• Sa responsabilité générale

    Le Frère Maître des Cérémonies est chargé d’introduire, de guider et de conduire les Frères dans la Loge. Il assiste le Vénérable Maître dans toutes les Tenues et cérémonies et intervient dans l’Ouverture et la Fermeture des Travaux en allumant ou en éteignant les luminaires.

    Il précède et conduit le Vénérable Maître dans ses déplacements. Gardien du bon déroulement des cérémonies, il se déplace autant de fois qu’il convient pour corriger ce qui manque ou ce qui semble incorrect.

    Le Frère Maître des Cérémonies est responsable de toutes les cérémonies dont il doit parfaitement connaître le déroulement. Il s’assure que les candidats aux différents degrés sont convenablement préparés.

    Pour l’accueil des Autorités maçonniques éventuellement présentes, il prévoit la désignation de 3 Frères porteurs d’étoile, notamment lorsque le Très Respectable Grand Maître ou son adjoint viennent rendre visite à la Loge. Il veille aussi à ce que les épées nécessaires à la formation de la voûte d’acier aient été préparées et mises à la disposition des Frères qui doivent s’en servir.

    Lors de l’installation de la nouvelle Commission d’Officiers Dignitaires, il prête le serment d’usage sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-maçonnerie. Pour la transmission des décors, l’ordre à respecter est le suivant : d’abord le sautoir, puis le tablier de fonction, et enfin la canne.

    Comme pour tous les autres Officiers Dignitaires de la Loge, le Frère Maître des Cérémonies est reconnaissable au bijou qui orne son sautoir, ainsi qu’à l’attribut qui lui a été octroyé de tradition : la canne.

    Son sautoir

    Le sautoir du Frère Maître des Cérémonies est orné d’un bijou composé de deux cannes croisées et liées par un ruban.

    * Le Frère Maître des Cérémonies

    Symbolisme de son bijou

    Ces deux cannes entrecroisées et liées par un ruban reproduisent le symbole mythique de la Canne dont cet officier ne se départit jamais quand il se déplace dans la Loge.

     

    L’attribut de sa charge : une canne

    Comme Hermès et Moïse, le Maître des Cérémonies porte un bâton de commandement : une canne. Ce bâton représente l’axe du monde qui soutient le ciel, tout en reposant sur la terre, mais aussi l’axe qui relie le céleste et le terrestre. Il représente l’autorité matérielle et spirituelle, la maîtrise des énergies célestes et terrestres. Il est le trait d’union entre ces deux forces, comme objet permettant d’accomplir les miracles du ciel sur la terre parce qu'il touche le ciel par un bout, et la terre par l’autre.

    Tout comme cet autre puissant symbole de la Vie et de la Verticalité, l’Arbre, qui met en communication les trois niveaux du cosmos, le souterrain à travers ses racines, la surface à travers son tronc, et les hauteurs à travers ses branches, la canne établit un rapport entre la terre et le ciel à travers l’Homme.

    Les ouvrages sur les rites, symboles et accessoires rituels de la Franc-maçonnerie ne manquent pas mais l’allusion à l’emploi de la canne est assez rare.

    Irène Mainguy, dans son livre « La Symbolique maçonnique du troisième millénaire » écrit à ce propos : « Le Maître des Cérémonies siège devant le Trésorier en tête de la Colonne du Midi, face au Nord et à l’Expert. Il est chargé de la réception des visiteurs et annonce les dignitaires maçonniques qu’il introduit avec solennité dans le temple portant toujours sa canne ».

    Il s’agit donc d’une canne d’apparat, analogue à celle du suisse, qui se déplace dans l’église pour y placer les fidèles ou précéder les entrées et sorties des ministres du culte.

    Contrairement à ce que certains auteurs ont écrit, ce type de canne n’a aucun rapport avec celle des compagnons du tour de France, dont elle n’est pas issue. Cette dernière est une canne de marche servant occasionnellement à l’exercice de certains rites, mais elle n’est pas originellement une canne de cérémonie mais de marche. De plus, si elle est attestée de longue date (1650) dans sa double fonction au sein des compagnonnages, la canne n’est pas signalée dans les plus anciens documents maçonniques.

    La fonction de Maître des Cérémonies n’est pas toujours très bien définie et sa canne ne paraît pas avoir été utilisée jusqu’à la fin du 19ème siècle pour l’accomplissement d’un rite particulier. C’était plutôt l’insigne de la fonction de celui qui la tenait et qui se déplaçait dans la Loge.

    La rareté des mentions de la canne dans la plupart des rituels et autres documents datant des 18ème et 19ème siècles ne signifie pas qu’elle était inusitée, mais cela atteste que son emploi n’était pas codifié. Le Maître des Cérémonies portait une canne parce que c’était l’attribut normal de sa fonction, sans qu’il y ait besoin de le spécifier. Cependant, il en existe quelques mentions éparses.

    La marche du Maître des Cérémonies

    Dans ses déplacements, le  Frère Maître des Cérémonies se déplace en principe en martelant le sol de son bâton. Cette attitude, ce martèlement, confère  une majesté bien plus importante et est à mettre  en relation avec les traditions antiques où cet usage était courant. Dans notre obédience, cette habitude semble souvent méconnue ou oubliée.

    Dans certaines anciennes Loges, pour la  plupart au Grand Orient de France, le déplacement du Maître des Cérémonies est bien plus ostentatoire puisque, à chaque pas, il décrit un triangle dans un plan horizontal avec l’extrémité supérieure de son bâton. Ceci peut nous sembler exagéré mais on ne peut nier toute la magnificence qui se dégage d’une telle action.

    Lors de ses déplacements en Loge, le Frère Maître des Cérémonies  est conscient de ses pieds et du sol, du mouvement de ses jambes, concrètement et symboliquement. Il devient conscient de l’énergie qui circule dans son corps et de l’être qui l’habite.

    Tous les déplacements en Loge devraient être exécutés avec la conscience de l’être ou la vigilance nécessaire à éveiller cette conscience.

    Beaucoup de Maîtres de Cérémonies oublient qu’il y a lieu de tenir cette canne fermement de la main droite, et qu’il convient aussi, dans les déplacements de synchroniser ses coups de façon naturelle avec chaque troisième pas.

    Le Frère Maître des Cérémonies en marche nous rappelle que, tout comme le pèlerin sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, si nous n’avançons pas, nous n’atteignons pas notre but.

    Analyse du rôle du Maître des Cérémonies

    Le Frère Maître des Cérémonies est en fait le Maître des Rituels. Il a un rôle important dans le bon fonctionnement de la Loge, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel. Il relie les deux plans permettant aux Frères de passer avec aisance de l’un à l’autre.

    Le Frère Maître des Cérémonies est aussi assisté du Frère Expert qui garde l’épée relevée, connaît l'ordre universel et recueille l'énergie nécessaire à la défense de l'harmonie de la fraternité.

    Souvent avec l’aide du Frère Architecte, il veille à ce que la Loge soit prête tant pour les cérémonies que pour les Tenues ordinaires.

    Il introduit les Officiers et les Frères lors des entrées rituelles et intervient lorsque l’ordre supérieur l’exige.

    Signe d'ordre et signe de fidélité

    Lorsque le Vénérable Maître demande la mise à l’ordre, le Frère Maître des Cérémonie redresse sa canne, son bras formant alors une équerre avec son avant-bras.

    Lorsqu'il est en attente de toute demande du Vénérable Maître, le Frère maître des Cérémonies est censé être au Signe de Fidélité, que qu’il exécute en inclinant sa canne à sa droite, son avant-bras étant alors tendu dans le prolongement de son bras.

    Aspects symboliques de la fonction de Maître des Cérémonies

    Le Frère Maître des Cérémonies connaît l’ordre cosmique ou sa représentation géographique sur terre, projetée à l’intérieur de la Loge. Il règle les déplacements dans le corps de la Loge en veillant à la prédominance de l’ordre universel.

