• * Le Prologue de l’Evangile de Jean

    * Le Prologue de l’Evangile de Jean

    Introduction

    La raison essentielle qui m’a incité à retravailler cette planche ébauchée pour la première fois il y a quatorze ans et déjà remise par deux fois « sur le métier », c’est de vouloir souligner davantage l’importance du Prologue de l’Évangile de Jean dans notre vie de Maçons.

    Cette quatrième version de ce Tracé se justifie notamment par le fait que j’ai décidé de supprimer le mot « saint » devant le prénom « Jean ». Ce qualificatif de « saint » me paraît réducteur : il a été attribué par une religion à un personnage qui a une envergure universelle.

    Le Prologue de l’Évangile de Jean est sans conteste une des pages les plus majestueuses et les plus denses de toutes celles du Nouveau Testament. On peut en trouver de plus passionnées, de plus poétiques peut-être aussi, mais rarement qui fassent autant songer au vol de l’aigle royal. Mais ce Prologue est aussi une page qui offre nombre de difficultés. Son interprétation n’est pas évidente.

    Comme pour tout symbole et tout rituel, il convient de se poser un maximum de questions au sujet de ce Prologue qui, à mes yeux, a beaucoup d’importance dans le cadre de la prestation de tous nos serments.

    Le but de la présente planche subsiste depuis sa première version : c’est de resituer ce Prologue dans le contexte des Évangiles et de la Bible, de tenter de répondre à quelques questions fondamentales et à toutes celles qui en découlent : quelle est la structure du Prologue ? Celle de l’Évangile de Jean ? Celle de la Bible ? Quelle interprétation peut-on donner au Prologue ?

    Lorsque nous avons reçu la Lumière lors de notre Initiation, nous avons été invités à nous approcher de l'Orient où siège le Vénérable Maître afin de prêter le serment d'usage. Cette prestation s’effectue devant le plateau du Vénérable Maître, sur l’Autel des serments où sont posés un livre, une équerre et un compas. Plus tard, nous avons appris qu'il s'agissait des Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie : le Volume de la Loi Sacrée, l’Équerre et le Compas.

    Le Volume de la Loi Sacrée est ouvert, au début de chacune de nos Tenues, au Prologue de l’Évangile de Jean, ce qui précise beaucoup le sens à donner au Livre.

    Nous utilisons l'expression « Volume de la Loi Sacrée » mais c'est bien un livre qui se trouve sur l'autel. Le « Volume de la Loi Sacrée » est considéré comme « la » référence sur laquelle chaque Loge doit s'appliquer à calquer ses activités.

    Ce Livre a fait l'objet de maintes controverses qui justifient en partie le nombre d'obédiences maçonniques contemporaines. De quelque nature que soient sa forme et son expression matérielle, dans presque tous les cas, la Loi était, à l'origine, d'essence divine. Avec l'évolution des mœurs et des croyances, elle fut bientôt élaborée par les hommes, davantage en fonction de leur vie en communauté qu'à partir de principes strictement spirituels.

    Qu'il ait ou non une croyance religieuse, le Franc-maçon reconnaît en la loi maçonnique le fondement du serment qu'il a fait lors de son Initiation : il se tait devant les profanes, il cherche la Vérité, veut la Justice, aide ses Frères et se soumet à la Loi.

    C'est parce que le « Volume de la Loi sacrée » symbolise la Loi elle-même qu'elle figure sur l'autel. Etant la Loi, il est normal qu'elle occupe une position «centrale» pendant nos Tenues.

    Lorsque nous avons prêté serment, nous avons posé la main droite sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie, la Bible étant ouverte au Prologue, c’est-à-dire au premier chapitre de l'Evangile de Jean.

    Rappelons que la plupart des Francs-Maçons fêtent les Solstices de la Saint-Jean [1], notamment le Solstice de la Saint-Jean d'hiver (21 décembre) ou la Saint-Jean d'hiver (24 ou 27 décembre). « Eclairés », ils saluent ce moment où le soleil s'arrête (solstitium) notamment par l'organisation d'une Tenue particulière, une « Tenue Solsticiale ».

    C'est à ce moment de l'année que le jour est le plus court et la nuit la plus longue. A partir du Solstice d'hiver, les jours vont s'allonger et la lumière vaincra les Ténèbres. Le Solstice a été marqué autrefois par des fêtes païennes [2], comme les saturnales romaines en l'honneur du soleil invaincu (sol invictus) lié en particulier au culte de Mithra. Cette fête comme d'autres festivités païennes a ensuite été assimilée par des religions comme le christianisme.

    Ce n'est qu'en 354 que le pape Libère (Liberus) décida que Noël, jour de la naissance de Jésus, devait être fêté le 25 décembre. La Saint-Jean d'hiver (27 décembre) coïncide à peu près avec la célébration du Solstice d’hiver (entre le 20 et le 23 décembre). Il s'agit ici de fêter Jean l’Évangéliste. Jean le Baptiste quant à lui est fêté, le 24 juin, peu après la célébration du Solstice d'été (entre le 19 et le 22 juin).

    Certains voient dans les deux Jean la représentation des phases ascendantes et descendantes du soleil. Ils se retrouveraient dans le dieu romain bicéphale Janus.

    Dans la plupart des Loges qui utilisent la Bible comme Volume de la Loi Sacrée, cette Bible est donc ouverte au Prologue, première page de l'Evangile de Jean, qualifié souvent, selon Jules Boucher, d'Evangile de l'Esprit.

    L'attribut de Jean l’Évangéliste est l'aigle. Pour les Maçons, Jean l’Évangéliste représente l'Initié.

    La Bible comme Volume de la Loi Sacrée

    Pour la maçonnerie opérative, mais également encore bien plus tard pour toutes les obédiences affiliées à la Grande Loge de Londres, la Bible est restée « la » référence. Quand bien même certaines obédiences ont pu prendre des distances avec la religion chrétienne, la Bible demeure profondément ancrée dans toute dynamique maçonnique par le formidable élan d'espoir et de fraternité qu'elle a su transmettre siècle après siècle.

    Devenue synonyme de « Volume de la Loi Sacrée », la Bible a longtemps joué un rôle fondamental dans la Franc-maçonnerie. La résurgence du savoir des Anciens – bâtisseurs de pyramides et autres temples antiques – s'est faite en Occident, au moyen âge, dans le creuset du christianisme, en une imprégnation totale des croyances et rites de la chrétienté.

    Sous l'influence prédominante de l'idée chrétienne en Occident, nos aînés ont cru devoir choisir la Bible pour perpétuer au sein de la Maçonnerie le souvenir d'un enseignement que l'on pourrait synthétiser comme ceci : l'homme est un pont et non un but ; il est un passage et un déclin : le maillon d'une chaîne infinie.

    Pour les Anglo-Saxons, c'est la Bible qui doit se trouver ouverte sur l'autel. Si cette règle – notamment – n'était pas observée, l'obédience réfractaire serait déclarée «irrégulière».

    La Bible, en soi, en tant qu'accessoire rituel, ne se prête à aucune interprétation. La Bible, pour moi, n'est pas un symbole. Par contre, ce qui est symbole, c'est ce qui est présent‚ sous la forme d'un modèle binaire posé sur le Livre. Le dépôt du modèle symbolique «Équerre – Compas» sur la Bible garantit au Franc-maçon que la lecture de la Bible ne lui sera jamais imposée conformément à des dogmes.

