• La Franc-maçonnerie : une tradition « very british »

    D'où vient la Franc-maçonnerie ?

    La question s'est posée dès les premières décennies qui suivent sa naissance officielle en juin 1717 à Londres, et n'a cessé, depuis, de préoccuper tous ceux qui s'intéressent à l'ordre maçonnique. Pour tenter d'y répondre, l'historien dispose de deux types de sources documentaires qu'il n'est pas facile d'accorder entre elles : d'une part, la tradition maçonnique telle qu'elle est exposée dans les Constitutions de la première Grande Loge, publiées par James Anderson en 1723, et, d'autre part, divers documents concernant les loges d'avant 1717.

    Les Constitutions contiennent une importante partie historique, l'enjeu étant pour la nouvelle institution de démontrer ainsi sa légitimité. Les quatre Loges londoniennes à l'origine du mouvement sont présentées comme établies « depuis un temps immémorial » et procédant sans rupture d'anciennes loges de tailleurs de pierre (« maçons » au sens propre du terme). Anderson dit avoir compilé les archives détenues par les loges « opératives » d'Angleterre et d'Ecosse, ainsi que celles de plusieurs royaumes du continent. D'après ces Old Charges (c'est-à-dire « anciennes obligations » ou « vieux devoirs »), la tradition maçonnique remonte jusqu'à une époque antédiluvienne.

    Sont ensuite évoqués les épisodes de la construction de la Tour de Babel, du Temple de Salomon, etc. jusqu'à la transmission de la maçonnerie en Angleterre via la France, à l'époque de Charles Martel (8e siècle). Cette partie de l'histoire emprunte largement aux sources bibliques et à la littérature merveilleuse chrétienne et elle se poursuit par l'évocation des croisades et du temps des cathédrales, nouvel âge d'or des bâtisseurs.

    Au cours du 17ème siècle, la déchéance du métier aurait amené les maçons opératifs à accepter dans leurs loges, pour qu'elles survivent, des personnes étrangères à la profession. D'après la théorie dite de la « transition », c'est le nombre grandissant de ces « acceptés », ainsi que la vision différente qu'ils avaient de la vocation de l'association, qui conduisirent tout naturellement à la naissance d'une structure purement spéculative, la maçonnerie « opérative » semblant alors s'être lentement éteinte.

    Il subsiste quelques-uns de ces manuscrits des Old Charges, documents qui se composent d'une histoire du métier et d'un règlement destiné aux tailleurs de pierre et qui font l'objet d'une lecture lors de la réception de nouveaux membres. La plupart de ces textes proviennent d'ailleurs des archives de vieilles loges spéculatives, ce qui tend à accréditer l'idée de la continuité naturelle avec les loges antérieures. Les plus anciens datent du Moyen Age (Manuscrit Regius, 1390, et Cooke, 1400-1410). Leur analyse indique l'existence de versions plus anciennes qui sont perdues. Il faut attendre le 17ème siècle et même le début du 18ème pour trouver une nouvelle strate significative de documents du même type, certains étant des copies manifestement réalisées à l'usage de loges déjà spéculatives. Il existe aussi une autre famille de documents, qui datent de l'extrême fin du 16ème siècle et concernent les maçons opératifs écossais (Statuts Schaw, 1599).

    S'ajoutent à ces documents internes, quelques mentions éparses de l'existence des loges maçonniques dans divers récits du 17ème siècle, indications qui montrent que se sont effectivement introduites dans les loges des personnes étrangères à la profession, et qui, pour certaines, appartiennent à des milieux érudits (Royal Society) s'intéressant de près aux doctrines hermétiques (alchimie, kabbale, rosicrucianisme).

    Aucun de ces documents ne permet de comprendre de manière explicite le processus de naissance du courant spéculatif. La théorie de la « transition » reste finalement très floue à l'égard des motivations qui auraient poussé, d'une part, les spéculatifs à fréquenter assidûment les loges opératives, et, d'autre part, les opératifs à les y accepter. Elle est battue en brèche depuis plusieurs décennies par d'autres théories, certaines allant jusqu'à considérer qu'il n'y a en réalité aucun lien organique entre opératifs et spéculatifs, ces derniers n'ayant fait qu'emprunter aux premiers des formes dont ils auraient détourné la fonction.

    Ces théories se distinguent entre elles quant à la motivation première de ce détournement : politique, religieux ou, plus généralement, social. L'Angleterre du 17ème siècle est effectivement en proie à diverses crises et la sociabilité fraternelle des loges aurait permis de surmonter certains clivages.

    La dernière théorie en date est celle de l'historien écossais David Stevenson (1993) qui met en évidence le rôle considérable qu'auraient joué dans ce processus les loges opératives écossaises de la fin du 16ème siècle et du début du 17ème dans lesquelles on relève déjà la présence de personnalités plus ou moins étrangères au métier.

    Cependant, quelles que soient les qualités documentaires de ses recherches, Stevenson reste lui aussi assez peu convaincant quant aux motivations, nécessairement mutuelles, poussant opératifs et spéculatifs à se côtoyer, alors même que certains des gentlemen maçons écossais possèdent un lien étroit avec le métier.

    Au demeurant, il ne fait qu'effleurer un point essentiel qui fournit sans doute la clé de l'énigme : l'immense intérêt porté à l'œuvre de Vitruve, redécouverte dans la seconde moitié du 15ème siècle. L'architecte y est défini non seulement comme devant être savant dans les techniques de construction, mais aussi comme devant s'intéresser à toutes les sciences. C'est là un programme que les architectes de la Renaissance s'efforceront de suivre. Il n'est que de lire certains passages de l'Architecture de Philibert Delorme (1514 - 1570), fils d'un maître maçon lyonnais, pour se convaincre que la dichotomie opératif-spéculatif n'a guère de sens : pour expliquer certains emblèmes et symboles maçonniques, il cite la Bible, mais aussi des sources appartenant à la tradition hermétique, tel le néoplatonicien Marsile Ficin ou encore Francesco Colonna, l'auteur du Songe de Poliphile.

    Comme en témoignent à leur manière les marques typographiques, cet intérêt pour la dimension spéculative et ésotérique de l'architecture est alors européen et il est partagé tout aussi bien par les érudits, notamment à cause des connaissances géométriques des tailleurs de pierre, que par les bâtisseurs, successeurs du « Grand Architecte » qui, au commencement, traça un cercle à la surface du chaos (Proverbes, VIII).

    L'étude des anciens compagnonnages français de tailleurs de pierre (Devoirs) met également en évidence le fait qu'il ne s'agissait pas tous d'ouvriers plus ou moins incultes, et l'on constate la même chose dans les territoires germaniques. Leur clientèle, avec laquelle ils entretiennent souvent des liens amicaux, est précisément le milieu dans lequel recruteront les loges au 18e siècle.

     

    Source : http://perso.wanadoo.fr/jean-michel.mathoniere/html/Articles/verybritish.htm


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  • Aperçu général de l'histoire de la Franc-maçonnerie

    La Franc-maçonnerie a une origine légendaire et symbolique, qui sert de support au travail initiatique de ses membres, et une origine historique. C'est de cette origine historique qu'il sera question ici.

    La Franc-maçonnerie moderne est née des anciennes associations opératives de bâtisseurs du Moyen Age. Celles-ci étant elles-mêmes héritières de traditions qui remontent à l'antiquité. Ces associations mêlaient ce que nous nommerions aujourd'hui les domaines « professionnel », « philosophique » et « religieux ». En effet, jusqu'à l'époque qui verra la naissance de la Franc-maçonnerie dite « moderne » ou « spéculative », ces trois domaines ne sont pas séparés, et tous les actes de la vie se confondent avec la religion.

    La trace de groupements professionnels, en particulier de constructeurs, se relève chez les Egyptiens et les Grecs. Dans l'Empire romain, les « collegia » avaient leurs dieux tutélaires et leurs rites. Leurs cultes, tout comme leurs techniques, subirent l'influence des peuples voisins et des religions dites « à mystères », qui étaient très populaires à l'époque. L'entrée dans un de ces métiers commençait par une véritable initiation.

    Il est vraisemblable que les rites des « collegia » survécurent sous le Bas-Empire malgré le triomphe du christianisme, de la même façon que d'autres rites appartenant aux religions païennes, les saints patrons prenant peu à peu la place des dieux tutélaires et les rituels se christianisant.

    Après l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, les « collegia » disparaissent. En effet, comme l'écrit Paul Naudon : « A l'époque féodale, aucun cadre juridique ne permet plus l'existence d'associations professionnelles autonomes et aucun groupement ne peut plus être envisagé sans tenir compte des liens de suzeraineté ou de vassalité qui caractérisent cette société. »

    Les vestiges des « collegia » se placent sous la protection de l'Eglise et deviennent des associations monastiques.

    A partir du 11ème siècle, de nouvelles associations se développent : les « confréries » et les « guildes ».

    Plus tard, certains artisans peuvent bénéficier de la liberté de circulation : ce sont les « francs-mestiers », composés d'hommes libres, qui mèneront à bien la construction des cathédrales.

    Vers 1400, les manuscrits « Regius » et « Cooke » racontent l'histoire traditionnelle des Francs-maçons et présentent un ensemble de règles professionnelles et morales : ce sont les « old charges » (anciens devoirs) dont s'inspireront Anderson et Désaguliers en 1723.

     

    Source : http://www.fm-europe.org/delta/histoire/monde.html

     


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  • Les origines

    1. L'origine de la Franc-maçonnerie se perd à travers les siècles. Bien que de nombreux historiens se soient penchés sur cette question et qu'une multitude de livres aient été écrits à son sujet, personne n'a réussi à en préciser les origines, ni en termes d'époque ni en termes d'un élément déclencheur quelconque. Naturellement, les théories sont fort nombreuses, mais aucune ne résiste à l'analyse historique objective.

    Certains ont même avancé que la Franc-maçonnerie a débuté au paradis terrestre et qu'Adam fut le premier initié. Puis, l'Ordre se serait répandu à travers ses descendants jusqu'à la construction du Temple de Salomon, roi d'Israël, en passant par la Mésopotamie et la Phénicie. Naturellement, il n'y a personne qui prenne cela très au sérieux, même pas les Francs-maçons eux-mêmes.

    Une autre théorie plus plausible, fait remonter les origines de la Franc-maçonnerie au temps des Babyloniens, ces grands bâtisseurs de l'antiquité dont l'habileté et l'orgueil avaient poussé jusqu'à défier les dieux en voulant construire une tour qui atteindrait le ciel.

    De Babylone on passe en Egypte où les bâtisseurs jouissaient d'un statut privilégié. En effet, les pharaons, les rois d'Egypte, étaient essentiellement des bâtisseurs, des architectes si l'on veut, et ils passaient beaucoup de leur temps sur les chantiers de construction.

    A cette époque, il y avait des groupes de bâtisseurs, sortes de corporations professionnelles, possédant des techniques et des principes bien à eux, des secrets du métier en somme, et ils étaient tenus en haute estime par les dirigeants de l'Etat.

    On dit même qu'ils avaient l'occasion de s'approcher du pharaon beaucoup plus que certaines personnes de l'aristocratie. L'existence de ces corporations fut révélée au début du siècle dernier lors de fouilles effectuées par l'archéologue français Bernard Bruyère dans la localité égyptienne de Deir-El-Médineh.