    Il est la représentation des lois divines et le garant de l’ordre maçonnique. Il est libre de ses pulsions émotionnelles, libre de ses idées, libre de son corps pour exécuter avec conscience les gestes justes qui correspondent à l’harmonie éternelle et qui ont été codifiés au rituel.

    Le Frère Maître des Cérémonies est le symbole de l’ordre cosmique et maçonnique qu’il respecte et illustre dans ses manifestations au sein de la Loge.

    Il assiste le Vénérable Maître afin que la descente de la Lumière respecte cet ordre. Tout comme l’aveugle qui frappe le sol devant lui avec sa canne, le Frère Maître des Cérémonies fait de même quand il avance en Loge.

    Il est aussi un guide qui a la sagesse de savoir qu’il est aveugle et a besoin pour avancer vers la Lumière, en plus de ses deux jambes, d’un troisième support : sa canne.

    Son rôle lors de l’Ouverture des Travaux

    Le Frère Maître des Cérémonies, assisté du Frère Expert au Rite Écossais Ancien Accepté, secondé par les Frères Surveillants au Rite moderne, aide le Vénérable Maître à ouvrir la Loge. Ce n'est pas simplement ouvrir le local où les Frères sont rassemblés, mais plutôt ouvrir l'esprit et rassembler ce qui est épars pour en faire une unité.

    Ainsi ouvrir la Loge, c'est procéder à notre ouverture d'esprit. Le rituel a pour but d’harmoniser les forces, de permettre une concentration vers un même objectif, de combler le fossé qui pourrait exister entre l’intérieur et l’extérieur.

    L’enceinte une fois fermée devient un lieu consacré.

    C’est donc avant même le départ, une invitation pressante à cultiver le regard intérieur, à se connaître soi-même. Chaque Frère devient ainsi acteur, un acteur qui vit intensément son rôle, entouré de mystère. Cette attitude agit sur la nature même de l’individu et son sens secret.

    Invitation au travail et à l’abandon des métaux

    Sur les parvis, avant d’entrer en Loge, le Frère Maître des Cérémonies gère l’attente, ménage l’énergie qu’il va ensuite contribuer à répartir sur les Colonnes. Il nous invite au silence, au travail et à l’abandon des métaux, c’est-à-dire les choses futiles, négatives et impermanentes qui ne sont absolument plus nécessaires ni dans la Loge, ni dans notre cœur. Cette invitation rituelle permet de passer d’un état extérieur à un état intérieur.

    Le Frère Maître des Cérémonies va fixer le mouvement des Frères autour de l'axe vertical qui va du Zénith au Nadir par la circumambulation. La circulation empêche l'écart de l'axe central où tout est UN, provoque la concentration, favorise le silence intérieur et le travail sur soi-même auquel nous invite le Vénérable Maître.

    « Une révolution autour d’un point est un mouvement contenu par la fixité. Car la circulation empêche l’écart, et l’écart empêché se fixe dans la circulation. L’opposition de ces deux mouvements produit un état stable toujours maintenu par les résistances mutuelles ». (Extrait du Corpus Hermeticum)

    Donc la stabilité est le résultat d’un mouvement, d’une dynamique, de ces résistances mutuelles et non pas une absence de mouvement, une inertie.

    Le Frère Maître des Cérémonies est donc là pour inviter à la maîtrise du mouvement extérieur afin que « le mouvement contenu par la fixité du point », l’axe central ou tout est un, provoque la concentration, favorise le silence intérieur et le travail auquel nous invite le Vénérable Maître.

    Le Frère Maître des Cérémonies est donc là pour veiller à l’instant, au présent, à l’ordonnancement. Il appelle à l’ordre, à sortir du chaos.

    Il nous invite au silence, à la prise de conscience, à préparer nos esprits au calme afin que le mental, tellement proche du fonctionnement « matière » et duel laisse place aux propositions de la tri-unité.

    De l’entrée en Loge

    Après un instant de silence, par un coup de canne frappé sur le sol, le Frère Maître des Cérémonies appelle les Apprentis et les Frères visiteurs à le suivre. Le coup de canne plonge les Frères dans une autre atmosphère, afin de les faire bénéficier de l’action qui va se dérouler. La musique diffusée par le Frère Maître de la Colonne d’Harmonie prédispose l’esprit à la contemplation des choses divines.

    Lorsque nous pénétrons dans la Loge, seule une faible lumière scintille à l’Orient et il est nécessaire d'avancer pour que cette petite flamme parvienne à un éclairage total.

    Il convient que la circulation dans la Loge suive un sens déterminé. Les Frères sont obligés d’être conduits afin de ne pas s’éloigner de la voie, dans la crainte de s’égarer, de tomber dans l’abîme.

    Le sens est donné en considérant que tout Frère regarde l’Orient, car il vénère et cherche la Lumière, le soleil naissant. En fait, le temps profane ne compte plus car nous sommes dans un symbolisme solaire et aussi bien l’évocation de l’heure que l’orientation de la Loge, la disposition des Frères, la position des Colonnes témoignent de l’observation du soleil. La Porte de la Loge est placée à l’Occident, car le Maçon vient des Ténèbres, du monde profane pour approcher de l’Orient, à la recherche de la Lumière. Et pour parvenir à l’Orient, il faut passer entre les Colonnes. Il ne faut pas oublier que l'atmosphère d'une Loge est créée à partir d'actes rituels et d'objets symboliques disposés selon un ordre bien déterminé.

    Puis vient le tour des Compagnons qui siègent sur la Colonne du Midi, face aux Apprentis. Ils se séparent des Apprentis une fois entrés en Loge. Enfin vient le tour des Maîtres qui ont le droit de prendre place librement sur l’une ou l’autre Colonne.

    La Commission des Officiers Dignitaires entre généralement ensuite, les Frères Surveillants, le Passé Maître Immédiat et le Vénérable Maître en dernier lieu.

    Le Frère Maître des Cérémonies accompagne tous les Frères de la Loge tout comme les Frères visiteurs dans tous leurs déplacements. Au sein de la Loge, il est le seul à circuler et nul ne se déplace sans être accompagné par lui. Remarquons cependant qu'au Rite Français moderne, le Vénérable Maître, tout comme le Frère Expert, peuvent se déplacer seuls dans certaines circonstances.

    Des Travaux

    Selon l’ordre du jour des Travaux de la Loge, le Frère Maître des Cérémonies peut n’avoir qu’un rôle succinct à jouer, comme, par exemple, guider le Frère conférencier jusqu’à la stalle de l’Orateur puis le raccompagner jusqu’à sa place sur les Colonnes à l’issue de son exposé.

    Mais lorsqu’il s’agit d’une cérémonie d’Initiation (Réception au grade d’Apprenti), d’un Passage au grade de Compagnon, d’une Élévation à la Maîtrise… le rôle du Frère Maître des Cérémonies est assez important et il convient qu’il ait une connaissance parfaite du rituel de chaque cérémonie.

    De la Clôture des Travaux

    Lorsque arrive le moment de la Fermeture des Travaux, le Frère Maître des Cérémonies passe pour faire circuler le « Sac aux Propositions » et recueillir les oboles dans le « Tronc de la Veuve » ou « Tronc de Bienfaisance » ou « Tronc de Solidarité » (selon le rite pratiqué).

    Enfin, au Rite Écossais Ancien Accepté, il se place devant chacun des Piliers du Carré long (Beauté, Force, Sagesse) pour éteindre la flamme qui le surmonte suivant les dispositions du rituel propre à la Loge et au rite auquel elle travaille. Au Rite moderne, il passe l’éteignoir à chaque Frère Surveillant puis au Vénérable Maître qui éteignent eux-mêmes la bougie qui brûle devant eux.

    Le Tableau de Loge est généralement recouvert par le plus jeune des Apprentis. Le Vénérable Maître quitte sa stalle (son « plateau ») suivi par tous les Frères, dans un ordre bien précis, conforme au rituel pratiqué par la Loge.