    Par contre, les récits de ce livre font un appel intense au langage symbolique, à commencer par le tout premier, intitulé « Genèse » pour terminer par le tout dernier, intitulé « Apocalypse ».

    La présence de la Bible dans la Loge ne se justifie que par le désir de ne pas laisser s'estomper l'annonce faite par Jean de l'approche de la Lumière.

    La Bible chrétienne

    Le terme « Bible » vient du grec « biblia » qui veut dire « livres ». La Bible chrétienne comporte 2 parties, l'Ancien Testament et les 27 livres du Nouveau Testament, tandis que la Bible juive comprend 39 livres en hébreu.

    L'Ancien Testament

    « Ancien Testament » vient d'un mot latin qui veut dire « alliance » [3].

    Selon la tradition juive et chrétienne, Moïse est l'auteur des cinq premiers livres de la Bible et la volonté de Dieu a été révélée à Israël par l'intermédiaire de Moïse quand l'alliance a été conclue sur le mont Sinaï. Les livres de l'Ancien Testament ont été écrits sur un millier d'années. L'Ancien Testament utilisé par les chrétiens est la Bible du judaïsme, complétée de sept autres livres et adjonctions pour les catholiques.

    Le Nouveau Testament

    Le Nouveau Testament est composé de vingt-sept documents écrits entre 50 et 150, transmis en grec, comprenant les quatre Évangiles, les Actes des Apôtres, vingt-et-un Épîtres et l'Apocalypse.

    Les Évangiles

    Le mot « Évangile » vient d’un mot grec signifiant « bonne nouvelle », mais il est plus particulièrement dédié à la narration de la vie de Jésus, considérée comme LA bonne nouvelle. Il existe quatre Évangiles reconnus par l’Eglise catholique et figurant dans la Bible. Il en existe d’autres, dits « apocryphes », c’est-à-dire non admis dans le canon biblique. Trois des Évangiles reconnus, ceux de Matthieu, de Marc et de Luc, sont dits « synoptiques ». Ils présentent une vision historique des choses et racontent les mêmes faits, dans des termes se rapprochant parfois beaucoup les uns des autres. Ils décrivent la vie et l'enseignement de Jésus. Ils sont assez proches, datant de 65 – 80.

    L'Évangile de Jean

    Le quatrième Évangile est celui de Jean. Plus tardif, il se distingue des autres par le caractère plus divin donné à Jésus et par l'esprit plus doctrinal. Ces écrits donnent encore lieu à des polémiques sur les dates et les auteurs, les exégètes oubliant un peu trop le fond pour la forme. Il a été rédigé en grec, vers 97, en Asie Mineure, à Éphèse. Comme celui de Marc, il ne fait aucune allusion à la naissance de Jésus, à son enfance, mais à la différence des trois autres Évangiles, il est plus doctrinal qu'événementiel. Il proclame que « Jésus est comme Dieu », montrant sa nature divine. Trois thèmes forts sont abordés : la lumière opposée aux ténèbres, la mort et la vie, la recherche de la connaissance.

    Qualifié parfois d’Évangile spirituel, ou d’Évangile de la Lumière, l’Évangile de Jean se concentre sur quelques épisodes de la vie de Jésus auxquels il apporte un éclairage très particulier, quasi ésotérique.

    Jean a en outre écrit trois épîtres ou lettres, dont la première est souvent dite « Épître de l’amour ».

    C’est là que l’on trouve des phrases célèbres, comme : « Celui qui aime son Frère demeure dans la lumière » (1 Jn, II, 10). Placer la Franc-maçonnerie sous l’égide de l’Amour universel et de la Lumière, voilà qui suffirait à justifier la Bible comme Volume de la Loi Sacrée !

    Les Loges de saint Jean

    Pour Jules Boucher, la Franc-maçonnerie fut bien inspirée en donnant le nom de Jean à ses Loges en raison des multiples sens qu'on peut y attacher. Le nom de Jean se rattache notamment à la mystérieuse légende du « Prêtre Jean » du 12ème et 13ème siècle, qui serait un souverain tatar.

    Jusqu'au 18ème siècle, le négus d'Abyssinie était appelé de ce nom. Nombre d'empereurs d'Abyssinie ont porté le nom de Jean !

    On dit aussi que les Templiers célébraient leurs fêtes les plus importantes le jour de la Saint-Jean d'été. La Franc-maçonnerie ne ferait-elle que perpétuer une coutume de l'Ordre du Temple ? Rien ne permet cependant de confirmer une filiation entre l'Ordre du Temple et la Franc-maçonnerie !

    Le nom de Jean a aussi été rattaché à Janus, ce dieu latin au double visage : l'un de jeune homme et l'autre de vieillard, symbolisant, dit-on, le passé et l'avenir, l'année qui finit et celle qui commence.

    Cependant, pour Oswald Wirth, étymologiquement, Jean ne provient pas de Janus, mais de l'hébreu Jeho h'annam, qui se traduit par « Celui que Jeho favorise ». Le même verbe revient dans H'anni-Baal ou Annibal, qui signifie « Favori de Baal ». Mais Jeho et Baal ne sont autres que des noms ou des titres du Soleil ! Celui-ci était envisagé par les Phéniciens comme un astre brûlant, souvent meurtrier, dont les ravages sont à redouter. Les mystagogues [4] d'Israël y voyaient au contraire l'image du Dieu – Lumière qui éclaire les intelligences.

    Jeho h'annan, Johannès, Jehan ou Jean, devient ainsi synonyme d'Homme éclairé ou illuminé à la manière des prophètes.

    Ainsi, de même que les artistes des cathédrales, instruits sans doute de doctrines ésotériques fort anciennes, le penseur véritable ou l'Initié est donc en droit de se dire Frère de saint Jean.

    Oswald Wirth fait encore remarquer que

    1°) « Jean le Baptiste nous est présenté comme le précurseur immédiat de la Lumière rédemptrice ou du Christ solaire. Il est à l'aube intellectuelle qui, dans les esprits, précède le jour de la pleine compréhension. Il personnifie la lumière crépusculaire du soir, celle qui embrase le ciel lorsque le soleil vient de disparaître sous l'horizon ».

    2°) « Jean l’Évangéliste, le disciple préféré du Maître fut, le confident de ses enseignements secrets, réservés aux intelligences d'élite des temps futurs. On lui attribue « l'Apocalypse », qui, sous prétexte de dévoiler les mystères chrétiens, les masque sous des énigmes calculées pour entraîner les esprits perspicaces au-delà des étroitesses du dogme. Aussi, est-ce de la tradition johannite que se sont prévalues toutes les écoles mystiques, qui, sous le voile de l'ésotérisme, ont visé à l'émancipation de la pensée ».

    « Dans ces conditions, conclut Oswald Wirth, le titre de « Loges de saint Jean » convient, mieux que tout autre, aux Ateliers où les intelligences, après avoir été préparées à recevoir la lumière, sont amenées à se l'assimiler progressivement, afin de pouvoir la refléter à leur tour ».

    L’auteur de l'Évangile de Jean

    Depuis le 19ème siècle, l'identité de l'auteur de « l'Évangile selon saint Jean » soulève de vives controverses. De nos jours, diverses propositions sont retenues.

    Selon l'exégète Peter Brown, il serait l'émanation de trois groupes, un groupe d'origine, un groupe de Samaritains et un groupe de Grecs. Le groupe d'origine correspond aux disciples de Jean, le fils de Zébédée, ainsi qu’aux disciples de Jean le Baptiste. Le groupe des Samaritains est un ensemble de chrétiens opposés au temple juif. Le groupe des Grecs est un ensemble de juifs présents dans la diaspora.

