• * Le Frère Maître des Cérémonies

    Sa responsabilité générale

    Le Frère Maître des Cérémonies est chargé d’introduire, de guider et de conduire les Frères dans la Loge. Il assiste le Vénérable Maître dans toutes les Tenues et cérémonies et intervient dans l’Ouverture et la Fermeture des Travaux en allumant ou en éteignant les luminaires.

    Il précède et conduit le Vénérable Maître dans ses déplacements. Gardien du bon déroulement des cérémonies, il se déplace autant de fois qu’il convient pour corriger ce qui manque ou ce qui semble incorrect.

    Le Frère Maître des Cérémonies est responsable de toutes les cérémonies dont il doit parfaitement connaître le déroulement. Il s’assure que les candidats aux différents degrés sont convenablement préparés.

    Pour l’accueil des Autorités maçonniques éventuellement présentes, il prévoit la désignation de 3 Frères porteurs d’étoile, notamment lorsque le Très Respectable Grand Maître ou son adjoint viennent rendre visite à la Loge. Il veille aussi à ce que les épées nécessaires à la formation de la voûte d’acier aient été préparées et mises à la disposition des Frères qui doivent s’en servir.

    Lors de l’installation de la nouvelle Commission d’Officiers Dignitaires, il prête le serment d’usage sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie. Pour la transmission des décors, l’ordre à respecter est le suivant : d’abord le sautoir, puis le tablier de fonction, et enfin la canne.

    Comme pour tous les autres Officiers Dignitaires de la Loge, le Frère Maître des Cérémonies est reconnaissable au bijou qui orne son sautoir, ainsi qu’à l’attribut qui lui a été octroyé de tradition : la canne.

    Son sautoir

    Le sautoir du Frère Maître des Cérémonies est orné d’un bijou composé de deux cannes croisées et liées par un ruban.

    * Le Frère Maître des Cérémonies

    Symbolisme de son bijou

    Ces deux cannes entrecroisées et liées par un ruban reproduisent le symbole mythique de la Canne dont cet officier ne se départit jamais quand il se déplace dans la Loge.

     

    L’attribut de sa charge : une canne

    Comme Hermès et Moïse, le Maître des Cérémonies porte un bâton de commandement : une canne. Ce bâton représente l’axe du monde qui soutient le ciel, tout en reposant sur la terre, mais aussi l’axe qui relie le céleste et le terrestre. Il représente l’autorité matérielle et spirituelle, la maîtrise des énergies célestes et terrestres. Il est le trait d’union entre ces deux forces, comme objet permettant d’accomplir les miracles du ciel sur la terre parce qu'il touche le ciel par un bout, et la terre par l’autre.

    Tout comme cet autre puissant symbole de la Vie et de la Verticalité, l’Arbre, qui met en communication les trois niveaux du cosmos, le souterrain à travers ses racines, la surface à travers son tronc, et les hauteurs à travers ses branches, la canne établit un rapport entre la terre et le ciel à travers l’Homme.

    Les ouvrages sur les rites, symboles et accessoires rituels de la Franc-maçonnerie ne manquent pas mais l’allusion à l’emploi de la canne est assez rare.

    Irène Mainguy, dans son livre « La Symbolique maçonnique du troisième millénaire » écrit à ce propos : « Le Maître des Cérémonies siège devant le Trésorier en tête de la Colonne du Midi, face au Nord et à l’Expert. Il est chargé de la réception des visiteurs et annonce les dignitaires maçonniques qu’il introduit avec solennité dans le temple portant toujours sa canne ».

    Il s’agit donc d’une canne d’apparat, analogue à celle du suisse, qui se déplace dans l’église pour y placer les fidèles ou précéder les entrées et sorties des ministres du culte.

    Contrairement à ce que certains auteurs ont écrit, ce type de canne n’a aucun rapport avec celle des compagnons du tour de France, dont elle n’est pas issue. Cette dernière est une canne de marche servant occasionnellement à l’exercice de certains rites, mais elle n’est pas originellement une canne de cérémonie mais de marche. De plus, si elle est attestée de longue date (1650) dans sa double fonction au sein des compagnonnages, la canne n’est pas signalée dans les plus anciens documents maçonniques.

    La fonction de Maître des Cérémonies n’est pas toujours très bien définie et sa canne ne paraît pas avoir été utilisée jusqu’à la fin du 19ème siècle pour l’accomplissement d’un rite particulier. C’était plutôt l’insigne de la fonction de celui qui la tenait et qui se déplaçait dans la Loge.