    En guise de conclusion provisoire

    Le Frère Maître des Cérémonies se doit de connaître parfaitement les rituels pratiqués dans sa Loge afin de participer efficacement aux parties essentielles de la cérémonie. Ce n’est qu’ainsi qu’il deviendra un exemple pour ses Frères. Il se doit aussi d’être prudent, circonspect et scrupuleux. Véritable gardien de l’harmonie de la Loge, il veille à sa sérénité.

     

    R:. F:. A. B.

     

    Bibliographie

     

    Alban Gilbert

    Manuel pratique du Grand Expert et du Maître de Cérémonies

    ou de l'exécution correcte des Rituels aux Trois degrés 

    Collection « Les Officiers de Loge »

    Editions Detrad, Paris, 1995

     

    Bayard, Jean-Pierre

    Symbolisme Maçonnique Traditionnel

    Edimaf, Paris, 1982

     

    Béresniak Daniel

    Les offices et les officiers de la Loge

    Editions Detrad, Paris, 2008

     

    Darche Claude

    Vade-mecum de l’Apprenti

    Editions Dervy, Paris, 2006

     

    Delclos, M. - Caradeau, J.-L.

    Les Symboles Maçonniques

    Editions Trajectoire, Paris, 2009

     

    Frankeski, F.

    L'Art de l'Officier en Loge

    Edition de Midi, Nice, 2008

     

    Guigue Christian

    La formation maçonnique

    Editions Guigue, Mons-en-Baroeul, 2003

     

    Ligou Daniel (dir.)

    Dictionnaire de la Franc-maçonnerie

    Presse universitaire de France,‎ 2012

     

    Mainguy Irène

    La Symbolique maçonnique du troisième millénaire

    Editions Dervy, Paris, 2001, p. 359 – 360

     

    Ménard Louis

    Hermès  Trismégiste

    Traduction complète précédée d'une étude sur l'origine des livres hermétiques

    Deuxième édition

    Librairie Académique Didier & Cie, Libraires Éditeurs, Paris, 1867

     


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  • Définition du Secrétaire

    C’est le tuilage de l’Apprenti qui va nous conduire directement à la définition du Secrétaire de la Loge. En effet, si Trois Maçons dirigent la Loge, cinq l’éclairent : ce sont le Vénérable Maître, les deux Surveillants, l’Orateur et le Secrétaire. Dans la hiérarchie maçonnique, le Secrétaire est donc le cinquième Officier, la cinquième « Lumière » au sein d’une loge.

    Comment le reconnaître ?

    Dans le hall d’entrée de la Loge, parfois dans le bar ou dans la salle humide, c’est bien souvent lui qui insistera pour que vous signiez le registre de présences !

    Mais, en Tenue, dans la Loge elle-même ?

    SA PLACE

    Généralement, selon le Rite pratiqué, le Secrétaire d’une loge siège à l’Orient, à la droite du Vénérable Maître (au Rite Moderne, au Rite Français Moderne, au Rite Écossais Philosophique et au Rite Écossais Rectifié, en haut de la colonne du Nord) ou à la gauche du Vénérable (au Rite Écossais Ancien Accepté, en haut de la colonne du Midi), symétriquement par rapport face à l’Orateur.

    Mais s’il n’est pas encore assis à sa place, derrière son « plateau », à sa « stalle » pour reprendre ce néologisme belge ?

    SON SAUTOIR

    Comme signe distinctif de sa charge, le Secrétaire porte un sautoir orné de deux plumes entrecroisées. Qu’est-ce à dire ?

    Le sautoir est à ranger au nombre des « décors » dans l’univers de la Franc-maçonnerie. C’est une sorte de large ruban que les Officiers Dignitaires portent autour du cou pendant les Tenues. A son extrémité pend un bijou qualifié de « mobile » parce que le sautoir peut passer d’un Frère à l’autre selon la fonction qui lui est dévolue.

    Il en existe deux types distincts :

    • les sautoirs des Officiers Dignitaires d’un Atelier ou de la Grande Loge ;
    • les sautoirs des grades supérieurs (Loges dites « de Perfection » ou « Hauts Grades »).

    Les couleurs des sautoirs varient :

    • selon le Rite pratiqué,
    • selon la valeur symbolique accordée à chacun d’eux,
    • selon la fonction de celui qui le porte.

    Ils sont généralement ornés de bijoux (Équerre, Perpendiculaire, Niveau, deux clefs croisées, deux plumes entrecroisées, bourse, deux glaives entrecroisés, Règle et Glaive entrecroisés, etc…) ( Se référer à la planche "Approche du symbolisme des bijoux maçonniques")

    C’est donc grâce à cet emblème que vous pouvez reconnaître la fonction d’un Officier Dignitaire lorsque celui-ci ne se trouve pas encore à sa place, derrière son « plateau ». En ce qui concerne le Frère Secrétaire, son sautoir est donc orné d’un bijou représentant deux plumes entrecroisées.

    Ses fonctions

    La charge de Secrétaire revêt une grande importance du fait de la multiplicité de ses fonctions. Au plan purement maçonnique, on dit qu’il est la mémoire de la Loge.

    Il a pour fonction essentielle de rendre compte des Travaux maçonniques.

    Pour ce faire, durant les Tenues, il observe les faits essentiels qui se passent, prend des notes, écoute les communications et les échanges verbaux lorsque les Frères ont obtenu la parole, résume et transcrit les propos issus des planches présentées.

    Grâce au registre des présences, signé avant toute Tenue tant par les Frères de l’Atelier que par les Frères Visiteurs, il note le nombre de Frères présents et les excuses des Frères absents.

    A partir de cette esquisse il rédige ensuite le procès-verbal de la réunion que l’on nomme « planche tracée » ou « Tracé de la Tenue » et qui sera lue aux membres de l’Atelier lors de la Tenue suivante.

    Remarquons que lors de la Tenue suivante, ce procès-verbal, ce « Tracé de la tenue précédente » peut faire l’objet de petites corrections à la demande des membres de l’Atelier puis, éventuellement, d’un commentaire de la part de l’Orateur. Après quoi il doit être adopté par les Maîtres qui y étaient présents, signé par le Secrétaire, par le Vénérable et parfois par l’Orateur. Ce tracé rejoint enfin les autres documents de ce type dans le « Livre d’Architecture ».

    C’est le Secrétaire qui, avec le Vénérable Maître, prépare les convocations reprenant l’ordre du jour des Travaux de la Tenue suivante. Il les envoie à chacun des membres de l’Atelier ainsi qu’aux instances supérieures.

    Ses autres fonctions

    Le Secrétaire s’acquitte également d’autres fonctions :

    • il tient en ordre le registre matricule des membres de la Loge, par ordre d’admission ;
    • il s’occupe de la correspondance en général ;
    • il enregistre les votes ;
    • il gère tous les actes administratifs et relationnels entre la Loge et ses membres, entre la Loge et l’Obédience (le Grand Comité) mais aussi entre la Loge et les Loges des autres régions.

    C’est ainsi qu’après l’approbation du Tracé de la Tenue précédente, le Secrétaire est souvent amené à lire le Bulletin d’Information de la G.L.R.B. ainsi que l’une ou l’autre communication particulière telles des invitations émanant d’autres loges. 

    Des votes

    Le Secrétaire enregistre toutes les décisions prises par les Frères Maîtres de l’Atelier. Ainsi, lorsqu’un vote intervient (vote en faveur d’une augmentation de salaire, élection d’un nouveau Vénérable Maître,…), après le dépouillement du scrutin (décompte des boules blanches et noires), le Secrétaire note le résultat. Parfois il est amené à compter les voix favorables et défavorables exprimées par les mains levées.

    Le Secrétaire doit établir les dossiers de candidature, préparer les dossiers d’augmentation de salaire, signaler à l’administration maçonnique de l'Obédience (Le Grand Secrétariat) les différents changements qui peuvent s’opérer au sein de la Loge : Initiations, Passages au 2ème degré, Élévations au 3ème degré, démissions, radiations, affiliations, décès … afin que le fichier de l’Obédience soit également tenu à jour.