    La seconde hypothèse, celle de l'exégète Marie Etienne Boismard, prend en compte deux lieux de rédaction, la Palestine et Éphèse, et retient trois auteurs. Le premier serait Jean, nommé dans l'Évangile comme « le disciple que Jésus aimait ». Le deuxième est Jean dit « le Presbytre », un juif, et le troisième, un juif chrétien d'Éphèse. Chaque hypothèse insiste sur l'unité de l'Évangile selon Jean et sur la longueur du travail de rédaction.

    Jean l’Évangéliste

    Originaire du village de Bethsaïde, Jean était un pêcheur du lac de Tibériade comme son père Zébédée et son frère Jacques. Ils furent des disciples de Jean le Baptiste qui déclara : « Celui qui vient derrière moi est plus grand que moi ». C'est Jean le Baptiste qui leur montra Jésus de Nazareth en leur déclarant : « Voici l'agneau de Dieu ». Jean et Jacques devinrent des pêcheurs d'hommes.

    Jean est considéré comme « le disciple que Jésus aimait ». Il put le suivre sur la montagne du Thabor pour entendre une voix venue du ciel dire : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute ma complaisance. Ecoutez-Le ». Le Christ le choisit pour s'asseoir à ses côtés lors de la dernière Cène. Et Jean le suivit jusque dans la cour du Grand Prêtre lorsqu'il fut arrêté. Fidèle d'entre les fidèles, il sera le seul parmi les apôtres, au pied de la croix. C'est lui également qui fut le premier au tombeau et découvrit les bandelettes sur le sol.

    Selon une tradition, Jean vécut ensuite à Éphèse avec Marie. C'est là qu'il aurait écrit le quatrième Évangile. Pendant son exil à Patmos, il aurait eu la révélation de l'Apocalypse (le terme même d'apocalypse signifie « révélation »).

    Jean aurait été amené d'Éphèse à Rome, chargé de fers, sous le règne de l'empereur Domitien. Il fut condamné par le sénat à être jeté dans l'huile bouillante devant l'actuelle Porte latine. Selon un site chrétien, il en serait sorti plus frais et plus jeune qu'il n'y était entré. Il serait décédé en 99 ou en 101.

    Structure de l'Évangile de Jean

    L'Évangile de Jean comporte quatre parties distinctes.

    La première (I, 1-18 « Au commencement était le verbe [...] et le verbe était Dieu ») est un prologue qui compte un hymne d'introduction, une pièce à part dans l'Évangile. Elle a sûrement existé isolément, peut-être sous une forme brève. En effet, l'Église primitive usait fréquemment d'hymnes de ce genre. Celle-ci décline les grands thèmes de l'Évangile : Jésus est présenté ici dans son origine et son commencement.

    La seconde partie (I, 19 ; XII, 50) présente Jésus comme Christ ou Messie. Les miracles ou les signes accomplis par Jésus y sont au nombre de sept. Le premier est celui de Cana. Suivent la guérison du fils d'un fonctionnaire, la guérison d'un homme infirme, la multiplication des pains (seul signe mentionné dans les quatre Évangiles), la guérison d'un aveugle-né et la résurrection de Lazare.

    La troisième partie de l'Évangile commence, selon certains exégètes, avec les derniers voyages du Christ à Béthanie. D'autres exégètes centrent cette partie sur le thème du retour du Fils vers le Père. La troisième partie commencerait alors au chapitre XIII après le ministère public du Christ et irait jusqu'au chapitre XX.

    Quelle que soit la division adoptée, cette partie contient le récit de la Cène ; le dernier discours et la dernière prière du Christ, dite « prière sacerdotale », le récit de la trahison de Judas, de l'arrestation de Jésus, de son jugement, de sa crucifixion et de sa mise au tombeau. Elle témoigne de la résurrection de Jésus avec les apparitions du Christ ressuscité à Marie-Madeleine, aux disciples et à Thomas l'incrédule.

    La quatrième partie de l'Évangile (chapitre XXI) est un appendice ou épilogue. Le Christ apparaît à ses disciples. Cet épilogue met en scène Pierre et « le disciple que Jésus aimait ». La communauté johannique manifeste par là son lien à l'Église de Jérusalem (ou communauté de Pierre). Elle accepte que le témoignage de foi ne passe pas seulement par l'amour. La communauté apostolique (ou communauté de Pierre) doit accepter la christologie [5] élaborée par elle.

    Les influences subies

    L'Évangile de Jean me semble traversé par trois ou quatre influences.

    Il est en dialogue en premier lieu avec les gnostiques. La gnose [6] répandue dans le bassin méditerranéen en particulier dans le monde juif est une doctrine cohérente fondée sur une conception dualiste (le Dieu du mal contre le Dieu du bien). Le monde est une émanation d'êtres intermédiaires entre Dieu et les hommes ; c'est une réalité mauvaise. Le salut vient d'un intermédiaire qui donne la connaissance à un petit nombre. Certains thèmes gnostiques sont présents chez Jean : la lumière opposée aux ténèbres, la mort et la vie, la recherche de la connaissance. Mais Jean se démarque nettement de la gnose. Il donne à Jésus une humanité forte qui n'est pas comme dans la gnose, une simple apparence. La mort montre que Jésus est un homme véritable.

    Jean semble aussi en lien avec le monde grec, et peut-être reçut-il l'influence du néoplatonisme [7] ; mais il ne faut pas trop surestimer l'influence grecque. De nombreux exégètes pensent de nos jours qu'un lien fut établi entre Jean et le monde juif après la redécouverte du judaïsme palestinien.

    Il est aussi possible de trouver dans l’Évangile de Jean la résonance de courants importants de l'Ancien Testament : Jésus est présenté comme « serviteur de Dieu », « roi d'Israël », « prophète ». Enfin, il me semble qu’on peut également trouver dans certains passages de son Évangile un écho de la Genèse [8] mais surtout la marque de la figure de Moïse et du thème de l'Exode.

    Le genre littéraire de l’Evangile de Jean

    Le genre littéraire du quatrième Évangile lui est tout à fait propre. Aucun autre Évangile ne procède de cette manière.

    Le genre littéraire est commandé par le but que se propose l'auteur : nourrir et développer la foi des chrétiens. Cette foi s'alimente à la contemplation du Verbe, « venu dans la chair », c'est-à-dire rendu visible à nos yeux. Elle s'attache donc aux faits et gestes de Jésus, mais pour parvenir par eux et à travers eux jusqu'à la signification divine qu'ils comportent, et que l'auteur lui-même, arrivé au terme de sa vie, a pu longuement méditer. Jean est tout pénétré de la contemplation du verbe de Dieu dans la chair : « Le Verbe s'est fait chair, et il dressa sa tente parmi nous, et nous avons vu sa gloire (reflet de la divinité), gloire comme d'un fils unique, venu du Père, plein de miséricorde et de fidélité ». (1,14).

    C'est à la même contemplation que Jean invite ses lecteurs. Tandis que dans les Évangiles synoptiques toute la lumière vient de Jésus et « se répand sur les hommes pour les instruire », dans l'Evangile de Jean, toute la lumière est pour ainsi dire concentrée sur Jésus lui-même : « Philippe, qui me voit, voit mon Père » (14,9).