    Ces fouilles permirent de mettre à jour un cimetière réservé aux membres d'une corporation de bâtisseurs. On a aussi découvert que ces travailleurs vivaient selon un code de conduite qui leur était propre et qu'ils œuvraient non seulement en fonction de règles d'architecture mais aussi à la gloire de leur divinité. Il y a là l'expression d'une certaine spiritualité dans l'exercice de leur travail et l'on y retrouve un parallèle avec les Francs-maçons modernes qui œuvrent « à la gloire du Grand Architecte de l'Univers ». Le maçon opératif possédait déjà des aptitudes du maçon spéculatif et en cela on retrouve des similitudes certaines avec les Francs-maçons modernes.

    D'Egypte, le mouvement se serait transmis en Grèce puis à Rome et finalement en Europe occidentale. Rappelons-nous qu'à l'époque de l'Empire romain, il existait des regroupements de corps de métiers appelés en latin, « collegia fabrorum ».

    Ces corporations professionnelles, précurseurs des guildes médiévales, possédaient à elles seules tout le savoir romain : comment construire les routes, les arches, les aqueducs, les outils de guerre, etc.

    Bref, ils étaient les hommes de science de l'époque. A mesure que les Romains faisaient des conquêtes territoriales, leur savoir se répandait aux quatre coins de l'empire et c'est ainsi qu'éventuellement on se retrouve au Moyen Age, époque où les maçons bâtissaient des cathédrales à travers l'Europe.

    Cette deuxième théorie est plausible, voire même probable, mais elle ne résiste pas non plus à l'analyse objective. C'est-à-dire qu'il n'y a aucun écrit ou constat de témoins contemporains qui vienne la soutenir. Les Francs-maçons eux-mêmes considèrent que leur histoire se divise en deux segments : l'histoire documentée et l'histoire traditionnelle. Cette dernière comprend tout le folklore, les croyances et les légendes évoqués dans les rites maçonniques alors que l'histoire documentée réfère aux textes formels provenant de diverses sources et qui corroborent l'existence de l'ordre. Ainsi, un édit royal permettant les associations maçonniques ou le texte de la constitution de l'Ordre ou même une bulle papale qui le condamne constitue certainement une preuve irréfutable.

    Penchons nous maintenant sur l'histoire formelle de la Franc-maçonnerie.

     

    Le premier manuscrit qui fait état de l'existence de la Franc-maçonnerie remonte à 926 A.D., en Angleterre sous le règne du roi « Athlesta » où pour la première fois on fait allusion aux « maçons » comme étant une organisation reconnue et fonctionnant selon certaines règles bien précises. On parlait alors de maçons, dans le sens réel du terme, comme étant des ouvriers opératifs qui coupaient les pierres dans les carrières et les transformaient en pierres polies et qui servaient ensuite à l'érection de monuments grandioses comme des cathédrales. Tous les documents connus qui réfèrent à la Franc-maçonnerie antérieurement à 1717 sont classés et numérotés et sont, pour la plupart, conservés dans la bibliothèque de la Grande Loge d'Angleterre à Londres.

    Jusqu'en 1717, les loges maçonniques d'Angleterre existaient de façon indépendante les unes des autres. Or, le 24 juin de cette année-là, quatre loges londoniennes ont décidé de se fédérer en une entité appelée « Grande Loge ». On ne connaît pas exactement les raisons qui ont motivé cette action, mais en agissant ainsi, les Francs-maçons se sont donnés une structure administrative, une organisation centrale qui a permis au mouvement d'avoir un interlocuteur approprié face aux autorités politiques et de grandir constamment.

    A l'heure de l'expansion de l'Empire britannique, l'Angleterre expédiait ses armées à la conquête des colonies et comme il y avait des loges de Francs-maçons dans la majorité des régiments et bataillons, cela a eu comme conséquence de propager la Franc-maçonnerie à travers les autres continents, y compris bien sûr, l'Amérique du Nord.

    En 1722, la Grande Loge d'Angleterre confia aux soins du pasteur James Anderson de rédiger une constitution pour la gouverne de la Franc-maçonnerie.

    Un an plus tard, la Grande Loge, alors âgée de sept ans, publia le « Livre des Constitutions », la Franc-maçonnerie moderne fut présentée au monde comme une institution unie dans son universalité.

    La première loge au Québec est arrivée en 1759, dans la ville de Québec, avec les troupes de Wolfe lors de la conquête britannique. Comme il était permis à une loge d'en créer d'autres, plusieurs nouvelles loges virent le jour en sol canadien. C'est ainsi, que le 27 décembre 1759 plusieurs loges se réunirent afin de créer une Grande Loge Provinciale sous l'égide de la Grande Loge d'Angleterre. De Québec, la Franc-maçonnerie s'est répandue à travers le Bas Canada (de la Gaspésie à l'Outaouais en passant par les Cantons de l'Est et Montréal) et ensuite vers le Haut Canada et les états américains limitrophes.

    Le terme Franc date du Moyen Age. Les gens qui vivaient dans le système féodal n'étaient pas tous affranchis et n'étaient pas libre d'aller où ils voulaient, ils étaient, pour ainsi dire, attachés à la terre. Compte tenu des besoins des riches seigneurs et des princes de l'Eglise, des métiers autres que laboureur de la terre se sont créés. Ces travailleurs spécialisés étaient d'une classe supérieure à celle des serfs et pouvaient circuler librement. On disait d'eux qu'ils étaient affranchis, d'où l'expression franc-maçon. Cette explication pourrait ne pas être la seule. En effet, le mot anglais pour franc est free et il existe une théorie selon laquelle l'origine du terme free mason viendrait d'une sorte de pierre facile à travailler et qui s'appelle justement freestone.

    Avec le temps et afin de protéger les « secrets du métier » les maçons se sont regroupés en corporations ou guildes et ils se sont donné des règles de conduite. On ne devenait pas maçon seulement en le disant, on devait faire un apprentissage qui durait un minimum de sept ans avec un maître, qui acceptait de prendre l'apprenti sous sa tutelle et qui lui montrait les secrets du métier. Après avoir passé divers examens, l'élève pouvait lui-même devenir un compagnon de l'ordre parmi les bâtisseurs.

    Donc, une fois reçus, ces compagnons pouvaient aller travailler dans des chantiers un peu partout en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre et dans ces chantiers, ils se réunissaient tous dans une place, parfois un simple abri que l'on appelait une loge. De plus, afin de se faire reconnaître comme véritables compagnons (par opposition à de simples ouvriers) et de se faire payer des gages selon leur rang, les maîtres bâtisseurs avaient des signes de reconnaissance qui n'étaient connus que des vrais compagnons. Plus tard, avec le déclin des grands projets de construction, les francs-maçons ont commencé à accepter dans leurs groupes des gens qui n'étaient pas vraiment des maçons opératifs. En général, il s'agissait d'individus appartenant à des classes sociales supérieurs ou tout simplement des gens qui apportaient de nouvelles pensées à l'organisation. Ces gens étaient appelés des francs-maçons acceptés. Il est à noter que le nom officiel que les Francs-maçons se donnent aujourd'hui est maçons anciens, francs et acceptés.

     

    Source :  http://www.francmaconnerie.ca/profane/fm_profanes/fm_profanes_t.html#histoire

     

    2. L'origine de la Franc-maçonnerie est obscure. Certains la font remonter aux cérémonies initiatiques de l'Egypte et de la Grèce antiques – tels les mystères d'Eleusis – auxquelles ses rites symboliques sont apparentés. Le christianisme des premiers siècles a également développé, avec les gnostiques, des formes d'initiation ritualisée permettant d'accéder à la connaissance des mystères divins, à l'illumination intérieure. On peut voir une filiation directe entre les gnostiques et les alchimistes, occultistes, illuminés et autres membres de la Rose-Croix qui ont fleuri au Moyen Age puis aux Temps modernes. Cette filiation est moins aisée à établir pour les Francs-maçons, héritiers directs, en revanche, des confréries de bâtisseurs qui se sont formées à partir du 10ème siècle en Europe, autour des grands chantiers de cathédrales.

    Il est certain que la Franc-maçonnerie moderne s'est greffée sur les anciennes associations nées au Moyen Age et à la Renaissance. Mais celles-ci avaient elles-mêmes une ascendance remontant à la plus haute antiquité où on trouve la trace de groupements professionnels (en particulier les constructeurs chez les Egyptiens et les Grecs mais nous retiendrons surtout les « collegia » d'artisans romains où le travail revêtait un caractère sacré). Tous les actes de la vie se confondaient avec la religion. Aussi, le « collegia » avait-il comme but essentiel la célébration d'un culte puisque le travail était pour tous l'image de la création des êtres et des choses par la divinité. L'essence du « collegia » était donc d'ordre religieux.

    A partir des 11ème et 12ème siècles, la société évolue et se transforme avec l'immigration des artisans dans les lieux fortifiés. Une autre forme juridique d'associations, qui permet à cette époque aux travailleurs manuels de constituer des groupements autonomes, fut la guilde, caractéristique des pays germaniques. Confréries ou guildes, ces associations d'abord religieuses, puis de protection et d'assistance, élargirent peu à peu le cercle de leurs attributions et s'élevèrent au rang de véritables corps professionnels.

    A partir du 13e siècle, on voit se développer sous la tutelle de l'Eglise des confréries d'artisans privilégiés (échappant aux redevances). Ce sont les « francs – mestiers ». En vieux français le mot « franc » qualifiait ce qui était libre par rapport à ce qui était servile, mais aussi tout individu qui échappait aux servitudes. A cette époque, l'ordre qui fut surtout à l'origine des francs métiers est celui du Temple. Il s'agit du maintien de la communauté des Francs-maçons avec la transmission de leurs rites traditionnels, touchant à une époque où le bon exercice du métier revêtait un caractère sacré et initiatique. C'est au 18ème siècle seulement que nous verrons les maçons spéculatifs, curieux d'ésotérisme, introduire dans leur Franc-maçonnerie des doctrines et légendes attribuées au Temple.

     

    Source : http://www.yrub.com/histoire/francm1.htm

     

    3. Dans la plupart des écrits, surtout les anciens, qui parlent de l’origine de la Franc-maçonnerie, la frontière entre le mythe et la réalité historique est fragile et souvent rompue. On peut toutefois distinguer trois courants dont le premier, le courant mythique ressortit plus à l’affabulation et à la tentation toujours très présente autant chez les individus que chez les entités ethniques de se doter d’une origine ancienne ou fabuleuse. Les deuxième et troisième courants se rattachent plus à l’histoire qu’à la légende et, même si parfois les preuves viennent à manquer, on peut néanmoins affirmer que les anciennes associations corporatives ou confréries de métier, principalement du bâtiment, ont eu leur mot à dire. On peut en dire autant des influences mystiques et philosophiques découlant des relations entre l’Orient et l’Occident au Moyen Age, qui donnèrent naissance aux sciences hermétiques de l’alchimie et de la kabbale, entre autres, et de la nouvelle découverte des penseurs grecs et latins traduits dans les monastères, qui annoncent la Renaissance avec cette remise en question de la relation de l’homme avec le divin, que l’on nommera la pensée humaniste, elle-même annonciatrice du courant Rose-Croix.