    Des convocations

    C’est "par mandement du Vénérable Maître" que le Secrétaire rédige, imprime, photocopie et expédie les convocations. Celles-ci doivent mentionner la date et l’heure de la prochaine Tenue. Le lieu où se tient la Tenue est généralement toujours le même mais il arrive que deux ou trois Loges se réunissent simultanément et tiennent ensemble une Tenue commune. Chaque convocation mentionne également l’ordre du jour des travaux.

    L’ordre du jour des Travaux

    Chaque Tenue commence toujours par l’Ouverture des Travaux, en principe au premier degré, le degré d’Apprenti.

    Ensuite il y a lieu de prévoir, comme il se doit, un moment d’accueil par le Vénérable Maître : l’accueil de toute Autorité maçonnique (par exemple un délégué du Grand Maître ou un représentant du Grand Comité) mais aussi de tous les Frères Visiteurs en provenance d’autres Loges de notre Obédience ou d’Obédiences étrangères reconnues par la G.L.R.B.

    Puis l’ordre du jour des Travaux peut appeler la lecture d’une planche par un Frère Maître de l’Atelier ou d’une autre Loge, la lecture de planches d’enquête à propos d’un candidat à l’Initiation, la lecture d’une planche d’augmentation de salaire par un Frère Apprenti ou Compagnon.

    Les Travaux du jour peuvent également consister en une cérémonie d’Initiation d’un Profane, en une cérémonie de Passage d’un Frère Apprenti au grade de Compagnon, en une cérémonie d’Elévation d’un Frère Compagnon au Sublime Grade de Maître. Une fois par an la Loge fête le Solstice d’hiver et le Solstice d’été. Une fois par an ou tous les deux ou trois ans, selon les loges, on procède à l’installation du nouveau Vénérable Maître élu (dont une partie est ésotérique).

    Occasionnellement interviennent des scrutins (en faveur de la poursuite d’une procédure d’admission, en faveur d’une affiliation ou d’une augmentation de salaire ; l’élection d’un nouveau Vénérable Maître ; l’adoption de modifications du Règlement particulier de la Loge).

    L’ordre du jour prévoit toujours la Fermeture des Travaux, généralement au premier degré. Chaque Tenue se termine le plus souvent par des agapes fraternelles en salle humide ou par un vin d’honneur.

    Les travaux de la Commission des Officiers Dignitaires

    Le Secrétaire participe également aux travaux de la Commission des Officiers Dignitaires de sa Loge, la « C.O.D. ».

    C’est lui qui, par mandement et avec l’aide du Vénérable Maître, convoque les membres de ladite commission, établit l’ordre du jour de chaque réunion et rédige le compte-rendu qui sera lu et approuvé lors de la prochaine réunion.

    Lors de la tenue administrative annuelle

    Enfin, lors de la Tenue administrative, il est de tradition de lire le rapport administratif de l’année écoulée. C’est également une tâche ô combien agréable qui revient au Frère Secrétaire.

    Pour conclure provisoirement

    Comme vous pouvez le constater, la tâche est lourde mais il convient de l’entreprendre avec cœur et courage. Elle peut contribuer à la Construction du Temple, notre objectif à tous. Elle peut rendre les ouvriers contents, satisfaits et heureux de participer à nos Travaux à la gloire du G.A.D.L.U. ainsi qu’à faire prospérer l'Atelier.  

    Post-scriptum

    La présente planche, je l'avais tracée lorsque j'étais "jeune Maître". Elle devait me permettre de mieux percevoir la fonction de Secrétaire d’une Loge, du moins telle que je la voyais au moment où les Frères de deux Loges m’avaient pressenti pour l’exercer simultanément !

    C’est donc une vue toute personnelle et provisoire de la fonction, basée sur une perception toute intuitive, sur des observations fines effectuées au cours de mes nombreuses visites ainsi que sur quelques lectures dont vous trouverez les références ci-dessous dans la bibliographie finale de ce travail.

    Aujourd'hui, pour plus de précisions quant à cette lourde charge, il est sans doute préférable de se référer à la planche intitulée "Officier Dignitaire dans ma Respectable Loge".

    R:. F:. A. B.

    Bibliographie

    Baudouin Bernard - Dictionnaire de la Franc-maçonnerie

    Editions De Vecchi, Paris, 1995 - Pages 40 à 142

     

    Boucher JulesLa Symbolique maçonnique

    Editions Dervy, Paris, 1995 - Page 106

     

    Ferré Jean - Dictionnaire des symboles maçonniques

    Editons du Rocher, Monaco, 1997 - Pages 232 à 244

     

    Ferré Jean - Dictionnaire symbolique et pratique de la Franc-maçonnerie

    Editions Dervy, Paris, 1994 - Pages  240 et 241

     

    Guigue Christian - La formation maçonnique

    Editions Guigue, Mons-en-Baroeul, 1993 - Page 261

     


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  • La circulation du Tronc de la Veuve

    A l’issue de nos travaux, notre Vénérable Maître donne l’ordre au Maître des Cérémonies de faire circuler le sac aux propositions. Simultanément circule de la même façon le Tronc de  la Veuve – appelé aussi Tronc de Solidarité ou Tronc de Bienfaisance – véhiculé par le Maître des Cérémonies ou, s’il se fait aider, par un autre Officier Dignitaire appelé, au Rite (belge) moderne, le Frère Aumônier-Hospitalier

    Observons d’une part, que le Tronc de la Veuve est tout simplement un sac destiné à recevoir les oboles ; d’autre part, que le Sac aux Propositions comme le Tronc de la Veuve circulent entre les membres présents, en commençant par le Vénérable Maître et les Frères siégeant à l’Orient.

    L’origine du Tronc de la Veuve semblerait remonter aux bâtisseurs. En effet, des traces de dons ont été retrouvées, provenant de maçons, de tailleurs de pierre, de charpentiers… envers la famille d’un des leurs tué accidentellement sur le chantier.

    Mais symboliquement ou sentimentalement, cette pratique remonterait à la construction du Temple de Salomon. Lors de la mort d’Hiram, les Compagnons avaient en effet décidé de subvenir aux besoins de sa mère qui était veuve.

    Le Frère Elémosinaire, l’Aumônier hospitalier ou l’Hospitalier ?

    Dans tous les Rites de la Franc-maçonnerie et à tous les grades, « hospitalier » est le nom donné à l’un des Officiers d’un Atelier, qui a pour vocation d’appliquer l’idéal maçonnique de fraternité, et pour mission de collecter et redistribuer les aumônes, d’où cet autre nom désignant la même fonction : « Aumônier ».

    Quant à « Elémosinaire », c’est le nom du Frère Hospitalier au Rite Écossais Rectifié. Le mot trouve son origine dans la langue grecque : « eleemosyna » signifie aumône, donc argent. Le mot « hospitalier » sous-entend les soins donnés aux malades, le réconfort aux Maçons dans la  peine.

    Dans les loges qui travaillent au Rite Écossais Rectifié, le Frère Elémosinaire a la même mission, celle de recueillir les oboles du Tronc de la Veuve et de venir en aide aux Maçons qui sont dans le besoin.

    Lorsqu'il circule effectivement dans la Loge, précédé par le Maître des Cérémonies, le Frère Aumônier-Hospitalier présente le sac à tous les Frères présents : Apprentis, Compagnons et Maîtres, Visiteurs et Dignitaires. Les sommes recueillies sont ensuite comptabilisées avec l’aide du Frère Trésorier. Puis c’est au Frère Secrétaire d’en noter le montant dans le « Tracé de la Tenue », c’est-à-dire le procès-verbal des travaux.

    Le terme « Hospitalier » semble, en Maçonnerie, plus approprié pour désigner cette fonction essentielle. Tentons de comprendre pourquoi.

    Le rôle de l’Aumônier Hospitalier en dehors de la Loge

    Le travail de l’Hospitalier se fait essentiellement à l’extérieur de la Loge. Il doit donc avoir le temps matériel de remplir son office !