    La rareté des mentions de la canne dans la plupart des rituels et autres documents datant des 18ème et 19ème siècles ne signifie pas qu’elle était inusitée, mais cela atteste que son emploi n’était pas codifié. Le Maître des Cérémonies portait une canne parce que c’était l’attribut normal de sa fonction, sans qu’il y ait besoin de le spécifier. Cependant, il en existe quelques mentions éparses.

    La marche du Maître des Cérémonies

    Dans ses déplacements, le  Frère Maître des Cérémonies se déplace en principe en martelant le sol de son bâton. Cette attitude, ce martèlement, confère  une majesté bien plus importante et est à mettre  en relation avec les traditions antiques où cet usage était courant. Dans notre obédience, cette habitude semble souvent méconnue ou oubliée.

    Dans certaines anciennes Loges, pour la  plupart au Grand Orient de France, le déplacement du Maître des Cérémonies est bien plus ostentatoire puisque, à chaque pas, il décrit un triangle dans un plan horizontal avec l’extrémité supérieure de son bâton. Ceci peut nous sembler exagéré mais on ne peut nier toute la magnificence qui se dégage d’une telle action.

    Lors de ses déplacements en Loge, le Frère Maître des Cérémonies  est conscient de ses pieds et du sol, du mouvement de ses jambes, concrètement et symboliquement. Il devient conscient de l’énergie qui circule dans son corps et de l’être qui l’habite.

    Tous les déplacements en Loge devraient être exécutés avec la conscience de l’être ou la vigilance nécessaire à éveiller cette conscience.

    Beaucoup de Maîtres de Cérémonies oublient qu’il y a lieu de tenir cette canne fermement de la main droite, et qu’il convient aussi, dans les déplacements de synchroniser ses coups de façon naturelle avec chaque troisième pas.

    Le Frère Maître des Cérémonies en marche nous rappelle que, tout comme le pèlerin sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, si nous n’avançons pas, nous n’atteignons pas notre but.

    Analyse du rôle du Maître des Cérémonies

    Le Frère Maître des Cérémonies est en fait le Maître des Rituels. Il a un rôle important dans le bon fonctionnement de la Loge, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel. Il relie les deux plans permettant aux Frères de passer avec aisance de l’un à l’autre.

    Le Frère Maître des Cérémonies est aussi assisté du Frère Expert qui garde l’épée relevée, connaît l'ordre universel et recueille l'énergie nécessaire à la défense de l'harmonie de la fraternité.

    Souvent avec l’aide du Frère Architecte, il veille à ce que la Loge soit prête tant pour les cérémonies que pour les Tenues ordinaires.

    Il introduit les Officiers et les Frères lors des entrées rituelles et intervient lorsque l’ordre supérieur l’exige.

    Signe d'ordre et signe de fidélité

    Lorsque le Vénérable Maître demande la mise à l’ordre, le Frère Maître des Cérémonie redresse sa canne, son bras formant alors une équerre avec son avant-bras.

    Lorsqu'il est en attente de toute demande du Vénérable Maître, le Frère maître des Cérémonies est censé être au Signe de Fidélité, que qu’il exécute en inclinant sa canne à sa droite, son avant-bras étant alors tendu dans le prolongement de son bras.

    Aspects symboliques de la fonction de Maître des Cérémonies

    Le Frère Maître des Cérémonies connaît l’ordre cosmique ou sa représentation géographique sur terre, projetée à l’intérieur de la Loge. Il règle les déplacements dans le corps de la Loge en veillant à la prédominance de l’ordre universel.

    Il est la représentation des lois divines et le garant de l’ordre maçonnique. Il est libre de ses pulsions émotionnelles, libre de ses idées, libre de son corps pour exécuter avec conscience les gestes justes qui correspondent à l’harmonie éternelle et qui ont été codifiés au rituel.

    Le Frère Maître des Cérémonies est le symbole de l’ordre cosmique et maçonnique qu’il respecte et illustre dans ses manifestations au sein de la Loge.

    Il assiste le Vénérable Maître afin que la descente de la Lumière respecte cet ordre. Tout comme l’aveugle qui frappe le sol devant lui avec sa canne, le Frère Maître des Cérémonies fait de même quand il avance en Loge.

    Il est aussi un guide qui a la sagesse de savoir qu’il est aveugle et a besoin pour avancer vers la Lumière, en plus de ses deux jambes, d’un troisième support : sa canne.

    Son rôle lors de l’Ouverture des Travaux

    Le Frère Maître des Cérémonies, assisté du Frère Expert au Rite Écossais Ancien Accepté, secondé par les Frères Surveillants au Rite moderne, aide le Vénérable Maître à ouvrir la Loge. Ce n'est pas simplement ouvrir le local où les Frères sont rassemblés, mais plutôt ouvrir l'esprit et rassembler ce qui est épars pour en faire une unité.