     

    L’origine mythique

    Certains auteurs n’hésitent pas à faire remonter la première Loge maçonnique à Adam, d’autres à Salomon, aux Esséniens, à Jésus… C’est dire la nébuleuse dans laquelle se fondent les origines de l’Ordre maçonnique. Mais il faut toutefois relativiser. Les données historiques existent. S’il est difficile d’accepter les élucubrations de certains auteurs actuels, il est en revanche compréhensible que pour les auteurs anciens, il n’entrait pas à leur époque dans les habitudes de penser établir une frontière entre le mythe ou la légende et la réalité historique. On en prendra pour preuve, par exemple, les familles nobles du Moyen Age (Mérovingiens, Lusignan etc.) qui n’hésitaient pas à se doter d’une origine fabuleuse (monstre marin, fée Mélusine etc.), origine qui passait d’ailleurs pour parfaitement crédible au commun des mortels. Le religieux, la superstition, le légendaire et la vie de tous les jours étaient alors étroitement mêlés. Il n’y a donc rien d’étonnant que l’un des plus anciens manuscrits maçonniques connus, le Regius, daté de 1390, fasse remonter la fondation de la Franc-maçonnerie au célèbre mathématicien grec Euclide qui vivait à Alexandrie, en Egypte, au 3e siècle av. J.-C.

    Il n’est guère étonnant non plus qu’au début du 18e siècle ce mélange entre le mythe et la réalité historique apparaisse encore dans les premières Constitutions de la Franc-maçonnerie moderne. Celles-ci, publiées en 1723, font part d’une transmission initiatique ininterrompue d’Adam à Caïn, puis des Chaldéens à l’Egypte (on retrouve Euclide), de Salomon à Nabuchodonosor, de Thalès de Milet à Pythagore, etc., jusqu’au 17ème siècle. Il est intéressant, comme le souligne Daniel Béresniak, de constater que cette énumération des origines mythiques couvre l’ensemble de l’humanité connue des auteurs de la Constitution de 1723. Comme si, à travers ces mythes fondateurs, les auteurs avaient voulu exprimer l’universalisme d’une Franc-maçonnerie qui est de toutes les époques et concerne tous les hommes.

     

    Les origines corporatives

    Dès la plus haute Antiquité, l’édification d’une habitation humaine ou divine (temple) revêtait un caractère sacré et faisait l’objet de rites sacrificiels précis qui exigeaient une initiation. Les bâtisseurs de ces ouvrages se réunissaient en confréries au sein desquelles le professionnel, le philosophique et le sacré étaient étroitement mêlés. Pour y entrer ou y adhérer, l’impétrant devait passer par une initiation tant aux mystères de la profession qu’à ceux liés au sacré. On relève leurs traces en Egypte et en Grèce antiques mais aussi dans l’Empire romain : les fameux « collegia ». Avec l’implantation du christianisme en Europe occidentale, les corporations de bâtisseurs se mettent au service de l’Eglise. C’est à ces « Confréries » ou « Guildes », réunissant les artisans de « francs – mestiers », composés d’hommes libres, que l’on doit les chefs d’œuvre de l’art roman et gothique du Moyen Age. Parmi ces corporations de francs – mestiers, dont l’existence doit beaucoup à l’Ordre des Templiers, figuraient les « Francs-maçons » ou maçons libres (free masons, en anglais) qui se réunissaient dans des « loges » (Cathédrale de Strasbourg, 1276), sortes d’ateliers couverts construits à même le chantier.

    En Angleterre, berceau de la Franc-maçonnerie moderne, le terme de « free mason » ne nous est connu que depuis la fin du 14ème siècle. Mais c’est dans les loges anglaises et écossaises que seront introduits progressivement des membres qui ne sont pas du métier : bourgeois, nobles, savants. Si bien que vers la fin du 17ème siècle, les non professionnels étaient devenus plus nombreux dans certaines loges et l’on distinguait alors les gens du métier par le qualificatif de Maçons « anciens » et les non professionnels par celui de Maçons « acceptés ». Ces Maçons « acceptés » apportèrent en loge ces idées nouvelles qui fleurissaient déjà depuis la Renaissance et qui marqueront la naissance de la Franc-maçonnerie moderne, que l’on nomme Maçonnerie « spéculative » pour la distinguer de l’ancienne, dite « opérative ».

     

    Le courant Rose-Croix

    Mais avec cette Renaissance qui marque l’ère des « grandes découvertes », se manifeste l’éveil des sciences et, avec elles, une nouvelle approche, plus rationnelle, de la connaissance du monde. Cette naissance de la pensée scientifique moderne, entre la fin du 16e siècle et le tout début du 18ème, sera représentée par le mouvement Rose-Croix. Ce mouvement, généré par les maîtres à penser que furent, entre autres, Michaël Maier (1568-1622), Robert Fludd (1574 - 1637), Jacob Boehme (1575 - 1624), Jean-Valentin Andreae (1586-1654), part en quête d’une sagesse perdue qui permettrait, une fois retrouvée, une nouvelle compréhension du divin, de l’univers et de la nature humaine. Ces penseurs s’appuient pour cela sur l’étude et le développement des sciences, dont les mathématiques et plus particulièrement la géométrie, mère de l’architecture, sont considérées comme la première des sciences. De nombreuses sociétés de Rose-Croix se constituèrent ainsi un peu partout en Europe et notamment à Londres, où l’alchimie était alors à son apogée et où les adeptes de la Rose-Croix.

     

    Les influences mystiques et philosophiques

    La tradition initiatique de la Franc-maçonnerie est intimement liée à celle des grands courants mystiques et philosophiques des premiers siècles de notre ère, qui virent l’épanouissement des gnostiques, des néo-pythagoriciens, des doctrines mystiques du mithriacisme et de l’orphisme. Les contacts entre philosophes et mystiques chrétiens, juifs et arabes du Moyen Age ainsi que les relations entre les sectes fatimides et ismaéliennes et certains dignitaires de l’Ordre du Temple durant les croisades, favoriseront la diffusion en Europe de ces doctrines, regroupées en une forme syncrétique dans l’hermétisme, l’alchimie et la kabbale. Les grands Arnaud de Villeneuve, Raymond Lulle, Roger Bacon iront chez les Arabes au 13ème siècle étudier l’alchimie, cette science hermétique qui connaîtra son âge d’or aux 14ème et 15ème siècles.

    C’est aussi l’époque de Dante et de sa « Divine Comédie », précurseur génial de cette période pré-Renaissance appelée Humanisme et dont Erasme sera l’un des chefs de file avec Thomas More. Par la suite, la Renaissance verra naître de nombreuses associations à buts philosophiques, imprégnées d’hermétisme, de kabbale et d’alchimie, où se distingueront des Marcile Ficin et des Pic de la Mirandole. Parmi ces associations, nées des relations suivies que les philosophes hermétistes et alchimistes entretenaient entre eux, la Communauté des Mages, créée par Cornelius Agrippa, regroupera les maîtres de la recherche alchimique.

    Lors de leurs fréquents déplacements pour se rencontrer, ces savants et philosophes trouvaient asile dans les associations maçonniques et l’on retrouve leur empreinte et celle de leurs prédécesseurs dans le symbolisme hermétique qui transpire de la plupart des œuvres des Compagnons imagiers, maçons et tailleurs de pierre, que sont les sculptures des églises et des cathédrales du Moyen Age. Autant de « demeures philosophales » revêtant un sens alchimique, mis en évidence au début du 20ème siècle par un maître en la matière, le célèbre et mystérieux alchimiste Fulcanelli jouèrent un rôle essentiel dans la fondation de cette académie des sciences qu’est la Royal Society.

    Nombre de Rose-Croix étaient également Francs-maçons, comme Christopher Wren, surintendant des bâtiments royaux, Robert Moray, chimiste et mathématicien, premier président de la Royal Society, et l’historien Elias Ashmole qui avait créé une société ayant pour but l’édification symbolique du Temple de Salomon, c’est-à-dire, suivant l’idéal rose-croix, le temple unificateur des sciences. La fameuse Royal Society dont firent partie aussi le Rose-Croix Isaac Newton et le physicien et cofondateur de la Grande Loge de Londres, Théophile Désaguliers, serait donc bien l’un des creusets de la synthèse Rose-Croix et Francs-maçons. Les Rose-Croix étaient d’ailleurs considérés dès l’origine par les fondateurs de Maçonnerie moderne comme des « Frères appartenant à la même Fraternité ou Ordre ». Et c’est de ce renouvellement des idées brassées notamment dans les Loges que naquit la Franc-maçonnerie moderne, dite « spéculative », au début du 18ème siècle.

     

    Source : http://www.freimaurerei.ch/f/general/orig-f.htm

     

    4. Au 13ème et au 14ème siècle, les corporations d'ouvriers étaient réparties à travers toute l'Europe chrétienne. Le premier atelier de tailleurs de pierre avait été fondé en l'an 1015, à Strasbourg. A cette époque, les corporations d'ouvriers étaient sous l'influence des ordres ecclésiastiques ; elles commencèrent à se libérer vers le 14ème siècle. Les ouvriers maçons bâtirent les cathédrales de Cologne, de Strasbourg, de Saint-Denis et bien d'autres. Ils laissaient leurs marques sur la pierre. Ainsi dans le dôme de Wurtzbourg, devant la porte de la Chambre des Morts, on peut encore lire les mots « Jakin » et « Boaz » sur les chapiteaux des deux colonnes. Il s'agit d'un hommage au Temple de Salomon, œuvre légendaire décrite dans la Bible au sein du « Livre des Rois ».

    Rose – Croix et Franc – maçonnerie

    Si les activités de la Franc-maçonnerie débutent au 17ème siècle, il est généralement admis que l'acte fondateur de cette société date du 24 juin 1717. C'est à ce moment que sont fondées les Grandes Loges de Londres et de Westminster. Mais la date qui marque le mieux la fondation de la Franc-maçonnerie moderne est celle qui voit la publication de la «Constitution d'Anderson» (1727) par le duc de Wharton, son Grand Maître à l’époque.

    Ce texte, présenté comme une refonte et une correction de «vieilles archives» maçonniques, fut rédigé par James Anderson, Jean-Théophile Désaguliers et Georges Payne. Les «archives» en question sont les « Old Charges », ou «Anciens Devoirs», textes appartenant aux anciennes guildes de Maçons opératifs, dont les plus anciens remontent à 1390 (ex. : Regius, 1390, et Cooke, 1410). Mais plutôt que de descendre directement des anciennes guildes de Maçons opératifs (les constructeurs) la Franc-maçonnerie est une société de penseurs — on parle de Maçonnerie spéculative — qui a emprunté une partie de sa symbolique aux constructeurs.

    Au 18ème siècle, la Franc-maçonnerie n'a pas l'organisation que nous lui connaissons aujourd'hui. Elle ne prend sa structure de base, composée de trois degrés, Apprenti, Compagnon, Maître (Maçonnerie bleue) qu'après quelques années. Elle ne comportait initialement que deux grades, ceux d'Apprenti-entré et de Compagnon. Un troisième, dit de Maître, apparaît vers 1730. Il faut attendre la seconde édition de la Constitution d'Anderson, celle de 1738, pour trouver une référence officielle à ce degré, et patienter jusqu'en 1760 pour que la symbolique qui lui est attachée, celle du mythe d'Hiram, soit vraiment admise en Angleterre.