    Comment Jean s'y prend-il pour atteindre ce but ? C'est d'une manière à la fois historique et symbolique.

    1°) Historique d'abord. Il est bien clair que les faits de la vie du Christ choisis par Jean sont bien présentés par Lui comme s'étant historiquement réalisés. L'auteur insiste sur la réalité des faits rapportés. Il se présente comme témoin de ces faits (19,35). Et les disciples de Jean tiennent à confirmer son témoignage (21,24.)

    L'intention de l'auteur est délibérément historique (par exemple 20,30). Il faut donc reconnaître au quatrième Évangile la même valeur historique qu'aux trois autres : les faits rapportés sont authentiques. Ce qui ne signifie pas pour autant que l'auteur ne prenne une certaine liberté avec l'ordre chronologique des faits qu'il rapporte, comme le font aussi les Évangiles synoptiques.

    2°) S'il est historique, le genre littéraire du quatrième Évangile est symbolique également. Jean ne rapporte pas toutes les actions de Jésus, mais en choisit certaines. Ce choix est déterminé par une préoccupation symbolique. Il choisit celles qui lui paraissent le plus apte à conduire l'esprit du lecteur, par le moyen du symbolisme, à la contemplation du sens profond de la venue du Logos parmi les hommes.

    Il choisit par exemple le miracle de la guérison de l'aveugle-né pour faire bien comprendre que le Christ est la vraie Lumière. La vraie, c'est-à-dire la lumière-réalité, celle qui importe le plus, celle sur laquelle Jean veut diriger l'attention du lecteur, au-delà de la lumière symbole, qui est la lumière matérielle. Il choisit le miracle de la multiplication des pains pour faire comprendre qu'au-delà du symbole (pain matériel), il faut chercher un pain plus important (« Travaillez, non pour la nourriture périssable, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme »). Ce pain plus important, ce pain-réalité, c'est le pain de l'âme, c'est-à-dire en définitive Jésus Lui-même : « Je suis le pain descendu du ciel » (6,41).

    Il est difficile de dire en quelle langue l’Évangile de Jean fut composé. Directement en grec ? En araméen et ensuite traduit en grec ? Si l'auteur a écrit cet ouvrage en grec, il ne serait pas surprenant d'y rencontrer des aramaïsmes [9], puisque Jean, même s'il écrivait en grec, ne pouvait penser qu'en sémite [10].

    L'auteur nous indique son intention en 20,30. Moins encore que les Évangiles synoptiques, Jean n'a pas l'intention d'écrire la vie de Jésus. Car tandis que ceux-ci traçaient quand même, à grands traits, une esquisse des principaux faits et dires de Jésus, Jean vise un but beaucoup plus précis. Il a délibérément écarté beaucoup de « signes » ou « miracles », et n'a choisi que ceux qui pouvaient servir son but : nourrir et développer la foi de ses lecteurs (« afin que vous croyez »).

    Il ne s'agit pas de convertir. Les Évangiles écrits s'adressent à des croyants. Du reste, il suffit de lire les premiers mots de Jean pour s'en convaincre ; ils ne sont intelligibles que pour des croyants. Les chrétiens auxquels s'adresse Jean ont déjà la foi, mais il veut que cette foi soit pour eux une nourriture, une vie : « qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

    Les dix-huit premiers versets de l'Evangile de Jean constituent une sorte de poème appelé Prologue qui, en dix-huit versets, donne une version chrétienne de la Genèse. Fondement du dogme dans la religion catholique, la portée du texte est tout simplement admirable. Le contenu religieux mais aussi philosophique du texte est d'une profondeur qui le rend universel...

    Découvrons-le !

    Version française du Prologue

    v. 1 Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu.

    v. 2 Il était au commencement tourné vers Dieu.

    v. 3 Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui.

    Autre traduction : Tout par lui a existé, et sans lui rien n'a existé de ce qui existe.

    v. 4 En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes,

    v. 5 et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise.

    Autre traduction : et la lumière dans la ténèbre luit, et la ténèbre ne l'a pas saisie.

    v. 6 Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

    v. 7 Il vint en témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui.

    Autre traduction : Lui vint pour un témoignage, afin de témoigner au sujet de la lumière, afin que tous crussent par lui.

    v. 8 Il n'était pas la lumière, mais il devait rendre témoignage à la lumière,

    Autre traduction : Celui-là n'était pas la lumière, mais [c'était] afin de témoigner au sujet de la lumière.

    v. 9 le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme.

    Autre traduction : Il était la lumière véritable qui éclaire tout homme en venant dans le monde.

    v. 10 Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu.

    Autre traduction : Il était dans le monde, et le monde par lui a existé, et le monde ne l'a pas [re]connu.

    v. 11 Il est venu dans son propre bien et les siens ne l'ont pas accueilli.

    v. 12 Mais à ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

    v. 13 Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d'un vouloir de chair ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu.

    Autre traduction des vv. 11-13 : Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas accueilli ; mais à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à tous ceux qui croient en son nom, qui sont nés non de sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu.

    v. 14 Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père.

    Autre traduction : Et le Verbe s'est fait chair, et il a fait sa demeure parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire [qu'il possède] en tant que Fils unique venant du Père, plein de grâce et de vérité.

    Jean lui rend témoignage et proclame :

    1. Voici celui dont j'ai dit : après moi vient un homme qui m'a devancé, parce que, avant moi, il était.
    2. De sa plénitude en effet, tous, nous avons reçu, et grâce sur grâce.
    3. Si la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
    4. Personne n'a jamais vu Dieu ; Dieu Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l'a dévoilé.

    Structure et interprétations du Prologue

     A première vue, le Prologue pourrait être divisé en deux parties:

    1. Le Logos dans son existence éternelle (v. 1) ;
    2. Le Logos dans sa relation avec la création (v. 2-18).

    Cette seconde partie renferme trois subdivisions :

    1°) les faits fondamentaux, v. 2-5 ;

    2°) la manifestation historique de la Parole en général, v. 6-13 ;

    3°) l'incarnation comme objet d'expérience individuelle, v. 14-18.

    Cette subdivision offre une belle progression ; mais la grande disproportion entre les deux parties principales ne prévient pas en faveur de ce cadre général, dont le principal inconvénient est de ne pas mettre suffisamment en relief l'idée centrale, le fait de l'incarnation du Logos, et d'établir entre la venue du Christ en général et sa venue comme objet d'expérience individuelle une distinction peu simple et qui n'est point suffisamment indiquée dans le texte.

    On pourrait aussi admettre une série de trois cycles qui se rapporteraient chacun à la totalité de l'histoire évangélique, en la reproduisant sous différents aspects :

    • Le premier cycle (v. 1-5) résumerait sommairement l'activité du Logos jusqu'à sa venue en chair, en y comprenant l'insuccès général de son ministère ici-bas.
    • Le second cycle (v. 6-13) reprendrait la même histoire en rappelant spécialement le rôle du précurseur, afin d'arriver par là à la mention de l'incrédulité juive.
    • Le troisième cycle enfin (v. 14-18) décrirait une troisième fois l'œuvre de Jésus-Christ, et cela au point de vue des bénédictions extraordinaires qu'elle a apportées aux croyants.

    Ce serait cependant un procédé assez étrange que d'ouvrir une narration en la résumant trois fois ! De plus, si ces trois cycles doivent réellement présenter chaque fois le même sujet, comment se fait-il qu'ils aient des points de départ et des points d'arrivée tout différents ? Le point de départ du premier est l'existence éternelle du Logos ; celui du second, l'apparition de Jean le Baptiste (v. 6) ; celui du troisième, l'incarnation du Logos (v. 14).

