce fut Jean l’Évangéliste, le « confirmateur », témoin de cet amour fusionnel et symbolique du feu et de l’eau.

    Selon la coutume, vers le 21 juin, l’ordre du jour de nos Travaux maçonniques prévoit donc la célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été, fête de saint Jean le Précurseur ou le Baptiste. Au moment où le Soleil atteint son apogée, la lumière spirituelle trouve la perfection de sa forme concrète et porte en elle toutes les potentialités d’une moisson abondante.

    Cette concrétisation de la lumière spirituelle est symbolisée par Jean le Baptiste, Précurseur de la lumière rédemptrice ou du Christ solaire et qui témoigne de la Lumière qui est. Le rituel rappelle que c’est ainsi que les Francs-maçons sont devenus les disciples de saint Jean car ils sont Enfants de la Lumière. C’est en recevant celle-ci que le Maçon trouve le chemin de la Vérité.

    La décoration florale de notre Loge

    Le jour du Solstice d’été, symbole de l’idéal maçonnique, nous, Francs-maçons, participons à la joie universelle. En cet instant précis où le soleil apparaît dans son plus grand éclat, nous décorons notre Temple de roses blanches.

    Entrons à présent dans le vif du sujet de cette planche : la rose blanche et son symbolisme !

    Qu’apprenons-nous dans les rituels ?

    Voici un extrait du rituel utilisé habituellement à la R:. L:. « La L:. des A:. » et « S:. et M:. »  :

    Le Frère Second Surveillant dit :

    V:.M:., TRADITIONNELLEMENT, NOUS MANIFESTONS NOTRE JOIE EN DÉCORANT NOS TEMPLES DE VERDURE ET DE FLEURS.

    LA ROSE BLANCHE Y JOUE UN RÔLE PRÉPONDÉRANT.

    On découvre déjà une ébauche de réponse quant aux raisons qui poussent les Francs-maçons à décorer l’autel de leur Loge au moyen de roses blanches :

    ELLE SYMBOLISE TOUTE CETTE JOIE DE VIVRE QUI SE MANIFESTE EN NOTRE CŒUR EN CE JOUR OU LA NATURE SE SAIT GROSSE DES FRUITS QUI VONT LA PERPÉTUER.

    Le Frère Premier Surveillant nous donne aussi quelques éléments du symbolisme de la rose blanche :

    LA ROSE BLANCHE EST LE SYMBOLE DE LA PLÉNITUDE QUI EST PURETÉ ET SILENCE.  ELLE EST SYMBOLE DE LA FIDÉLITÉ.

    ELLE RAPPELLE AU MAÇON DEUX VERTUS : LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ ET L’ACCEPTATION DU DEVOIR.

     

    De quelle manière procède-t-on à la décoration florale de l’autel ?

    Des dispositions sont indiquées dans le rituel pour aider les intervenants :

    Le Maître des Cérémonies conduit les deux Surveillants devant l’Autel et y invite également le Vénérable Maître. Le Passé Maître Immédiat présente au Maître des Cérémonies un plateau sur lequel sont posées trois roses blanches. Le Maître des Cérémonies présente une rose à chacun des trois Officiers successivement.

    Le 2nd Surveillant prend la première rose et la dépose sur l’Autel en la considérant comme le premier côté d’un triangle et en disant « Beauté ».

    Le 1er Surveillant prend la deuxième rose et la dépose sur l’Autel en formant le deuxième côté d’un triangle et en disant « Force ».

    Le Vénérable Maître prend la troisième rose et la dépose sur l’Autel en la considérant comme le troisième côté d’un triangle et en disant « Sagesse ».

    * Le Solstice d’été et les roses blanches

    La rose, du point de vue de la botanique 

    * Le Solstice d’été et les roses blanches

    La rose est la fleur du rosier, arbuste du genre Rosa et de la famille des rosacées. C'est sans doute la fleur la plus cultivée au monde, mais on oublie souvent que le rosier est d'abord une plante sauvage, dont le représentant le plus connu en Europe est l'églantier. Quant aux rosiers cultivés dans nos jardins, ils sont le résultat de plusieurs siècles de transformations d'abord empiriques, puis méthodiques, en particulier par l'hybridation. La rose des jardins se caractérise avant tout par la multiplication de ses pétales imbriqués qui lui donnent sa forme caractéristique.