    Ainsi ouvrir la Loge, c'est procéder à notre ouverture d'esprit. Le rituel a pour but d’harmoniser les forces, de permettre une concentration vers un même objectif, de combler le fossé qui pourrait exister entre l’intérieur et l’extérieur.

    L’enceinte une fois fermée devient un lieu consacré.

    C’est donc avant même le départ, une invitation pressante à cultiver le regard intérieur, à se connaître soi-même. Chaque Frère devient ainsi acteur, un acteur qui vit intensément son rôle, entouré de mystère. Cette attitude agit sur la nature même de l’individu et son sens secret.

    Invitation au travail et à l’abandon des métaux

    Sur les parvis, avant d’entrer en Loge, le Frère Maître des Cérémonies gère l’attente, ménage l’énergie qu’il va ensuite contribuer à répartir sur les Colonnes. Il nous invite au silence, au travail et à l’abandon des métaux, c’est-à-dire les choses futiles, négatives et impermanentes qui ne sont absolument plus nécessaires ni dans la Loge, ni dans notre cœur. Cette invitation rituelle permet de passer d’un état extérieur à un état intérieur.

    Le Frère Maître des Cérémonies va fixer le mouvement des Frères autour de l'axe vertical qui va du Zénith au Nadir par la circumambulation. La circulation empêche l'écart de l'axe central où tout est UN, provoque la concentration, favorise le silence intérieur et le travail sur soi-même auquel nous invite le Vénérable Maître.

    « Une révolution autour d’un point est un mouvement contenu par la fixité. Car la circulation empêche l’écart, et l’écart empêché se fixe dans la circulation. L’opposition de ces deux mouvements produit un état stable toujours maintenu par les résistances mutuelles ». (Extrait du Corpus Hermeticum)

    Donc la stabilité est le résultat d’un mouvement, d’une dynamique, de ces résistances mutuelles et non pas une absence de mouvement, une inertie.

    Le Frère Maître des Cérémonies est donc là pour inviter à la maîtrise du mouvement extérieur afin que « le mouvement contenu par la fixité du point », l’axe central ou tout est un, provoque la concentration, favorise le silence intérieur et le travail auquel nous invite le Vénérable Maître.

    Le Frère Maître des Cérémonies est donc là pour veiller à l’instant, au présent, à l’ordonnancement. Il appelle à l’ordre, à sortir du chaos.

    Il nous invite au silence, à la prise de conscience, à préparer nos esprits au calme afin que le mental, tellement proche du fonctionnement « matière » et duel laisse place aux propositions de la tri-unité.

    De l’entrée en Loge

    Après un instant de silence, par un coup de canne frappé sur le sol, le Frère Maître des Cérémonies appelle les Apprentis et les Frères visiteurs à le suivre. Le coup de canne plonge les Frères dans une autre atmosphère, afin de les faire bénéficier de l’action qui va se dérouler. La musique diffusée par le Frère Maître de la Colonne d’Harmonie prédispose l’esprit à la contemplation des choses divines.

    Lorsque nous pénétrons dans la Loge, seule une faible lumière scintille à l’Orient et il est nécessaire d'avancer pour que cette petite flamme parvienne à un éclairage total.

    Il convient que la circulation dans la Loge suive un sens déterminé. Les Frères sont obligés d’être conduits afin de ne pas s’éloigner de la voie, dans la crainte de s’égarer, de tomber dans l’abîme.

    Le sens est donné en considérant que tout Frère regarde l’Orient, car il vénère et cherche la Lumière, le soleil naissant. En fait, le temps profane ne compte plus car nous sommes dans un symbolisme solaire et aussi bien l’évocation de l’heure que l’orientation de la Loge, la disposition des Frères, la position des Colonnes témoignent de l’observation du soleil. La Porte de la Loge est placée à l’Occident, car le Maçon vient des Ténèbres, du monde profane pour approcher de l’Orient, à la recherche de la Lumière. Et pour parvenir à l’Orient, il faut passer entre les Colonnes. Il ne faut pas oublier que l'atmosphère d'une Loge est créée à partir d'actes rituels et d'objets symboliques disposés selon un ordre bien déterminé.

    Puis vient le tour des Compagnons qui siègent sur la Colonne du Midi, face aux Apprentis. Ils se séparent des Apprentis une fois entrés en Loge. Enfin vient le tour des Maîtres qui ont le droit de prendre place librement sur l’une ou l’autre Colonne.