    Le premier aboutit à l'incrédulité du monde (v. 5) ; le second, à l'incrédulité israélite (v. 11) ; le troisième, à la parfaite révélation de Dieu en la personne du Fils (v. 18). Trois paragraphes commençant et finissant si différemment ne peuvent guère être trois sommaires de la même histoire !

    Le Prologue pourrait aussi être décliné en trois sections :

    1°) v. 1 - 5 : l'activité primordiale du Logos ;

    2°) v. 6 - 13 : son activité durant le cours de l'ancienne alliance ;

    3°) v. 14 - 18 : son incarnation ; puis son activité dans l'Eglise.

    Ce serait là un plan historique complet et rigoureusement suivi. Mais la question est de savoir si l'idée de cette marche est vraiment tirée du texte !

    Dans les v. 6-8, Jean le Baptiste est nommé personnellement ; rien n'indique qu'il doive représenter ici tous les prophètes et encore moins l'ancienne alliance en général. Puis il faudrait, d'après ce plan, rapporter la venue du Logos, décrite au v. 11, aux révélations de l'ancienne alliance, et ses effets régénérateurs décrits v. 12 et 13 aux bénédictions spirituelles accordées avant la venue de Christ aux Juifs fidèles. Or il est manifeste que les termes employés par Jean dépassent de beaucoup une semblable application.

    On pourrait également déceler le plan suivant, en trois parties :

    1°) La Parole en elle-même et dans ses manifestations générales (v. 1-5) ;

    2°) La Parole apparaissant dans le monde (v. 6-13) ;

    3°) La Parole pleinement révélée par son incarnation (v. 14-18).

    Mais la différence entre les deux dernières parties ne ressort pas distinctement.

    Et si l’on admettait quatre parties ?

    1°) La relation primordiale du Logos avec Dieu et avec la création (v. 1-4).

    2°) La conduite des ténèbres envers lui (v. 5-13).

    3°) Son habitation comme Logos incarné au milieu des hommes (v. 14-15).

    4°) Le bonheur que procure la loi en lui (v. 16-18).

    A la première partie correspondrait la troisième (le Logos avant et après l'incarnation) et de même à la seconde la quatrième (l'incrédulité et la foi). Cet arrangement semble ingénieux. Mais correspond-il bien aux articulations marquées dans le texte même, surtout en ce qui concerne la dernière partie ? Il ne le paraît pas. Puis, il semblerait que le Logos avant son incarnation n'a rencontré qu'incrédulité, et comme incarné, que foi, ce qui n'est certainement pas la pensée de l’Évangéliste !

    Envisageons encore un autre découpage en trois parties :

    1°) Le Logos et la nature critique de son apparition (v. 1-5) ;

    2°) Le Logos à partir de son existence divine jusqu'à son apparition historique (v. 6-13) ;

    3°) Le Logos dès son apparition historique, comme objet de l'expérience et du témoignage de l'Eglise (v. 14-18).

    Ce plan est grand et simple. Mais où trouver dans le Prologue la mention de l'ancienne alliance qui répondrait à la seconde partie ? Le personnage de Jean le Baptiste est mentionné là en raison de son rôle à l'égard de Jésus, nullement comme représentant de toute l'époque israélite. Puis on ne se rend compte, d'après cette marche, ni de la double mention de l'apparition du Logos (v. 11 et 14), ni de la citation du témoignage de Jean le Baptiste au v. 15.

    Ce qui semblerait répondre le plus exactement à la pensée de l’Évangéliste se résume dans ces trois mots : Le Logos, l'incrédulité, la foi.

    C’est pourquoi :

    • La première partie nous présente le Logos éternel et créateur, comme la personne qui va devenir, en Jésus-Christ, le sujet de l'histoire évangélique (v. 1-4).
    • La seconde décrit l'incrédulité humaine envers lui, telle qu'elle s'est réalisée de la manière la plus tragique au sein du peuple le mieux préparé à le recevoir (v. 5-11).
    • La troisième enfin célèbre la foi, en décrivant le bonheur de ceux qui ont reconnu en Christ la Parole faite chair et obtenu ainsi le privilège de rentrer par l'union avec Jésus-Christ dans la plénitude de vie et de vérité que l'homme puisait dans le Logos avant de rompre avec lui par le péché (v. 12-18).

    En étudiant l'Evangile de Jean, ces trois idées fondamentales du Prologue sont précisément celles qui président à la disposition de la narration tout entière et qui en déterminent les grandes divisions.

    Il est difficile sans doute de savoir s'il faut assigner au v. 5 sa place dans le premier ou dans le second morceau. C'est qu'il est la transition de l'un à l'autre et qu'au fond il appartient à tous les deux. Les v. 12 et 13 occupent une position analogue entre le second et le troisième morceau.

    Remarquons cependant qu'au commencement du v. 12 se trouve le mot « δέ » qui se traduit par « mais », la seule particule adversative du Prologue. Par là, l'apôtre paraît avoir voulu marquer nettement l'opposition entre le tableau de l'incrédulité et celui de la foi.

    Jusqu'où s'étend ce Prologue ?

    Pour certains, jusqu'au v. 5 seulement. Les mots « Il y eut un homme appelé Jean », au v. 6, seraient le commencement de la narration ; celle-ci continuerait au v. 14 par la mention de l'incarnation du Verbe, au v. 19 par le récit du ministère du Baptiste, et arriverait enfin avec le v. 33 au ministère de Jésus.

    Mais un coup d'œil sur tout le passage des v. 6-18 montre que cet arrangement ne répond pas à la pensée de l’Évangéliste.

    L'apparition historique du Messie est mentionnée déjà avant le v. 14 ; car les v. 11-13 s'y rapportent directement ; puis, si la narration avait réellement commencé avec la mention de Jean le Baptiste au v. 6, pourquoi placer beaucoup plus tard (au v. 15 seulement) son témoignage ? Cette citation vient trop tôt, s'il s'agit de sa situation historique qui sera indiquée exactement v. 27 et 30, ou trop tard, si l'auteur voulait la rattacher à l'apparition du précurseur (v. 6).

    On ne peut comprendre non plus l'à-propos des réflexions religieuses renfermées dans les v. 16-18 qui interrompraient d'une manière étrange la narration commencée. Il est évident que le v. 18 forme le pendant du v. 1 et ferme le cycle ouvert par celui-ci. La narration ne commence donc qu'au v. 19, et les v. 1-18 forment un tout d'un genre spécial.

    Tentatives d’interprétation du symbolisme du Prologue

    L'étude des Écritures permet d'en découvrir l'ésotérisme et d'en dégager des enseignements initiatiques de la plus haute importance. Cependant, les Écritures ne révéleraient aucune vérité essentiellement différente de celles qu'ont exprimée les Livres sacrés antérieurs et les symboles maçonniques eux-mêmes.

     

    Au commencement était la Parole et la Parole était avec Dieu et la parole était Dieu.

    Elle était au commencement avec Dieu.

    Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.

    En elle était la Vie et la vie était la lumière des hommes.

    La Lumière brille dans les ténèbres qui ne l’ont pas accueillie.

    Il y eut un homme envoyé par Dieu du nom de Jean.

    Il vint comme témoin pour rendre témoignage à la Lumière.