    C'est sans doute la fleur la plus cultivée au monde. Ce furent d’abord des plantes sauvages aux fleurs simples à cinq pétales, qui sont devenues à la mode, pour leur aspect plus naturel, depuis quelques décennies sous le nom de « roses botaniques ».

    Il existe environ 250 espèces sauvages différentes du genre Rosa dans l'hémisphère tempéré et des milliers de variétés. Ce sont des arbustes épineux, généralement à feuilles caduques. Leurs feuilles sont imparipennées, présentant le plus souvent de 5 à 7 folioles dentées. Elles ont des stipules soudées à la base du pétiole.

    Rarement solitaires, les fleurs sont groupées en corymbes [2]. Le calice est composé de cinq sépales. La corolle comprend en principe cinq pétales. Les étamines sont très nombreuses. Les styles sont souvent soudés en colonne. Le fruit, ou plutôt l'infrutescence [3], est un cynorrhodon [4] arrondi, ovale ou piriforme [5], de couleur rouge et contenant de nombreux akènes.

    La principale modification observée chez les rosiers cultivés est la multiplication des pétales, qui sont en fait des étamines transformées.

    Appréciée pour sa beauté, célébrée depuis l'Antiquité par de nombreux poètes et écrivains, pour ses couleurs qui vont du blanc pur au pourpre foncé en passant par le jaune franc et toutes les nuances intermédiaires, et pour son parfum, elle est devenue la « reine des fleurs », présente dans presque tous les jardins et presque tous les bouquets.

    Le mot « rose », daté en français du début du 12ème siècle, est dérivé du latin rosa, rosae (substantif féminin) qui désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-même. Ce terme, apparenté au grec rhodon, aurait été emprunté à une langue orientale. Il est tentant de rapprocher « rose » de « rosée », pourtant cette rencontre, source d'inspiration inépuisable pour les poètes, est fortuite en français. En effet « rosée » dérive, par l'intermédiaire du bas-latin rosata, du latin ros, roris (substantif masculin), peut-être apparenté au grec drosos, venant d'une autre racine indo-européenne.

    La rose, reine des fleurs, du point de vue historique

    En des temps très anciens

    Des rosiers fossiles, églantiers, ont été retrouvés aux Etats-Unis, dans l'Oregon et le Colorado. Leur âge a été évalué à 40 millions d'années.

    La plus ancienne représentation de la rose a été retrouvée en Mongolie, dans les tombeaux de Tchoudi.

    Des représentations de la Rose en Crète datant de 1600 avant J.C. nous montrent des fleurs à 5 pétales de couleur blanc-rosé.

    La rose a été utilisée lors des rituels de momifications durant le règne de Ramsès II et a fait partie de l'ornement des sarcophages et tombeaux. Un bouquet de rose a été découvert dans le sarcophage de Toutankhamon.

    En Grèce, la rose avec son parfum doux et subtil, le parfum des Dieux, était appréciée pour ses vertus médicinales et sa symbolique. Hérodote put alors observer dans le jardin du Roi Midas des roses à 60 pétales. La rose symbolisait la naissance lorsqu'elle était associée à Vénus mais était constamment présente lors des funérailles.

    Cette symbolique de la naissance existe également dans l'empire romain : un esclave affranchi était couvert de roses ; elle ornait sous forme de couronnes les mariés et les guerriers. Mais, sous forme de poudre, d'infusion, d'eau de rose, elle était principalement utilisée en médecine pour guérir les douleurs, les infections, la nausée … C'est à cette époque que Pline rédigea le premier ouvrage sur la culture des rosiers. Pline l'Ancien, dans son « Histoire naturelle », décrit 20 sortes de rosiers nommés par le nom de leur lieu de provenance. Il les décrit, ce qui permet des suggestions d'identification.

    Le Moyen Age et la domination du Christianisme

    Le Christianisme a rejeté la rose comme étant un symbole païen par son attachement à Vénus et elle devint alors l'emblème des prostituées. La rose survit alors dans quelques jardins comme ceux de Childebert 1er (511 – 558), dans quelques couvents ou monastères ou elle fut cultivée pour ses propriétés médicinales.

    La rose reprit de l'importance en France grâce à la littérature (« Le Roman de la Rose » de G. de Lorris) et elle se retrouva de nouveau associée à la femme. En 1402, à l'occasion de sa « fête des roses », le Duc d'Orléans a créé « L'Ordre de la Rose » au sein duquel les gentilshommes s'engageaient à défendre l'honneur des dames.