    La Commission des Officiers Dignitaires entre généralement ensuite, les Frères Surveillants, le Passé Maître Immédiat et le Vénérable Maître en dernier lieu.

    Le Frère Maître des Cérémonies accompagne tous les Frères de la Loge tout comme les Frères visiteurs dans tous leurs déplacements. Au sein de la Loge, il est le seul à circuler et nul ne se déplace sans être accompagné par lui. Remarquons cependant qu'au Rite Français moderne, le Vénérable Maître, tout comme le Frère Expert, peuvent se déplacer seuls dans certaines circonstances.

    Des Travaux

    Selon l’ordre du jour des Travaux de la Loge, le Frère Maître des Cérémonies peut n’avoir qu’un rôle succinct à jouer, comme, par exemple, guider le Frère conférencier jusqu’à la stalle de l’Orateur puis le raccompagner jusqu’à sa place sur les Colonnes à l’issue de son exposé.

    Mais lorsqu’il s’agit d’une cérémonie d’Initiation (Réception au grade d’Apprenti), d’un Passage au grade de Compagnon, d’une Élévation à la Maîtrise… le rôle du Frère Maître des Cérémonies est assez important et il convient qu’il ait une connaissance parfaite du rituel de chaque cérémonie.

    De la Clôture des Travaux

    Lorsque arrive le moment de la Fermeture des Travaux, le Frère Maître des Cérémonies passe pour faire circuler le « Sac aux Propositions » et recueillir les oboles dans le « Tronc de la Veuve » ou « Tronc de Bienfaisance » ou « Tronc de Solidarité » (selon le rite pratiqué).

    Enfin, au Rite Écossais Ancien Accepté, il se place devant chacun des Piliers du Carré long (Beauté, Force, Sagesse) pour éteindre la flamme qui le surmonte suivant les dispositions du rituel propre à la Loge et au rite auquel elle travaille. Au Rite moderne, il passe l’éteignoir à chaque Frère Surveillant puis au Vénérable Maître qui éteignent eux-mêmes la bougie qui brûle devant eux.

    Le Tableau de Loge est généralement recouvert par le plus jeune des Apprentis. Le Vénérable Maître quitte sa stalle (son « plateau ») suivi par tous les Frères, dans un ordre bien précis, conforme au rituel pratiqué par la Loge.

    En guise de conclusion provisoire

    Le Frère Maître des Cérémonies se doit de connaître parfaitement les rituels pratiqués dans sa Loge afin de participer efficacement aux parties essentielles de la cérémonie. Ce n’est qu’ainsi qu’il deviendra un exemple pour ses Frères. Il se doit aussi d’être prudent, circonspect et scrupuleux. Véritable gardien de l’harmonie de la Loge, il veille à sa sérénité.

     

    R:. F:. A. B.

     

    Bibliographie

     

    Alban Gilbert

    Manuel pratique du Grand Expert et du Maître de Cérémonies

    ou de l'exécution correcte des Rituels aux Trois degrés 

    Collection « Les Officiers de Loge »

    Editions Detrad, Paris, 1995

     

    Bayard, Jean-Pierre

    Symbolisme Maçonnique Traditionnel

    Edimaf, Paris, 1982

     

    Béresniak Daniel

    Les offices et les officiers de la Loge

    Editions Detrad, Paris, 2008

     

    Darche Claude

    Vade-mecum de l’Apprenti

    Editions Dervy, Paris, 2006

     

    Delclos, M. - Caradeau, J.-L.

    Les Symboles Maçonniques

    Editions Trajectoire, Paris, 2009

     

    Frankeski, F.

    L'Art de l'Officier en Loge

    Edition de Midi, Nice, 2008

     

    Guigue Christian

    La formation maçonnique

    Editions Guigue, Mons-en-Baroeul, 2003

     

    Ligou Daniel (dir.)

    Dictionnaire de la Franc-maçonnerie

    Presse universitaire de France,‎ 2012

     

    Mainguy Irène

    La Symbolique maçonnique du troisième millénaire

    Editions Dervy, Paris, 2001, p. 359 – 360

     

    Ménard Louis

    Hermès  Trismégiste

    Traduction complète précédée d'une étude sur l'origine des livres hermétiques

    Deuxième édition

    Librairie Académique Didier & Cie, Libraires Éditeurs, Paris, 1867

     


  • Commentaires

    1
    Jean-Pol
    Mercredi 16 Septembre 2015 à 13:26

    Au rite Français moderne,le V:.M:. peut,dans certaines circonstances du rituel,se déplacer seul.

    Au même rite,le F:.Expert peut aussi,dans certaines circonstances,se déplacer seul.

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