    En France, le grade de Maître n'apparaît qu'à partir de 1744.

    A ses débuts, la Franc-maçonnerie ne se présente pas véritablement comme une société initiatique. Ses cérémonies sont d'ailleurs qualifiées de «rites de réceptions». Le terme «initiation» n'apparaît dans ses textes que vers 1728 - 1730, et il ne deviendra officiel en France qu'à partir de 1826. Même si le rituel propre à la Maçonnerie confère un aspect mystérieux à ses réunions, les Loges sont essentiellement des lieux où l'on pratique la philanthropie et où l'on cultive les beaux-arts. Ce n'est que progressivement qu'elle va développer un aspect initiatique et ésotérique. Quelques années plus tard, la structure hiérarchique des grades maçonniques s'enrichit.

    Le 26 décembre 1736, le chevalier André-Michel Ramsay (1686 - 1747), disciple de Fénelon et de Mme Guyon, prononce à la Loge parisienne du Louis d'Argent, un discours qui va entraîner l'apparition de ce que l'on appelle les « hauts grades » ou « écossisme », c'est-à-dire les degrés supérieurs à celui de Maître.

    Dans son discours, Ramsay présente la Franc-maçonnerie comme étant la résurrection de la «religion noachite», une religion primordiale, universelle et sans dogmes. Il ajoute que c'est par les Croisades que ce Saint Ordre a été ramené en Grande Bretagne avant de se répandre dans le reste de l'Europe.

    Bientôt, des symboles et des thèmes empruntés à l'Ancien Testament, à la Chevalerie, aux Templiers, ainsi qu'aux Sciences occultes comme l'alchimie, l'astrologie, la kabbale et la magie, stimulent l'imagination de Francs-maçons désireux de créer des hauts grades. Vers 1740, ces grades vont proliférer avec une anarchie qui prendra fin en décembre 1773. C'est parmi ces hauts grades que réapparaît la Rose-Croix, en y faisant parfois figure de «grade terminal», voire de «nec plus ultra» de la Franc-maçonnerie. Cependant, certains Maçons tentent aussi de séparer le Rosicrucianisme de la Maçonnerie pour constituer des Ordres autonomes.

     

    Source : http://www.rose-croix.org/docum/fm.html

     

     


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  • Introduction

     

    1.  La Franc-maçonnerie est un ordre.

    La Franc-maçonnerie est un Ordre, cela signifie qu'elle repose sur une organisation ordonnée et structurée selon une règle. Cette Règle définit le fondement de la Régularité maçonnique dans tous les pays du monde. Les Francs-maçons qui respectent cette Règle sont les Maçons Réguliers.

    La Règle maçonnique traditionnelle existe depuis au moins le 14ème siècle. Ses plus anciennes transcriptions en notre possession sont écrites en anglais médiéval et datent de 1390 (Manuscrit Regius) et de 1400 (Manuscrit Cooke). Elle se trouve dans de nombreux documents manuscrits ou imprimés, collectivement appelés Old Charges (en français : Anciens Devoirs).

    L'analyse de ces Devoirs montre la permanence d'exigences constantes, appelées Landmarks depuis 1723, date à laquelle Anderson employa l'expression dans ses Constitutions. Diverses recensions en existent mais toutes contiennent les quelques principes incontestables (Landmarks) suivants :

    • Tout Franc-maçon affirme l'existence de Dieu, Etre Suprême, qu'il définit librement, appelé Grand Architecte de l'Univers.
    • La Franc-maçonnerie cultive la Fraternité.
    • Le Secret absolu sur tout travail maçonnique est un devoir fondamental pour tout Franc-maçon.
    • La Franc-maçonnerie n'admet pas les femmes à participer à ses travaux.
    • Le travail maçonnique se fait en Loge, sous la direction d'un Maître de Loge.
    • La progression personnelle du Franc-maçon passe par trois grades successifs : Apprenti, Compagnon et Maître.
    • Toute initiation maçonnique est scellée par un Serment solennel de fidélité, prêté sur la Bible ou sur le Livre considéré comme sacré par le candidat.
    • L'initiation en trois grades de la Maçonnerie a pour cadre symbolique la construction du Temple de Salomon à Jérusalem et culmine au 3ème grade en une évocation de la mort violente de son Architecte légendaire, le maître Hiram.

    Selon les époques, les lieux et les rites, ces principes ont pu parfois être complétés par divers ajouts, mais, sous peine d'irrégularité, aucun d'eux, jamais, ne peut être atténué ou supprimé.

    Toute obédience maçonnique qui ne respecte pas scrupuleusement ce principe, se voit immédiatement exclue de la Franc-maçonnerie universelle. C'est ce qui arriva en Belgique et en France en 1872 et en 1877 pour les Grands Orients de ces pays.

    La justification d'une telle rigueur dans le respect des Landmarks est le principe de continuité et d'unité dans le temps et à travers l'espace : elle unit les Frères d'hier et d'aujourd'hui et des deux hémisphères au sein d'une chaîne ininterrompue d'initiations successives.

     

    Source :http://www.glrb.org/fmain.htm

     

    2. La Franc-maçonnerie est un ordre Initiatique.

    Depuis l'aube des temps, l'homme cherche des réponses à ses questions sur la souffrance, la mort, l'amour, le bien et le mal, le sens de la vie, etc.

    Certains aspirent à se perfectionner pour vivre mieux dans leur corps, leur esprit et leur cœur.

    En ce sens, l'Initiation maçonnique est un processus spirituel de perfectionnement intérieur. Elle ne procure aucune réponse toute faite, mais elle donne des outils méthodologiques permettant à chacun de poursuivre sa recherche intérieure et de construire ses propres réponses.

    Ces outils s'adressent à ce que nous avons de plus profond en nous. Ils sont au-delà des mots qui sont bien impuissants à exprimer l'essentiel, c'est-à-dire l'ineffable, à traduire l'indicible.

    Ils sont les symboles qui sont mis en œuvre et transmis par des rites initiatiques. Les rites maçonniques sont des mises en scène formalisées dont tous les éléments (paroles, gestes, objets, lumières, musiques, etc.…) sont autant de messages à décoder, à décrypter.

    Par l'effort personnel d'interprétation progressive des rites, le processus de perfectionnement intérieur se met en marche. Aboutit-il à la perfection? Bien rarement, ce serait orgueil que de le croire. Mais ce qui importe dans le voyage c'est de progresser en marchant avec ses Frères, bien plus que d'atteindre la destination finale…

     

    Source :http://www.glrb.org/fmain.htm

     



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  • Un minimum à connaître pour un Franc-maçon

    membre de la G.L.R.B. ?

    Introduction

    « Plancher » sur les aspects historiques de la Franc-maçonnerie, c’est, une fois de plus, se poser un certain nombre de questions et tenter d’y répondre.

    Mais cette fois-ci, il y a des questions dont les réponses ne sont pas en nous. Et il nous faudra bien vite nous tourner vers la littérature et les historiens, vers les sites web où l’histoire de la Franc-maçonnerie est expliquée.

    Mais il convient aussi de rester très prudent et sérieux car les fantaisies sont nombreuses, tout comme les légendes… Il faut donc bien distinguer, parmi les hypothèses avancées, ce qui est farfelu et ce qui peut être vérifié par des preuves historiques.

    Quelles questions pouvons-nous nous poser  dans le domaine de l’histoire de la Franc-maçonnerie ?

    • Pourquoi suis-je membre d’une obédience régulière ?
    • D’où vient la Grande Loge Régulière de Belgique ? Qu’y avait-il avant, en Belgique ?
    • Comment se présente actuellement la Franc-maçonnerie en Belgique ? En France ? Sur le continent européen ? Ailleurs ?
    • Quelle est l’importance de la Maçonnerie régulière dans le monde ?
    • Qu’en est-il d’une Maçonnerie libérale ? Féminine ? Mixte ?

    La présente planche ne prétend pas répondre à toutes ces questions.

    C’est à chacun de se les poser, selon ses propres intérêts, à chercher des réponses, à les confronter avec des Frères bien informés, à chercher sa propre vérité.

    Ceci étant rappelé ou précisé, entrons dans le vif du sujet et tentons de comprendre les raisons du choix de notre obédience, celui de faire partie de la Maçonnerie Traditionnelle et Régulière.

    Fondements de la régularité maçonnique

    Avant d’aborder les éléments de l’histoire de la Franc-maçonnerie qui me paraissent les plus significatifs, il me semble utile de rappeler qu’elle est un Ordre. Cela signifie qu'elle repose sur une organisation ordonnée et structurée selon une règle. Cette Règle définit le fondement de la Régularité maçonnique dans tous les pays du monde. Les Francs-maçons qui respectent cette Règle sont les Maçons Réguliers.

    La Règle maçonnique traditionnelle existe depuis le 14ème siècle au moins. Ses plus anciennes transcriptions en notre possession sont écrites en anglais médiéval et datent de 1390 (Manuscrit Regius)[1] et de 1400 (Manuscrit Cooke)[2]. Elle se trouve dans de nombreux documents manuscrits ou imprimés, collectivement appelés Old Charges (en français : Anciens Devoirs).

    L'analyse de ces Devoirs (appelés « Landmarks ») montre la permanence d'exigences constantes depuis 1723, date à laquelle le pasteur Anderson employa cette expression dans ses Constitutions. Il en existe diverses recensions mais toutes contiennent les quelques principes incontestables suivants :

    • Tout Franc-maçon affirme l'existence de Dieu, Etre Suprême, qu'il définit librement, appelé Grand Architecte de l'Univers.
    • La Franc-maçonnerie cultive la fraternité.
    • Le secret absolu sur tout travail maçonnique est un devoir fondamental pour tout Franc-maçon.
    • La Franc-maçonnerie n'admet pas les femmes à participer à ses travaux.
    • Le travail maçonnique se fait en Loge, sous la direction d'un Maître de Loge.
    • La progression personnelle du Franc-maçon passe par trois grades successifs : Apprenti, Compagnon et Maître.
    • Toute initiation maçonnique est scellée par un serment solennel de fidélité, prêté sur la Bible ou sur le Livre considéré comme sacré par le candidat.
    • L'initiation en trois grades de la Maçonnerie a pour cadre symbolique la construction du Temple de Salomon à Jérusalem.

    Selon les époques, les lieux et les rites, ces principes ont pu parfois être complétés par divers ajouts, mais, sous peine d'irrégularité, aucun d'eux, jamais, ne peut être atténué ou supprimé.

    Toute obédience maçonnique qui ne respecte pas scrupuleusement ce principe, se voit immédiatement exclue de la Franc-maçonnerie universelle. C'est ce qui arriva en Belgique et en France en 1872 et en 1877 pour les Grands Orients de ces pays.

    Les origines

    Bien que de nombreux historiens se soient penchés sur l’histoire de la Franc-maçonnerie et qu'une multitude de livres aient été écrits à son sujet, personne n'a réussi à en préciser les origines, ni en termes d'époque ni en termes d'un élément déclencheur quelconque.