    C’était la véritable Lumière qui en venant dans le monde éclaire tout homme.

    Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle et le monde ne l’a pas connue.

    La parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous.

     

    Nous sommes ici en présence de trois éléments à la fois indissociables et à la fois séparés. Il y a la Parole que nous pouvons nommer le Verbe, le Verbe donne la Lumière et la Lumière donne la Vie. Les ténèbres, c’est tout ce qui empêche la Lumière et nous pouvons dire que nous sommes dans une époque de ténèbres. Si nous reconnaissons la Vie, nous reconnaissons la Lumière et nous trouvons la Parole qui est à l’origine de la création, d’une certaine façon nous pouvons dire que la parole ou le Verbe, c’est Dieu en action.

    Ce prologue rejoint aussi la Kabbale et le Sepher Yezirah car le Verbe ou l’air primordial donne l’eau ou la lumière et l’eau vont donner le feu ou la Vie qui donnent naissance à tous les mondes visibles et invisibles. D’une certaine manière la chair est de la lumière condensée. Ce qui fait que ce prologue n’est pas non plus en contradiction avec la science moderne sauf que celle-ci ne va pas plus loin, faute de moyens, que la compréhension de l’univers manifesté.

    Jésus-Christ est chargé de manifester le Verbe c'est-à-dire l’inexprimable et l’incompréhensible par nos moyens limités.

    Peut-on exprimer que le Verbe est amour ? Ce n’est pas dit. Mais cela est une hypothèse plus que probable. Nous pouvons donc dire que la création existe grâce aux trois flambeaux de la Vie, de la Lumière et de l’amour. Et ces trois flambeaux donnent à leur tour la descendance de la Force du Verbe, la Sagesse de la Lumière et la Beauté de la Vie.

    Nous trouvons également une phrase assez obscure pour parler de Jésus : « Celui qui vient après moi m’a précédé car il était avant moi ». Cela peut faire penser aux différentes incarnations. Mais cela peut aussi vouloir dire « Il était avant moi car il a été créé avant ». Il représente la Lumière car il est aussi dit que Jésus est la Lumière du monde et il est le guide permettant de connaître Dieu.

    Le Prologue de l'Evangile de Jean apparaît comme l'annonce de l'approche de la Lumière. Ce texte pourrait être l'expression de la volonté divine mais seul un Initié parfait pourrait le comprendre dans sa totalité. Seuls les Initiés sont susceptibles d'accéder à la véritable Connaissance, celle qui mène à la Sagesse.

    Jésus est le Fils de Dieu. Dès le Prologue, Jean le présente comme étant le Logos, la Parole éternelle du Père, par laquelle tout a été fait. Et le quatrième Évangile met ce second point plus encore en relief que le premier. C'est ce qui contribue le plus à lui donner sa profondeur spirituelle : il introduit au mystère même du Fils de Dieu.

    Le Prologue de l’Évangile de Jean me semble un résumé limpide de l’enseignement développé dans toute son œuvre. Le Logos est celui par qui tout fut créé, bien avant qu’il ne s’unisse mystiquement au corps du Juif Jésus. Il est venu dans le monde pour apporter aux enfants de Dieu la lumière, la grâce et la vérité.

    Le Prologue veut imiter le début du livre de la Genèse : les deux textes s’ouvrent par la même expression : « Au commencement ». Ils font culminer la création dans le don de la vie et ils suggèrent l’irruption de la lumière dans les ténèbres.

    Ce contraste entre la lumière et les ténèbres est un thème essentiel de l’enseignement de Jésus (Jn 3,19-21 ; 8,12 ; 9,5 ; 12,35-36). L’expression « fils de lumière » ne se trouve qu’une fois chez Jean (12,36). Mais l’expression « fils des ténèbres » est absente du Nouveau Testament.

    Si le 1er chapitre de la Genèse rapporte la création du monde, Jean se préoccupe des mystères divins, préparant ses lecteurs à l’articulation de la vie divine et à sa projection humaine.

    Jean connaît bien la philosophie et le mysticisme grecs, où le Logos joue un rôle essentiel. C’est également un concept fondamental dans la théologie de Philon d’Alexandrie. On le retrouve également dans l’hermétisme grec, spéculation mystique des écrits d’Hermès (le Trois Fois Très Grand) et il influencera le christianisme hellénistique. Dans le mysticisme hermétique, qui vise la déification de l’homme par la connaissance, le Logos est appelé « Fils de Dieu ».

    Jean parlera du « fils unique qui est dans le sein du Père ». Pour Philon, comme pour Jean, le Logos est celui par qui Dieu créa le monde : il exerce un rôle médiateur entre Dieu et le genre humain. Il est le Principe donnant forme et ordre à tout ce qui existe dans le monde. Le mystérieux Logos divin existant avant la création domine tout le Prologue.

    Le Logos signifie bien parole, mais aussi raison, réflexion consciente. Le Logos n’a pas été envoyé par Dieu : il est venu de sa propre initiative, comme une source de lumière pour vaincre les ténèbres qui existaient alors et pour illuminer et élever à la dignité d’enfants de Dieu ces hommes qui étaient prêts à le recevoir et à croire en lui, contrairement à son propre peuple. L’approche de Jean est fondamentalement universaliste.

    Le Prologue conduit logiquement le lecteur vers l’idée d’incarnation : « Et le Verbe s’est fait chair et est demeuré parmi nous » (Jn 1, 14). Ainsi le Logos divin dans la personne de Jésus est descendu sur terre pour rendre visible le Dieu invisible. Sa lumière est accessible à tous.

    On voit ici Jean se livrer à une lecture hermétique de la création et à une adhésion rationnelle qui dépasse les récits synoptiques donnant toute la place aux multiples facettes de Jésus en pérégrinations.

    Son interprétation est celle d’un philosophe d’un esprit nouveau qui unit la culture hellénistique du concept à la foi véhiculée par l’homme Jésus, image d’une relation individuelle avec la puissance divine. Tout homme pensant peut se l’approprier comme un message universel. C’est ainsi que nous pouvons intégrer dans notre personne, au plan symbolique de l’identification, un vécu constitutif de notre humanisme. Car Jean apprend la distanciation.

    C’est peut-être ici que la notion d’amour peut s’enraciner dans le partage.

    Il me semble enfin que la doctrine du « Verbe fait chair » pourrait être mieux comprise par l'expression « la Raison divine incarnée dans l'Humanité ». Cette doctrine remonte, à travers l’œuvre de Platon, aux conceptions des anciens hiérophantes [11], prêtres qui présidaient aux mystères d'Eleusis [12].

    Je terminerai cet essai d’interprétation en rappelant que nos serments sont prêtés sur la Bible, ouverte précisément au Prologue de l’Évangile de Jean. Il me semble que ce superbe texte évoque implicitement l'objet premier de la Franc-maçonnerie, d’où toute l’importance qu’il convient de lui accorder. Il suggère au Franc-maçon :

    • de se préparer, de se perfectionner, de rechercher la Lumière qui est en lui afin d'accéder à la Connaissance, c'est-à-dire de contribuer à l'édification de son propre Temple puis à celle du Temple de l'Humanité ;
    • de tenter de parvenir, par son lent travail de perpétuelle mort profane et constante renaissance spirituelle, à retrouver en lui-même l'essence de la Loi inhérente à tous les hommes : celle que chacun porte au plus profond de lui, cette voie de Lumière qui est synonyme de Connaissance et Maîtrise, cette voie qui refuse le pouvoir et le profit, cette voie qui néglige l'asservissement des choses et des hommes, cette voie qui se veut liberté de jugement comme liberté d'existence... comme autant de marques d'une conscience éclairée.