    C'est au Moyen Age que les premières roses ont été cultivées. Elles furent importées par les Croisés en provenance de l'Orient.

    Au 12ème siècle, Saint Bernard a fait de la rose le symbole de la Vierge et donc de la pureté. Le pape bénit lui aussi la rose qui devient l'emblème de la fidélité à l'Eglise.

    La Renaissance en fit un vulgaire objet d’étude botanique et médicinale.

    C'est ensuite au 18ème siècle que les Français commencèrent à les croiser pour créer de nouvelles variétés. Dans la seconde moitié du 18ème siècle, la rose devint la reine des fleurs, le symbole du retour à la nature. La nouvelle place de la rose est alors le reflet des tendances nouvelles en matière d’esthétique, le renouveau des parcs et des jardins.

    Au 19ème siècle, la rose est devenue une fleur ornementale essentielle ; ses vertus médicinales sont presque oubliées, son symbolisme religieux également. Et c’est une rose nouvelle qui va passionner botanistes et horticulteurs.

    Les feuilles du rosier

     

    * Le Solstice d’été et les roses blanches

    Un botaniste nous dirait que les feuilles du rosier sont alternes, composées et pennées. Sous la fleur, en descendant le long de la tige, les premières feuilles ont, le plus souvent,  3 folioles ; plus bas elles en ont 5 et plus bas encore parfois jusqu’à 7 folioles ovales, lancéolées, bleutées, glabres ou légèrement velues sur les nervures. Les stipules sont soudées au pétiole.

    Mais ce qui devrait retenir notre attention, à nous symbolistes, ce sont ces nombres 3 – 5 – 7. Sans entrer dans trop de détails, survolons rapidement le symbolisme de ces trois nombres.

    Symbolisme du nombre trois

    Le nombre trois est un nombre universel que l’on retrouve dans toutes les traditions initiatiques. Il exprime un ordre spirituel dans les plans humain, cosmique ou divin. Il exprime un ordre intellectuel et spirituel, en Dieu, dans le cosmos ou dans l’homme. Il synthétise la tri-unité de l’être vivant ou il résulte de la conjonction de 1 et de 2, produit en ce cas de l’Union du Ciel et de la Terre.

    Trois n’est pas véritablement le troisième nombre mais le premier. Composé à partir des nombres 1 (nombre du Créateur) et 2 (division, dualité, binaire), trois est le premier nombre mystérieux qui intervient comme la signature de la création dans l’Ordre.

    Trois marque toutes les choses créées parce qu’il a présidé à leur création. C’est le nombre de la loi directrice des êtres et du commencement des choses matérielles. Il est le nombre de toute production à l’image du triangle.

    Les naturalistes ont observé de nombreux ternaires dans le corps humain. Il semblerait que toute fonction importante d’un organisme possède cette structure de base. La raison fondamentale de ce phénomène ternaire universel est sans doute à chercher  dans une vue globale de l’unité – complexité de tout être dans la nature, qui se résume dans les trois phases de l’existence : apparition, évolution, destruction ; ou naissance, croissance, mort ; ou encore, selon la tradition et l’astrologie : évolution, culmination, involution.

    Symbolisme du nombre cinq

    Depuis toujours, le nombre cinq est particulièrement chargé de sens. Il est considéré comme le nombre de la sagesse et de l’harmonie.

    Déjà, dans les temps très anciens, on le considérait comme le nombre de la sagesse et de l’harmonie. On ne peut manquer à ce sujet de citer les cinq doigts de la main et du pied, les cinq sens, l’étoile à cinq branches que forme l’homme debout, tous membres déployés.

    * Le Solstice d’été et les roses blanches

    Cinq est le symbole de l’homme immortalisé par Léonard de Vinci qui avait dessiné l’image d’un homme tenant les bras et les jambes écartés de façon que les quatre extrémités des membres et la tête coïncident avec les sommets d’un pentagone étoilé, inscrit dans un cercle. Selon cette représentation de l’art de la Renaissance, cinq est le nombre de l’homme, en  tant qu’être placé au centre du cosmos !

    * Le Solstice d’été et les roses blanches

    Cinq se rapporte à la quintessence, conçue comme l’esprit invisible des choses.