    Naturellement, les théories sont fort nombreuses, mais aucune ne résiste à l'analyse historique objective. L'origine de la Franc-maçonnerie est obscure. Elle se perd à travers les siècles. Examinons deux ou trois thèses en présence.

    Certains historiens font remonter les origines de la Franc-maçonnerie aux cérémonies initiatiques de l'Egypte et de la Grèce antiques – tels les mystères d'Eleusis [3] – auxquels ses rites symboliques sont apparentés.

    1. Une première théorie plausible situe les origines de la Franc-maçonnerie au temps des Babyloniens, ces grands bâtisseurs de l'antiquité dont l'habileté et l'orgueil avaient poussé jusqu'à défier les dieux en voulant construire une tour [4] qui atteindrait le ciel.

    De Babylone le mouvement serait passé en Egypte où les bâtisseurs jouissaient d'un statut privilégié. En effet, les pharaons, les rois d'Egypte, étaient essentiellement des bâtisseurs, des architectes si l'on veut, et ils passaient beaucoup de leur temps sur les chantiers de construction.

    D'Egypte, le mouvement se serait ensuite transmis en Grèce puis à Rome et finalement en Europe occidentale.

    1. Les Francs-maçons eux-mêmes considèrent que leur histoire se divise en deux segments : l'histoire documentée et l'histoire traditionnelle. Cette dernière comprend tout le folklore, les croyances et les légendes évoqués dans les rites maçonniques alors que l'histoire documentée réfère aux textes formels provenant de diverses sources et qui corroborent l'existence de l'ordre [5].

    Alors qu’on peut voir une filiation directe entre les gnostiques et les alchimistes, occultistes, illuminés et autres membres de la Rose-Croix qui ont fleuri au Moyen Age puis aux Temps modernes, cette filiation est moins aisée à établir pour les Francs-maçons, héritiers directs, semble-t-il, des confréries de bâtisseurs qui se sont formées à partir du 10ème siècle en Europe, autour des grands chantiers de cathédrales.

    Il est certain que la Franc-maçonnerie moderne s'est greffée sur les anciennes associations nées au Moyen Age et à la Renaissance. Mais celles-ci avaient elles-mêmes une ascendance remontant à la plus haute antiquité où on trouve la trace de groupements professionnels, en particulier les constructeurs chez les Égyptiens et les Grecs mais surtout chez les artisans romains, regroupés en « collegia fabrorum » où le travail revêtait un caractère sacré.

    Le christianisme des premiers siècles a développé, avec les gnostiques, des formes d'initiation ritualisée permettant d'accéder à la connaissance des mystères divins, à l'illumination intérieure.

    Ces corporations professionnelles, précurseurs des guildes médiévales, possédaient à elles seules tout le savoir romain : comment construire les routes, les arches, les aqueducs, les outils de guerre, etc. Bref, ils étaient les hommes de science de l'époque.

    A mesure que les Romains faisaient des conquêtes territoriales, leur savoir se répandait aux quatre coins de l'empire et c'est ainsi qu’on se retrouve au Moyen Age, époque où les maçons bâtissaient des cathédrales à travers l'Europe.

    Tous les actes de la vie se confondaient avec la religion. Aussi, les « collegia » avaient-ils comme but essentiel la célébration d'un culte puisque le travail était pour tous l'image de la création des êtres et des choses par la divinité. L'essence des « collegia » était donc d'ordre religieux.

    Cette deuxième théorie est plus probable, mais elle ne résiste pas non plus à l'analyse objective. C'est-à-dire qu'il n'y a aucun écrit ou constat de témoins contemporains qui vienne la soutenir.

    A partir des 11ème et 12ème siècles, la société a évolué et s’est transformée avec l'immigration des artisans dans les lieux fortifiés. Une autre forme juridique d'associations, qui permettait à cette époque aux travailleurs manuels de constituer des groupements autonomes, fut la guilde, caractéristique des pays germaniques.

    Confréries ou guildes, ces associations d'abord religieuses, puis de protection et d'assistance, élargirent peu à peu le cercle de leurs attributions et s'élevèrent au rang de véritables corps professionnels.

    A partir du 13ème siècle, on vit se développer sous la tutelle de l'Eglise des confréries d'artisans privilégiés (échappant aux redevances). Ces confréries ont été appelées les « francs – mestiers ». En vieux français le mot « franc » qualifiait ce qui était libre par rapport à ce qui était servile, mais aussi tout individu qui échappait aux servitudes.

    A cette époque, l'ordre qui fut surtout à l'origine des francs métiers est celui du Temple. Il s'agit du maintien de la communauté des Francs-maçons avec la transmission de leurs rites traditionnels, touchant à une époque où le bon exercice du métier revêtait un caractère sacré et initiatique. C'est au 18e siècle seulement que nous verrons les Maçons spéculatifs, curieux d'ésotérisme, introduire dans leur Franc-maçonnerie des doctrines et légendes attribuées au Temple.

    Penchons-nous à présent sur l'histoire formelle de la Franc-maçonnerie moderne.

    Ébauche d’une histoire de la Franc-maçonnerie moderne

    La tradition initiatique de la Franc-maçonnerie est intimement liée à celle des grands courants mystiques et philosophiques des premiers siècles de notre ère, qui virent l’épanouissement des gnostiques [6], des néo-pythagoriciens [7], des doctrines mystiques du mithriacisme [8] et de l’orphisme [9]. Les contacts entre philosophes et mystiques chrétiens, juifs et arabes du Moyen Age ainsi que les relations entre les sectes fatimides et ismaéliennes [10] et certains dignitaires de l’Ordre du Temple durant les croisades, favoriseront la diffusion en Europe de ces doctrines, regroupées en une forme syncrétique dans l’hermétisme, l’alchimie et la kabbale.

    Le 17ème siècle a vu de nombreuses associations de pensée plus ou moins secrètes chercher une solution aux guerres et aux querelles religieuses qui déchiraient le continent. Beaucoup de penseurs partaient à la recherche d'une sagesse perdue qui, si on la retrouvait, permettrait une nouvelle compréhension du Divin, de l'Univers et de l'Homme. Les mathématiques, et en particulier la géométrie, étaient considérées comme la première des sciences. L'architecture jouissait d'un très grand prestige.

    C'est à cette époque que des Loges anglaises ont commencé à accueillir des membres qui n’étaient pas du métier, mais qui étaient à la recherche d'une nouvelle spiritualité et d'un débat d'idées tolérant. Ce furent des Maçons « acceptés ». On serait ainsi passé progressivement de la Franc-maçonnerie « opérative » à la Franc-maçonnerie « spéculative ».

    En Angleterre, berceau de la Franc-maçonnerie moderne, le terme de « free mason » ne nous est connu que depuis la fin du 14e siècle. Mais c’est dans les loges anglaises et écossaises que furent introduits progressivement des membres qui n’étaient pas du métier : des bourgeois, des nobles, des savants...

    En effet, au cours du 17ème siècle, la déchéance du métier aurait amené les maçons opératifs à accepter dans leurs loges, pour qu'elles survivent, des personnes étrangères à la profession. Si bien que vers la fin du 17ème siècle, les non professionnels étaient devenus plus nombreux dans certaines loges et l’on distinguait alors les gens du métier par le qualificatif de Maçons « anciens » et les non professionnels par celui de Maçons « acceptés ». Ces Maçons « acceptés » apportèrent en loge ces idées nouvelles qui fleurissaient déjà depuis la Renaissance et qui marqueront la naissance de la Franc-maçonnerie moderne, que l’on nomme Maçonnerie « spéculative » pour la distinguer de l’ancienne, dite « opérative ».

    D'après la théorie dite de la « transition », c'est le nombre grandissant de ces «acceptés», ainsi que la vision différente qu'ils avaient de la vocation de l'association, qui conduisirent tout naturellement à la naissance d'une structure purement spéculative, la maçonnerie « opérative » semblant alors s'être lentement éteinte.

    La théorie de la « transition » reste finalement très floue à l'égard des motivations qui auraient poussé, d'une part, les spéculatifs à fréquenter assidûment les loges opératives, et, d'autre part, les opératifs à les y accepter. Elle est battue en brèche depuis plusieurs décennies par d'autres théories, certaines allant jusqu'à considérer qu'il n'y a en réalité aucun lien organique entre opératifs et spéculatifs, ces derniers n'ayant fait qu'emprunter aux premiers des formes dont ils auraient détourné la fonction.

    Ces théories se distinguent entre elles quant à la motivation première de ce détournement : politique, religieux ou, plus généralement, social. Car l'Angleterre du 17ème siècle était effectivement en proie à diverses crises et la sociabilité fraternelle des loges aurait permis de surmonter certains clivages.

    Si les activités de la Franc-maçonnerie ont débuté au 17ème siècle, il est généralement admis que l'acte fondateur de cette société date du 24 juin 1717. C'est à ce moment qu’ont été fondées les Grandes Loges de Londres et de Westminster.

    Mais la date qui marque le mieux la fondation de la Franc-maçonnerie moderne est celle qui voit la publication de la « Constitution d'Anderson » (1727) par le duc de Wharton, son Grand Maître à l’époque.

    Les « Constitutions » contiennent une importante partie historique, l'enjeu étant pour la nouvelle institution de démontrer ainsi sa légitimité. Les quatre Loges londoniennes à l'origine du mouvement sont présentées comme établies « depuis un temps immémorial » et procédant sans rupture d'anciennes loges de tailleurs de pierre («maçons» au sens propre du terme). Anderson dit avoir compilé les archives détenues par les loges « opératives » d'Angleterre et d'Ecosse, ainsi que celles de plusieurs royaumes du continent.

    Sont ensuite évoqués les épisodes de la construction de la Tour de Babel, du Temple de Salomon,… jusqu'à la transmission de la maçonnerie en Angleterre via la France, à l'époque de Charles Martel (8ème siècle). Cette partie de l'histoire emprunte largement aux sources bibliques et à la littérature merveilleuse chrétienne et elle se poursuit par l'évocation des croisades et du temps des cathédrales, nouvel âge d'or des bâtisseurs.

    Ce texte, présenté comme une refonte et une correction de « vieilles archives » [11] maçonniques, fut rédigé par James Anderson, Jean-Théophile Désaguliers et Georges Payne.

    Mais plutôt que de descendre directement des anciennes guildes de maçons opératifs (ou constructeurs), la Franc-maçonnerie est à cette époque une société de penseurs — on parle donc à partir de ce moment de « Maçonnerie spéculative » — qui a emprunté une partie de sa symbolique aux constructeurs.

    A l’aube du 18ème siècle, la Renaissance vit apparaître l'imprimerie et la Réforme, puis les Guerres de Religions.  Partout en Europe, des intellectuels ont commencé à se libérer des dogmes. Au tout début du 18ème siècle, la Franc-maçonnerie anglaise, devenue « spéculative » prit une ampleur considérable. La haute aristocratie s'y associait, l'esprit de tolérance augmentait. Mais au 18ème siècle, la Franc-maçonnerie n'avait pas encore l'organisation que nous lui connaissons aujourd'hui. Elle ne prit sa structure de base, composée de trois degrés, Apprenti, Compagnon, Maître (Maçonnerie bleue) qu'après quelques années. Elle ne comportait initialement que deux grades, celui d'Apprenti-entré et celui de Compagnon. Un troisième, dit de Maître, n’est apparu que vers 1730. Il fallut attendre la seconde édition des « Constitutions » d'Anderson, celle de 1738, pour trouver une référence officielle à ce degré, et patienter jusqu'en 1760 pour que la symbolique qui lui est attachée [12] soit vraiment admise en Angleterre.

