• * Charges, tâche, office, fonctions ? Devoirs !

    Introduction

    Je débuterai cette petite planche par un bref rappel d’une position qui m’est chère : en tant qu’Apprentis, Compagnons et Maîtres, nous avons tous le droit de participer aux meilleures Tenues possibles chaque fois que notre Loge se réunit et nous avons tous droit à l’organisation de séminaires de qualité. Il m’a toujours semblé que c’était là nos deux seuls droits fondamentaux.

    Bien sûr il y a aussi la bonne qualité et le coût modéré que doivent présenter les repas qui nous sont servis après nos Tenues ! Je pense que nous n’avons rien d’autre à revendiquer. Pour le reste, nous n’avons que des devoirs !

    Je passerai sous silence les devoirs des Apprentis et les devoirs des Compagnons à propos desquels j’ai déjà eu l’occasion de donner mon point de vue dans d’autres Travaux et au cours de nombreux séminaires.

    Tout Maçon qui se respecte vient en Loge pour se ressourcer, pour rencontrer ses Frères, pour être à l’écoute des autres, pour rendre service, pour aider. Certains viennent surtout pour le bon repas qu’ils prendront après la Tenue et/ou pour les quelques verres qu’ils boiront ensemble au bar en trinquant à leur santé réciproque.

    Mais le vrai Maçon qui participe à une Tenue vient en réalité pour travailler. Travailler sur lui-même d’abord, depuis son Initiation et, en principe, sans relâche jusqu’à son Passage à l’Orient Éternel. Mais aussi travailler pour ses Frères, pour sa Loge, pour son obédience, pour l’Ordre maçonnique traditionnel en général.

    Celui qui devient Maître contracte l’engagement de travailler, surtout pour autrui. Il doit en effet aux Apprentis et aux Compagnons la lumière indispensable à l’accomplissement de leur tâche. Ce n’est donc pas pour nous reposer que nous atteignons le degré de Maître mais pour redoubler d’efforts constants afin que rien de ce qui concerne l’Art ne reste obscur pour nous.

    Assis bien droits (« en Équerre »), nous sommes tous là pour travailler, sur nous-même en priorité, pour le bien de la Loge et le développement de l’Obédience. Plus que quiconque, nous devons être assidus. Mais notre assiduité doit être désirée : c’est une assiduité de conviction. Outre les devoirs antérieurs de l’Apprenti et du Compagnon que nous faisons nôtres, nous avons de surcroît le devoir d’être vigilant au recrutement et celui de transmettre aux plus jeunes les éléments de la Tradition maçonnique.

    Quel que soit notre statut dans la vie profane, quelle que soit notre activité professionnelle, l’Equerre est le symbole qui doit nous rappeler le devoir de rectitude de notre comportement en toutes circonstances, tandis que le Compas doit nous rappeler la nécessité de nous ouvrir aux autres, à tous nos Frères, à notre prochain.

    Donnant en permanence l’exemple à suivre, nous sommes tous au service de notre Loge. Nous nous devons de toujours être à l’écoute de nos Frères, qu’ils soient Apprentis, Compagnons ou Maîtres, qu’ils soient membres de notre Respectable Loge ou qu’ils viennent nous rendre visite.

    Le Travail en Loge

    Dans les Loges assez nombreuses (de trente à soixante membres), c’est sur les Colonnes que la plupart des Frères peuvent vivre les Tenues plus ou moins intensément, selon leur implication personnelle mais surtout si leur désir d’attention est suffisamment soutenu.

     

    Qu’entend-on par « Travail » en Loge ?

    Le Travail en Loge, c’est essentiellement l’exécution de rituels (Ouverture et Clôture des Travaux, Initiation d’un Profane, Passage au grade de Compagnon, Élévation à la maîtrise, etc.) mais aussi la présentation de planches, de dossiers de candidature de Profanes…

    Pour mener à bien ces Travaux, un certain nombre d’exécutants sont nécessaires : un Vénérable Maître qui préside les Travaux ; deux Surveillants qui l’assistent dans l’exécution des rituels ; un Secrétaire qui est la mémoire de la Loge ; un Orateur qui est le gardien de la Loi, chargé de veiller au respect des règlements ; un Maître des Cérémonies, chargé de conduire tous les déplacements dans la Loge ; un Expert chargé de contrôler la bonne exécution des rituels ; un Couvreur chargé de protéger et d’assurer la sécurité des Travaux… N’oublions pas non plus le Trésorier et l’Aumônier-Hospitalier ! Tels sont les principaux Offices – c’est le terme qui me semble le plus adéquat puisque ceux qui les occupent sont qualifiés d’Officiers, et même d’Officiers Dignitaires !