    Symbolisme du nombre sept

    Dans la longue suite des nombres ayant acquis une valeur symbolique au fil des siècles, le nombre sept semble tenir une place particulière. De fait, toutes les civilisations les plus anciennes lui ont accordé une place à part, lui conférant une aura de plénitude et en faisant quasi unanimement le symbole de la perfection et de l’harmonie, souvent sans la moindre concertation.

    Le nombre 7 a été le nombre sacré parmi toutes les nations civilisées de l’Antiquité, le nombre de la perfection, le symbole le plus rayonnant aux faces multiples. Il est fondamental entre tous et on le rencontre dans toutes les religions.

    Sept correspondait au nombre des sages de la Grèce antique : Thalès de Milet, Solon d’Athènes, Chilo de Lacédémone, Pittacos de Mitylène, Bias de Priène, Cléobule de Lindos et Périandre de Corinthe.

    Mais sept évoquerait aussi les sept vertus : trois théologales (la foi, l’espérance, la charité) et quatre cardinales (la force, la justice, la prudence et la tempérance).

    Le nombre « sept » évoque aussi les sept sacrements de l’Eglise catholique romaine : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’onction des malades, l’ordre et le mariage, de même que les sept péchés capitaux, correspondant aux sept désirs matériels : l’orgueil, l’avarice, l’impureté, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse.

    Sept correspond aussi aux sept signes zodiacaux entre les solstices d’hiver et d’été, entre deux équinoxes. Le solstice d’été a lieu quand le soleil passe dans le 7e signe zodiacal. Le solstice d’hiver a lieu quand le soleil a parcouru les sept signes suivants.

    Le nombre sept est le nombre de la réalisation : il marque la fin d’une évolution, la fin d‘un cycle. Il indique le sens d’un changement après un cycle accompli et celui d’un renouvellement positif : les sept jours de la Création, les sept ans de la construction du Temple de Salomon.

    Approche du symbolisme de la rose

    L’extrait du rituel habituellement utilisé à la R:.L:. « La L:. des A:. » et « S:. et M:. » ne nous donne qu’une très brève indication concernant le symbolisme de la rose :

    «  Que chacun reçoive de mes mains la rose, symbole de lumière qui vit dans notre esprit et dans notre cœur. »

    C'est surtout par sa valeur symbolique que la rose a laissé son parfum dans l'histoire. Voici quelques exemples.

    • Chez les Grecs, la rose était la fleur d'Aphrodite, déesse de l'amour et d'Aurora, la déesse aux doigts de roses.
    • Les Romains rattachaient la rose à Vénus. La rose aurait été blanche, mais rougie accidentellement quand Cupidon renversa son verre de vin sur elle.
    • La première nuit d'amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulée sur un lit de pétales de roses de quarante-cinq centimètres d'épaisseur.
    • Dans le Cantique des Cantiques, la rose symbolise Israël. Et dans le livre des Parsis [6], le rose naît sans épines et n'en est armée qu'après l'apparition du génie du mal sur terre.
    • Quand, en 1187, Saladin reprit Jérusalem aux Croisés, il fit purifier la mosquée d'Omar par de l'eau de rose amenée par une caravane de 500 chameaux. Et en 1453, Mehmed II purifia aussi à l'eau de rose l'église byzantine de Constantinople avant de la convertir en mosquée.
    • La guerre des Deux Roses de 1453 à 1485 opposa Rosa Alba, rose blanche de la maison d'York et Rosa Gallica, rose rouge de la maison de Lancastre d'où, après le mariage d'Henri VII Tudor et Élisabeth d'York, l'emblème de la rose Tudor rouge à cœur blanc et plus tard la création du rosier « York et Lancaster ». La rose est aujourd'hui encore la fleur symbolique de l'Angleterre.
    • Les rosières, jeunes filles vertueuses et pures, étaient à l'origine couronnées de roses.
    • Les Rose-Croix, société secrète mystique, ont pour emblème une rose rouge fixée au centre d'une croix.
    • La « Rose blanche de Finlande », ordre national finlandais, a été créé en 1919 pour récompenser les services rendus au pays.

    Remarquable par sa beauté, sa forme et son parfum, la rose est la fleur symbolique la plus employée en Occident. Elle correspond dans l'ensemble à ce qu'est le lotus, en Asie, l'un et l'autre étant très proches du symbole de la roue. L'aspect le plus général de ce symbolisme floral est celui de la manifestation, issue des eaux primordiales, au-dessus desquelles elle s'élève et s'épanouit. Cet aspect n'est d'ailleurs pas étranger à l'Inde, où la rose cosmique « Triparasundarî » sert de référence à la beauté de la Mère divine. Elle désigne une perfection achevée, un accomplissement sans défaut.