    A ses débuts, la Franc-maçonnerie ne se présente pas véritablement comme une société initiatique. Ses cérémonies sont d'ailleurs qualifiées de «rites de réceptions».

    Le terme «initiation» n'est apparu dans ses textes que vers 1728 – 1730, et il ne deviendra officiel en France qu'à partir de 1826. Même si le rituel propre à la Maçonnerie confère un aspect mystérieux à ses réunions, les loges sont essentiellement des lieux où l'on pratique la philanthropie et où l'on cultive les beaux-arts. Ce n'est que progressivement qu'elle va développer un aspect initiatique et ésotérique.

    Quelques années plus tard, la structure hiérarchique des grades maçonniques s'enrichira. Le 26 décembre 1736, le chevalier André-Michel Ramsay (1686 – 1747), disciple de Fénelon, prononçait à la Loge parisienne du Louis d'Argent, un discours qui allait entraîner l'apparition de ce que l'on appelle les « hauts grades » ou « écossisme », c'est-à-dire les degrés supérieurs à celui de Maître.

    Dans son discours, le chevalier Ramsay présente la Franc-maçonnerie comme étant la résurrection de la « religion noachite », une religion primordiale, universelle et sans dogmes. Il ajoute que c'est par les Croisades que ce Saint Ordre a été ramené en Grande Bretagne avant de se répandre dans le reste de l'Europe.

    Bientôt, des symboles et des thèmes empruntés à l'Ancien Testament, à la Chevalerie, aux Templiers, ainsi qu'aux sciences occultes comme l'alchimie, l'astrologie, la kabbale et la magie, ont commencé à stimuler l'imagination de Francs-maçons désireux de créer des hauts grades. En France, le grade de Maître n'est apparu qu'à partir de 1744. Vers 1740, ces grades vont proliférer avec une anarchie qui prendra fin en décembre 1773.

    Tout en demeurant indissociable de ses origines plus lointaines, l’histoire de la Franc-maçonnerie moderne, telle que nous la connaissons aujourd’hui, commence donc à l’aube du 18ème siècle, plus précisément le 24 juin 1717, à Londres. Ce jour-là, jour de la Saint-Jean-Baptiste, patron des Francs-maçons, quatre Loges de Londres décidèrent de s’unir sous la direction d’un Grand Maître et se constituèrent en Grande Loge, sous le titre de « Grande Loge de Londres » qui regroupera 63 loges en 1725.

    L'année 1723 vit la « publication des Constitutions d'Anderson par le Duc de Wharton, Grand Maître ». C'est le texte fondateur de la Franc-maçonnerie moderne.

    En quelques années, la Franc-maçonnerie spéculative va se répandre à travers toute l'Europe ainsi que dans toutes les colonies européennes.

    La seconde moitié du 18ème siècle vit la division de la Franc-maçonnerie anglaise en deux obédiences – les « Antients » et les « Moderns » – et la floraison, en Angleterre mais surtout en France et en Allemagne, des « Hauts-Grades ». De même que dans la société profane, l'idéal des Lumières et celui du romantisme s'opposent et se complètent.

    A partir de 1751, en effet, se produisit un schisme qui allait diviser les Francs-maçons anglais en « Anciens » et en « Modernes ». Les Anciens, qui n’avaient pas voulu adhérer à la Constitution de 1723, se référaient pour la plupart aux « Landmarks » (règles, obligations) de la Loge d’York, laquelle prétendait remonter au 10ème siècle.

    Ils créèrent donc une deuxième Grande Loge, celle des Anciens, composée en majorité d’Irlandais, pour s’opposer aux Maçons Modernes regroupés autour de la Grande Loge de Londres qui avait pris en 1738 le titre de Grande Loge d’Angleterre.

    Dès sa naissance, la Franc-maçonnerie spéculative avait trouvé dans l’ensemble de l’Europe, un terrain d’expansion tout aussi favorable qu’en Angleterre. Et, une vingtaine d’années plus tard, elle se répandit comme une traînée de poudre partout dans le monde où les puissances européennes d’alors avaient des implantations militaires ou commerciales.

    Le 19ème siècle sera une période de « remise en ordre ». De grandes obédiences se formèrent et les Hauts Grades se structurent en Rites.

    En Angleterre, la « Antients » et les « Moderns » se réconcilient en 1813 en fondant la Grande Loge Unie d'Angleterre, et en élisant le Duc de Sussex comme Grand-Maître, à l'unanimité. Elle promulgue à cette occasion une nouvelle version des « Constitutions », d'inspiration beaucoup plus nettement théiste que celle de 1723.

    En France, le Grand Orient entreprit de fédérer tous les rites. Toutefois, le Suprême Conseil de France du Rite Écossais Ancien et Accepté, fondé en 1804, reprendra presque immédiatement son indépendance.

    La fin du 19ème siècle fut marquée en France et en Belgique par l'augmentation de l'implication politique des Loges et par l'aggravation des polémiques entre l'Eglise catholique et la Franc-maçonnerie.

    Ces tensions aboutirent à un événement majeur dans l'histoire de la Franc- Maçonnerie francophone : en 1872, le Grand Orient de Belgique abrogea l'invocation du Grand Architecte de l'Univers. En 1877, il fut suivi dans cette voie par le Grand Orient de France, qui, lui, ne supprima que l'obligation de cette invocation, chaque Loge restant libre de son choix. Aussitôt, la Grande Loge Unie d'Angleterre réagit en rompant toute relation avec ces obédiences.

    La Seconde Guerre Mondiale vit l'apparition en Europe d'un grand nombre de dictatures qui persécutèrent la Franc-maçonnerie, leur ennemie naturelle. Ces persécutions ont laissé des traces profondes partout où elles ont été vécues. Dans ces pays, leur souvenir a maintenu entre la plupart des Francs-maçons des liens plus puissants que toutes les inévitables querelles d'obédiences.

    Après avoir subi ses maladies de jeunesse, la Franc-maçonnerie moderne a réussi à se structurer un peu partout dans le monde sous forme d’obédiences nationales diverses, indépendantes les unes des autres et regroupant chacune plusieurs loges, elles aussi indépendantes les unes des autres. Cette diversité et cet aspect mosaïque des loges sont caractéristiques de l’esprit maçonnique qui refuse toute ingérence dogmatique et lutte depuis toujours en faveur de la liberté de pensée. Répartie dans une soixantaine de pays (d’une manière générale, les dictatures, qu’elles soient de droite ou de gauche, condamnent la Franc-maçonnerie dont les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, par trop démocratiques, sont jugés subversifs), la Franc-maçonnerie compte actuellement, toutes obédiences confondues, plus de six millions de membres.

    Le 20ème siècle a vu le développement de loges et d’obédiences mixtes ou féminines. Le fait qu'un grand nombre de loges masculines préférèrent continuer à travailler de manière non mixte ne retire rien au fait que la valeur des travaux maçonniques mixtes ou strictement féminins est aujourd'hui presque unanimement reconnue.

    En cette fin de 20ème siècle, on assiste un peu partout en Europe à la fin d'un système de pensée qui opposait des « blocs » que l'on souhaitait bien distincts les uns des autres et à l'apparition de conceptions plus « synthétiques », certains diraient même « systémiques ». Les bouleversements géopolitiques et technologiques que nous connaissons actuellement n'y sont sans doute pas étrangers. Il semble évident que les Francs-maçons, quels que soient leurs rites ou leurs obédiences, sont, de par leurs traditions, particulièrement bien outillés pour accompagner cette nouvelle mutation.

    Eléments essentiels de l’histoire de la Franc-maçonnerie en Belgique

    Au 18ème siècle, la Belgique était constituée de deux états : les Pays Bas autrichiens et la Principauté Épiscopale de Liège.

    En 1721 se créa sur notre territoire la première loge spéculative « La Parfaite Union » à l'Orient de Mons en Hainaut. Elle était formée à partir des loges militaires françaises et hollandaises occupant le territoire qui devint par après les « Pays-Bas autrichiens ». Elle a depuis lors changé plusieurs fois de nom et d'obédience mais elle existe toujours aujourd'hui avec le matricule 1 au Grand Orient de Belgique. L'essor de l'Ordre fut soutenu par le régime politique de l'impératrice Marie-Thérèse.

    A partir de 1740, de nombreuses loges se sont formées sous l'influence des armées françaises qui occupaient le pays. Puis d'autres s'établirent avec des patentes de la Grande Loge de Londres.

    En 1770 se constitua la Grande Loge des Pays Bas autrichiens qui comptera jusqu'à 26 Loges.

    En 1784, un décret impérial de Joseph II réduisit à trois le nombre de loges à Bruxelles et les interdit dans les autres villes.

    Dans la Principauté de Liège, la première Loge semble avoir été « La Nymphe » en 1749. En 1760, le prince-évêque interdit la Franc-maçonnerie. Par contre son successeur François-Charles de Velbrück (1772 – 1784) appartenait à l'Ordre et le protégea.

    Pendant le 18ème siècle, de nombreux prêtres catholiques ont appartenu à la Franc-maçonnerie.

    Lors de la révolution de 1789 les loges belges se mirent en sommeil. Elles furent réveillées sous l’Empire et firent d'office partie du Grand Orient de France où elles retrouvèrent tout leur lustre perdu lors de la Révolution française ; elles furent officialisées et protégées par l'Empereur.

    Au 19ème siècle, et plus précisément en 1815, après les guerres qui suivent la Révolution française et l'Empire, le traité de Paris et le Congrès de Vienne retracèrent la carte de l'Europe et réunirent la Belgique au royaume des Pays-Bas. En effet, la Belgique fut cédée à Guillaume 1er d'Orange, roi de Hollande. Celui-ci y installa son fils cadet, le Prince Frédéric.

    En 1815, vingt-sept loges étaient établies sur le territoire « belge » de l’époque. C’est alors que se constitua le Grand Orient des Pays-Bas, avec deux Grandes Loges d'administration, l'une pour le Nord (Hollande), l'autre pour le Sud (Belgique). Le Prince Frédéric d'Orange-Nassau en devint le Sérénissime Grand Maître.

    En 1830, la Révolution brabançonne fut un véritable sursaut du nationalisme belge : elle fut à l'origine de la naissance du Royaume de Belgique actuel.

    Notre jeune pays se choisit un roi Franc-maçon, Léopold 1er de Saxe-Cobourg Gotha [13], et dès 1833, se constitua le Grand Orient de Belgique, soit trois ans après l'indépendance de la Belgique.

    A cette époque douze loges, qui faisaient partie du Grand Orient des Pays-Bas, adhérèrent au Grand Orient de Belgique. Dix autres mirent temporairement fin à leurs travaux. Deux loges gantoises, une luxembourgeoise et une de Saint-Nicolas-Waas restèrent provisoirement membres de l'obédience hollandaise. Les statuts et règlements du jeune Grand Orient de Belgique d'alors peuvent être qualifiés d'extrêmement démocratique, même selon les standards actuels.