    Son rôle est très important et délicat car il doit apporter un soutien dans les moments difficiles. Il devrait être la personnification de la fraternité et de l’entraide maçonnique. C’est à lui de mettre en pratique, plus que tout autre Maçon, la fraternité et la charité. Cet office apparaît très difficile et très exigeant.

    Dans les loges qui comptent un assez grand nombre de Maîtres, ce poste est généralement confié à l’un ou l’autre Maçon expérimenté qui sait comprendre et pardonner les erreurs et les errements, qui sait faire la différence entre un ennui passager et une situation qui s’aggrave. Il lui faut donc beaucoup de sagesse et de dévouement. Dans les loges peu nombreuses, cet usage ne peut malheureusement pas toujours être appliqué.

    L’aide que le Frère Aumônier Hospitalier peut apporter n’est pas que matérielle. Il doit en effet apporter son soutien dans les moments difficiles. Mais pour pouvoir exercer sa mission correctement, il faut qu’il soit tenu au courant des problèmes, des difficultés, des épreuves que peuvent vivre certains Frères de l’Atelier, afin de pouvoir agir au mieux de leurs intérêts, de les réconforter, de les aider à la fois spirituellement et matériellement.

    Le Frère Aumônier Hospitalier, comme l’Eléémosynaire au Rite Écossais Rectifié, doit se trouver choisi parmi les Maîtres qui disposent de beaucoup de temps, qui manifestent une grande sociabilité et qui sont capables de pratiquer une chaleureuse solidarité. Cette fonction exigeante et difficile met le Maçon au pied du mur. Les membres de l’Atelier peuvent vérifier, dans le cadre de cette fonction, la réalité de sa fraternité sinon sa façon de comprendre ou de pratiquer les vertus maçonniques.

    Si la coutume lui attribue le rôle de collecter les finances destinées à soulager les infortunes, de visiter et d’assister les Frères malades, le Frère Hospitalier est avant tout le confident des membres de la Loge qui peuvent rencontrer toutes sortes de difficultés, y compris celles d’ordre pécuniaire.

    Les Frères qui subissent une gêne momentanée ou qui se trouvent dans l’impossibilité de payer leur cotisation pour cause de chômage ou de problème personnel exceptionnel et qui sont l'objet d'une détresse particulière doivent s'en ouvrir à l’Hospitalier.

    Les confidences sont couvertes par le secret. Le titulaire de cette charge n’est redevable d’explications qu’au Vénérable Maître de l’Atelier. Lorsque l’Aumônier Hospitalier évoquera  une affaire en Chambre du Milieu, ce sera en parlant d’un frère dans le besoin ou l’affliction, mais sans en préciser le nom.

    Un officier dans le triangle des moyens matériels

    Une Loge est dite juste lorsque cinq l’éclairent, mais sept la rendent parfaite en lui permettant de fonctionner intégralement. Dans la Maçonnerie moderne, le septénaire des offices se complète par les deux fonctions de Trésorier et d’Hospitalier.

    Pour assurer les tâches matérielles, considérées partout et toujours comme élémentaires, le triangle formé par le Vénérable Maître, le Trésorier et l’Hospitalier assure l’assise matérielle et financière de la Loge. Ces tâches sont considérées comme contingentes et subalternes parce qu’elles obligent à la manipulation des métaux, considérés symboliquement comme tels, même sous forme de papier billets.

    Les offices de Trésorier et d’Hospitalier, dont le travail s’effectue autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la loge, peuvent être remplis et cumulés en cas de force majeure.

    Des comptes séparés

    Les oboles recueillies font l’objet d’une comptabilité séparée, indépendante de celle du Trésorier. Les fonds gérés – théoriquement – par l’Hospitalier sont exclusivement destinés à secourir des Frères dans la détresse.

    L’Hospitalier délivre, sur instruction du Vénérable Maître, les sommes destinées aux membres de la Loge dans le besoin. Il est responsable devant le Vénérable Maître de l’emploi des fonds qui lui sont confiés. L’idéal, c’est qu’il puisse rendre compte de sa gestion en faisant un bilan annuel à l’Atelier, par exemple lors de la Tenue dite « administrative » au cours de laquelle les principaux Officiers Dignitaires présentent chacun leur rapport annuel ou lors de l’installation du nouveau collège d’Officiers Dignitaires.

    Sa place et son bijou

    La place qui revient à l’Aumônier Hospitalier dans la loge est la deuxième en haut de la colonne du Nord, à côté du Frère Expert. Le bijou qui orne son sautoir est une bourse aumônière. Mais Jean Ferré fait remarquer que ce bijou peut aussi être une Truelle.

    Pour conclure

    La fonction d’Aumônier Hospitalier n’est pas à prendre à la légère. Le Frère qui accepte de prendre cette fonction doit être conscient du temps dont il devra disposer pour bien remplir sa mission. Régulièrement, il devra se rappeler le sens profond de sa prestation de serment.

    Sa fonction est toute de nuances, de subtilité, de tact, de discrétion et d’efficacité, car il participe et s’associe aux joies et aux peines des membres de la loge en étant le porte parole de l’Atelier. Il doit apporter encouragement et réconfort fraternel à tous, mais éventuellement, avec l’accord du Vénérable Maître, secourir moralement et matériellement tout Frère qui serait dans le besoin.

    Il représente le cœur rayonnant de la Loge. Il met en œuvre le devoir de solidarité fraternelle. Sa fonction montre l’interdépendance des membres de la Loge. Par la pratique de l’entraide, chacun prend conscience à la fois de son état de dépendance et des conditions de son développement. La vie étant un perpétuel échange entre donner et recevoir, l’Hospitalier montre, dans sa fonction, qu’il est nécessaire de redistribuer les dons faits au tronc de solidarité, pour les besoins du groupe.

    Le réconfort qu’il prodigue n’est pas seulement financier mais aussi moral. C’est pourquoi il lui faut toujours faire preuve d’une grande écoute et de qualité de discernement concernant le bien fondé de son action. Les qualités demandées à l’Hospitalier sont de bien connaître les membres de son Atelier. C’est pourquoi, vu son expérience, il est souhaitable, dans la mesure du possible, qu’un ancien Vénérable Maître remplisse cette fonction.

     

    R:. F:. A. B.

     

    Bibliographie 

    Baudouin BernardDictionnaire de la Franc-maçonnerie

    Editions De Vecchi, paris, 1995 - Page 80

     

    Ferré Jean - Dictionnaire symbolique et pratique de la Franc-maçonnerie

    Editions Dervy, Paris, 1994 - Pages 108, 109 ? 273, 274

     

    Ferré Jean - Dictionnaire des symboles maçonniques

    Editions du Rocher, Monaco, 1998 - Page 236, 237

     

    Guigue Christian - La formation maçonnique

    Editions Guigue, Mons-en-Baroeul, 1995 - Pages 140 et 141

     

    Manguy Irène - La symbolique maçonnique du troisième millénaire

    Editions Dervy, Paris, 2001 - Pages 345 et 357

     

    Morata Raphaël - La Franc-maçonnerie : les secrets des objets

    Ch. Massin Editeur, Paris - Pages 48 et 68


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  • Le Frère Couvreur

    Le Frère Couvreur « désigne l’Officier de la Loge chargé de la garde de la porte de la Loge. En d’autres termes, il est l’Officier chargé de protéger et d’assurer la sécurité des Travaux. On dit qu’il « assure la couverture du temple (ou de la Loge) ».

    Selon les Obédiences et les Loges, il se peut qu’il y ait parfois deux Frères Couvreurs : l’un à l’intérieur de la Loge, l’autre à l’extérieur. Dans certains cas, le Frère Couvreur n’est autre que l’ancien Vénérable de la Loge, comme souvent au Rite Ecossais Ancien Accepté. Il est en effet d’usage à plusieurs rites que ce soit le Vénérable Maître descendant de charge qui remplisse cet office car il fait passer celui qui dirigeait la Loge, de l’office le plus élevé, au plus humble, enseignant ainsi que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

    Idéalement, et pour l’exemple d’humilité qu’il donnerait, la fonction de Couvreur extérieur pourrait être exercée par l’ancien Passé Maître Immédiat. Mais le nombre de Maîtres dans la Loge n’est pas toujours suffisamment élevé pour qu’il en soit ainsi.