    L’interprétation catholique du Prologue de Jean

    Pour les chrétiens catholiques, ce prologue, écrit dans un langage poétique très solennel, répond au début du Livre de la Genèse : « Au commencement Dieu créa le Ciel et la Terre ».

    À ce commencement ultime répond le retour final du Fils à la droite du Père (Jn 1,18), dans la gloire. On retrouve quelque analogie dans la Sagesse personnifiée qui était au commencement « avec Dieu » lors de la création du monde et qui habita chez les hommes lorsque la Loi fut révélée à Moïse.

    « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu » : c’est par le mystère de la trinité divine que s’ouvre le Prologue. Le mot Dieu par lequel l’homme tente de nommer ce qui est indéfinissable apparaît trois fois dans la première phrase, en concomitance avec le Verbe.

    Toute l’évolution de l’homme se tient dans son rapport avec ce principe divin qu’il craint dans l’Ancien Testament, comme un serviteur soumis craint la puissance de son maître et qui, dans le Nouveau Testament, se révèle comme force d’amour à travers l’entité Jésus, homme ayant réalisé un lien permanent avec Dieu-le-Père.

    Au verset 5, brutalement et de manière anachronique, apparaît Jean le Baptiste. Le texte planait dans les sphères les plus éthérées et les plus impersonnelles de la réalité divine, et soudainement, sans aucune préparation, une dimension humaine et personnelle fait irruption dans le texte.

    L’interruption de Jean le Baptiste dans le Prologue, ne semble pas être l'erreur d'un copiste distrait, mais traduirait au contraire l'intention consciente d’identifier Jésus au Verbe Créateur, idée centrale du quatrième Évangile.

    Ne pouvons-nous pas ressentir, la descente des énergies du point divin jusqu’à l’homme, la descente du Verbe, du Logos se faisant chair, sa non-reconnaissance par l’homme et la possibilité de renaître en lui à l’image de la naissance de Jésus-Christ ?

    Évangile veut dire « la bonne nouvelle » ou « la nouvelle alliance ». La venue du Messie, Jésus, ne nous annonce-t-elle pas que chaque homme a maintenant la possibilité de s’unir en conscience avec le Verbe Créateur ?

    En guise de conclusion provisoire

    Depuis longtemps l'Évangile selon Jean est reconnu comme différent des Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc), qui lui sont antérieurs. Les différences les plus importantes touchent à la christologie. Jean présente une christologie des origines, ne fait aucune allusion à la naissance de Jésus, à son enfance.

    Les dix-huit premiers versets de l'Evangile selon Jean constituent une sorte de poème appelé Prologue. Fondement d'un certain nombre de dogmes pour les catholiques, sa traduction, son interprétation voire son attribution ont animé et animent toujours des débats passionnés. Le lecteur catholique sait en effet depuis le Prologue que Jésus est le Fils unique du Père, le Seigneur.

    Pour nous, Francs-maçons qui tentons de cerner la Vérité en prenant du recul, l'Évangile selon Jean est le quatrième évangile canonique du Nouveau Testament. Il ne comporte pas de nom d'auteur, mais est traditionnellement attribué à l'apôtre Jean, et ce, dès la seconde moitié du 2ème siècle, par saint Irénée.

    Comme les trois Évangiles synoptiques, il rapporte certaines des actions et des paroles de Jésus, mais s'en distingue par son ethos [13] et son emphase théologique. Il insiste sur la mission cosmique de Jésus de rédemption de l'humanité plutôt que sur son ministère terrestre d'enseigner, de « chasser les démons » et de réconforter les pauvres.

    Dans la doctrine trinitaire, l'Evangile selon Jean est le plus important en matière de christologie, car il énonce implicitement la divinité de Jésus.

    Le Prologue de Jean est un texte fascinant et difficile. Les quelques versets constituant cet hymne ont nourri la réflexion des théologiens et des exégètes depuis les origines. Les reprises ont succédé aux reprises, chacun croyant avoir compris le principe architectonique [14] d’un texte toujours déjà offert à la ressaisie. La structure en est complexe et les commentateurs se sont tous exercés à en discerner la composition, avec des résultats très variables.

    Au terme provisoire de cette recherche, j’éprouve le sentiment d’avoir un peu mieux approché la structure du Prologue, de l’avoir situé parmi l’ensemble des Évangiles et par rapport à la Bible, d’avoir souligné son importance dans le cadre de nos serments de Maçons. Mais je n’en suis encore toujours qu’à un stade de balbutiements en ce qui concerne son interprétation !

    R:. F:. A. B.

     

    [1] Sauf dans les Loges pratiquant le R.E.R.

    [2] Le solstice d’hiver marque, dans un certain nombre de cultures, le premier jour de l’hiver et est généralement associé à un jour férié, comme par exemple les Saturnales romaines, Hanoucca dans la religion juive, Kwanzaa pour certains afro-américains ou Noël, Sol invictus, Dies natalis solis invicti, fête de la naissance de Mitra, ancienne fête païenne assimilée par la religion chrétienne.

    [3] On appelle Ancien Testament ou Ancienne Alliance (en grec : Ἡ Παλαιὰ Διαθήκη / Hē Palaià Diath) l'ensemble des écrits de la Bible antérieurs à la vie de Jésus (laquelle est relatée dans le Nouveau Testament). Le mot testament vient du mot grec διαθήκη / diath : testament, contrat, convention, traduit en latin par testamentum (testament ; témoignage). Le mot grec a un sens plus large (celui de contrat) que celui du mot latin, aussi certains préfèrent le traduire par « Alliance ».

    Les chrétiens considèrent que la Bible se compose dès lors de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament.

    L'Ancien Testament comprend principalement le Pentateuque (ou Torah), les Livres des Prophètes, d'Autres Écrits, et, pour le catholicisme, les livres deutérocanoniques.

    [4] Initiateurs aux mystères sacrés

    [5] La christologie est la discipline de la théologie dogmatique qui étudie la personne et les paroles de Jésus-Christ, réfléchit sur la confession de foi chrétienne relative à Jésus-Christ, à partir notamment de la signification et de l'évolution des titres donnés à Jésus tels que Christ, Seigneur, Fils de Dieu, et qui, par conséquent, réfléchit à l'identité et à la nature du Christ, et la signification doctrinale du titre de Christ. Son influence se répercute dans tous les domaines de la théologie chrétienne.

    [6] La gnose (du grec γνώσις, connaissance) est une philosophie ou une science du salut fondée sur une connaissance de soi ou sur une révélation intérieure. Elle se fonde sur l'idée que la libération de l'âme du monde matériel passe par la connaissance (ou l'expérience) directe de la divinité. Ainsi, pour l'historien des religions, on peut appeler gnose « toute attitude religieuse fondée sur la théorie ou sur l'expérience de l'obtention du salut par la Connaissance ». Cette idée, qui a notamment donné son nom au gnosticisme, se retrouve dans plusieurs traditions religieuses.

    Il convient toutefois de distinguer la gnose dite éternelle ou philosophique de la gnose - du gnosticisme - dit historique des sectes chrétiennes des 1er et 2ème siècles de notre ère, qualifiées par l'Église catholique romaine d'hérétiques. Ces dernières prétendaient tout autant que leur concurrente faire référence à un christianisme authentique. Cependant on les accusait de relever davantage de croyances mythologiques et des pratiques magiques dans un système religieux donné que d'un effort d'intériorisation spirituel.