    Elle symbolise la coupe de vie, l'âme, le cœur, I'amour.  On peut la contempler comme un mandala et la considérer comme un centre mystique.

    La rose est, dans l'iconographie chrétienne, soit la coupe qui recueille le sang du Christ, soit la transfiguration des gouttes de ce sang, soit le symbole des plaies du Christ.

    Un symbole rosicrucien figure cinq roses, une au centre et une sur chacun des bras de la Croix. Ces images évoquent soit le Graal, soit la rosée céleste de la Rédemption. Toujours à propos des Rose-Croix, remarquons que leur emblème place la rose au centre de la croix, c'est-à-dire à l'emplacement du cœur du Christ, du Sacré-Cœur. Ce symbole est le même que la Rosa candida de la Divine Comédie, laquelle ne peut manquer d'évoquer la Rose mystique des litanies chrétiennes, symbole de la Vierge, le même peut-être aussi que celui du Roman de la Rose.

    Angelus Silesius fait de la rose l’image de l'âme, celle aussi du Christ, dont l'âme reçoit l'empreinte. La rose d'or, autrefois bénie par le Pape, le quatrième dimanche de Carême, était un symbole de puissance et d'instruction spirituelles. Mais aussi sans doute un symbole de résurrection et d'immortalité. La rosace gothique et la rose des vents marquent le passage, du symbolisme de la rose à celui de la roue.

    Il faut enfin noter le cas particulier, en mystique musulmane, d'un Saadi de Chiraz, pour qui le Jardin des Roses est celui de la contemplation : j'irai cueillir les roses du jardin, mais le parfum du rosier m’a enivré. Langage que la mystique chrétienne ne refuserait en aucune manière, en commentaire du Cantique des Cantiques sur la rose de Saron. La rose, par son rapport avec le sang répandu, paraît souvent être le symbole dune renaissance mystique : sur le champ de bataille où sont tombés de nombreux héros, poussent des rosiers et des églantiers... 

    Selon F. Portal, « la rose et la couleur rose constitueraient un symbole de régénération du fait de la parenté sémantique du latin rosa avec ros, la pluie, la rosée. La rose et sa couleur, dit-il, étaient les symboles du premier degré de régénération et d'initiation aux mystères... L'âne d'Apulée recouvre la forme humaine, en mangeant une couronne de roses vermeilles que lui présente le grand prêtre d'Isis. Le rosier, ajoute cet auteur, est l'image du régénéré, comme la rosée est le symbole de la régénération.

    Et la rose, dans les textes sacrés, accompagne bien souvent le vert, ce qui confirme cette interprétation. Ainsi dans l'ecclésiaste : « J'ai grandi comme les plants de roses de Jéricho, comme un olivier magnifique dans la plaine ». L'olivier était consacré à Athéna, la déesse aux yeux pers qui naquit à Rhodes, l’île des roses : ce qui suggère les mystères de l'initiation.

    Et les rosiers étaient consacrés à Aphrodite en même temps qu'à Athéna. La rose était chez les Grecs une fleur blanche, mais lorsque Adonis, protégé d'Aphrodite, fut blessé à mort, la déesse courut vers lui, se piqua à une épine et le sang colora les roses qui lui étaient consacrées.

    C'est ce symbolisme de régénération qui fait que, depuis l'Antiquité, on dépose des roses sur les tombes : les anciens nommaient cette cérémonie « rosalia » ; tous les ans, au mois de mai, ils offraient aux mânes des défunts des mets de roses.

    Et Hécate, déesse des Enfers, était parfois représentée la tête ceinte d’une guirlande de roses à cinq feuilles. On sait que le nombre cinq succédant au quatre, nombre d'accomplissement, marque le départ d'un nouveau cycle.

    Au 7ème siècle, selon Bède, le tombeau de Jésus-Christ était peint d’une couleur mélangée de blanc et de rouge. L'on retrouve ces deux éléments composants de la couleur rose, le rouge et le blanc, avec leur valeur symbolique traditionnelle, sur tous les plans, du profane au sacré, dans la différence accordée aux offrandes de roses blanches et de roses rouges, ainsi que dans la différence entre les notions de passion et de pureté et celles d'amour transcendant et de sagesse divine. Aux armes des religieuses, dit le Palais de l'honneur, l'on met une couronne composée de branches de rosier blanc avec ses feuilles, ses roses et ses épines, qui dénotent la chasteté qu’elles ont conservée, parmi les épines et les mortifications de la vie.