    Les décors du Frère Couvreur

    La couverture de la loge est probablement l’un des offices les plus anciens car dans les premières loges, le Couvreur armé d’une épée servait réellement de gardien du seuil.

    Pour emblème de sa mission, le Frère Couvreur porte un sautoir orné d’un glaive vertical dont la pointe dirigée vers le ciel marque sa fermeté dans la protection de l’enceinte sacrée que constitue la loge.

    Qui est à même d’assurer la couverture de la Loge ?

    La couverture de la Loge doit normalement être assurée par un Maître Maçon. Cependant, tant que les travaux ne sont ouverts qu’au Premier degré, voire même au Deuxième degré, et uniquement dans le cas où le nombre de Maîtres présents s’avérerait insuffisant, la fonction de Couvreur peut exceptionnellement être confiée à un Compagnon dûment informé de sa très grande responsabilité et de son rôle dans les rituels qui seront exécutés au cours de la Tenue.

    Mission générale du Frère Couvreur

    Le Frère Couvreur est mandaté par le Vénérable Maître :

    • pour laisser entrer les Francs-maçons qui doivent assister à une Tenue ;
    • pour permettre à des visiteurs autorisés de se joindre à la cérémonie.
    • pour écarter les profanes indiscrets.

    La fonction de Couvreur concerne tout ce qui a trait à la garde des abords, extérieur et intérieur, de la porte. Anciennement, précise Irène Mainguy, il était appelé Frère Terrible à cause de la rigueur et de la vigilance que réclamait la fonction. Il était recommandé au Couvreur « de tenir fermement le glaive qui écarte les indiscrets non préparés à participer aux travaux ».

    Le Couvreur a une fonction qui désigne symboliquement la ligne de séparation très mince entre la loge en activité et le monde profane, et ce, durant toute la durée des travaux d’une tenue, tant que le temple doit être « à couvert ».

    Le Frère Couvreur est mandaté par le Vénérable Maître pour laisser entrer les Francs-maçons qui doivent assister à une tenue et permettre éventuellement à des visiteurs autorisés de se joindre à la cérémonie. Si nécessaire, il doit également écarter les profanes indiscrets.

    Comment assure-t-on la couverture de la Loge ?

    Lorsque débute le rituel d’Ouverture des Travaux,

    il y a lieu de s’assurer si la Loge est couverte extérieurement.

    Le Frère Couvreur est le seul habilité à ouvrir la porte de la Loge.

    Il faut tout d’abord contrôler que la porte d’accès au bâtiment est bien fermée.

    Avant l’entrée des Frères dans la Loge, consiste à contrôler que la porte d’accès au bâtiment est bien fermée et que les profanes ne risquent pas de s’introduire sur les parvis de la Loge.

    Ensuite s’assurer de la qualité de Maçon de tous visiteurs.

    En concertation avec le Frère Expert et le Vénérable Maître, il faut tout d’abord s’assurer de la qualité de Maçon de tous visiteurs. Ceux-ci sont le plus souvent connus de l’un ou l’autre Frère de la loge mais il convient de rester prudent.

    Puis vérifier que tous ont revêtu correctement leurs décors.

    Au moment où les Frères s’apprêtent à pénétrer dans la loge, il y a lieu de vérifier que tous ont revêtu correctement leurs décors.

    Enfin fermer la Porte de la Loge.

    Lorsque les Frères sont tous entrés dans la loge, y compris le Vénérable Maître et les principaux Officiers de sa commission, le Couvreur peut alors fermer la porte de la Loge.

    Lorsque débute le rituel d’ouverture des travaux, il y a lieu de s’assurer si la loge est couverte extérieurement. Pour ce faire, il y a lieu de jeter un dernier coup d’œil à l’extérieur par le judas, de frapper des petits coups sur la porte, au rythme du grade auquel les travaux vont être ouverts. S’il n’y a pas de Couvreur extérieur, il y a lieu de refaire les mêmes petits coups mais en veillant, si possible, à produire une sonorité quelque peu différente, comme pour laisser croire qu’il y a effectivement un second Couvreur à l’extérieur de la loge.

    Lorsque les travaux auront été fermés et lorsque le Vénérable Maître aura donné le signal de la sortie rituelle, le Frère Couvreur est le seul habilité à ouvrir la porte de la loge.

    La gestuelle

    Lorsque les Frères entrent dans la loge, le Couvreur tient son épée de la main droite et l’appuie légèrement sur son épaule droite. Au moment de l’entrée du Vénérable Maître et de sa commission d’Officiers Dignitaires, il doit saluer le Vénérable Maître et tout Grand Officier Dignitaire qui l’accompagne, en se mettant à l’ordre.

    Comment se mettre à l’ordre en tant que Couvreur ?

    Le Frère Couvreur place son épée verticalement devant son visage, la main droite étant à peu près à hauteur de la bouche.

    Comment faire le signe ?

    En étant à l’ordre, l’épée est déplacée vers la droite dans un premier temps ; la main droite glisse vers le bas, dans un second temps, jusqu’à hauteur de la taille, de sorte que le mouvement se fait « par niveau et perpendiculaire ».

    La transmission des décors

    Lorsqu'il y a lieu de changer de Couvreur, notamment lors de la cérémonie d’installation de nouveaux Officiers Dignitaires, l’échange de décors ne se fait pas de n’importe quelle manière.

    Pour la remise des décors au nouveau Couvreur, il y a lieu de lui remettre en premier lieu le sautoir, puis le tablier et enfin l’épée.

    L’épée se transmet en trois temps :

    1. au garde-à-vous, lame devant le visage,
    2. la pointe en bas,
    3. garde de l’épée posée sur l’avant-bras gauche.

    Le nouveau Couvreur salue par l’épée celui qui descend de charge, tandis que ce dernier le salue par le signe de l’Apprenti.

    Enfin, tous deux se font l’accolade fraternelle.

    Comment réagir en cas d’arrivée tardive d’un Frère ?

    Il convient tout d’abord que le Couvreur reste attentif au retentissement éventuel de la sonnerie du bâtiment et avise s’il peut, en toute discrétion, sortir de la loge à un moment qui ne perturbera pas la bonne exécution du rituel, dans le but de laisser entrer le ou les retardataires dans le bâtiment et de lui (les) laisser revêtir leurs décors.

    Qu’il s’agisse d’un Frère de l’Atelier ou d’un Frère visiteur, tout Frère arrivant en retard, c’est-à-dire quand la Tenue a déjà commencé, doit agir avec discrétion et  manifester au Frère Couvreur sa demande d’entrée en loge.

    Le Frère Couvreur choisit son moment d’intervention orale en fonction de l’évolution du rituel. Par exemple :

    • juste après que le Vénérable Maître a déclaré que les travaux sont ouverts ;
    • juste après l’accueil des Frères visiteurs déjà présents sur les colonnes ;
    • ou après l’approbation du tracé de la tenue précédente ;

    Le Frère Couvreur prend alors librement la parole et annonce au Frère Second Surveillant  selon le cas :

    L’annonce est alors répercutée au Vénérable Maître par le Second et le Premier Surveillants. Mais dans certaines loges, le Frère Couvreur peut s’adresser directement au Vénérable Maître dans les mêmes termes.

    Seul le Vénérable Maître peut donner l’autorisation au(x) Frère(s) retardataire(s) de pénétrer dans la loge. Cette entrée tardive doit impérativement s’effectuer de manière rituelle (les pas, les trois saluts, le déplacement sous la conduite du Maître des Cérémonies).

    Quelques éléments historiques

    Autrefois il était nécessaire de bien distinguer le Couvreur du Tuileur. Cette dernière appellation désignait un garde extérieur qui tuilait les visiteurs. Aujourd’hui, ce n’est habituellement plus le Frère Couvreur qui tuile les visiteurs mais le Frère Expert. Notons cependant qu’à la Respectable Loge « La Parfaite Fraternité » à l’Orient de Mons, le Frère Couvreur tuile tous les Frères individuellement au moment de leur entrée dans la loge.