    Lorsque le nombre de Frères Maîtres est peu élevé, il arrive que les autres tâches, tout aussi importantes dans la vie de la Loge, doivent être confiées à des Compagnons : celle d‘Architecte, d’Archiviste, de Maître des Banquets, de Maître de la Colonne d’Harmonie, de Bibliothécaire, de Maître des Banquets. Certaines sont parfois plus lourdes que d’autres ; c’est pourquoi nous utilisons alors de préférence le synonyme « charges ».

     

    Qu’entend-on par « Office » ?

    Notre langue française est particulièrement riche grâce aux synonymes qu’elle nous propose souvent pour désigner un même concept ou pour mieux nuancer notre pensée. Le danger surgit lorsque nous ne maîtrisons pas suffisamment ces nuances ou lorsque nous voulons privilégier l’un ou l’autre terme auquel nous attribuons parfois un sens incorrect ou que nous ne maîtrisons pas suffisamment.

    C’est le cas du mot « Office » que nous désignons de manière aléatoire par « fonction », par « charge », par « tâche ». Allons donc vers les dictionnaires pour tenter d’être le plus précis possible !

    Le « Dictionnaire de la Langue française » ne semble pas beaucoup nous aider puisqu’il nous propose immédiatement deux synonymes pour nous faire comprendre le premier sens de ce mot, le seul qui nous occupe ici : fonction et charge. Il nous donne un exemple : « remplir son office ».

    Lorsque le Vénérable Maître invite le Frère Maître des Cérémonies à faire circuler le « Sac aux Propositions » et le « Tronc de Bienfaisance », ne dit-il pas « Frère Maître des Cérémonies, faites votre office. » ?

    Le site « Ptidico.com » nous propose ceci :

    Un office, c’est un devoir que chacun de nous est tenu de remplir dans la vie privée et sociale. Mais c’est aussi une fonction, un emploi dont on doit s'acquitter.

    Le « Mediadico » nous propose les synonymes suivants : fonction, rôle, charge, service. Et de préciser que la fonction, c’est le rôle joué par un élément compris dans un ensemble ; c’est l’action propre à chaque emploi ; c’est l’emploi lui-même. Quant à la charge, dans le cas présent, c’est une mission à responsabilité.

    Un certain nombre d’offices existent dans nos Loges. Pour moi, aucun Maître ne peut revendiquer tel ou tel Office. C’est au Vénérable Maître à choisir ses Officiers Dignitaires. Pour composer sa Commission d’Officiers Dignitaires, il peut solliciter les conseils du Passé Maître Immédiat ou d’anciens Vénérables Maîtres de la Loge.

    La répartition des Offices doit idéalement tenir compte de l’assiduité et de l’ancienneté de chaque Maître dans la Loge ou dans l’Obédience, des aptitudes et compétences individuelles, de la formation maçonnique de chacun, de l’implication personnelle dans la vie de la Loge, de son dévouement envers la Loge.

    Illustrons ce propos de deux exemples :

    • Pour garantir une formation adéquate des Apprentis, le Vénérable Maître a tout intérêt à choisir un Frère Maître qui lui semble avoir lui-même une solide instruction maçonnique et une très bonne connaissance des rituels.
    • Pour s’assurer d’une bonne communication avec les autres Loges et avec l’Obédience, le Vénérable Maître devrait choisir un Frère très ordonné qui a des dispositions particulières en secrétariat, en rédaction, en orthographe, en gestion…

    Tout Frère Maître qui accepte la proposition du Vénérable Maître (et en principe en Franc-maçonnerie on ne refuse jamais, sauf pour des raisons familiales importantes ou des raisons de santé par exemple) devient donc Officier Dignitaire de la Loge.

    S’il a bien compris que cette démarche fait partie de ses devoirs de Maçon, le Frère y mettra tout son cœur, toutes ses forces, toutes ses compétences, tout son désir de servir ses Frères et sa Loge. Un séminaire de Maîtres pourrait peut-être être consacré aux devoirs spécifiques de charge office.

    Il ne me semble pas interdit de considérer la fonction ainsi acceptée comme une charge – notamment parce que certains Offices sont particulièrement lourds à assumer – mais ce sera toujours avec le sourire que le Frère pressenti et investi l’accomplira, avec dévouement, en l’incorporant à son attitude fraternelle. Jamais il n’en tirera une gloire personnelle. Jamais il ne se sentira privilégié. Jamais il ne la considèrera comme un honneur personnel mais comme un honneur de servir sa Loge et ses Frères.

     

    R:. F:. A. B.

     


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