    La rose est devenue un symbole de l'amour et plus encore du don de l'amour, de l'amour pur :

    • la rose, comme fleur d'amour, remplace le lotus égyptien et le narcisse grec :
    • celle du Roman de la Rose ;
    • le mystérieux tabernacle du Jardin d'Amour de la Chevalerie ;
    • la rosa mystica des litanies de la Vierge ;
    • les roses d'or que les Papes donneront aux princesses méritantes ;
    • enfin l'immense fleur symbolique que Béatrice montre à son amant fidèle parvenu au dernier cercle du Paradis, rose et rosace à la fois.

    Blanche ou rouge, la rose est une des fleurs préférées des alchimistes dont les traités s'intitulent souvent rosiers des philosophes. La rose blanche, comme le lis, fut liée à la pierre au blanc, but du petit œuvre, tandis que la rose rouge fut associée à la pierre au rouge, but du grand œuvre. La plupart de ces roses ont sept pétales dont chacun évoque un métal ou une opération de l'œuvre. Une rose bleue serait le symbole de l'impossible.

    Ainsi, depuis longtemps, la rose possède une symbolique forte. La fleur est douce et colorée, ses pétales duveteux ou lisses rappellent la texture de la peau. Ses couleurs se déclinent de blanc, de jaune, de rose ou d'une gamme de rouges éclatants ; ses parfums épicés, enivrants ou légers en ont fait la fleur la plus célèbre, celle que l'on peut offrir en toute occasion.

    Toutes les roses symbolisent l’amour, mais certaines couleurs peuvent avoir
    une signification particulière. Au cours des ans, ces significations ont changé et évolué. Par conséquent, il est possible que les opinions varient concernant les nombreuses significations des roses.

    La rose blanche symboliserait plus particulièrement l'innocence, la pureté, la virginité, l’amour courtois, le silence, l’intérêt, le raffinement, l'élégance et le secret (la discrétion d'une relation, le silence et l'humilité). Elle peut également être le symbole d'un amour pur, platonique.

    La rose blanche, plus particulièrement consacrée à la Vierge Marie, à Holda, à Freia, à Vénus-Uranie, était le symbole du silence et de la prière.

    La pureté du blanc, la dignité...  l'affichage doux de l'innocence...

    Même si quelques mauvaises langues voient en la rose blanche une fausse innocence, trahie par ses enivrants parfums et en lui prétendant des occasions d’adultère et de secret, le langage des fleurs lui donne la signification de l’amour pur.

    Symbole de la sincérité et de la chasteté, la rose blanche tient sa signification de la bible quand au 12ème siècle, Saint Bernard fit de la rose blanche le symbole de la Vierge et donc de la pureté. « Marie a été une rose blanche par sa virginité, vermeille par sa charité, blanche par la pratique de la vertu, vermeille par l'écrasement du vice ».

    Toutes les fleurs blanches représentent un sentiment pur, mais lorsqu’il s’agit d’une rose blanche, l’émotion se pare d’une grâce particulière.

    Les noces de rose symbolisent les 17 ans de mariage dans le folklore français.

    La rose en héraldique

    La rose est l'un des « meubles » utilisés en héraldique et sans doute la fleur la plus représentée en ce domaine après la fleur de lys. Le dessin stylisé est inspiré de l'églantine à cinq pétales régulièrement étalés arrondis, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, souvent de couleur différente ; la tige est absente. Dans certains cas on représente une rose tigée et feuillée, plus réaliste, elle est dite « au naturel ». La rose héraldique apparaît notamment sur le blason de nombreuses communes de France.

    La rose, emblème national

     

    La rose est la fleur nationale de plusieurs pays : Angleterre (rose Tudor), Bulgarie, Finlande (rose blanche), Irak, Maldives, Roumanie.

    Pourquoi le symbole de l'Angleterre est-il la rose ?

    La rose est un symbole associé à l'Angleterre depuis l'époque où le roi anglais Henri III épousa Éléonore de Provence. La rose dorée de Provence devint l'emblème floral de l'Angleterre. De cette rose dorée naquirent la rose rouge de la Maison de Lancastre et la rose blanche de la Maison d'York. A la suite de la guerre dite « des deux roses », la nouvelle dynastie régnante des Tudor, apparentée aux Lancastre, conserva le symbole. Il est aujourd'hui l'un des thèmes favoris du monnayage anglais.