    Certaines Loges, comme « Septentrion » à Gand, restèrent fidèles au Grand-Orient des Pays-Bas jusqu'en 1883 et furent exclues du Grand Orient de Belgique.

    Au cours du 19ème siècle, les statuts et règlements du Grand Orient de Belgique devinrent plus « libéraux » encore avec la suppression de l'invocation obligatoire au Grand Architecte divin, avec l’autorisation de traiter des sujets politiques et l’obligation de travailler au progrès de l'humanité. Dès lors, la Maçonnerie belge prit une part active dans la vie de la cité en s'intéressant en particulier à l'instruction publique, à la laïcité, à l'égalité sociale et à l'alphabétisation.

    En 1837, à cause de la lettre du Cardinal Englebert Sterckx et de l'épiscopat qui interdisaient l'appartenance à la Franc-maçonnerie aux catholiques à la suite de la rédaction de l'encyclique « Mirare Vos » de 1832, la Franc-maçonnerie belge changea, devint moins catholique et s'intéressa à l'instruction publique au point que la Loge « Les Amis Philanthropes » fondèrent en 1834 l'Université libre et laïque de Bruxelles.

    A cette époque, nombreux furent les Francs-maçons catholiques qui choisirent la Franc-maçonnerie au lieu de l'église catholique. Le fondateur de l'Université Libre de Bruxelles, Pierre-Théodore Verhaegen, est l’un de ceux-là.

    Petit à petit la Maçonnerie a recruté ses membres dans les milieux anticléricaux. De nos jours, on y trouve peut-être encore des croyants, mais beaucoup moins de catholiques.

    Un revirement politique provoqua l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement ultramontain [14] et manifestement clérical ; oppositions, méfiance et chasse aux sorcières virent le jour. Par réaction, en 1872, la seule obédience maçonnique du pays, le Grand Orient de Belgique, jusqu’alors en relation fraternelle avec Londres, décréta que désormais les loges belges n'étaient plus obligées de travailler à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, ni de faire usage des symboles traditionnels. Les relations anglo-saxonnes furent immédiatement rompues.

    Pendant la Première guerre mondiale, la Belgique fut presque entièrement occupée et les loges suspendirent leurs travaux. La paix retrouvée, ceux-ci reprirent force et vigueur, mais les loges se firent de nouveaux ennemis : les dictatures de droite les trouvaient dangereuses à cause de leur amour pour la liberté de pensée, les dictatures de gauche leur reprochaient leur « collaboration de classe ».

    En 1928 fut fondée la Fédération belge du Droit Humain, la seule obédience mixte.

    Le 10 mai 1940, la Belgique fut envahie par l'Allemagne hitlérienne et la Franc-maçonnerie interdite. De nombreux Frères furent arrêtés, déportés, assassinés. Les occupants étaient aidés par une liste de Francs-maçons publiée par un journal conservateur et catholique. Pourtant une vie maçonnique belge continuait en exil à Londres et à New-York, et même de manière clandestine et avec les risques qu'on imagine, dans le camp de concentration d'Esterwegen (la Loge « Liberté Chérie ») et dans le camp de prisonniers de guerre de Prenslau (la Loge « L'Obstiné »).

    En Belgique, le réveil de la maçonnerie traditionnelle se fit en deux étapes. Malgré plusieurs tentatives faites entre les deux guerres et après 1945, le Grand Orient de Belgique ne put jamais renoncer à la tentation de l'extériorisation ni, en opposition avec les « Landmarks » de la Maçonnerie universelle, à accueillir des néophytes faisant profession d'athéisme.

    L'après-guerre vit se dessiner deux tendances au sein du Grand Orient de Belgique : la première désirait poursuivre le même chemin, dans le même esprit ; une autre envisageait un retour aux sources, à la Tradition, en rétablissant l'usage de travailler à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers en présence des trois Grandes Lumières sur l'Autel : Équerre et Compas déposés sur le Livre de la Loi Morale.

    Des divergences d'intérêts empêchèrent de parvenir à s'entendre sur une « façon d'être » acceptable pour tous. Souhaitant adhérer à la Franc-maçonnerie anglo-saxonne, cinq Ateliers du Grand Orient de Belgique décidèrent en 1959 de fonder la Grande Loge de Belgique, qui voulait renouer avec l'universalité avec l'appui du Grand Orient des Pays-Bas et de la Grande Loge de France. Il s'ensuivit des essaimages dans plusieurs Loges du Grand Orient de Belgique.

    La Grande Loge de Belgique adopta une Constitution qui satisfaisait, dans sa déclaration liminaire, aux principes de la régularité maçonnique. Sur la base de ces documents, la nouvelle Grande Loge de Belgique fut reconnue par la quasi-unanimité des Grandes Loges du monde. Tout semblait donc parfait : cette jeune Obédience reçut en 1965 les faveurs britanniques.

    Mais il faut préciser que, pour se les assurer, les dirigeants de l'époque avaient fait verbalement des promesses incontrôlables, ce qui provoqua un malaise grandissant parmi les membres. Il s'avéra, au bout de quelques années, que la Constitution de la Grande Loge de Belgique était encore insuffisamment explicite, car bientôt se manifestèrent des manquements aux règles qui purent paraître d'abord bénins, mais qui prirent au cours des années un caractère plus aigu. Ces règles furent même mises en question par des dirigeants de l'obédience, certains d'entre eux vidant les principes de base de tout contenu réel.

    Cette obédience, plus « déiste » que le Grand Orient de Belgique, ne sera reconnue que peu de temps par la Grande Loge unie d’Angleterre, car très rapidement se posa à nouveau la question de l'interprétation des mots « Grand Architecte de l'Univers ».

    Désireux à la fois de conserver une caution internationale et de renouer des relations avec les irréguliers, et en particulier les loges du Grand Orient de Belgique, des membres en nombre grandissant ne purent conserver une attitude nette sur les points fondamentaux que constituent l'affirmation de l'existence de l'Etre Suprême et l'abstention de relations maçonniques avec des obédiences non reconnues.

    Au fil du temps l'ingérence anglaise s’était accentuée, et les réponses de la Grande Loge de Belgique aux questions de plus en plus pressantes posées par la Grande Loge Unifiée d'Angleterre d'une part, et son attitude intégriste et intolérante d'autre part, mirent fin à l'entente dès 1979.

    A la suite des différences d'interprétation des mots « Grand Architecte de l'Univers », la Grande Loge Unie d’Angleterre retira sa reconnaissance à la Grande Loge de Belgique. En conséquence la Grande Loge de Belgique perdit au printemps de 1979 la reconnaissance de plusieurs Grandes Loges et il était évident qu'elle allait inévitablement perdre la quasi totalité des autres.

    La Franc-maçonnerie anglo-saxonne, qui se dit « régulière », s'est explicitement distancé des Obédiences françaises et belges, dites « libérales », en raison du caractère anticlérical de ces dernières.

    Une partie des Maçons de la Grande Loge de Belgique entendirent réagir contre la situation conflictuelle et, dès le 15 juin 1979, neuf Loges [15] créèrent la Grande Loge Régulière de Belgique. Ainsi, en 2009, nous avons fêté le 30ème anniversaire de notre Obédience.

    Entretemps, des Loges féminines ont été créées depuis 1974 avec des patentes de la Grande Loge Féminine de France. Ces Loges se sont constituées en 1981 en Grande Loge Féminine de Belgique.

    Les effectifs des différentes obédiences belges seraient les suivants :

    Grand Orient de Belgique : environ 9 500 membres pour 121 loges

    • Droit Humain Fédération de Belgique (mixe) : 6300 membres pour 95 loges
    • Grande Loge de Belgique : 3360 membres pour 55 loges
    • Grande Loge Régulière de Belgique : 2200 membres pour 48 loges
    • Grande Loge Féminine de Belgique : 1640 Sœurs pour 34 loges.

    D'autres obédiences et rites sont également présents en Belgique, mais de façon assez confidentielle. Parmi ceux-ci, le rite le plus important est celui de Memphis-Misraïm. Il est implanté depuis longtemps en Belgique et son obédience a des accords de coopération avec la plupart des associations maçonniques « libérales » du pays.

    Après ce tour d’horizon des origines et de l’histoire de la Franc-maçonnerie en général, essentiellement sur le continent européen, et plus particulièrement en Belgique, revenons à notre point de départ, la Grande Loge Régulière de Belgique dont nous sommes membres et tentons d’encore mieux comprendre sa spécificité.

    La Grande Loge Régulière de Belgique

    La Constitution de notre obédience affirme avec une précision scrupuleuse les principes universels de régularité auxquels la Grande Loge Régulière entend se conformer.

    Cette Constitution déclare entre autre :

    1. La Franc-maçonnerie affirme l'existence de Dieu, Etre Suprême qu'elle désigne sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Elle requiert de tous ses adeptes qu'ils admettent cette affirmation. Cette exigence est absolue et ne peut faire l'objet d'aucun compromis ni d'aucune restriction.
    1. La Franc-maçonnerie ne définit pas l'Etre Suprême et laisse à chacun la liberté absolue de le concevoir.
    1. Tout travail maçonnique se fait à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers et en présence des trois grandes Lumières de la Franc-maçonnerie : le Volume de la Loi Sacrée sous l’Équerre et le Compas, sur lesquels sont prêtés tous les serments et les obligations.

    Ceci dit clairement et nettement quel est, en vertu même de son adhésion aux idéaux maçonniques traditionnels, le caractère de la Grande Loge régulière. Elle s'affirme pour l'essentiel comme initiatique, spiritualiste et dégagée des controverses du monde extérieur. Ceci implique, à l'exemple des grandes obédiences du monde, la référence expresse à la divinité, la recherche initiatique dans la voie de la spiritualité, l'interdiction de toute controverse politique ou religieuse en Loge, l'abstention de toute participation à des travaux maçonniques auxquels assisteraient des membres d'obédiences non reconnues par la Grande Loge Régulière, parce que n'adhérant pas à l'intégralité des principes de base.

    Attitude rigoureuse sans doute, mais qui est absolument indispensable pour rester dans la voie de l’authenticité traditionnelle.

    En fonction même du caractère initiatique primordial de leurs activités, les Maçons de la Grande Loge Régulière ne peuvent admettre à leurs travaux en, visiteurs, des Maçons n'acceptant pas les « Landmarks » de la Franc-maçonnerie régulière. Ces visiteurs ne sauraient en effet participer à ses travaux et en même temps s'en démarquer en contestant ces principes. Réciproquement, les membres de la Grande Loge Régulière s'interdisent de participer à des réunions de Maçons non reconnus.

    C'est simplement la conséquence de l'importance attachée à l'Art Royal : une « Tenue » maçonnique n'est pas une réunion quelconque entre amis et connaissances ; c'est un acte initiatique.

    Tout est simple si l’on ne perd jamais de vue la frontière entre l'univers de la Loge au travail et le monde extérieur. Chaque Maçon a des amis précieux et des intimes qui ne sont pas Maçons, et de même il a de l'affection et de l'estime pour bien des Maçons non réguliers. Mais ces relations aussi étroites soient-elles trouvent leur cadre, leur expression et leur accomplissement ailleurs et en d'autres moments.