    Le mot « tuiler » est apparu pour la première fois en 1738. Par tuilage il faut comprendre qu’un Officier de la Loge vérifie la qualité d’un Franc-maçon en s’assurant qu’il possède bien le grade qu’il dit avoir reçu par ses réponses. C’est ainsi que le Franc-maçon justifie de sa bonne connaissance de l’instruction de son grade.

    Les Règlements Généraux de la Respectable Loge de Saint Jean travaillant sous le signe distinctif « Des Cœurs Unis » à l’Orient de Paris préconisaient en 5784 certaines dispositions pour l’office du Couvreur. Traduites dans notre français d'aujourd'hui, ces dispositions, qui restent valables de nos jours, étaient les suivantes :

    • Le Frère Couvreur pourra seul ouvrir ou fermer la porte de la loge.
    • Lorsque l'on frappera à la porte de la loge, il en avertira à voix basse un Surveillant.
    • Il n’ouvrira la porte et ne laissera jamais entrer personne en loge sans en avoir reçu l’ordre du Vénérable Maître.
    • Lui seul communiquera à l’extérieur tous les ordres du Vénérable Maître.
    • Il examinera très scrupuleusement si les Frères, tant ceux qui seront à l’ouverture des travaux que ceux qui seront admis pendant leurs cours, sont décorés.
    • Il priera de se décorer tous ceux qui ne le seraient pas.
    • Il demandera le mot de passe.

    La plupart des auteurs d’ouvrages à caractère maçonnique considèrent que la dénomination de Couvreur est en rapport avec le couvreur de métier qui termine un bâtiment en y posant un toit : de même, le gardien de la loge est appelé Couvreur, parce qu’il vérifie que la loge est à couvert pour que les travaux puissent commencer.

    Couvrir la Loge

    L’expression « Couvrir le Temple » désignait autrefois la fonction du Couvreur qui avait pour mission de ne laisser pénétrer aucun profane dans le Temple maçonnique.

    Par extension, aujourd’hui, ce sens a quelque peu varié ! « Assurer la couverture du temple » ne peut pas être confondu avec « Couvrir la loge ou le temple » qui est une expression signifiant sortir, quitter la loge durant la tenue ou les travaux rituels.

    Se retirer d’une tenue constitue un acte d’une haute gravité. La « couverture du temple » ne peut être agréée que pour des raisons de force majeure telle un problème de santé. Ceci ne peut s’accomplir qu’avec l’autorisation du Vénérable Maître de la loge, répondant à une demande faite en bonne et due forme.

    Le Frère qui souhaite pouvoir « couvrir le temple », se lève en se mettant à l’ordre puis attend que l’autorisation de prendre la parole soit accordée par le Vénérable Maître et par le Surveillant responsable de la colonne. Il y a lieu de s’exprimer de la manière suivante : « Vénérable Maître, je sollicite la permission de couvrir le temple ». Il vaut toujours mieux expliquer les raisons de sa sortie anticipée.

    Lorsque le Vénérable Maître émet un avis favorable pour quitter l’assemblée et sortir de la loge, le Frère doit attendre que le Maître des Cérémonies vienne le chercher pour le conduire à la porte de la loge, respecter le sens de circulation propre au Rite pratiqué et, arrivé au niveau du plateau des deux Surveillants, ne pas omettre de saluer le Vénérable Maître et ces derniers avant de sortir. Mais des raisons évidentes de malaise constituent une exception à cette règle.

    Bien entendu, il n’est pas question de laisser seul et dans la détresse sur le parvis un Frère qui a demandé de « couvrir le temple ». Plusieurs Frères peuvent éventuellement quitter l’Atelier et se charger de l’assister.

    Mais le malaise étant passé ou les remèdes nécessaires pris, si le Frère souhaite revenir dans la loge, il devra respecter le protocole d’entrée en loge, c’est-à-dire frapper à la porte selon la batterie du grade, attendre que l’autorisation lui soit donnée, se mettre à l’ordre, faire les pas et saluer le Vénérable Maître ainsi que les deux Surveillants, remercier le Vénérable Maître et surtout rassurer les Frères inquiets en donnant des nouvelles de son état.

    Interventions orales du Couvreur au Rite moderne de la G.L.R.B.

    La vérification du fait que la loge est bien à couvert est prioritaire dans le rituel d’ouverture des travaux. Il importe donc que le Frère qui exerce la fonction de Couvreur puisse réagir comme il se doit au moment approprié, et de préférence de mémoire.

    Le rôle du Frère Couvreur est aussi très important lors de l’Initiation d’un profane. L’idéal, c’est que le Frère Couvreur connaisse de mémoire les quelques répliques qu’il a à donner dans le rituel de cette cérémonie.

    Le rôle du Frère Couvreur lors d’un Passage au grade de Compagnon peut paraître moins important que lors de l’Initiation d’un profane. Cependant, ce serait aussi idéal pour la beauté de cette deuxième cérémonie, que le Frère Couvreur connaisse de mémoire les deux répliques qu’il a à donner au début de ce rituel. Au début de la cérémonie d’Elévation à la Maîtrise, le Frère Couvreur a quelques répliques simples à énoncer. L’idéal, ici aussi, c’est que le Frère Couvreur les connaisse de mémoire pour la beauté de cette cérémonie.

     

    R:. F:. A. B.

     

    Bibliographie

    Baudouin Bernard - Dictionnaire de la Franc-maçonnerie

    Editions De Vecchi, Paris, 1995

     

    Guigue Christian - La formation maçonnique

    Editions Guigue, Mons-en-Baroeul, 1995

     

    Lepage Marius - Le Symbolisme

    p. 110, novembre 1952janvier 1953 - n° 2 / 306

     

    Mac Key - Encyclopedia of Freemasonry

    Tome III, article « Tiler », 1966

     

    Mainguy Irène - La Symbolique maçonnique

    Editions Dervy, Paris, 2001

     


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  • Introduction

    Dans toutes nos Respectables Loges, la charge d’Architecte n’est pas forcément attribuée à un Frère Maître dont ce serait l’unique fonction. Lorsque le nombre de Frères Maîtres est à peine suffisant pour remplir toutes les charges au sein de la Commission des Officiers Dignitaires, il n’est pas rare que celle d’Architecte soit cumulée avec une autre.

    Le but de la présente planche est d’apporter quelques éléments de réponses à nos Frères en formation – les Compagnons principalement – qui pourraient être sollicités prochainement pour exercer la charge d’Architecte.

    Toutes les charges sont importantes. Toutes doivent être correctement remplies pour que la Tenue soit des plus réussies. Y compris celle d’Architecte !

    Que doit-il faire ? Quand officie-t-il ? Pourquoi ? Comment ? Pour qui ? Telles sont les questions auxquelles je vais tenter de répondre à présent.

    Qui peut exercer la charge d’Architecte ?

    Tout Frère Maître peut exercer la charge d’Architecte. Mais si toutes les charges ont été attribuées et qu’il n’a plus de Frère Maître disponible, le Vénérable Maître peut solliciter ou désigner un Compagnon pour la remplir au mieux. Dans ce cas, celui-ci aura la charge d’Architecte adjoint. Mais le Vénérable Maître peut aussi demander à un Maître de cumuler sa première charge avec celle d’Architecte. Ce pourrait être le cas, par exemple, du Frère Maître des Cérémonies ou du Frère Couvreur.

    Le Frère Maître des Cérémonies a besoin de certains accessoires au cours de la Tenue, surtout pendant les rituels d’Ouverture et de Clôture des Travaux. Puisqu'il a tout intérêt à vérifier si le matériel dont il a besoin a été soigneusement préparé, n’aurait-il pas aussi intérêt à préparer la Loge lui-même ?