    [7] Le néoplatonisme est une doctrine philosophique élaborée à partir du 3ème siècle à Rome (Ammonios Saccas, et surtout Plotin), close avec Damascius en 544. Elle tentait de concilier la philosophie de Platon avec certaines spiritualités orientales.

    [8] Le Livre de la Genèse (du grec Γένεσις, « naissance », « commencement », « source », « origine », « cause ») est le premier livre de la Torah (Pentateuque), donc du Tanakh (la bible hébraïque) et de la bible chrétienne. En hébreu, son intitulé est Bereshit (« au début de … ») d'après le premier mot de la première parasha du Livre. La tradition juive considérant qu'il a été écrit par Moïse, on l'appelle parfois le Premier Livre de Moïse.

    Le livre de la Genèse veut expliquer l'origine de l'homme et du peuple hébreu jusqu'à son arrivée en Égypte en l'éclairant par le projet de Dieu. Il contient les présupposés et bases historiques aux idées et institutions nationales et religieuses d'Israël, et sert de préface, introduction ou en-tête à son histoire, ses lois et coutumes.

    [9] Subtils jeux linguistiques qui stimulaient l’attention et aidaient la mémoire.

    [10] Les Sémites sont un ensemble de peuples à caractères linguistiques communs réunis conventionnellement. Cette réunion a été souvent abusive, et amène à désigner par les nazis un caractère génétique commun, supposant une ethnie commune. Les peuples sémitiques regroupent, en réalité plusieurs peuples différents, et dont les individus les composant sont, notamment pour les juifs, d'origines ethniques différentes. Généralement on désigne sous ce vocable la langue arabe, la langue hébraïque, et la langue éthiopienne.

    Le mot vient du nom propre Sem (en hébreu שֵׁם,šem, « nom, renommée, prospérité ») désignant un des fils de Noé, duquel, selon la Bible, seraient issus plusieurs peuples (la plupart des tribus arabes, Araméens, Assyriens, Elamites, Hébreux et Phéniciens) et dont les représentants modernes sont les Arabes, les Chaldéens (Assyriens, Babyloniens), Hébreux, les Syriaques, etc.

    [11] Un hiérophante est un prêtre qui explique les mystères du sacré. Dans l'Antiquité grecque, le mot désignait plus particulièrement le prêtre qui présidait aux mystères d'Éleusis et instruisait les initiés.

    Ce titre est aussi employé dans les rites maçonniques égyptiens, notamment dans les rituels de la Grande Loge Française de Memphis & Misraïm, Ordre des Rites Unis restaurés par Garibaldi en 1881.

    [12] Dans l'Antiquité, on y célébrait des mystères liés au culte de Déméter, déesse de la fertilité, divinisation de la terre nourricière.

    [13] L'ethos représente le style que doit prendre l'orateur pour capter l’attention et gagner la confiance de l’auditoire, pour se rendre crédible et sympathique. Il s'adresse à l'imagination de l'interlocuteur. Aristote définit le bon sens, la vertu et la bienveillance comme étant les éléments facilitant la confiance en l'orateur. On pourra y ajouter la franchise et la droiture.

    [14] En philosophie, l'architectonique est la coordination scientifique de tous les savoirs ou des diverses parties d'un système. Le terme a d'abord été utilisé par Aristote dans « L'Ethique à Nicomaque » : la politique est l'art de l'architectonique, qui organise les activités de la Cité.

     

    Bibliographie

    Berteaux Raoul - La symbolique au grade d'Apprenti

    Editions Edimaf, Paris, 1986

     

    Béresniak Daniel - Rites et symboles de la Franc-maçonnerie

    Tome 1 : « Les Loges Bleues » - Editions Detrad, Paris, 1995

     

    Blanquart Henri - Les mystères de l’Evangile de Jean

    Editions Le Léopard d’Or, Paris, 1988

     

    Boismard [15] Marie-Émile

    Le Prologue de Jean

    Editions du Cerf, Collection « Lectio Divina [16] », 1953

     

    Bonnet Jacques - Le Midrash de l’Evangile de Jean

    Editions Bonnet, Roanne, 1984

     

    Bonsirven J. - Les aramaïsmes de Jean l’Evangéliste - 1949

     

    Boucher Jules - La symbolique maçonnique

    Editions Dervy, Paris, 1995

     

    Chouraqui André - L’Evangile selon Jean

    Editions J.-C. Lattès, Paris, 1993

     

    Chouraqui André - La Bible

    Editions Desclée de Brouwer, Paris, 2003


    Comte Fernand - Les livres sacrés

    Editions Bordas

     

    Ducluzeau Francis - L’Initiateur

    Une lecture initiatique de l’Evangile de Jean

    La Pierre philosophale

    Editions du Rocher, 1994

     

    Dannagh Hervé - L'influence de saint Jean dans la Franc-maçonnerie

    Editions Dervy, Paris, 1999

     

    Diel Paul et Solotareff Jeanine - Le Symbolisme dans l’Evangile de Jean

    Editions Payot, Paris, 1983

     

    Collectif - Ecole biblique de Jérusalem

    La Bible de Jérusalem

    Editions Desclée de Brouwer, Paris, 2000

     

    Mondet Jean-Claude

    La Première Lettre - L’Apprenti au Rite Ecossais Ancien et Accepté

    Editions du Rocher, Monaco, 2007 - Pages 164 à 167

     

    Noël Danielle (Sélectionnées par)

    365 méditations bibliques

    Editions Presses de la Renaissance (ou France Loisirs)

     

    Philippe Marie-Dominique - Saint Thomas d’Aquin

    Commentaire sur l'Evangile de saint Jean

    Tome 1, le Prologue, la vie apostolique du Christ [17]

    Editions du Cerf, 1998

     

    Wientzen Max - Prologue à l’Evangile de Jean

    Une approche linguistique et symbolique

    Editions Modulaires Européennes, Fernelmont, 2010

     

    Wirth Oswald - La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes

    Tome 1 : L'apprenti - Editions Dervy, Paris, 1994

     

     

    [15] Marie-Émile (Claude) Boismard, dominicain, licencié en théologie (Le Saulchoir) et en sciences bibliques (Rome), fut successivement professeur de Nouveau Testament à l'École biblique de Jérusalem (1948-1950), puis à l'Université de Fribourg en Suisse (1950-1953), et de nouveau à l'École biblique de Jérusalem (1953-1993).

    [16] La « lectio divina », c'est-à-dire la lecture réfléchie et méditée de la Bible, était à l'époque patristique comme au Moyen Age, l'étude essentielle des clercs, base commune de leur enseignement et de leur prédication, nourriture de leur pensée aussi bien que de leur prière.

    Créée en 1946, la collection « Lectio divina » a voulu servir et aider à une intelligence totale de la Bible. Elle a publié aussi bien des études d'exégèse mettant à profit les progrès les plus exacts de nos connaissances historiques, que des travaux de théologie biblique ou d'une exégèse « spirituelle » renouvelée.

    [17] Parmi les œuvres de saint Thomas, ce commentaire tient une place unique, non seulement parce qu'il compte, de fait, parmi les dernières œuvres du Docteur angélique, mais encore, parce que l'Evangile de Jean contient ce qu'il y a d'ultime dans la Révélation.

     


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