    La tradition maçonnique n'admet à l'initiation que des hommes. Il n'y a là aucune misogynie, mais le strict respect d'anciens usages qui reflètent une vieille expérience initiatique, bien antérieure à la Franc-maçonnerie, et qui tient compte des tensions et des problèmes psychologiques propres à des sociétés qui seraient à la fois mixtes et fermées. Il existe d'ailleurs des organisations maçonniques ouvertes aux femmes, et parfois exclusivement à elles. Elles sont dignes de considération, comme le sont d'autres obédiences irrégulières.

    En l’an 2009, année de célébration de son trentième anniversaire, la Grande Loge Régulière de Belgique comptait 47 Loges réparties dans tout le pays (N.B. : La Loge 21 avait disparu).

     

    Nom de la Loge

    Rite

    Orient de

    1

    L’Union

    Moderne

    Bruxelles

    2

    Les Disciples de Salomon

    R.E.A.A.

    Leuven

    3

    King Leopold I

    New York

    Mons

    4

    Chevalier Ramsay

    Californien

    Bruxelles

    5

    L’Avenir et l’Espérance

    Moderne

    Charleroi

    6

    De Wijngaerdenranck

    R.F.M.

    Aarschot

    7

    Les Trois Anneaux

    R.E.A.A.

    Bruxelles

    8

    Le Marquis de Gages

    R.F.M.

    Nivelles

    9

    Les Trois Briques

    Moderne

    Waterloo

    10

    Le Carré Long

    Moderne

    Charleroi

    11

    La Parfaite Amitié

    R.E.Phi.

    Bruxelles

    12

    Jan van Ruysbroeck

    Moderne

    Brussel

    13

    La Fidélité

    Moderne

    Gent

    14

    Acacia

    Moderne

    Kortrijk

    15

    De Oude Plichten

    Moderne

    Antwerpen

    16

    François-Charles de Velbrück

    R.E.A.A.

    Liège

    17

    Le Cèdre

    R.E.A.A.

    Bruxelles

    18

    Geoffroy de Saint Omer

    R.E.R.

    Bruxelles

    19

    La Constante Fidélité

    R.E.A.A.

    Mechelen

    20

    La Parfaite Fraternité

    R.F.M.

    Mons

    22

    De Eendracht 1764

    R.E.R.

    Antwerpen

    23

    Het Gulden Vlies

    R.E.R.

    Vilvoorde

    24

    La Lumière des Ardennes

    Moderne

    Forrières

    25

    Sambre et Meuse

    Moderne

    Namur

    26

    Semper Fidelis

    Moderne

    Charleroi

    27

    Fides et Amor

    Moderne

    Gent

    28

    Sint-Jan-ter-Duinen

    R.F.M.

    Koksijde

    29

    Charles de Lorraine

    R.F.M.

    Nivelles

    30

    Ars macionica (Loge d’étude)

    Moderne

    Bruxelles

    31

    La Parfaite Egalité 1765

    R.E.R.

    Brugge

    32

    Athanor

    Moderne

    Gent

    33

    Pythagoras

    R.E.A.A.

    Antwerpen

    34

    De Zon

    R.E.A.A.

    Antwerpen

    35

    Zur Morgenlandfahrt

    A.F.A.M.

    Brüssel

    36

    St Jean Lumière de Lorraine

    Moderne

    Arlon

    37

    L’Aigle de Patmos

    R.E.R.

    Tournai

    38

    Les Sept Piliers

    Moderne

    Liège

    39

    Euclides

    R.F.M.

    Gent

    40

    Sous le Voile d’Hermès

    R.E.A.A.

    Bruxelles

    41

    Sint Jan aan ‘t Veer

    R.E.A.A.

    Stokkem

    42

    Iris

    R.E.A.A.

    Liège

    43

    St Charles de la Parfaite Harmonie

    Moderne

    Bouillon

    44

    Aurora

    R.F.M.

    Oudenaarde

    45

    Le Delta des Collines

    R.F.M.

    Flobecq

    46

    Les Pierres de Vernes

    R.E.A.A.

    Péruwelz

    47

    L’Eperon d’Or

    R.E.R.

    Namur

    48

    Lumière et Fraternité

    Moderne

    Charleroi

     

     R:. F:. A. B.

     

    [1] Le manuscrit Regius, daté de 1390, fait remonter la fondation de la Franc-maçonnerie au célèbre mathématicien grec Euclide qui vivait à Alexandrie, en Egypte, au 3ème siècle av. J.-C.

    [2] Comme le Regius, le manuscrit Cook est un poème anonyme datant de 1410 environ et qui aborde l’éloge des arts libéraux et l’histoire légendaire du métier de bâtisseur.

    [3]  Dans la religion grecque antique, les mystères d’Éleusis (en grec : Ἐλευσίνια Μυστήρια) faisaient partie d'un culte à mystères, de nature ésotérique, effectué dans le temple de Déméter à Éleusis (à 20 km au nord-ouest d'Athènes). Consacrés à Déméter et sa fille Perséphone, ils figurent parmi les plus célèbres et sur lesquels nous avons plus d'informations que tout autre culte grec, depuis le témoignage le plus ancien (dans l'Hymne homérique à Déméter), jusqu'à la suppression de ce culte par l'empereur romain Théodose en 393.

    Référence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mystères_d'Éleusis

    [4] La tour de Babel était, selon la Genèse, une tour que souhaitaient construire les hommes pour atteindre le ciel. Descendants de Noé, ils représentaient donc l'humanité entière et étaient censés tous parler la même et unique langue sur Terre, une et une seule langue adamique. Pour contrecarrer leur projet qu'il jugeait plein d'orgueil, Dieu multiplia les langues afin que les hommes ne se comprissent plus. Ainsi la construction ne put plus avancer, elle s'arrêta, et les hommes se dispersèrent sur la terre.

    [5] Ainsi, un édit royal permettant les associations maçonniques ou le texte de la constitution de l'Ordre ou même une bulle papale qui le condamne constitue certainement une preuve irréfutable.

    [6] Le gnosticisme est un mouvement religieux regroupant des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisent généralement par la croyance que les hommes sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu mauvais ou imparfait appelé le démiurge. Le mouvement connut son apogée au cours du IIe siècle.

    [7] Les néopythagoriciens croient en une religion astrale (théologie, mantique, théorie de la grande année et de l'harmonie des sphères, immortalité des héros, métempsycose). Ils s'intéressent aux origines du langage, à l'étymologie, à son sens mystique (souvent révélé par la poésie, cette langue musicale, qui obéit à des proportions numériques). Leurs spéculations sur les nombres sont entrées en rapport avec le platonisme (cosmologie, théorie des Idées). Ils ont aussi une doctrine morale et politique, séparant strictement les bons des méchants, et affirmant la primauté d'un droit religieux dont tout dépend.

    [8] Le mithriacisme fut une religion très austère ; les initiés étaient soumis à des épreuves, puis baptisés par aspersion avec le sang d'un taureau sacrifié (taurobole) pour devenir « frères d'armes ». Les prêtres enseignaient que par la pratique de certains rites de purification, d'abstinence et de communion on pouvait participer à la nature des astres lumineux et immortels. Il se répandit d'abord en Asie Mineure, en Égypte, puis en Italie où il fut apporté par les légions romaines et d'où il passa en Gaule, en Germanie et en Espagne. Il tint tête au christianisme jusqu'au IVème siècle, époque à laquelle il se heurta aux persécutions de l'empereur Théodose, dont un édit, en 391, interdit « le culte païen » et les sacrifices sous peine de mort. L'empereur Julien, par contre, fut un adorateur de Mithra.

    [9] L’orphisme est un mouvement religieux qui s’est développé en Grèce à partir du sixième siècle avant J.- C. Il a été instauré par Orphée, qui aurait vécu avant Homère. Orphée est souvent décrit comme le maître des incantations ou un enchanteur d’origine thrace. Les adeptes de l’orphisme sont appelés les Orphéotélestes. Ceux-ci sont des individus à part, qui vivent éloignés des cités ; ils sont considérés comme des purificateurs, initiateurs à leur religion.

    [10] Issus de la secte chiite des ismaéliens — pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants du prophète Ali —, les Fatimides considèrent les Abbassides sunnites comme des usurpateurs de l’islam.

    [11]  Les «archives» en question sont les «Old Charges», ou «Anciens Devoirs», textes appartenant aux anciennes guildes de Maçons opératifs, dont les plus anciens remontent à 1390 (ex. : Regius, 1390, et Cooke, 1410).

    [12] Celle du mythe d'Hiram.

    [13] Le roi Léopold 1er aurait été initié à la Loge « L'Espérance » à Berne en 1813. On lui proposa d'en devenir Sérénissime Grand Maître mais il déclina l'offre et y plaça un de ses proches collaborateurs, le Baron Goswin de Stassart.

    [14] Qui défend le pouvoir absolu du Pape.

    [15] « L’Union », n°1 ; « Les Disciples de Salomon », n°2 ; « King Leopold Ist », n° 3 ; « Chevalier Ramsay », n° 4 ; « L’Avenir et l’Espérance », n° 5 ; « De Wijngaerdenranck », n° 6 ; « Les Trois Anneaux », n° 7 ; « le Marquis de Gages », n° 8 et « Les Trois Briques », n° 9.

    Bibliographie

    Arvelle Joël - Histoire de la Franc-maçonnerie belge

    Editions J.M. Collet, Braine l’Alleud, 1995

     

    Beresniak Daniel - La Franc-maçonnerie

    Editions Grancher, 1988

     

    Chaboud Jack - La Franc-maçonnerie : histoire, mythes et réalités

    Editions de Poche, collection « Spiritualité »

     

    Chevallier Pierre - Histoire de la Franc-maçonnerie française

    Editions Fayard, Paris, 1975

     

    Clément F. - Histoire de la Franc-maçonnerie belge au XIXe siècle

    Editions du Suprême Conseil, Bruxelles, 1940

     

    Dachez Roger - Histoire de la Franc-maçonnerie française

    Editions Presses universitaires de France, Paris, 2003

     

    De Schampheleire Marcel - Histoire de la Franc-maçonnerie belge depuis 1830

    Un siècle et demi de Grand Orient de Belgique, 3 tomes

    Editions du Grand Orient de Belgique, Bruxelles, 1987

     

    Gérard Jo - La Franc-maçonnerie en Belgique

    Editions J.M. Collet, Bruxelles, 1988

     

    Sous la direction scientifique d'Hasquin Hervé

    Visages de la Franc-maçonnerie du XVIIIe au XXe siècle.

    Laïcité – Série « Recherches », 4

    Editions de l’Université de Bruxelles,  Bruxelles, 1983

     

    Lhomme Jean, Maisondieu Edouard, Tomaso Jacob

    Dictionnaire thématique illustré de la Franc-maçonnerie

    Editions du Rocher, Monaco, 1993

     

    Naudon Paul - Les origines de la Franc-maçonnerie, le sacré et le métier

    Editions Dervy, Paris, 1991

     

    Naudon Paul - Histoire générale de la Franc-maçonnerie

    PUF, Que sais-je, 1981

     

    Negrier Patrick - Textes fondateurs de la tradition maçonnique

    Editions Grasset, Paris, 1995

     

     


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