    Le Frère Couvreur n’a en principe rien à préparer avant la Tenue. Il peut donc aussi être d’un grand secours pour la Loge en cumulant cette première charge avec celle d’Architecte ;

    Pourquoi pas aussi le Frère Maître de la Colonne d’harmonie ? Car ce Frère a aussi du matériel à installer avant la Tenue et une installation tant lumineuse que musicale à vérifier.

    La responsabilité générale du Frère Architecte

    Le Frère Architecte est responsable de la préparation du Temple. Il peut assumer sa tâche en étroite collaboration avec le Frère Maître des Cérémonies. Idéalement, la préparation de la Loge pourrait être assurée grâce à un véritable travail d’équipe dans laquelle le Frère Expert aurait aussi sa part de responsabilité.

    La responsabilité du Frère Architecte lors de chaque Tenue

    Bien avant l’entrée des Frères dans la Loge, le Frère Architecte met en place les décors et tout le matériel indispensables au bon déroulement de chaque Tenue, à commencer par les différents Tableaux de Loge dûment recouverts ou les différents Tapis de Loge prêts à être déroulés, en fonction de l’ordre du jour. Il est évidemment indispensable que le Frère Architecte soit bien au courant de l’ordre du jour des Travaux ! Si tel n’était pas le cas, il devrait s’en inquiéter auprès du Vénérable Maître.

    Il place successivement :

    • les candélabres sur la « stalle » du Vénérable Maître et sur la stalle des deux Surveillants (suivant les usages de la Loge) ;
    • l'Épée flamboyante sur la « stalle » du Vénérable Maître ;
    • le boutefeu et l’éteignoir à proximité de la « stalle » du Second Surveillant ;
    • les épées des deux Surveillants à leur « stalle » respective ;
    • les glaives du Frère Expert (uniquement lors des Initiations) et du Frère Couvreur ;
    • la canne du Frère Maître des Cérémonies à l’entrée de la Loge ;
    • les maillets du Vénérable Maître et des deux Surveillants sur leur « stalle » respective ;

    N.B. Dans certaines Loges, les usages veulent que le Vénérable Maître et les Surveillants entrent dans la Loge chacun étant munis de son maillet. Il faut alors que le Frère Architecte ait préparé les trois maillets à l’endroit où les Officiers Dignitaires revêtent leurs décors.

    • les rituels des Frères Surveillants, du Frère Orateur, du Frère de la Colonne d’Harmonie, du Frère Secrétaire et du Vénérable Maître sur leur stalle respective ;
    • le Volume de la Loi sacrée, Équerre et Compas sur l’Autel (généralement sur un coussin) ;

    N.B. Dans certaines Loges, selon leurs habitudes, il y a lieu de déposer également la Torah et le Coran aux côtés de la Bible.

    • la Pierre cubique à pointe à l’Orient près de la « stalle » du Frère Orateur ou au pied du Pilier « Force » (suivant les usages de la Loge) ;
    • la Pierre brute, le Ciseau et le Maillet devant le Tapis de Loge ou au pied du Pilier « Beauté » (suivant les usages de la Loge) ;
    • la Lettre de Constitution sur l’Autel, contre la « stalle » du Vénérable Maître (si tel est l’habitude dans la Loge) ;
    • le Sac aux Propositions et le Tronc de Bienfaisance à proximité de la « stalle » du Frère Premier Surveillant.

    Il vérifie l’état des bougies qu’il doit placer au sommet des trois grands Piliers au centre de la Loge ou sur le candélabre du Vénérable Maître. Toutes ces bougies doivent pouvoir s’allumer facilement pendant la Tenue, sans perte de temps et sans risque de distraire les Frères.

    Il prépare les sautoirs et les tabliers de fonction (selon les usages de la Loge) : soit dans la salle de préparation des Officiers Dignitaires, soit à l’entrée de la Loge. S’il sait que l’une ou l’autre charge ne pourra pas être exécutée en raison de l’absence du titulaire, il dépose déjà le sautoir de la fonction correspondante à la place du Frère concerné.

    En vue d’accueillir l’une ou l’autre autorité maçonnique, dont la présence est annoncée en salle humide avant la Tenue, il prévoit :

    • trois bougies sur bougeoir pour les porteurs d’étoile ;
    • les épées pour former la voûte d’acier.

    Pour la Réception du Grand Maître ou de son adjoint, le Frère Architecte prépare sept épées : QUATRE sur la Colonne du Nord et TROIS sur la Colonne du Midi.

    Pour le Réception du Vénérable Maître élu ou tout autre hôte de marque, le Frère Architecte prépare cinq épées : TROIS sur la Colonne du Nord, à proximité du Second Surveillant ; DEUX sur la Colonne du Midi, à proximité du Premier Surveillant.

    En vue d’une Tenue d’Initiation, il prévoit le matériel destiné aux « épreuves » des Eléments : soufflet ou plaquette pour l’épreuve de l’Air ; récipient d’eau pour l’Épreuve de l’Eau ; bougie et allumettes pour l’Épreuve du Feu ; coupe pour y verser le « breuvage d’amertume ». A l’Orient, il dépose, à proximité de la stalle du Frère Secrétaire, le Tablier d’Apprenti, les paires de gants (d’homme et de femme), le bijou de Loge. En collaboration avec le Frère Secrétaire, il s’assure aussi qu’au même endroit se trouvent les règlements (général et particulier) ainsi que le rituel de la cérémonie qui seront remis au nouvel Apprenti.

    En vue d’une Tenue de Passage au degré de Compagnon, il prévoit les « outils » nécessaires aux voyages et le matériel destiné à l’épreuve particulière.

    En vue d’une Tenue d'Élévation au degré de Maître Maçon, il prépare tous les accessoires destinés à faire vivre la légende du grade au futur Maître .

    Il n’oublie pas de préparer un Tablier de Maître à proximité de la « stalle » du Frère Secrétaire. Avec le Frère Maître de la Colonne d’harmonie, il s’assure du bon fonctionnement de l’éclairage spécifique.

    Pour toutes les autres Tenues (Célébration d’une fête solsticiale, Installation du Vénérable Maître, …), il consulte attentivement le rituel afin de n’oublier aucun accessoire indispensable.

    La responsabilité du Frère Architecte après chaque Tenue

    Après chaque Tenue, le Frère Architecte procède au rangement méticuleux de tous les accessoires afin de les retrouver facilement lors de la préparation de la Tenue suivante mais aussi afin de faciliter la mise en place des décors des autres Corps maçonniques occupant les locaux.

    Il vérifie les réserves et informe le Frère Trésorier des objets et produits à acheter : règlements ; tabliers d’Apprenti ; tabliers de Maître ; gants de femme ; gants d’homme ; bougies pour petits candélabres ; plus grosses bougies pour les trois piliers ; bijoux de la Loge ; breuvage (Underberg ou Jagermeister).

    En vue d’une prochaine Tenue

    Dès la réception du programme des Tenues du trimestre, ou de la convocation mensuelle, le Frère Architecte prend connaissance des accessoires spéciaux qu’il devra mettre en place ainsi que des dispositions particulières en fonction de l’ordre du jour des prochains Travaux.

    Avant et après chaque Tenue

    Il vérifie, en collaboration avec le Frère Maître de la Colonne d’Harmonie, le bon fonctionnement des appareils de sonorisation et de l’éclairage.

    Dans certaines Loges, à l’issue des Travaux, le Frère Architecte peut aussi être amené à éteindre les moyens d’éclairage, de chauffage ou de conditionnement d’air.

    Dans le cas où la Loge n’est pas propriétaire des locaux et que ceux-ci peuvent être mis à la disposition d’autres Loges ou corps maçonniques, le Frère Architecte s’assure que la Loge est parfaitement en ordre pour la prochaine occupation.

    Brève conclusion

    La charge d’Architecte figure parmi les plus importantes dans la Loge. Elle doit être confiée à un Frère désireux de servir, dévoué et soigneux dans sa tâche.

    Je remercie mon très cher Frère Michel C. qui a exercé lui aussi cette charge et qui m’a fait part de son avis, de ses remarques et suggestions judicieuses pour parfaire la présente planche.

    R:. F:. A. B.

     


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