    La rose a aussi été choisie comme emblème officiel par plusieurs États des États-Unis : Géorgie (Rosa laevigata), Iowa (Rosa arkansana), New York, Dakota du Nord (Rosa blanda ou arkansana), Oklahoma.

     

    Pour conclure, du moins provisoirement

    La rose, fleur aux multiples facettes et aux significations si contrastées, a été célébrée au cours des âges pour mille raisons différentes. L’Antiquité en a fait la fleur des dieux, le Christianisme la fleur de Dieu.

    Les roses ont été cultivées en Chine et en Perse depuis 5000 ans et en Grèce depuis l'âge du bronze.

    Dans la mythologie grecque, on dédiait la rose à Aphrodite ; chez les Romains, on la dédiait à Vénus, toutes deux déesses de la beauté. De nos jours, la rose est certainement la fleur qui s'offre le plus !

    La rose, reine des fleurs depuis près de 6000 ans, symbolise deux notions contradictoires, la passion et la pureté. Rouge, rose d'Aphrodite, elle symbolise l'amour, la beauté et la passion. Blanche, associée à Vénus ou à la Vierge, elle est devenue l'emblème de la pureté et de la vertu. La rose blanche, unité et synthèse des couleurs, est l'expression de la plus haute spiritualité.

    Ce n’est donc pas étonnant que les Francs-maçons l’aient choisie pour décorer l’autel de leur Loge à l’occasion de la Saint-Jean d’été !

     

    R:. F:. A. B.

     

    [1] Le nom de la « Noël », qui signifie « fête », est apparu vers 330.

    [2] En botanique, le corymbe est une inflorescence simple, indéfinie, dans laquelle l'ensemble des fleurs se trouvent dans le même plan, un peu comme dans une ombelle, et leurs pédoncules insérés sur la tige de façon étagée comme dans une grappe, les pédoncules étant d'autant plus longs que les fleurs sont périphériques. C'est en quelque sorte une grappe aplatie. Comme dans l'ombelle, les fleurs extérieures sont les plus âgées et le développement de l'inflorescence est centripète.

    [3] Une infrutescence est l'ensemble des fruits résultant du développement d'une inflorescence. Sur le terrain, l'infrutescence sera un rameau comportant des fruits et éventuellement des bractées mais pas de feuilles sans fruit. Certaines fleurs n'étant pas fécondées et certains fruits n'arrivant pas à maturité, la reconnaissance est parfois difficile.

    [4] Le cynorrhodon est le fruit du rosier et de l’églantier, et plus généralement des plantes du genre Rosa, de la famille des Rosacées. C’est, sur le plan botanique, un faux-fruit, provenant de la transformation du réceptacle floral.

    [5] Qui est en forme de poire.

    [6] Les pârsî ou « parses » - de Pârashika, peuple de Perse - sont les adeptes du parsisme, confession dérivée du zoroastrisme, qui fuirent au VIIIe siècle une Perse conquise par les Arabes et s'installèrent en Inde.

     

    Bibliographie

     Des rituels en usage à la G. L . R. B . :

     

    Rituel de célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été

    en application à la R:. L:. « S:. et M:. » n° 25

     

    Rituel de célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été

    en application à la R:.L:. « La L:. des A:. »

     

    Rituel de célébration du Solstice de la Saint-Jean d’été

    en application à la R:.L:. « Saint-Jean Lum:. de Lor:. »

     

    Ouvrages

    Behaeghel Julien - Symboles et initiation maçonnique

    Monaco, Editions du Rocher, 2000

     

    Ducluzeau Francis - Ethique, sagesse et spiritualité dans la Franc-maçonnerie

    Editions du Rocher, Monaco, 2002

     

    Ferré Jean - Dictionnaire symbolique et pratique de la Franc-maçonnerie

    Editions Dervy, Paris, 1994

     

    Lhomme Jean – Maisondieu Edouard – Tomaso Jacob

    Dictionnaire thématique illustré de la Franc-maçonnerie

    Monaco, Editions du Rocher, 2002

     

     


  • Commentaires

    1
    ralph
    Mercredi 21 Juin à 22:58
    st jean
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